www.JesusMarie.comApparitions Reconnues
Message et  Secret des Apparitions de la Mère de Jésus
à Fatima au Portugal

Quatrième apparition
L'apparition n'eut pas lieu le 13 août à la Cova da Iria, car l'administrateur du Conseil arrêta les pastoureaux et les emmena, sous prétexte de pieux mensonges, à Vila Nova de Ourém, dans le but de les obliger à révéler le secret. Il les maintint prisonniers pendant trois jours, soit chez lui, soit dans la maison d'arrêt municipale. Il leur offrit les présents les plus précieux, en échange de la révélation du secret. Les petits voyants répondirent :

«Même si vous nous donniez le monde entier, nous ne le révélerions pas.»

Il les enferma dans la maison d'arrêt. Les prisonniers leur conseillèrent :
«Mais révélez donc ce secret à l'administrateur. Si la Dame n'est pas d'accord, qu'est-ce que ça peut vous faire ?

_ Ah ça non ! répondit vivement Jacinta, plutôt mourir !»

Et les trois enfants prièrent le chapelet avec ces malheureux, devant une médaille de Jacinta pendue au mur.

L'administrateur menaça les trois enfants en leur disant qu'il allait préparer un chaudron d'huile, dans lequel ils seraient brûlés, s'ils ne faisaient pas ce qu'il leur demandait. Bien que prenant ces menaces au sérieux, les enfants demeurèrent fermes et ne révélèrent rien. Le 15, jour de la fête de l'Assomption de Notre-Dame, on les reconduisit finalement à Fatima.

Le dimanche 19, «alors que nous étions en train de marcher avec les brebis, en compagnie de Francisco et de son frère João, dans un lieu appelé Valinhos, nous avons senti que quelque chose de surnaturel s'approchait et nous enveloppait. Pensant que Notre-Dame allait peut-être nous apparaître et ayant de la peine à l'idée que Jacinta ne puisse pas la voir, nous avons demandé à son frère João d'aller la chercher. Comme il ne voulait pas y aller, je lui ai proposé en échange deux pièces de monnaie. Du coup, il est parti appeler Jacinta en courant. En compagnie de Francisco, j'ai alors vu le reflet de la lumière semblable à un éclair puis, un instant plus tard, alors que Jacinta nous avait rejoints, nous avons vu Notre-Dame au-dessus d'un chêne vert.

_Que voulez-vous de moi ?

_ Je veux que vous continuiez à aller à la Cova da Iria le 13 du mois, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, je ferai le miracle pour que tous croient.

_ Que voulez-vous que l'on fasse de l'argent que les gens laissent à la Cova da Iria ?

_ Faites deux brancards de procession ; le premier tu le porteras avec Jacinta et deux autres petites filles vêtues de blanc ; l'autre sera porté par Francisco plus trois autres garçons. L'argent des brancards sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire et ce qui restera aidera à construire une chapelle que l'on fera faire.

_ J'aimerais vous demander la guérison de quelques malades...

_ Oui, quelques-uns guériront durant l'année.

Et, prenant un air plus triste :

_ Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car de nombreuses âmes vont en enfer du fait que personne ne prie et ne se sacrifie pour elles.

Et, comme d'habitude, elle commença à s'élever en direction du levant.»
 

Cinquième apparition

«Comme l'heure approchait, j'y suis allée avec Jacinta et Francisco, à travers la foule qui nous laissait difficilement passer. Les chemins étaient noirs de monde. Ils voulaient tous nous voir et nous parler. Les gens avaient mis de côté leur amour propre. De nombreuses personnes, y compris des dames et des messieurs distingués, réussissaient à se frayer un chemin dans la foule qui s'agglutinait autour de nous. Ils venaient se prosterner à genoux devant nous, en nous demandant de présenter leurs requêtes à Notre-Dame. D'autres, qui ne parvenaient pas à arriver jusqu'à nous, imploraient de loin :

_ Par l'amour de Dieu, demandez à Notre-Dame qu'elle guérisse mon fils qui est handicapé.
_ Qu'elle guérisse le mien qui est aveugle.
_ Le mien qui est sourd.
_ Qu'elle me ramène mon mari, mon fils qui est à la guerre, qu'elle convertisse pour moi un pécheur, qu'elle me donne la santé, à moi qui suis tuberculeuse, etc.

Là figuraient toutes les misères de la pauvre humanité et quelques-uns criaient depuis le haut des arbres et des murs où ils étaient montés pour nous voir passer. Disant que oui à certains, tendant la main à d'autres pour les aider à se relever, nous avancions grâce à quelques messieurs qui nous frayaient un chemin au milieu de la foule...

Nous sommes arrivés à la Cova da Iria près du chêne vert et nous avons commencé à réciter le chapelet avec la foule. Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame, au-dessus du chêne vert.

_Continuez à réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre. En octobre viendront également Notre-Seigneur, Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l'Enfant-Jésus pour bénir le monde. Dieu est content de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde, portez-la seulement durant le jour.

_Ils m'ont prié de vous demander beaucoup de choses : la guérison de quelques malades, d'un sourd-muet...

_ Oui, j'en guérirai certains, d'autres non. En octobre, je ferai le miracle pour que tous croient.

Puis, commençant à s'élever, elle disparut, comme d'habitude.»

Les paroles prononcées par Notre-Dame avec un visage très triste, lors de l'apparition d'août, impressionnèrent profondément les trois voyants : «Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car de nombreuses âmes vont en enfer du fait que personne ne prie et ne se sacrifie pour elles.»

Comme ils avaient contemplé les horreurs de l'enfer, ils priaient et faisaient tous les sacrifices possibles pour délivrer les âmes d'un si effroyable tourment. Un des sacrifices les plus douloureux était celui de la corde, que chacun des trois voyants portait attachée à la ceinture. «Que ce soit par la grosseur ou la rugosité de la corde, ou que ce soit parce que, certaines fois, nous la serrions trop, cet instrument nous faisait parfois souffrir horriblement. Jacinta laissait échapper de temps en temps quelques larmes à cause du degré d'inconfort que la corde lui infligeait.»

Au nom de Dieu, Notre-Dame demande avec une sollicitude maternelle, qu'elles retirent la corde durant la nuit, afin de pouvoir prendre le repos nécessaire. Avant de se retirer de Fatima, en juin 1921, Lucia, brûla les cordes de Francisco et de Jacinta.
 

Sixième apparition
Voici le récit de la dernière apparition, celle du 13 octobre :

«Lorsque nous sommes arrivés à la Cova da Iria, près du chêne vert, une injonction intérieure m'a poussée à demander à la foule de fermer les parapluies, avant que nous ne récitions le chapelet. Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert.

_ Que voulez-vous de moi ?

_ Je veux te dire que l'on fasse construire ici une chapelle en mon honneur, que je suis Notre-Dame du Rosaire, que l'on continue à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux.

_ J'avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir des malades, de convertir des pécheurs, etc.

_ Les uns, oui, les autres, non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils demandent pardon pour leurs péchés.

Et prenant un air plus triste :

_ Qu'ils n'offensent pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, qui est déjà très offensé.

Ouvrant alors les mains, elle les fit se refléter dans le soleil, puis, pendant qu'elle s'élevait, le reflet de sa propre lumière continua à se projeter dans le soleil.

Tel fut le motif pour lequel je me suis exclamée, en leur demandant de regarder vers le soleil. Mon but n'était pas d'attirer l'attention de la foule vers cette direction, puisque je ne me rendais même pas compte de sa présence : je l'ai fait seulement à cause d'une impulsion intérieure qui m'y a incitée.

Voici qu'allait se produire le miracle du soleil, promis trois mois plus tôt, comme preuve de la véracité des apparitions de Fatima. La pluie cessa et le soleil tourna trois fois sur lui-même, lançant de tous côtés des faisceaux de lumière de diverses couleurs : jaune, lilas, orangé et rouge. À un moment donné, il parut se détacher du firmament et tomber sur la foule qui cria terrorisée. Après un prodige de dix minutes, le soleil reprit son aspect normal.

Le 18 décembre 1917, le Dr José Maria Proença de Almeida Garret, témoin direct, décrivit ainsi ce qu'il avait contemplé :
«Quelques instants plus tôt, le soleil avait percé victorieusement l'épaisse couche de nuages qui l'avait caché, pour briller clairement et intensément. Je me suis retourné vers cet aimant qui attirait tous les regards et j'ai pu le voir semblable à un disque au bord net et à l'arête vive, lumineuse et luisante, mais qui ne faisait pas mal aux yeux... Il ne ressemblait en rien à la lune d'une nuit transparente et pure, parce que l'on voyait et sentait qu'il s'agissait d'un astre vivant... On ne pouvait pas non plus le confondre avec le soleil visible par temps de brouillard (d'ailleurs inexistant ce jour-là) puisqu'il n'était pas opaque, diffus ou voilé. À Fatima, le temps était chaud et ensoleillé.
Ce qui fut merveilleux, c'est que pendant un long moment, nous avons pu scruter l'astre, flamme de lumière et braise de chaleur, sans la moindre douleur oculaire et sans qu'aucun éblouissement ne nous aveugle. Ce disque nacré était animé d'un mouvement étourdissant... Il tournait sur lui-même à une vitesse vertigineuse.
Tout à coup, on entendit une clameur, comme un cri d'angoisse montant de la foule. Le soleil, conservant sa vitesse de rotation, se détacha du firmament et, sanguinaire, il prit la direction de la Terre, menaçant de nous écraser sous le poids de son énorme meule de feu. Ces secondes furent terrifiantes...
Tous ces événements, je les ai observés personnellement et sereinement, sans émotion ni agitation... Ce phénomène a dû s'étaler sur environ dix minutes.»

Pendant ce temps, les pastoureaux eurent droit à d'autres visions.

«Notre-Dame une fois disparue dans l'immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l'Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l'Enfant-Jésus paraissaient bénir le monde, avec les gestes en forme de croix qu'ils faisaient de la main.

Peu après, une fois dissipée l'image de cette apparition, je vis Notre-Seigneur et Notre-Dame (qui pour moi ressemblait à Notre-Dame des Douleurs). Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph. Cette apparition s'évanouit à son tour et il m'a semblé voir de nouveau Notre-Dame sous une forme proche de Notre-Dame du Carmel.»

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SOMMAIRE de la partie sur le 3ème secret

1. Présentation historique par Mgr Tarcisio Bertone, sdb, Archevêque émérite de Verceil, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

2. Le "secret" de Fatima

2.1. Première et deuxième parties du "secret" dans la rédaction de Soeur Lucie, dans le "troisième mémoire " du 31 AOÛT 1941, destiné à l'évêque de Leiria-Fatima (traduction)

2.2. Troisième partie du "secret" (traduction)

3. Interprétation du "secret"

3.1. Lettre de Jean-Paul II à Sur Lucie (traduction)

3.2. Rencontre avec Sur Maria Lucia de Jésus. Compte rendu de l'entretien de Sur Lucie avec Mgr Tarcisio Bertone et Mgr Serafim de Sousa Ferreira e Silva, évêque de Leiria-Fatima Jeudi 27 avril dernier, dans le Carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra

3.3. Communication du Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d'État de Sa sainteté

3.4. Commentaire théologique du Cardinal Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

4. Notes
 
 
 
 

1. Présentation
 SOMMAIRE
 
 

Dans le passage du deuxième au troisième millénaire, le Pape Jean-Paul II a décidé de rendre public le texte de la troisième partie du " secret de Fatima ".

Après les événements dramatiques et cruels du vingtième siècle, un des siècles les plus cruciaux de l'histoire de l'humanité, qui trouve son point culminant avec l'attentat sanglant envers le " doux Christ sur la terre ", s'ouvre donc un voile sur une réalité qui marque l'histoire et qui l'interprète en profondeur, selon une dimension spirituelle à laquelle la mentalité actuelle, souvent empreinte de rationalisme, est réfractaire.

Apparitions et signes surnaturels scandent l'histoire, elles entrent dans le vif des vicissitudes humaines et accompagnent le chemin du monde, surprenant croyants et non-croyants. Ces manifestations, qui ne peuvent pas contredire le contenu de la foi, doivent converger vers l'objet central de l'annonce du Christ : l'amour du Père qui suscite chez les hommes la conversion et qui donne la grâce pour s'abandonner à Lui avec une dévotion filiale. Tel est aussi le message de Fatima qui, avec l'appel déchirant à la conversion et à la pénitence, porte en réalité au cur de l'Évangile.

Fatima est sans aucun doute la plus prophétique des apparitions modernes. La première et la deuxième parties du "secret" qui sont publiées dans l'ordre pour l'intégralité de la documentation concernent avant tout la vision épouvantable de l'enfer, la dévotion au Cur immaculé de Marie, la deuxième guerre mondiale, ainsi que la prédiction des très graves dommages que la Russie, abandonnant la foi chrétienne et adhérant au totalitarisme communiste, devait apporter à l'humanité.

En 1917, personne n'aurait pu imaginer tout cela ; les trois pastorinhos de Fatima voient, écoutent, gardent tout en mémoire, et Lucie, témoin survivant, à partir du moment où elle en a reçu l'ordre par l'évêque et la permission de Notre-Dame, le met par écrit.

En ce qui concerne la description des deux premières parties du "secret", déjà publiées par ailleurs et donc connues, on a choisi le texte écrit de Sur Lucie dans le troisième mémoire du 31 août 1941 ; dans le quatrième mémoire du 8 décembre 1941, elle y a ajouté quelques annotations. La troisième partie du "secret" fut écrite "sur l'ordre de Son Excellence l'Évêque de Leiria et de la Sainte Mère" le 3 janvier 1944.

Il existe un seul manuscrit, qui est ici reproduit photographiquement. L'enveloppe scellée fut gardée d'abord par l'évêque de Leiria.Pour mieux conserver le "secret", l'enveloppe fut remise le 4 avril 1957 aux Archives secrètes du Saint-Office. Sur Lucie en fut avertie par l'évêque de Leiria.

Selon des notes d'archives, en accord avec le Cardinal Alfredo Ottaviani, le 17 août 1959, le Commissaire du Saint-Office, le Père Pierre-Paul Philippe, op, porta à Jean XXIII l'enveloppe contenant la troisième partie du " secret de Fatima ". Sa Sainteté, " après certaines hésitations ", dit : " Attendons, je prierai. Je vous ferai savoir ce que j'ai décidé ". (1)

En réalité, le Pape Jean XXIII décida de renvoyer l'enveloppe scellée au Saint-Office et de ne pas révéler la troisième partie du "secret ".

Paul VI lut le contenu avec le Substitut, Mgr Angelo Dell'Acqua, le 27 mars 1965, puis renvoya l'enveloppe aux Archives secrètes du Saint-Office, décidant de ne pas publier le texte.

Pour sa part, Jean-Paul II a demandé l'enveloppe contenant la troisième partie du "secret" après l'attentat du 13 mai 1981. Son Éminence le Cardinal Franjo Seper, Préfet de la Congrégation, remit à Son Excellence Monseigneur Eduardo Martinez Somalo, Substitut de la Secrétairerie d'État, le 18 juillet 1981, deux enveloppes : l'une blanche, avec le texte original de Sur Lucie en langue portugaise ; l'autre de couleur orange, avec la traduction du "secret" en langue italienne. Le 11 août suivant, Mgr Martinez a rendu les deux enveloppes aux Archives du Saint-Office.(2)

Comme on le sait, le Pape Jean-Paul II pensa aussitôt à la consécration du monde au Cur immaculé de Marie et composa lui-même une prière pour ce qu'il définit " un acte de consécration" à célébrer dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure, le 7 juin 1981, solennité de la Pentecôte, jour choisi pour rappeler le 1600e anniversaire du premier Concile de Constantinople et le 1550e anniversaire du Concile d'Éphèse. Le Pape étant par force absent, on transmit son allocution enregistrée. Nous donnons le texte qui se réfère exactement à l'acte de consécration :

" Mère des hommes et des peuples, toi qui connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, toi qui ressens d'une façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde, accueille l'appel que, dans l'Esprit Saint, nous adressons directement à ton cur, et embrasse dans ton amour de mère et de servante du Seigneur, ceux qui ont le plus besoin de ta tendresse et aussi ceux dont tu attends toi-même d'une façon particulière qu'ils s'en remettent à toi. Prends sous ta protection maternelle toute la famille humaine que, dans un élan affectueux, nous remettons entre tes mains, ô notre Mère. Que vienne pour tous le temps de la paix et de la liberté, le temps de la vérité, de la justice et de l'espérance ".(3)

Mais le Saint-Père, pour répondre plus complètement aux demandes de " Notre-Dame ", voulut expliciter au cours de l'Année sainte de la Rédemption l'acte de consécration du 7 juin 1981, repris à Fatima le 13 mai 1982. Le 25 mars 1984, sur la place Saint-Pierre, en union spirituelle avec tous les évêques du monde, " convoqués " précédemment, évoquant le fiat prononcé par Marie au moment de l'Annonciation, le Pape consacre au Cur immaculée de Marie les hommes et les peuples, avec des accents qui rappellent des paroles poignantes prononcées en 1981 :

C'est pourquoi, ô Mère des hommes et des peuples, toi qui connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, toi qui ressens d'une façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde contemporain, reçoit l'appel que, mus par l'Esprit Saint, nous adressons directement à ton Cur, et avec ton amour de mère et de servante du Seigneur, embrasse notre monde humain, que nous t'offrons et te consacrons, pleins d'inquiétude pour le sort terrestre et éternel des hommes et des peuples. Nous t'offrons et te consacrons d'une manière spéciale les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration.

"Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu !" "Ne rejette pas nos prières alors que nous sommes dans l'épreuve !".

Puis le Pape poursuit avec des références plus fortes et plus concrètes, comme un commentaire du Message de Fatima dans sa triste réalisation :

"Devant toi, Mère du Christ, devant ton Cur immaculé, nous voulons aujourd'hui, avec toute l'Église, nous unir à la consécration que ton Fils a faite de lui-même à son Père, par amour pour nous : "Pour eux, a-t-il dit, je me consacre moi-même, afin qu'ils soient eux aussi consacrés en vérité" (Jn 17, 19). Nous voulons nous unir à notre Rédempteur en cette consécration pour le monde et pour les hommes, laquelle, dans le cur divin, a le pouvoir d'obtenir le pardon et de procurer la réparation.

La puissance de cette consécration dure dans tous les temps, elle embrasse tous les hommes, peuples et nations, elle surpasse tout mal que l'esprit des ténèbres est capable de réveiller dans le cur de l'homme et dans son histoire, et que, de fait, il a réveillé à notre époque.

Combien profondément nous sentons le besoin de consécration pour l'humanité et pour le monde, pour notre monde contemporain, dans l'unité du Christ lui-même ! À l'uvre rédemptrice du Christ, en effet, doit participer le monde par l'intermédiaire de l'Église.

C'est ce que manifeste la présente Année de la Rédemption, le Jubilé extraordinaire de toute l'Église.

En cette Année sainte, bénie sois-tu par-dessus toute créature, toi, la servante du Seigneur, qui as obéi de la manière la plus pleine à ce divin appel !

Sois saluée, toi qui t'es entièrement unie à la consécration rédemptrice de ton Fils !

Mère de l'Église ! Enseigne au Peuple de Dieu les chemins de la foi, de l'espérance et de la charité ! Éclaire spécialement les peuples dont tu attends de nous la consécration et l'offrande ! Aide-nous à vivre dans la vérité de la consécration du Christ pour toute la famille humaine du monde contemporain !

En te confiant, ô Mère, le monde, tous les hommes et tous les peuples, nous te confions aussi la consécration même du monde et nous la mettons dans ton cur maternel.

Ô Cur immaculé ! Aide-nous à vaincre la menace du mal qui s'enracine si facilement dans le cur des hommes d'aujourd'hui et qui, avec ses effets incommensurables, pèse déjà sur la vie actuelle et semble fermer les voies vers l'avenir !

De la faim et de la guerre, délivre-nous !

De la guerre nucléaire, d'une autodestruction incalculable, de toutes sortes de guerres, délivre-nous !

Des péchés contre la vie de l'homme depuis ses premiers moments, délivre-nous !

De la haine et de la dégradation de la dignité des fils de Dieu, délivre-nous !

De tous les genres d'injustice dans la vie sociale, nationale et internationale, délivre-nous !

De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous !

De la tentative d'éteindre dans les curs humains la vérité même de Dieu, délivre-nous !

De la perte de la conscience du bien et du mal, délivre-nous !

Des péchés contre l'Esprit Saint, délivre-nous ! Délivre-nous !

Écoute, ô Mère du Christ, ce cri chargé de la souffrance de tous les hommes ! Chargé de la souffrance de sociétés entières !

Aide-nous, par la puissance de l'Esprit Saint, à vaincre tout péché : le péché de l'homme et le "péché du monde", le péché sous toutes ses formes.

Que se révèle encore une fois dans l'histoire du monde l'infinie puissance salvifique de la Rédemption, la puissance de l'amour miséricordieux ! Qu'il arrête le mal ! Qu'il transforme les consciences ! Que dans ton Cur immaculé se manifeste pour tous la lumière de l'espérance !".(4)

Sur Lucie confirma personnellement que cet acte solennel et universel de consécration correspondait à ce que voulait Notre-Dame (" Sim, està feita, tal como Nossa Senhora a pediu, desde o dia 25 de Março de 1984 " : " Oui, cela a été fait, comme Notre-Dame l'avait demandé, le 25 mars 1984 " : lettre du 8 novembre 1989). C'est pourquoi toute discussion, toute nouvelle pétition est sans fondement.

Dans la documentation ici présentée, on a ajouté aux manuscrits de Sur Lucie quatre autres textes : 1) la lettre du Saint-Père à Sur Lucie datée du 19 avril 2000 ; 2) une description de la rencontre avec Sur Lucie du 27 avril 2000 ; 3) la communication lue par mandat du Saint-Père à Fatima le 13 mai dernier par Son Éminence le Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d'État ; 4) le commentaire théologique de Son Éminence le Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Une indication pour l'interprétation de la troisième partie du "secret" avait déjà été donnée par Sur Lucie dans une lettre au Saint-Père le 12 mai 1982. Dans cette dernière, elle écrivait :

" La troisième partie du secret se réfère aux paroles de Notre-Dame : "Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites" (13-VI-1917).

La troisième partie du secret est une révélation symbolique, qui se réfère à cette partie du Message, conditionné par le fait que nous acceptions ou non ce que le Message lui-même nous demande : "si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, etc...".

Comme nous n'avons par tenu compte de cet appel du Message, nous constatons qu'il s'est réalisé, la Russie a inondé le monde de ses erreurs. Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas. Si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d'immoralité et de violence, etc.

Et ne disons pas que c'est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu'il nous a donnée ; c'est pourquoi les hommes sont responsables ".(5)

La décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du "secret" de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, mais pénétrée de l'amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante de la Mère de Jésus et de l'Église.

Action de Dieu, Seigneur de l'histoire, et coresponsabilité de l'homme, dans sa dramatique et féconde liberté, tels sont les deux pivots sur lesquels se construit l'histoire de l'humanité.

La Vierge Marie apparue à Fatima nous rappelle ces valeurs oubliées, cet avenir de l'homme en Dieu, avenir dont nous sommes une part active et responsable.

Tarcisio Bertone, sdb, Archevêque émérite de Vercelli, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi
 

2. le "secret" de Fatima
 SOMMAIRE
 

2.1. Première et deuxième parties du "secret" dans la rédaction qu'en a faite sur Lucie dans le "troisième mémoire" du 31 août 1941 à l'évêque de Leira-Fatima. (traduction) (6)
 SOMMAIRE
 
 

" Je devrai, pour cela, parler un peu du secret et répondre à la première question. En quoi consiste le secret ? Il me semble que je peux le dire puisque le Ciel m'en a déjà donné la permission. Les représentants de Dieu sur la terre m'ont eux aussi autorisée à le faire, à plusieurs reprises, par lettres. Je crois que Votre Excellence a conservé l'une d'elles, celle du Père José Bernardo Gonçalves, dans laquelle il m'ordonne d'écrire au Saint-Père. Un des points qu'il m'indique est la révélation du secret. J'en ai déjà dit quelque chose, mais pour ne pas trop allonger cet écrit, qui devait être bref, je me suis limitée à l'indispensable, laissant à Dieu l'occasion d'un moment plus favorable.

J'ai déjà exposé, dans le deuxième écrit, le doute qui m'avait tourmentée du 13 juin au 13 juillet, et qui disparut lors de cette dernière apparition.

Bien. Le secret comporte trois choses distinctes, et je vais en dévoiler deux. La première fut la vision de l'Enfer. Notre-Dame nous montra une grande mer de feu, qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s'ils étaient des braises transparentes, noires ou bronzées, avec une forme humaine. Ils flottaient dans cet incendie, soulevés par les flammes, qui sortaient d'eux-mêmes, avec des nuages de fumée. Ils retombaient de tous côtés, comme les étincelles retombent dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. Les démons se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes d'animaux épouvantables et inconnus, mais transparents et noirs. Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement, je crois que nous serions morts d'épouvante et de peur.

Ensuite nous levâmes les yeux vers Notre-Dame, qui nous dit avec bonté et tristesse : Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cur immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes seront sauvées et on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne, qu'Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l'Église et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites. À la fin, mon Cur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix ". (7)
 

2.2. Troisième partie du "secret" (traduction) (8)
 SOMMAIRE

" J.M.J. La troisième partie du secret révélé le 13 juillet 1917 dans la Cova de Iria-Fatima.

J'écris en obéissance à Vous, mon Dieu, qui me le commandez par l'intermédiaire de son Excellence Monseigneur l'Évêque de Leiria et de Votre Très Sainte Mère, qui est aussi la mienne.

Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche ; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde ; mais elles s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction de lui ; l'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte : Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu : "Quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent devant" un Évêque vêtu de Blanc, "nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père". Divers autres Évêques, Prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce ; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin ; Parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches ; Et de la même manière moururent les uns après les autres les Évêques les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu.

Tuy - 3-1-1944 ".

Suite du message et du secret des apparitions de Fatima

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