www.JesusMarie.com
Saint Pierre Damien
docteur de l'église catholique
1007 - 1072

article du Dictionnaire de Théologique Catholique
Livre de Gomorrhe à traduire du latin en Français (30 août 2009)

Saint Pierre Damien, cardinal-évêque d’Ostie, docteur de l’Eglise.

I. Vie. II. Action apostolique. III. Œuvres. IV. Doctrine.

I. VIE.
1° Sa jeunesse. C’est à ses contemporains, au disciple qui écrivit sa vie, aux documents pontificaux de l’époque, surtout à ses Lettres et à ses Opuscules, qu’il faut demander des renseignements précis sur les principaux évènements de son existence, sur le rôle actif qu’il joua dans l’Eglise, sur sa doctrine.
Henschenius, Acta sanctorum, 2e édit., t. III, februarii, p. 412-433, le fait naître en 988, à cause des allusions fréquentes à sa grande vieillesse qu’on trouve dans ses écrits, à partir de l’an 1060. Mais Baronius, avec plus de raison, place la date de sa naissance en 1007 ; car Pierre-Damien, Opuscul., LVII, 5, dit expressément qu’Otto était mort à peu près cinq ans qu’il ne vînt lui-même au monde, et nous savons qu’Otto mourut le 28 janvier 1002. Il naquit à Ravenne, de parents pauvres, surchargés de famille ; sa mère l’abandonna tout d’abord, puis le reprît et mourut quand il n’était encore qu’un enfant. Devenu orphelin, il fut employé par l’un de ses frères à des travaux grossiers, notamment à la garde des pourceaux. Mais telle était son intelligence qu’un autre de ses frères, nommé Damien, d’où son nom de Damiani ou Damianus, se chargea de son instruction et l’envoya étudier à Faënza, puis à Parme. Opuscul., XLII, 7. Ses progrès tinrent du prodige, et bientôt il fut à même de professer à son tour, ce qu’il fît avec un grand succès. La fortune lui vint avec la renommée. Mais, sans se laisser séduire par l’un ou l’autre, et craignant de céder à la fougue de ses passions ou aux dangers du monde, il entra chez les religieux de Fonte Avellana, au diocèse de Gubbio, en Ombrie. C’est vers 1035 et il avait alors 28 ou 29 ans.
2° Dans le cloître. Devenu moine, il commence par se livrer à un ascétisme rigoureux. Aux austérités de la règle bénédictine, il ajoute d’autres pratiques de pénitence volontaire, qui le privèrent pour longtemps de sommeil. Son ardeur au travail était sans égale. Sou- [col.40 fin / col.41 début] vent, sur l’ordre de son supérieur, il dut exhorter ses frères ; il y déploya tant de zèle, et y réussit si bien qu’il fut appelé dans les monastères voisins, où il exerça un apostolat apprécié. Bientôt, (vers 1040) supérieur de Fonte Avellana, il fonde d’autres couvents. On aurait pu le croire exclusivement occupé à se sanctifier et à sanctifier ses religieux, à restaure et à renforcer la discipline monastique, tant il était épris de la vie claustrale, et tant les désordres et la décadence des mœurs réclamaient une direction vigoureuse, mais ni l’attention vigilante, ni les soins multiples qu’il ne cessa jamais de consacrer à la réforme et à la promotion de la vie religieuse n’absorbèrent l’activité de son zèle. Il avait, en effet, un puissant amour pour l’Eglise, qu’il voulait pure et féconde dans la conduite de tous ses ministres sans exception, d’un bout à l’autre de la hiérarchie ecclésiastique.
3° Ses rapports avec les papes. Pendant la première moitié du XIe siècle, l’Eglise avait passé par de rudes épreuves. Durant plus de trente ans, les comtes de Tusculum exploitèrent le siège romain comme un fief de famille, en le faisant occuper successivement par deux frères, Benoît VIII (10124-124) et Jean XIX (1024-1033), et leur neveu, Benoît IX (1033-1048), qui, pape à douze ans, déshonora la tiare par ses débordements. Renversé par une émeute, en 1044, Benoît IX se voit opposer Sylvestre IV (1044-1046), rentre dans Rome par la force des armes et vend, dit-on, le pontificat à Jean Gratien, Grégoire VI (1045-1046), sauf ensuite à faire valoir quand même ses droits. on eut ainsi trois papes à la fois. Grégoire VI avait, du moins, pour lui, la droiture des intentions et le désir sincère de remédier aux maux de l’Eglise ; il sut choisir pour chapelain un homme de valeur, le célèbre Hildebrand, le futur Grégoire VII.
A ce moment difficile, Pierre Damien entre en jeu et prend contact avec la papauté qu’il va servir de toutes ses forces. Il commence à féliciter Grégoire VI de son élévation au souverain pontificat ; dans l’espoir de la voir combattre et bannir de l’Eglise le double fléau de l’incontinence des prêtres et la simonie, il lui écrit pour lui dénoncer en particulier trois églises gouvernées par d’indignes prélats. " Par votre zèle contre l’évêque de Pesaro, dit-il, on jugera ce que l’on doit espérer de bon pour les autres églises. " Epist., l. VII, epist. I, P. L., t. CXLIV, col. 206. Le concile de Sutri déposa, pour cause de simonie, Sylvestre III et Benoît IX. Quant à Grégoire VI, également déposé d’après Mgr Duchesne, Liber pontificalis, t. II, p. 271, ou volontairement démissionnaire à l’exemple de saint Grégoire de Nazianze, comme le croit Baronius, Annal., an. 1046, n. 3, il partit pour l’Allemagne avec Hildebrand. Son successeur, le pieux évêque de Bamberg, Suidger, prit le nom de Clément II, (1046-1047). Pierre Damien reçoit mandat de l’empereur Henri III d’aller à Rome pour aider le nouveau pape de ses conseils ; mais il s’en défend tant qu’il qu’il n’aura pas reçu l’ordre même du pape. Dans la lettre qu’il écrit à ce sujet à Clément II, il a soin de notifier le désordre qui règne dans les églises de sa province, grâce au faste des évêques, la plupart chargés de crimes. " Travaillez, lui dit-il, à relever la justice qu’on foule aux pieds avec mépris ; usez des rigueurs de la discipline ecclésiastique pour que les méchants soient humiliés et que les humbles se reprennent à l’espérance. " Epist., l. I, epist. III, P. L., t. CXLIV, col. 208.
A la mort de Clément II, le comte de Tusculum fait proclamer Benoît X. mais ce dernier se retire devant le candidat de l’empereur, Damase II (1048), qui ne régna qu’un mois à peine, et fut remplacé par Brunon d’Eguisheim, évêque de Toul et parent d’Henri III, Léon IX (1048-1054). Les ennemis de l’austère réformateur qu’était Pierre Damien le dénoncèrent au [col.41 fin / col.42 début] nouveau pontife. L’ayant appris, Pierre écrit au pape pour le prier, avec autant de fermeté que de modestie, de surseoir à toute décision le concernant avant d’avoir été entendu. " Je ne cherche l faveur d’aucun mortel ; je ne crains la colère de personne ; je n’invoque que le témoignage de ma propre conscience. " Epist., l. I, epist. IV, ibid., col. 208-209. Une telle franchise ne dut pas déplaire à Léon IX, car nous le voyons se faire aider de Pierre Damien dans la réforme du clergé. C’est alors que notre saint composa son fameux Gomorrhianus, Opuscul, VII, P. L., t. CXLV, col. 159-190, contra quatrimodam carnalis contagionis pollutionem. Est-ce à la suite de cet ouvrage, dont le pape lui sut gré, que Léon IX, au concile de Rome de 1049, prononça des peines canoniques contre les clercs coupables ? Nous l’ignorons et le pontife lui témoigna même quelque froideur, à laquelle Damien se montra très sensible. Toujours est-il que le décret se trouve répondre aux vues de Pierre, qui le joue dans son Opuscul., VI, Gratissimus, t. CXLV, col. 150-151.
4° Son cardinalat. A Léon IX succède Victor II, qui meurt le 28 juillet 1057, et est suivi dans la tombe par l’empereur Henri. L’empire était vacant, on en profite pour nommer le cardinal de Lorraine, quoi fut Etienne IX (X) (1057-1058). Ce pape, au nom de l’obéissance, impose à Pierre Damien le titre de cardinal-évêque d’Ostie. Il meurt trop tôt pour accomplir l’œuvre de la réforme que ne cesse de poursuivre Pierre Damien ; et sa mort permit au parti des comtes de Tusculum de fomenter un schisme par la nomination de Jean, évêque de Velletri, sous le nom de Benoît X (1058-1059). Mais le nouveau cardinal proteste aussitôt et traite Benoît X de simoniaque et d’intrus. Il rejoint à Sienne Hildebrand, qui revenait d’une mission, et contribue à l’élection de l’évêque de Florence, Gérard de Bourgogne, qui prît le nom de Nicolas II (1059-1061). Très vraisemblablement, c’est sur les conseils d’Hildebrand et de Pierre Damien que Nicolas II porta le célèbre décret de 1059, par lequel, pour assurer désormais l’indépendance des élections pontificales, le choix du pape était exclusivement confié au collège des cardinaux, le dernier mot devant rester aux cardinaux-évêques, l’empereur ne conservant plus que le droit de confirmation et le peuple celui d’approbation. Cf. Scheffer-Boichorst Die neuordnung der Papstwahl durch Nicolaus II, Strasbourg, 1879.
Pierre Damien, plus que jamais décidé à poursuivre sa campagne contre les vices de l’époque, écrit à Nicolas II, Opuscul., XVII, De cœlibatu sacerdotum, P. L., t. CXLV, col. 379-388, pour qu’il réprime l’incontinence des clercs qui scandalisait les fidèles et avilissait le sacerdoce. Dans le même but, il s’adresse au cardinal Pierre, à l’évêque de Turin et à la duchesse Adelaïde, pour les presser d’arrêter le cours des débordements du clergé et de mettre en vigueur le décret de Léon IX contre les clercs incontinents et leurs concubines. Opuscul., XVIII. Avec Anselme de Lucques, le futur Alexandre II, il est envoyé à Milan pour y régler les affaires ecclésiastiques et rend compte de sa mission à Hildebrand, devenu archidiacre de l’Eglise romaine. Actus Mediolani, de privilegio romanæ Ecclesiæ, Opuscul., V, t. CXLV, col. 89-98.
5° Projets de démission. Déjà il songe à renoncer à l’épiscopat pour se retirer dans la solitude de Fonte Avellana. Epist., l. I, epist. VIII. Dans une lettre, Opuscul., XXIX, De abdicatione episcopatus, t. CXLV, col. 423-442, il témoigne qu’il y aurait renoncé aussitôt après la mort de celui qui le lui avait imposé de force, s’il avait pu obtenir son congé, mais que ne l’ayant pas obtenu alors à cause des troubles de l’Eglise, il le demande à présent que l’Eglise est en paix. Il insiste de nouveau dans son Apologeticus ob dimissum episcopatum, Opuscul., XX, et se [col.42 fin / col.43 début] plaint qu’on l’ait chargé par surcroît de la visite d’un autre évêché. Mais le pape ne donna pas suite à sa demande, comprenant qu’un homme comme Pierre Damien était indispensable à ses côtés. Du reste, les circonstances difficiles qui suivirent la mort de Nicolas II, survenue au mois de juillet 1061, rendirent sa présence nécessaire. Avec les partisans de la réforme, il contribua, le 1er octobre, à élire Anselme de Lucques, Alexandre II (1061-1073).
5° Sa retraite. Cette fois, pensa-t-il, il aurait gain de cause auprès du nouveau pontife et pourrait fuir le monde corrompu et le faste qui entourait les princes de l’Eglise pour se retirer dans le cloître. Il est prêt à consacrer le nouvel élu comme son siège lui en donne le privilège, mais il entend se retirer après avoir déposé une charge qu’il n’avait nullement sollicitée, qu’on lui avait imposée de force ; il en a, du reste, manifesté déjà l’intention. Le pape consent à sa retraite, sans toutefois accepter sa démission. Tel n’était pas l’avis d’Hildebrand qui, jugeant sa présence utile à Rome et son appui indispensable, aurait voulu qu’il fût retenu bon gré mal gré, au nom de l’obéissance. Cf. Baronius, Annales, an. 1061, n. 28. Pierre Damien trouva cette intervention indiscrète. Aussi, dans sa lettre au pape et à l’archidiacre, traite-t-il ce dernier de " verge d’Assur " et de sanctus Satanas, c’est-à-dire d’adversaire un peu dur, mais saint. Il compte bien ne pas rester oisif dans sa retraite et ne se désintéresser en rien des affaires de la réforme et des intérêts de l’Eglise. A l’occasion, il reprendra rang parmi les combattants, acceptera et remplira avec un zèle apostolique les missions qu’on voudra lui confier, soit en Italie, soit au delà des monts. En attendant, pour répondre au désir du pape, il composa la vie de deux de ses disciples, véritables ornement de l’Eglise, Rodolphe, évêque de Gubbio, et Dominique, surnommé le Cuirassé. Alexandre II se plaint pourtant de la rareté de sa correspondance ; le saint s’en excuse sur ses travaux et ses occupations, Epist., l. I, epist. XV, col. 225 sq., mais il est heureux d’apprendre qu’on l’avait déchargé du comté d’Ostie ; pourquoi ne le déchargerait-on pas aussi de son évêché ? Que le pape, du moins, travaille à réformer les abus dans le concile qu’il allait tenir. En finissant, Pierre Damien glisse huit vers, qui forment un précis des devoirs pontificaux dans les circonstances présentes.
6° Il poursuit son œuvre de réforme. Poursuivant dans le cloître comme à Rome ses projets de réforme, il adresse une lettre aux cardinaux pour les exhorter à servir de modèles, l’épiscopat consistant beaucoup moins, dit-il, dans la magnificence et le faste des ornements extérieurs que dans l’exercice de toutes les vertus. Epist., l. II, epist. I, col. 253 sq. De même il démontre au pape, Opuscul., XXIV, que, d’après la règle et selon l’esprit de saint Augustin, les chanoines réguliers ne doivent rien posséder en propre, mais vivre en communauté avec les revenus de leur église. c’est ce que ratifia le concile romain de 1603, par le canon 4, qui oblige les chanoines à vivre, comme des clercs réguliers, d’une vie commune, à manger à la même table, à dormir sous le même toit et à s’en tenir aux biens de leur église. Alexandre II finit par accepter sa démission car, dans l’acte de la dédicace de l’église de Saint-Marin des Champs à Paris, en 1067, on trouve la signature de Gérard, ancien prieur de Cluny, avec le titre d’évêque d’Ostie. Cf. Mabillon, Annales, l. LXI, n. 10 ; l. LXXIII n. 7, 8.
7° Il lutte contre Cadaloüs. Dans l’intervalle, Pierre Damien avait pris une part prépondérante dans l’affaire de l’antipape Cadaloüs. Dès la fin d’octobre 1060, c’est-à-dire quelques jours à peine après l’élection d’Alexandre II, le parti toujours remuant des comtes de Tusculum, d’accord cette foi avec le parti germanique, s’était prononcé en faveur de ce Cadaloüs, [col.43 fin / col.44 début] au mépris du décret de 1059 sur les élections pontificales. A tout prix, il fallait écarter Honorius II et conjurer le schisme. Résolument, c’est à l’antipape lui-même que s’en prend Pierre Damien. Condamné comme il l’a été pour crimes, il ne devrait pas, lui écrit-il, pactiser avec la faction qui l’a placé sur le siège de Rome ; son élection est nulle, parce qu’elle a été faite à l’insu de l’Eglise romaine, du sénat, du clergé et du peuple, alors que le siège était déjà légitimement pourvu ; si non gare au jugement de Dieu. Epist., l. I, epist. XX, P. L., t. CXLIV, col. 237-247.. Loin de tenir compte de pareilles remontrances, Cadaloüs pénètre dans Rome et s’y maintient par la force des armes. Aussitôt, nouvelle lettre, plus virulente encore et sans le moindre ménagement. Epist., l. I, epist. XXI, ibid., col. 248 sq. Pierre compare le faux Honorius II au traître Judas et aux pires tyrans qui ont persécuté l’Eglise. A l’archevêque de Ravenne, qui paraissait hésiter entre les deux papes, il déclare qu’Honorius est un intrus, que son élection est anticanonique, qu’il s’est fait introniser de nuit à main armée et qu’il est incapable d’interpréter le moindre verset des psaumes. Epist., l. III, epist. IV, ibid., col. 291-292.
D’autre part, il importait de détacher de l’antipape le parti allemand. C’est pourquoi Pierre Damien s’adresse directement à l’empereur et le conjure d’agir en protecteur de l’Eglise, à l’exemple de Constantin contre Arius, de frapper Cadaloüs, seul moyen de rendre la paix à l’Eglise et de s’attirer lui-même la protection du ciel, sans quoi il est facile de prévoir combien funestes seront les conséquences. Epist., l. VII, epist. III, col. 437 sq. Si vous êtes le ministre de Dieu, pourquoi ne défendez-vous pas l’Eglise de Dieu ? lui dit-il. Pour lui, il se déclare prêt à tout souffrir pour la défense de l’Eglise romaine. Mais que pouvait faire le jeune empereur ? Car il n’était encore qu’un enfant. Heureusement il avait été confié à la direction d’Annon, archevêque de Cologne, et celui-ci n’avait pas hésité à prendre parti en faveur d’Alexandre II. Cela ne suffisait pas, il devait faire prévaloir en Allemagne sa manière de voir, et c’est ce que lui demande instamment Pierre Damien. Epist., l. III, epist. VI, ibid., col. 294-295. Par la même occasion, et en vue du concile qu’Annon devait tenir, il lui fait parvenir sa Disputatio synodalis, Opuscul., IV, P. L., t. CXLV, col. 67-87, qui n’est autre chose qu’un dialogue imaginé entre l’avocat du roi et un défenseur de l’Eglise romaine. L’avocat prétend que l’élection d’Alexandre II s’est faite sans le consentement du roi, le défenseur réplique que celle d’Honorius II s’est faite à l’insu de Rome et en faveur d’un sujet absolument indigne. Ce qu’il y a de certain, c’est que, dans le concile réuni par ses soins au sujet du schisme, Annon fit lire, en présence du jeune Henri, l’opuscule de Pierre Damien, et que l’antipape fut condamné, le 28 octobre 1062. Cf. Baronius, Annales, an. 1062, n. 28-68. En Italie, le succès fut plus lent à venir : ce n’est qu’au concile de Mantoue, tenu en 1064, d’après Baronius, en 1067, d’après les notes d Theiner, Annales, an. 1064, n. 2-36, notes n. 1-5, qu’Honorius II fut définitivement réduit. Pierre Damien, prié de se rendre à ce concile en passant par Rome, s’excuse de ne pas se rendre à Rome, mais promet de se trouver à Mantoue. Epist., l. I, epist. XVI, col. 235 sq.
8° Sa légation en France. En 1063, Pierre Damien eut deux missions à remplir, l’une à Florence, l’autre en France. En Gaule, il s’agissait de trancher le différend survenu entre Dragon, évêque de Mâcon, et Hugues, abbé de Cluny, sur la question de savoir si l’abbaye était exempte de la juridiction épiscopale et directement dépendante du pape. Pierre Damien le trancha au concile de Châlons, en faveur de l’abbé contre l’évêque. Son voyage et sa mission ont été racontés par un anonyme contemporain, qui nous fait [col.44 fin / col.45 début] connaître certains détails intéressant l’Eglise de France. De gallica perfectione Domini Petri Damiani, P. L., t. CXLV, col. 863-880. On lui avait fait espérer que son office de légat se terminerait à la fin de juillet, mais son séjour se prolongera au point qu’il ne rentra à Fonte Avellana que le 28 octobre. Ce voyage, qu’il appelle " sa mort " à cause des dangers que lui firent courir les partisans de Cadaloüs, ne fut pas sans profit. Il nous a valu l’éloge mérité des moines de Cluny et la connaissance de certaines pratiques dans la récitation ou le chant de l’office, jugées répréhensibles par Pierre Damien, ainsi qu’en font foi ses lettres à l’archevêque de Besançon et à l’abbé Didier du Mont-Cassin.
9° Sa légation à Florence. A Florence, il s’agissait d’apaiser les troubles suscités contre l’évêque Pierre, que les moines et leur parti accusaient de simonie. L’accusation parut peu fondée au cardinal légat. En se prononçant en faveur de l’évêque, Pierre Damien fut accusé lui-même d pactiser avec les simoniaques et dut se retirer sans avoir réussi. Mais dans sa lettre apologétique au peuple et aux moines de Florence, De sacramentis per improbos administratis, Opuscul., XXX, P. L., t. CXLV, col. 523-530, il affirme qu’il réprouve la simonie et ajoute, ce qu’il avait déjà nettement enseigné dans son opuscule Gratissimus, que les sacrements administrés même par des indignes sont valides. Cf. Baronius, Annales, an. 1063, n. 7-23. Ecrivant à l’ermite Theuzon, qu’il regardait comme le principal instigateur des troubles florentins, il le trouve bien osé de se permettre de juger les prêtres, les évêques, et même le pontife romain. Cf. Baronius, ibid., n. 24-28. Theuzon se soumit ; quant aux autres moines, ils s’adressèrent au pape, et cette affaire de Florence fut réglée avec d’autres dans le concile tenu à Rome. Cf. Baronius, ibid., n. 31-61.
10° Sa légation en Germanie. En 1069, nouvelle mission, mais cette fois en Germanie, pour empêcher le jeune empereur Henri IV de divorcer avec Berthe, qu’il avait épousée deux ans avant. Pierre Damien y fut plus heureux qu’à Florence. Dans le concile de Mayence, qu’il réunit pour traiter cette grave affaire, il fit entendre raison à l’empereur.
11° Sa légation à Ravenne et sa mort. Moins de trois ans après, il partait pour Ravenne, sa ville natale, qui avait été frappée d’excommunication par Alexandre II. Le grand coupable était l’archevêque, et il venait de mourir. Pierre Damien représenta au pape qu’il n’était pas juste de punir toute une église pour la faute d’un seul, Epist., l. I, epist. XIV, P. L., t. CXLIV, col. 224, et reçut mandat d’aller réconcilier ses compatriotes. Cet acte de clémence fut le dernier service qu’il rendît à l’Eglise ; car, à son retour, sais par un accès de fièvre, il dut s’arrêter à Faenza et y mourut le 22 février 1072. C’était la fête de la chaire de saint Pierre, remarque son biographe qui avait été son disciple, ut ea videlicet die qua præsens meruit in pastorali Petrus sede locari, eadem Petri discipulum cælestis curia in beatam susciperet sedem.
On le voit, quels que dussent ses défauts, notamment sa susceptibilité ombrageuse qui l’a fait quelquefois comparer à saint Jérôme, la vie de ce moine austère, de ce réformateur infatigable, de ce champion zélé du siège apostolique de cet humble démissionnaire des hautes charges ecclésiastiques, méritait bien l’estime des papes, ses contemporains. En l’envoyant en France comme légat, Alexandre II disait de lui : " Nous n’en connaissons pas dont l’autorité soit plus grande, après la nôtre, dans l’Eglise romaine : il est notre œil, et le ferme appui du siège apostolique. " Dans son bref au bénédictin Constantin Cajetan, éditeur des œuvres de Pierre Damien, Paul V qualifiait notre saint de doctorem eximium, reipublicæ christianæ et apostolicæ [col.45 fin / col.46 début] sedis nobilem partem. Léon XII lui a conféré le titre de docteur de l’Eglise, par son décret du 1er octobre 1828.

II. ACTION APOSTOLIQUE.

En racontant sa vie, nous avons signalé quelques-uns des actes de son zèle apostolique. Nul plus que lui ne fut animé du désir de réformer l’Eglise. Il en sentait l’urgente nécessité et il en connaissait les moyens. Il y travailla dans la mesure de ses forces et ne cessa jamais d’y convier les papes. S’il fut " l’œil " d’Alexandre II et le " ferme appui du siège apostolique, " il fut aussi l’émule de Hildebrand, qu’il ne vît pas monter sur le siège de Pierre. Il a droit à être compté au nombre de ceux qui, au XIe siècle, voulurent libérer l’Eglise de la double plaie qui la rongeait à l’intérieur, l’immoralité et la simonie, et assurer son indépendance vis-à-vis du pouvoir civil par une entente harmonieuse et réglée.

1° Dans le cloître.

Homme du cloître, il est particulièrement pénétré de l’esprit de saint Augustin et de saint Benoît ; il marche de pair avec de grands moines de son siècle, saint Romuald, le fondateur de l’ordre des camaldules, en 1012 saint Odilon († 1048) et saint Hugues († 1109), abbés de Cluny, Didier, abbé du Mont-Cassin, le futur Victor III († 1087). Rien n’échappe à son regard vigilant. Il entend que les moines pratiquent la pauvreté, ne gardent pas d’argent, ne multiplient pas leurs sorties et ne s’occupent point des affaires du siècle ; car il y a là un danger pour la vertu, et c’est une faute pour quiconque a fait profession de mépriser le monde. Opuscul., XII, De contemptu sæculi. La prière de nuit avec ses vigiles nocturnes, et celle de jour avec les matines ou laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies, s’imposent à eux. A propos du symbole dit de saint Athanase, qu’on récitait depuis peu, croyait-il, de son temps, à l’office, il remarque c’est avec raison qu’on l’a placé à l’heure de la prime, parce que, la foi étant le fondement et la source des vertus, il convient d’en réciter le symbole à la première heure du jour, qui donne la branle à toutes les autres. Opuscul., De horis canonicis. A la prière, les religieux doivent joindre la pratique du jeûne, de la mortification, des disciplines corporelles, selon la règle ordinaire ; mais, pour peu qu’ils aient à expier des péchés commis dans le monde, il convient qu’ils ajoutent à l’observance commune des pénitences proportionnées. Opuscul., XIII, De perfectione monachorum. Ses deux opuscules XIV, De ordine eremitarum, et XV, De suæ congregationis institutis, montrent le genre de vie qu’il faisait pratiquer aux religieux de Fonte Avellana et à ceux qui dépendaient de sa congrégation : quatre jours de jeûne par semaine, depuis l’octave de Pâques à la Pentecôte, et de saint Jean-Baptiste au 5 septembre ; cinq jours depuis l’octave de la Pentecôte jusqu’à jusqu’à la fête de saint jean Baptiste, et depuis le 5 septembre jusqu’à Pâques ; deux carêmes, celui de Noël et de Pâques, où l’on jeûnait tous les jours excepté le dimanche et certaines fêtes ; trois semaines sans jeûne durant toute l’année, aux octaves de Noël, de Pâques et de la Pentecôte ; outre les heures canoniques, chant quotidien du psautier ou d’une partie pour les défunts ; fréquentes disciplines ; les autres exercices rappellent ceux de la Règle de saint Benoît et des Institutions de Cassien. Aux ermites de sa congrégation, il recommandait le jeûne du samedi en l’honneur de la sépulture de Notre-Seigneur, Opuscul., LV. Il était grand partisan des flagellations corporelles surérogatoires ; il donna connaissance à un moine de ce qui se pratiquait, à ce sujet, dans son monastère, Epist., l. V, epist. VIII, col. 349 sq. ; sa lettre, devenue publique, excita le mécontentement des laïques et des clercs, sous prétexte qu’un tel usage était préjudiciable aux pénitences canoniques. Il se [col.46 fin / col.47 début] justifia auprès du clergé de Florence : il n’a fait qu’attester ce qui se passe chez lui ; au surplus, pratiquer d’autres pénitences que celles qui sont prescrites, quoi de plus licite ! Sans doute, lui objecta le moine Cerebrosus, mais à la condition d’éviter tout excès. Et pierre Damien de répliquer : " S’il est permis de se donner cinquante coups de discipline, comme vous l’avouez, on peut s’en donner soixante ou cent, et même mille, ce qui est bon ne pouvant être poussé trop loin. " Epist., l. VI, epist. XXVII, col. 415 sq. Principe discutable : ne quid nimis, pensèrent quelques-uns de ses contemporains. Quelques-uns de ses religieux poussèrent les choses à l’excès, allant jusqu’à se flageller chaque jour pendant la récitation de tout le psautier ; manifestement, c’était une indiscrétion, un abus et un danger. Pierre Damien dut y mettre un terme : il ne toléra cette pratique volontaire que pendant la récitation de quarante psaumes en temps ordinaire, de soixante en avent et en carême. Epist. l. VI, epist. XXXIV, col. 433. Au Mont-Cassin, les religieux se donnaient la discipline les uns les autres en plein chapitre. Le cardinal Etienne, ancien religieux de ce monastère, trouvait cette pratique indécente. Pierre Damien écrivit pour la justifier et pria la communauté de persévérer. Opuscul., XLIII. On ne doit pas s’étonner qu’un homme aussi austère ait fait l’éloge de la vie claustrale, et qu’il ait félicité ceux qui, pour ne pas se perdre dans le monde, cherchaient un refuge dans le cloître ou y retournaient : il compare le Mont-Cassin à l’arche de Noé. Opuscul., LII.

2° Dans l’Eglise.

1. Contre l’immoralité.

En dehors des monastères, il y avait le clergé séculier, mais dans quel triste état ! Pierre Damien a composé deux traités, l’un, Opuscul., XXV, pour faire l’éloge du sacerdoce, l’autre, Opuscul., XXVI, contre l’ignorance des prêtres. Ce qui était pire, la dépravation dépassait encore l’ignorance. Combien de fois Pierre Damien n’a-t-il pas fait allusion à l’incontinence des clercs ! Combien de fois ne l’a-t-il pas flétrie en termes virulents ! C’est à l’Ecriture surtout, et aussi aux Pères, qu’il emprunte ses traits enflammés pour dénoncer et combattre ce vice. Il fait appel aux anciens canons ; il ne cesse d’en demander de nouveau pour couper le mal dans sa racine. Son Gomorrhianus, Opuscul., VII, P. L., t. CXLV, col. 159-190, renferme des passages d’un réalisme brutal pour peindre des désordres qui réclament le fer rouge du chirurgien. Il voudrait que le pape se prononçât pour l’exclusion des clercs à promouvoir et pour la déposition de ceux qui étaient promus. On lui reprochera, sans doute, son rôle de dénonciateur, mais il fait cette déclaration : Malo quippe cum Joseph, qui accusavit fratres apud patrem crimine pessimo, in cisternam innocens projici, quam cum Heli, qui filiorum mala vidit et tacuit, divini furoris ultione mulctari. Gomorrh., Opuscul., VII, 25, col. 187. Il n’a pas à être blâmé pour avoir fait, dit-il, ce que firent saint Jérôme contre les hérétiques, saint Ambroise contre les ariens, saint Augustin contre les manichéens et les donatistes ; car ce n’est pas l’opprobre de ses frères qu’il poursuit ; mais bien plutôt leur salut.

2. Contre la simonie.
Un autre fléau, introduit peu à peu par le droit de patronage et par l’intervention des princes dans la provision des évêchés, sévissait surtout au XIe siècle. Les princes ne se faisaient pas faute de distribuer à leurs soldats ou à leurs favoris les charges et les dignités ecclésiastiques, au besoin ils les vendaient au plus offrant. Aussi étaient-ils entourés de flatteurs et de quémandeurs, et la simonie régnait en grand. Pierre Damien lutta contre ce fléau avec la même énergie qu’il apportait contre la dépravation des mœurs. par une distinction assez singulière et assez peu digne de clercs sérieux, deux chapelains de Godefroi, [col.47 fin / col.48 début] duc de Toscane, soutinrent un jour devant lui qu’il n’y avait point de simonie à acheter à un roi ou à un prince un évêché, parce que ce n’était point le sacrement de l’ordre qu’on achetait ainsi, ni l’église d’où dépendait le bénéfice, mais seulement les revenus qui y étaient attachés. Damien dénonce cette erreur à Alexandre II et le prie de la condamner pour l’empêcher de se répandre. Il en montre le mal-fondé ; car un homme ne peut être divisé en deux, dont l’un jouisse des revenus et l’autre remplisse les fonctions spirituelles ; il va nécessairement de soi qu’acheter des biens temporels, dont on ne peut jouir sans être élevé à la dignité ecclésiastique qu’ils requièrent, et sans remplir les fonctions, c’est acheter aussi la dignité et le sacrement. En pareil cas, l’ordination ne saurait passer pour gratuite, puisqu’on n’y aboutit qu’à prix d’argent. Les décrétales interdisent un commerce pareil. Ce qu’il dit des évêchés, Pierre Damien l’étend à toutes sortes de bénéfices, grands et petits. En conséquence, que le pape ne permette pas qu’on élève au sacerdoce ceux qui l’ont acquis ou par argent, ou par des services rendus aux princes. Epist., l. I, epist. XIII, P. L., t. CXLIV, col. 219-223. Pour Damien, en effet, les services rendus aux princes, en vue de l’obtention de bénéfices, constituent des actes de simonie. Il sait qu’il y a des personnes qui s’attachent aux princes et les suivent partout pour obtenir quelque dignité ecclésiastique ; et il distingue trois espèces de simonie : celle de la main qui consiste à donner de l’argent ; celle de l’obséquiosité, qui consiste à rendre des services ; et celle de la langue, qui consiste à flatter. Les personnes en question, dit-il, se rendent coupables des trois : telle est la doctrine qu’il expose dans sa lettre aux cardinaux. Epist., l. II, epist. I, P. L., t. CXLIV, col. 253-259. Il y revient dans son Opuscul., XXII, Contra clericos aulicos, t. CXLV, col. 463 sq. S’attacher au service d’un prince, en vue de parvenir à l’épiscopat et à d’autres bénéfices, c’est être coupable de simonie comme ceux qui y parviennent, argent comptant ; car il faut se dépenser en frais, en services, en flatteries. Humiliantur, dit-il, ut post modum impune superbiant ; se pedissequos exhibent, ut præcedant. C’est acheter bien chèrement l’épiscopat, observe-t-il, que de l’acquérir ainsi par une longue servitude et de s’astreindre au bas métier de parasite et de flatteur. Mais que peuvent bien valoir les sacrements reçus ou donnés par des simoniaques ? La question s’est posée ; nous verrons plus loin comment la résolvait Pierre Damien. Voir col.52-53.

3. Dans le monde politique.

Par le couronnement de Charlemagne comme empereur, l’empereur avait le devoir de protéger l’Eglise, à titre de patrice, non le droit de l’asservir ; les deux pouvoirs restaient distincts, l’Eglise annonçant la vérité, l’Etat garantissant l’ordre public mais devaient être étroitement unis, avec la subordination de l’Etat à l’Eglise, comme les deux colonnes de la société. Sous la dynastie des Ottons, au Xe siècle, l’empire, en face de la féodalité italienne, contribua à sauver la papauté. Otton Ier reçut le privilège, d’après lequel le pape ne pouvait pas être sacré sans l’approbation de l’empereur. Ce privilège reconnu à Henri III, appartenait aussi, prétendait-on à la cour germanique, à son fils Henri IV. Le décret de Nicolas II ne l’avait pas supprimé. Mais, en fait, l’élection d’Alexandre II se fit sans consentement du jeune roi ; d’où l’appui donné par le parti germanique à l’antipape Cadaloüs, puis retiré après l’intervention heureuse de Pierre Damien et l’action d’Annon, archevêque de Cologne. Dans sa Disputatio synodalis, Pierre Damien ne songe nullement à contester le droit de l’empereur dans les élections pontificales, c’est le droit de consentement ou d’assentiment, pas autre chose ; mais il marque qu’en fait des circonstances [col.48 fin / col.49 début] peuvent permettre de passer outre à ce privilège, et qu’en droit il n’est pas absolument indispensable, puisque la plupart des papes, dans l’histoire de l’Eglise, ont régné sans la moindre intervention d’empereurs, même chrétiens, dans leur élection. Son idéal c’est l’existence parallèle des deux pouvoirs, du sacerdoce et de l’empire chacun dans sa sphère, mais étroitement unis dans une réciprocité de services mutules, dans une entente harmonieuse et parfaite, l’un réglant les affaires temporelles, l’autre les affaires spirituelles, l’Eta protégeant matériellement l’Eglise, l’Eglise protégeant spirituellement l’Etat. Mais, dans cette union nécessaire, c’est à l’Eglise qui tient la place de Dieu, qu’appartient la prééminence : elle est la mère des empereurs et des rois comme celle des simples fidèles. Dans sa lettre à l’évêque de Fermo, Epist., l. IV, epist. IX, P. L., t. CXLIV, col. 315, où il refuse de reconnaître aux ecclésiastiques le droit de venger eux-mêmes, et de leurs propres mains, les injures faites à leurs biens, à moins qu’ils ne soient seigneurs temporels, et encore alors doivent-ils le faire par des moyens justes et raisonnables, il écrit : Intra regnum et sacerdotium prepria cujusque distinguuntur officia, ut et rex armis utatur sæculi et sacerdos accingatur gladio spiritus, qui est verbum Dei. Il conclut ainsi sa Disputatio synodalis : Ut summum sacerdotium et romanum simul confœderetur imperium, quatenus et humanum genus, quod per hos duos apices in utraque substantia regitur, nullis, quod absit, partibus rescindatur, sicque mundi vertices in perpetuæ caritatis unionem concurrant. . . et quatenus ab uno mediatore Dei et hominum, hæc duo, regnum scilicet, sacerdotium, divino sunt conflata mysterio, ita sublimes istæ duæ personæ tanta sibimet invicem unanimitate jungantur, ut, quodam mutuæ caritatis glutino, et rex in Romano pontifice et Romanos pontifex inveniatur in rege. P. L., t. CXLV, col. 86. La double dignité de roi et de prêtre est unie en Jésus-Christ, elle doit l’être de même dans le peuple chrétien ; le sacerdoce a besoin d’être protégé par la royauté, la royauté a besoin du sacerdoce pour être appuyée par sa sainteté ; le roi porte le glaive pour frapper les ennemis de l’Eglise, le prêtre prie pour rendre Dieu favorable au roi et au peuple. Epist., l. VII, epist. III, P. L., t. CXLIV, col. 440. Enfin, dans Serm., LXIX, ibid., col. 897-902, il range le sacre des rois au nombre des sacrements : " Heureux, dit-il, si le roi joint le glaive du roi à celui du sacerdoce, pour que le glaive du roi aiguise le glaive du prêtre. Alors le royaume prospère, le sacerdoce se dilate, l’un et l’autre sont honorés, quand ils sont ainsi unis par le Seigneur, prætaxata felici confœderatione. " Cet idéal de l’alliance du sacerdoce et de l’empire, avec subordination harmonieuse de l’Etat à l’Eglise, nettement entrevu et fixé par Pierre Damien, fut celui du moyen âge chrétien. A peine réalisé, il fut battu en brèche par les légistes et le césarisme, le gallicanisme parlementaire et la révolution ; il n’est plus qu’un souvenir glorieux.

III. ŒUVRES.

Longtemps restées manuscrites et épares, les œuvres de Pierre Damien commencèrent à être recueillies, sur l’ordre du Clément VIII, par le bénédictin Constantin Cajetan, qui les publia en partie en 1606, 1608 et 1615 et y ajouta un dernier volume en 16403.

Une édition plus complète en parut, à Venise, en 1743. C’est celle qu’a reproduite Migne, P. L., t. CXLIV, CXLV, en y ajoutant les découvertes du cardinal Mai. Les œuvres de Pierre Damien y sont logiquement distribuées, mais non chronologiquement.

Il y a d’abord les Lettres, en huit livres, selon qu’elles sont adressées aux papes, aux cardinaux aux archevêques, aux évêques, aux archiprêtres, aux archidiacres, prêtres et clercs aux abbés et aux moines aux princes et aux princesses, à [col.49 fin / col.50 début] différentes personnes. Elles offrent le plus vif intérêt pour la vie du saint et l’histoire de son époque. Viennent ensuite soixante-quinze sermons, dont dix-neuf au moins sont de Nicolas, moine de Clairvaux, et secrétaire de saint Bernard, distribuées dans l’ordre des mois, t. CXLIV, col. 505-924 ; puis la Vie de saint Odilon , ibid., col. 925-944 ; la Vie de saint Maur, évêque de Césène, ibid., col. 945-952 ; la Vie de saint Romuald, ibid., col. 953-1008 ; la Vie de saint Rodolphe et de saint Dominique le Cuirassé, ibid., col. 1009-1024 ; les Actes du martyre des saintes Flore et Lucille, ibid., col. 1025-1032, réputés apocryphes par Baronius et quelques critiques, mais admis, avec quelques restrictions sur le c. III, par les bollandistes ; les Actes de saint Jacques, diacre, et de saint Marien, lecteurs martyrs en Numidie, ibid., col. 1032. Dans ces divers écrits, pierre Damien fait souvent preuve de trop de crédulité ; on ne saurait suspecter, du moins, ce qu’il raconte comme témoin oculaire. Au t. CXLIV, se trouvent Opuscules, très importants pour la plupart au point de vue historique, canonique et dogmatique ; puis, empruntés au t. VI de la Scriptorum veterum collectio nova, du cardinal Mai, De gallica profectione Domni Petri et ejus ultramontano itinere, l’Expositio canonis missæ, les Testimonia Novi Testamenti, qui sont extraits des œuvres de Pierre Damien, et qui font le pendant à une autre collection sur l’Ancien Testament, enfin quelques Lettres ou fragments de lettres. La fin du volume contient un recueil d’Oraisons, d’Hymnes, de Leçons de Messes, de Répons et de deux cent vingt-cinq poèmes, parmi lesquels le CCXIIIe est l’épitaphe du saint.
 

IV. DOCTRINE.

Signalons, pour mémoire, l’opusc., VIII, De parentelæ gradibus, qui intéresse plus particulièrement le droit canonique, sur la question de savoir jusqu’à quel degré de parenté sont interdits les mariages ; son recueil d’oraisons et de poèmes relatifs à la liturgie ; les extraits qu’on a faits de ces œuvres, au sujet de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui se rapportent à l’Ecriture sainte. Il avait fait faire pour ses moines de Fonte Avellana, licet cursim ac per hoc non exacte, une édition corrigée de la Bible latine. Opuscul., XIV, P. L., t. CXLV, col. 334. Les leçons bibliques qu’on remarque dans ses Œuvres appartiennent à ce que le P. Denifle appelait la recension romaine de la Vulgate, Die Handschriften der Bibel-Correctorien des 13 Jahrhunderts, dans Archiv für Literatur und Kirchengeschichte des Mittelalters, Fribourg-en-Brisgau, 1888, t. IV, p. 482, mais que Samuel Berger a mieux caractérisé comme étant le texte italien, ou milanais de la Vulgate, qui tire ses origines du midi de la France, et n’est pas un bon texte. Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âge, Paris, 1893, p.1 41-143.

1° Au point de vue dogmatique
Opuscul., I, De fide catholica, P. L., t. CXLV, col. 19-39, traite de ce que l’on doit croire touchant les mystères de la trinité, et l’incarnation, des deux natures et des deux volontés en Jésus-Christ et, notamment contre les Grecs, prouve la procession du Saint-Esprit ab utroque ; ce dernier point en particulier, fait l’objet de l’opusc. XXXVIII Contra Græcorum errores de processione Spiritus Sancti, ibid., col. 632-642. Contre les Juifs, Pierre Damien démontre que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, à l’aide des textes de l’Ancien Testament qu’ils ne pouvaient récuser, Opuscul., II, Antilogus contra Judæos, ibid., col. 41-58 ; il résout les difficultés qu’ils pouvaient soulever ; celles qu’ils tiraient de l’inobservance des rites de la loi ancienne par les chrétiens n’est pas admissible ; car si Notre-Seigneur les a abolis après les avoir observés lui-même, c’est qu’ils n’étaient que des figures et qu’ils ont été dûment remplacés par les rites de la loi évangélique. Opuscul., III, Dialogus, ibid., col. 58-68. [col.50 fin / col.51 début]
Pierre Damien est un témoin de la foi traditionnelle de l’Eglise en faveur du purgatoire. Le sacrifice, la prière, l’aumône profitent, dit-il, aux défunts : telle est sa thèse. Et il l’appuie d’un certain nombre de faits qui prouvent que les prières des vivants délivrent les âmes du purgatoire. Il nous a fait connaître, à cette occasion l’opinion pieuse de quelques personnages illustres, d’après laquelle les âmes des défunts ne souffrent point le dimanche ; aussi, le lundi, célébrait-on la messe en l’honneur des saints anges pour attirer leur protection sur les défunts et sur les mourants. Opuscul., XXXIII, De bono suffragiorum ; Opuscul., XXXIV, De variis miraculorum narrationibus, de apparitionibus, ibid., col. 567-590. Pour lui, personnellement, il tient à ce que les survivants prient pour lui, témoins ces deux derniers vers de son épitaphe :
Sis memor, oro, mei, cineres pius aspice Petri :
Cum prece, cum gemitu dic : Sibi parce, Deus.
 Très sensible à la promesse que lui avaient faite les moines de Cluny, en reconnaissance de ses services, de célébrer chaque année un service funèbre au jour anniversaire de sa mort il prie l’abbé Hughes d’ordonner la même pratique dans tous les monastères de sa congrégation Epist., l. VI, epist. II, P. L., t. CXLIV, col. 372-373.

 2. Relativement à la théologie sacramentaire

constatons d’abord que Pierre Damien prend le mot sacrement au sens de mystère, conformément à la signification étymologique qu’en avait donnée Isidore de Séville, et qui fut si funeste ; il est dès lors dans l’impossibilité de fixer le nombre des sacrements. Il y en a trois principaux, dit-il dans son opuscule Gratissimus, 9, le baptême, le mystère salutaire du corps et du sang du Seigneur et l’ordination des clercs. Ailleurs, Serm., LXIX, P. L., t. CXLIV, col. 897 sq., il en compte douze, entre autres, la consécration du pontife, l’onction du roi, la dédicace d’une église, le sacrement des chanoines, des moines des ermites, des religieuses, et il oublie l’eucharistie et l’ordre, tout en énumérant, cette fois, la confirmation, l’onction des infirmes et le mariage avec le baptême, le premier de tous. Sans avoir traité la question des sacrements, on voit qu’il connaît les sept qui méritent exclusivement ce nom, au sens de signe efficace de la grâce. Il parle en passant du mariage, à propos des degrés de parenté qui s’opposent en droit canonique à sa célébration, et de la pénitence, quand il raconte que l’impératrice Agnès lui fit, à Rome, une confession générale des péchés qu’elle avait commis depuis l’âge de cinq ans. Opuscul., LVI, 5, P. L., t. CXLV, col. 814. Il parle un peu plus de l’eucharistie, dans trois passages différents qui ne laissent aucun doute sur sa foi à la présence réelle et à la transsubstantiation. Comme remède de la chasteté, c’est la communion quotidienne qu’il propose à son neveu. Opuscul., XLVII, 2, De castitate, ibid., col. 712. " Le démon, ennemi de la pureté, en voyant vos lèvres teintes du sang de Jésus-Christ, prendra la fuite, lui dit-il, car ce que vous recevez sous l’espèce visible du pain et du vin, il sait, qu’il le veuille ou ne le veuille pas, que c’est en vérité le corps et le sang du Seigneur. " Dans Serm., XLV, t. CXLIV, col. 743, parlant du corps de Jésus-Christ, engendré, nourri et soigné par la Vierge Marie, il affirme que c’est, sans nul doute possible, ce même corps que l’on reçoit à l’autel sacré, que telle est la foi catholique et que c’est là ce qu’enseigne fidèlement l’Eglise. Mais c’est surtout dans son Expositio canonis missæ, t. CXLV, col. 879-892, qu’il est d’une netteté et d’une précision remarquable et qu’il trouve d’heureuses formules comme celle-ci, col. 882 : Totus in tota specie panis, totus sub singulis partibus, totus in mango, totus in parvo, totus in integro, totus in fracto. [col.51 fin / col.52 début]
 Ce qui mérite une mention particulière c’est l’attitude qu’il prît dans la question de l’efficacité des sacrements, et ce n’est point sans mérite à l’époque de désarroi où il vécut. Que valent les sacrements conférés par des excommuniés ou des ministres indignes ? Pour les partisans de la réforme, et les amis de la papauté, ils étaient jugés invalides ; pour les adversaires de la réforme, au contraire, ils étaient réputés valides. Pierre Damien, qui était à n’en point douter un partisan déterminé de la réforme et un grand serviteur de la papauté, s’en tint à la doctrine de saint Augustin, bien qu’elle fût celle des ennemis de la réforme. Il déclare valides les ordinations simoniaques sur ce principe d’abord que le pouvoir d’ordre est un pouvoir ministériel, que le ministre, qu’il soit bon ou mauvais, transmet la grâce, car c’est Jésus-Christ, source de toute grâce, qui consacre ; mais il a tort d’ajouter que, pour être valide, l’ordination doit être faite dans l’Eglise catholique par un ministre qui professe la foi orthodoxe de la Trinité. A ses yeux, les simoniaques ne sont pas des hérétiques, par suite leurs ordinations sont valides, leurs sacrements sont réels. Il ajoute que, fusent-ils hérétiques, et leurs ordinations fussent-elles nulles, on ne saurait les réitérer, vu que la législation canonique interdit aussi bien la réordination que la rebaptisation ? Pour soutenir sa thèse, il s’appuie encore sur le 68° canon des apôtres, qui interdit, en effet, les rebaptisations et les réordinations ; mais il omet l’incise : Nisi forte eum ab hæreticis ordinatum comprobaverit, qui ne porte l’interdiction que dans le cas où ces sacrements auraient été conférés par catholiques, et qui, dès lors, contrairement à son but, laisse entendre que la réitération du baptême et de l’ordre, conférés par des hérétiques, est non seulement permise mais commandée. Il tire un autre argument du fait de la déposition souvent prescrite contre les simoniaques : s’ils sont déposés, dit-il, c’est qu’ils sont clercs et non laïques ; donc leur ordination est réelle et valide. Et enfin, comme la simonie était alors une plaie générale et invétérée, il conclut que, si les ordinations simoniaques sont nulles, le pouvoir d’ordre a presque disparu de la terre, et que les sacrements, administrés de bonne foi par tant de prêtres et religieusement reçus par les fidèles, n’étaient que de purs simulacres. Telle est la doctrine du Gratissimus.
 Au sujet des réordinations, les meilleurs esprits de l’époque ne pensaient pas tous comme Pierre Damien, et, dans la pratique, on manquait d’uniformité. Léon IX a travaillé, le premier, à supprimer la simonie. Mais quelle conduite tenir ? Les cas pouvaient différer ; il y avait le cas où le consécrateur était simoniaque, celui où l’on payait pour se faire ordonner, celui aussi où l’on recevait gratuitement l’ordination d’un simoniaque. Pierre Damien nous apprend, Gratissimus, que la question des réordinations simoniaques, agitée dans trois conciles à Rome, en 1049, 1050 et 1051, était restée sans solution et que Léon IX n’avait pas de principe arrêté à ce sujet. Il acceptait bien, par exemple, relativement aux clercs ordonnés gratuitement par des simoniaques, la décision de son prédécesseur Clément II, en 1047, d’après laquelle de tels clercs devaient faire une pénitence de quarante jours et être admis ensuite à l’exercice de leurs ordres ; mais quant aux ordinations faites à prix d’argent, il les regardait le plus souvent comme nulles et les a fait réitérer, comme on le voit dans les Actus Mediolani, de privilegio romanæ Ecclesiæ, P. L., t. CXLV, col. 93. Envoyé, en effet, à Milan comme légat par Nicolas II, au début de 1059, pour y réformer le clergé concubinaire et simoniaque, mais sans instructions pratiques précises Pierre Damien applique courageusement sa propre doctrine. Tous les coupables, l’archevêque en tête, font amende honorable, reconnaissent leur faute [col.52 fin / col.53 début] et s’engagent par serment à ne pas recommencer ; puis des pénitences leurs sont imposées, à l’expiration desquelles tous les clercs eruditi et casti purent reprendre l’exercice de leur ordre. Reste à faire ratifier sa sentence ; là était le point délicat, car il n’ignorait pas qu’elle ne pouvait avoir l’agrément général de la curie, surtout celui du cardinal Humbert qui, d’un avis tout opposé au sien, s’était déjà prononcé, dans son Adversus simoniacos, pour la nullité des des ordinations faites par des hérétiques, et les simoniaques étaient des hérétiques à ses yeux, et aussi celui d’Hildebrand ; aussi s’exprime-t-il en ces termes : Utrum ego in reconciliatione illorum erraverim, nescio. . . Apostolica tamen sedes hæc apud se retractanda discutiat : et utrum puncto an lima digna sint, ex auctoritatis suæ censura decernat. Cf. Baronius, Annales, an. 1059, n. 60.
 De fait, au concile de Rome tenu cette même année 1059, Nicolas II se montre bien plus sévère que son légat : il décide de la déposition des simoniaci simoniace ordinati vel ordinatores, et des simoniaci simoniace a non simoniacis ordinati : quant à ceux qui avaient été ordonnés gratuitement par des évêques qu’ils savaient simoniaque, le pape les admet, par indulgence, à l’exercice de leurs ordres, mais il entend qu’ils soient déposés ainsi que ceux qui les auront ordonnés. Hardouin, Act. concil., t. VI a, col. 1063 ; Baronius, Annales, an. 1059, n. 33-34. Cette sentence était loin de l’indulgence préconisée par Pierre Damien dans son Gratissimus ; en conséquence il dut ajouter à son opuscule un post-scriptum pour faire connaître la décision nouvelle ; en se soumettant humblement, il conserve l’espoir qu’on réviserait un jour la sentence pontificale. Du moins, il se trouvait avoir gain de causes sur deux points puisque les ordres reçus d’un évêque qu’on ne sait pas être simoniaque et les ordres reçus gratuitement d’un simoniaque connu pour tel étaient acceptés.
 Quelle idée se faisait-on donc des ordinations non acceptées et des sacrements conférés par des ministres ainsi rejetés ? Pierre Damien nous l’apprend dans sa lettre aux Florentins, qui forme l’opusc., XXX, De sacramentis per improbos administratis, P. L., t. CXLV, col. 523-530, où il rappelle sa doctrine du Gratissimus sur la validité des sacrements conférés par des ministres indignes ainsi que les décisions prises par Nicolas II contre les simoniaques. D’après ces décisions, quiconque désormais reçoit l’ordination d’un simoniaque ne peut en profiter et doit déposer le droit d’administrer tout comme s’il ne l’avait pas reçu. Et pour ce motif, ajoute-t-il, maintenant non seulement et nous réprouvons les simoniaques mais encore nous méprisons les sacrements conférés par eux. Qu’est-ce à dire ? D’un côté, il reproche aux Florentins de refuser les sacrements de ministres ordonnés par des simoniaques, et, d’autre part, il les méprise lui-même. Dans le premier cas, il s’agit des simoniaques ordonnés avant le décret de Nicolas ; dans le second, des simoniaques ordonnés après ce même décret. Ce faisant, il se conforme à la décision récente du pape Nicolas, mais il n’abandonne pas pour autant son principe de la validité des sacrements quelle soit la dignité morale de celui qui les confère. Sur ce dernier point, cf. Saltet, Les réordinations, Paris, 1907, p. 173-204.

Œuvres de Pierre Damien dans P. L., t. CXLIV-CXLV ;
avec quatre vies de saint, t. CXLIV, col. 113-180 ;
Baronius, Annales, an. 1049 sq. ;
Henschenius, Act. sanct., t. III, februarii, p. 412-433 ;
d’Achery, Spicilegium, 1666, t. VII, præf. ;
Ceillier, Hist. génér. des auteurs sacrés, Paris, 1863, t. XIII, p. 296-324 ;
Mai, Scriptorum veterum nova collectio, t. VI ;
Grandi, De S. Petri Damiani et Avellinatarum instituto camaldulensi, dans Dissert. camuld., 1707, t. IV, p. 1-138 ;
Laderchi, [col.53 fin / col.54 début] Vita S. Petri Damiani, 3 in-4°, Rome, 1792 ;
Miserocchi, Vita di S. Pier Damiano, Venise, 1728 ;
Mittarelli et Cortadoni, Annales camaldulenses, Venise, 1756, t. II ;
Vogel, Peter Damianus (ein Vortrag), Iéna, 1856 ;
Capecelatro, Storia di S. Pier Damiano e del suo tempo, Florence, 1862 ;
Fehr, Petrus Damiani, Vienne, 1868 ;
Neukirch, Das Leben der P. Damiani, Gœttingue, 1875 ;
Wambera, Der hl. Petrus Damiani. . . sein Leben und Wirken, Breslau, 1875 ;
Guerrier, De Petro Damiano, Orléans, 1881 ;
Kleinermann, Der hl. Petrus Damiani, Steyl, 1882 ;
Roth, Der hl. P. Damiani, dans Studien und Mittheil. aus dem Benedictiner und dem Cirstencienser-Orden, Wurzbourg, 1886 ;
Brunn, 1887, t. VII VIII ; Fettzer, Voruntersuchungen zu einer Geschichte des Pontificats Alexanders II, Strasbourg, 1887, p. 37-71 ;
Pfülf, Damiani Zwift mit Hildebrand, dans Stimmen aux Maria-Laach, Fribourg-en-Brisgau, 1891, t. XLI ;
Langen, Geschichte der römischen Kirche von Nikolaus I bis Gregor VII, Bonn, 1892 ;
Lauzoni, S. Pier Damiano e Faenza, Faenza, 1898 ;
Fioglietti, S. Petro Damiano, Turin, 1899 ;
dom Biron, S. Pierre Damien, Paris, 1908.

Pour la bibliographie :
Brunet, Manuel, t. II, p. 481 ;
U. Chevalier, Répertoire. Bio-bibliographie, 2e édit., t. II, col. 3708-3710 ;
Kirchenlexicon, t. IX, col. 1908 ;
Realencyklopädie, t. IV, p. 431-432.

G. BAREILLE

www.JesusMarie.com