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Auteur :
Ratramne de Corbie
Ratramnus Corbeiensis (800-868)

Titre :
Réponse en Quatre Livres aux Diffamations des Grecs Schismatiques contre l’Eglise Romaine
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Titre original latin : Contra Graecorum Opposita Romanam Ecclesiam Infamantium Libri Quatuor Ratramnus Corbeiensis,Migne, Patrologie Latine, tome 121, colonnes 0223 - 0346B

Traduction originale par JesusMarie.com, place sous le regime juridique du copyleft avec obligation de mentionner JesusMarie.com comme traducteur originel, 10 octobre 2016.

LIVRE PREMIER

CHAPITRE PREMIER

Les accusations que Michel, Basile et les empereurs Grecs portent contre l?glise Romaine sont, nous le savons, des fausset?, des h??ies, des superstitions, des impi??. Cest pourquoi on devrait avec raison les livrer au m?ris. Mais on ne peut semp?her de penser quelles ont tout ce quil faut pour apporter le scandale de la scission aux simples et aux illettr?. Dautant plus que le Saint Esprit lui-m?e nous incite ?r?ondre quand il dit : r?onds au sot selon sa sottise, de peur quil ne se croie savant. (Prov. XXV1, 5)

Quand ils disent que nous composons le saint chr?e avec de leau; et quau saint jour de P?ue, nous d?osons sur lautel un agneau qui doit ?re consacr?avec le corps du Seigneur, ?la mani?e des Juifs, ne mentent-ils pas ? Ne les trouble donc pas cette parole du psalmiste qui parle au nom du Saint-Esprit : Tu perdras tous ceux qui prof?ent le mensonge ? (Ps V, 7) Ni non plus cette menace du Saint-Esprit : Le faux t?oin ne sera pas impuni. (Prov. V, 9)

Ils essaient de trouver en faute non seulement l?lise romaine, mais toute l?lise latine, parce que nous professons que le Saint-Esprit proc?e du P?e et du Fils. En maintenant quil ne proc?e que du P?e, ne se condamnent-ils pas eux-m?es au p?h?dh??ie ? Ne se retirent-ils pas de la communion de l?glise, et ne blasph?ent-ils pas contre le Saint-Esprit, p?h?que le Sauveur d?lare irr?issible. Sils pouvaient du moins d?ontrer que leurs anciens docteurs catholiques sy sont oppos? ! Car, quand ils disaient que lEsprit Saint proc?e du P?e, ils ne niaient pas quil proc?e du Fils. Sils voulaient donc imiter leurs anc?res, ils professeraient la procession du P?e et du fils comme leurs anc?res lont profess?. Nourris des saintes ?critures, ils ont parfaitement compris que le Saint Esprit proc?e de lun et de lautre. Mais nous d?elopperons cela plus tard.

CHAPITRE DEUXIEME

DES OBJECTIONS DES GRECS.

QUEL EST LE ROLE DES EMPEREURS

Ils nous accusent de je?er le sabbat, et de ne pas observer la m?e r?le queux dans le je?e pascal. Qui ne voit avec quelle l??et? ces gens pr?omptueux lancent ?tout venant des accusations ! Ils font des reproches ?ceux qui je?ent, mais nont pas un mot de bl?e pour ceux qui ne je?ent pas. Le je?e est bon ou il est mauvais. Sil est bon, pourquoi le condamner ? Sil est mauvais, pourquoi font-ils ce quils reprochent aux autres ? La cause ne sera donc pas jug? au m?ite, mais en faisant acception des personnes ? Seuls ceux qui souffrent dun complexe de sup?iorit? ou qui sont aveugl? par des pr?entions peuvent juger que le je?e pratiqu?par les latins est douteux, et quest v?rable celui que pratiquent les Grecs.

Qui peut supporter quils se plaisent ?bl?er ceux qui simposent la continence, ceux qui renoncent ?partager leur couche avec des femmes, poursuivant la saintet?du corps et de l?e ? Ces choses ne sont-elles pas port?s aux nues par tous les mortels, surtout en ce qui a trait aux ministres du saint autel, dont cest le devoir de toujours pr?ider aux c??onies sacr?s, de rendre toujours lhommage de la divine servitude, de rendre ?tous les jours, par leurs pri?es, la majest?divine propice aux peuples qui leur ont ??confi?. Parce que nos pr?res, ?la suite de leurs anc?res, ne n?ligent pas de se comporter ainsi, ils les accusent de condamner le mariage. Sur quoi retombent ces accusations, si ce nest sur la religion ? Que sefforcent-ils de d?ruire dautre que la saintet? sans laquelle personne ne peut plaire ?Dieu.

Qui ne voit pas le ridicule quil y a ?tancer ceux qui se rasent la barbe; ou ?reprocher aux pr?res de ne pas oindre avec le saint chr?e le front de ceux quils baptisent, mais de laisser ce privil?e aux ??ues ? Ce nest pas en se rasant la barbe ou en la conservant quon enfreint les pr?eptes divins. Si les pr?res noignent pas du saint chr?e les fronts de ceux quils baptisent, ils ne communiquent donc pas la gr?e du bapt?e, en faisant la triple aspersion au nom de la tr? sainte trinit?? Ce jugement rel?e plus de la superstition que dune consid?ation religieuse quelconque.

Y a-t-il lieu de s?onner que ces calomnies proc?ent dhommes vers? dans la sainte loi, mais qui se sentent forts de lappui de la puissance s?uli?e, et qui mettent leur confiance dans le faste de lempire ? Ce sont les ??ues, non les empereurs, qui ont ??mandat? pour se prononcer sur les dogmes sacr? et le rite eccl?iastique. Car bien que les empereurs aient la pr?minence en vertu de leur dignit?imp?iale, la chose publique seule leur a ??confi?, non le minist?e ?iscopal. Ils doivent l?if?er sur les choses s?uli?es; les ??ues doivent d?inir les dogmes divins. Que les empereurs se le tiennent pour dit ! Quils se contentent de ce qui est de leur ressort; et quils nusurpent pas la charge ?iscopale ! Autrement, il pourrait leur arriver ce qui est arriv?au roi Osias quand il a pr?um?exercer le minist?e ?iscopal : apr? avoir ??frapp?de la l?re, il a ??interdit de communion et dentr? du temple.

Sils sont vraiment des fils de l?glise et sils sont soucieux de lunit?de l?lise, pourquoi donc ces docteurs r?ents, ou soit disant tels, essaient-ils de criminaliser de nos jours ce que leurs pr??esseurs ont toujours estim?v??able ? Il nest question aujourdhui daucun nouveau culte de l?lise romaine, daucune nouvelle religion, daucune nouvelle doctrine, daucune nouvelle institution. Ce que nos anc?res ont tenu, ce quils ont enseign? ce quils ont l?u??leur post?it?comme devant ?re conserv? cest ce que nous tenons, que nous conservons, sans y rien ajouter, sans y rien enlever. Cest des ap?res quils lavaient re?, et les ap?res, du Christ. L?lise, orientale aussi bien quoccidentale, est toujours demeur? dans la m?e foi. Car les ap?res ont connu eux aussi cet enseignement de saint Paul quil ny a quune seule foi, un seul bapt?e. Et bien quont souvent surgi des h??ies qui, comme de mauvais poissons, d?hiraient les filets, la tunique sans couture du Christ est demeur? intacte. Les institutions des anciens, ?ablies dans diff?ents lieux, m?e si elles n?aient pas toutes semblables dans toutes les ?lises, nont en aucune fa?n scind? lunit?de la foi. Car cest une chose de diff?er de coutumes, et cen est une autre de se maintenir ensemble dans lunit?de la foi. Mais de cela plus tard.

Venons-en maintenant ?notre propos, et discutons de chacune des choses que nous a donn?s la gr?e du Saint Esprit, sans suivre aucun plan. Parlons dabord de lEsprit Saint dapr? ce quil nous a enseign?de lui. Car cest cela qui importe en premier lieu, et cest ce qui est le fondement authentique de la foi catholique. Nous baserons notre d?onstration sur le fait que nous pensons et que nous croyons comme nos p?es ont cru et profess? Si quelquun pr?re contester la doctrine des ap?res, il faut de toute ?idence quil remette en question le magist?e du Christ, et r?ute les oracles des proph?es.
 
 

CHAPITRE TROISIEME
 
 

Vous nous reprochez de dire que lEsprit Saint proc?e du P?e et du Fils, alors que vous pr?endez quil ne proc?e que du P?e. Lisons l?angile, et tirons-en notre r?onse. Voici ce qua dit le Sauveur, la nuit o?il fut livr? dans le discours que, selon Jean, il a adress??ses ap?res : Quand viendra le Paraclet que je vous enverrai de la part du P?e, lEsprit de v?it? qui proc?e du P?e, il rendra t?oignage de moi. (Jn 1V, 26) Vous lisez qui proc?e du P?e, et vous ne voulez pas entendre le Fils qui dit : que je vous enverrai. Expliquez-nous donc comment il est envoy?par le Fils ? Car vous ne pouvez pas nier quil les a prononc? ces mots, si vous lisez seulement l?vangile, ou si vous avez foi en l?vangile. Ou vous voyez dans cette mission une procession, ou, ce qui est impie, le service dun subordonn? Et vous serez, que Dieu vous en d?ourne, semblables ??Arius qui enseignait, en un dogme pervers, que lEsprit Saint est inf?ieur au Fils. Puissiez-vous ne jamais vous ranger du c??dArius; puissiez-vous ne jamais d?larer que lEsprit Saint est inf?ieur au P?e et au Fils.

Quand le Fils dit quil enverra lEsprit de v?it?qui proc?e du P?e, il est tout de suite ?ident quen affirmant quil lenvoie, il d?lare quil proc?e de lui. Quelquun d?lorera-t-il peut-?re quil nait pas dit seulement : que je vous enverrai, mais quil ait ajout?de la part du P?e ? Les Ariens ont ??les premiers ?soulever cette difficult? eux qui cherchaient ?mettre des degr? dans la Trinit? Mais la v?it?de l?angile montre lunit?consubstantielle de toute la Trinit? LEsprit Saint proc?e du P?e, en ?anant de la substance divine. Et le Fils envoie lEsprit de v?it?de la part du P?e, parce que lEsprit Saint est n?du P?e en tant que proc?ant du Fils. Et comme le Fils a re? du P?e la substance en naissant, il a re? en m?e temps du P?e quil envoie lesprit de v?it?comme proc?ant de lui. En dautres mots, quand il dit qui proc?e du P?e, il ne nie pas quil proc?e de lui, parce que la mission du Fils est la procession du Saint Esprit. Le Fils envoie lEsprit de v?it?non comme un sup?ieur qui commande ?un inf?ieur. Le mot mission d?ontre donc que lEsprit saint proc?e du Fils comme il proc?e du P?e.

Il pr?ise ensuite : Il me glorifiera, car il recevra de moi, et vous lannoncera. (Jn XV1, 14) Que peut bien recevoir lEsprit Saint du Fils, puisquils poss?ent en commun la m?e substance et la m?e puissance ? Ce qui ne lemp?he pas de dire : il recevra de moi. Il ne peut donc vouloir dire que : il proc?e de moi, car, comme le P?e et le Fils sont dune seule substance, lEsprit Saint, en proc?ant de lun et de lautre, re?it lexistence de la consubstantialit? Il ne faut pas se laisser troubler par la forme future du mot recevoir. Il sagit ici de lEsprit Saint quil devait envoyer ?ses ap?res plus tard. Non de lEsprit Saint qui proc?e du P?e et du Fils. Cest en dehors du temps quil proc?e du P?e et du Fils, car le P?e, le Fils et le Saint Esprit sont trois personnes distinctes, mais dune seule et m?e substance.

Il continue : Tout ce que le P?e a est ?moi, cest pour cela que je vous ai dit quil recevra de moi, et quil vous annoncera. (ibid 15) Si tout ce qua le P?e le Fils la aussi, comme lEsprit Saint est lEsprit du P?e, il lest aussi du Fils. Oui, si lEsprit saint est lesprit du P?e, il lest forc?ent aussi du Fils, car sil est du P?e sans ?re du Fils, le Fils na pas tout ce qua le P?e. Mais comme le Fils a tout ce qua le P?e, comme lEsprit Saint est lEsprit du P?e, il lest aussi du Fils. Mais cette possession dhabitation ne la voyons par comme une diminution ou une addition. Elle ne fait que confirmer que lEsprit saint proc?e du Fils comme il proc?e du P?e.

Un peu plus loin, le Christ ajoute : Quand viendra lEsprit de V?it? Il avait dit dabord : Quand viendra le Paraclet que je vous enverrai de la part du P?e, lEsprit de v?it? La V?it?cest le Sauveur, comme il latteste lui-m?e ?Philippe : Je suis la Voie, la V?it?et la Vie. (Jean XV, 6) Si donc la V?it?est le Sauveur, et si le Sauveur est le Fils du P?e, dire Esprit de V?it?est-ce dire autre chose que  Esprit du Fils ? On apprend que lEsprit est du P?e par le fait quil proc?e du P?e. De la m?e fa?n, on apprend que lEsprit est du Fils quand le Sauveur atteste quil est lEsprit de la V?it? Si tu demandes pourquoi il est lEsprit de la V?it? demande-toi pourquoi il est lEsprit du P?e. Car comme il est lEsprit du P?e parce quil proc?e de lui, il est lEsprit du Fils parce quil proc?e du Fils qui est la V?it? Tout cela ne r??e pas ?une suj?ion, ?une subordination, mais ?la possession dune seule et m?e substance. Le P?e et le Fils ?ant dune seule et m?e substance, le Saint Esprit peut donc proc?er des deux. Ne timagine pas que le fait de proc?er du P?e et du Fils lui donne deux p?es. LEsprit Saint nest pas un fils, et celui qui nest pas un fils ne peut pas avoir de p?e.

On dit aussi que le Saint Esprit est la charit? Cest pourquoi saint Jean peut dire : Dieu est charit? (1 Jn 1V, 16)) Pour recommander cette charit?il ?rit aux fid?es : Quant ?vous, que demeure en vous lonction que vous avez re?e de lui. Et il ne sera pas n?essaire que quelquun vous enseigne, car son onction vous enseignera toutes choses. (l Jn 11, 27) Le Sauveur a dit quelque chose de semblable : Quand viendra lEsprit de v?it?il vous enseignera la v?it?enti?e. (Jn XV1, 16) Que tu dises : Dieu est charit? ou que tu dises : son onction vous enseignera toute chose, ou que tu dises : lEsprit de v?it?qui enseigne la v?it?enti?e, tu parles du Saint Esprit. Il est la charit?du P?e par laquelle le P?e nous aime; il est la charit?du Fils par laquelle le Fils nous a rachet?. Mais pas une charit?diff?ente pour autant, du fait quon lappelle la charit?du P?e et du Fils. La charit?par laquelle le P?e aime le Fils est la m?e que la charit?par laquelle le Fils aime le P?e. Car si le Saint Esprit est la charit?du P?e il est aussi la charit?du Fils. La charit?du P?e proc?e du P?e pour quil aime le Fils; la charit?du Fils proc?e du Fils pour quil aime le P?e. LEsprit Saint est donc la charit?de lun et de lautre parce que lEsprit de lun et de lautre proc?e de lun et de lautre.

Le Christ s?rie : Si quelquun a soif quil vienne ?moi et quil boive ! (Jn V11, 37) Celui qui croit en moi, comme le dit l?criture, des fleuves deau vive sortiront de son ventre. Et l?ang?iste ajoute : Il disait cela au sujet du Saint Esprit quallaient recevoir ceux qui croiraient en lui. (Jn V11, 39) Les fleuves deau vive, selon que le rapporte saint Jean, signifient linondation du Saint Esprit qui irriguera les croyants, dapr? lenseignement m?e du Sauveur. Ces fleuves do?proviennent-ils ? Ils ?anent de la foi dans le Christ. Et do?vient la foi ? De la doctrine du Christ. En cons?uence, comme la doctrine du Christ est du Christ, comme la foi dans sa doctrine vient du Christ, de la m?e fa?n, le Saint Esprit repr?ent?par les fleuves deau vive proc?e du Christ. Car le Christ est lhomme parfait et le Dieu parfait. En tant que Dieu parfait, il infuse gratuitement lEsprit saint dans ceux qui croient en lui. Ces fleuves inondent les c?rs des fid?es, comme des fontaines de vie ?ernelle.

Il a dit ?la samaritaine : Qui boit de cette eau aura encore soif. Mais celui qui boira de leau que je lui donnerai ne sera pas assoiff??ernellement. Car cette eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine deau jaillissant en vie ?ernelle. (Jn 1V, 13) Ce quailleurs il avait nomm?fleuves deau vive il lappelle ici  fontaine deau jaillissant en vie ?ernelle. Il voulait, dans les deux cas, parler du Saint Esprit. Il enseigne clairement que ce serait lui qui le donnerait cet Esprit quand il dit : leau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine deau. Celui qui donne, donne de lui-m?e. Il donne la fontaine deau jaillissant en vie ?ernelle, cest-?dire il prodigue avec abondance lEsprit Saint ?ceux qui croient en Lui. Il d?ontre que lEsprit Saint proc?e de lui quand il affirme que cest lui qui le donnera aux croyants.

Apr? sa r?urrection, apr? la salutation de paix, il souffla sur les disciples r?nis au c?acle, en leur disant : Recevez lEsprit saint. (Jn XX, 22) Que signifie linsufflation si ce nest la procession du Saint Esprit ? Non ce souffle corporel provenant de lair, et, gr?e ?laction des poumons, ?is par lorgane de la bouche, mais la substance du Saint Esprit. En toute v?it? il a voulu nous enseigner par ces mots que lEsprit Saint proc?e de lui, et que la substance du Saint Esprit ?ane de la substance du Fils. Quand le P?e a voulu nous montrer que la nativit?du Fils provenait de sa substance, et que, pour cette raison, le Fils lui ?ait consubstantiel, il a dit dans un psaume ?son sujet : Du sein avant Lucifer je tai engendr? (Ps, C1X, 3) Non que le P?e aurait eu un sein ou un ut?us dans lequel il aurait engendr?le Fils avant tous les si?les. Ce quil attestait cest quil avait engendr?le Fils de sa nature propre, de sa substance, non du n?nt ou de la substance dune autre chose. De la m?e fa?n, en insufflant lEsprit saint aux ap?res, en ayant lintention de le leur donner par cette insufflation, le Fils montre que lEsprit Saint proc?e de sa substance ?lui.

Parlant du sacrement de son corps et de son sang, il dit aux disciples : Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie. (Jn V1, 64) Do?proc?ent les paroles si ce nest du plus intime de lesprit. Donc les paroles que le Christ prononce sont esprit et vie parce que lEsprit, qui proc?e du c?r du Christ, est vie. Non que dans la divinit?il y ait un c?r et des particules de chair. Non. Par cette fa?n de parler, il a voulu montrer le sacrement (myst?e) dune substance int?ieure de laquelle il dit que proc?e lEsprit Saint parce quil est la vie. LEsprit saint proc?e donc du Fils, et est une seule et m?e substance avec le Fils.

CHAPITRE QUATRIEME

Voici ce que lon lit dans l?vangile de Luc : Et le Christ est sorti en Galil? dans la vertu de lEsprit. (Luc 1V, 14) On lit du Sauveur quil est la vertu du P?e. Et maintenant, lEsprit Saint est appel?vertu. Le Christ est-il une vertu diff?ente de celle du Saint Esprit ? Absolument pas. Mais on appelle lun et lautre vertu pour d?ontrer lunique substance de lun et de lautre. Pourquoi a-t-il dit dans la vertu de lEsprit ? Voulait-il montrer par l?que la vertu de lEsprit saint est plus que grande que la vertu du Christ ? Pas du tout. Pourquoi donc a-t-il dit dans la vertu de lEsprit ? Ne voulait-il pas montrer une vertu qui n?ait pas ?rang?e au Christ, qui n?ait pas conc?? dailleurs, mais qui lui ?ait propre ? Une vertu qui tout en ?ant du Saint Esprit est en m?e temps du Christ, comme dans une seule nature, et non dans une essence diff?ente. Et demeurant en m?e temps dans chacun, lun proc?e de lautre : lEsprit saint du Fils, et lun et lautre du P?e. Mais le Fils en naissant, lEsprit Saint en proc?ant. Non pas que lEsprit proc?e du P?e et du Fils un peu plus tard, car cest sans intervalle de temps que lEsprit proc?e du P?e et du Fils.

Le bienheureux Paul ?rit aux Galates : Parce que vous ?es fils de Dieu, Dieu a envoy?lEsprit de son Fils qui crie dans vos c?rs : Abba, p?e. (Gal 1V, 6) Il na pas dit : Dieu a envoy?son Esprit. M?e sil lavait dit, il naurait pas exclu le Fils, car le Fils est Dieu comme le P?e est Dieu, les deux ensemble ne formant pas deux dieux, mais un seul Dieu. Car ce que la personne s?are, la substance le r?nit. Voulant ?iter toute ?uivoque, il parle nomm?ent de la personne du Fils quand il dit que Dieu a envoy?lEsprit du Fils dans nos c?rs. LEsprit du Fils est-il diff?ent de celui du P?e ? Si lEsprit saint est lesprit des deux, il proc?e donc de lun et de lautre. On ne lappelle pas ici lesprit du Fils pour laisser entendre quil est inf?ieur au Fils. Celui qui le croit ou le dit nest pas catholique. On ne peut donc pas trouver dautre raison pour laquelle il est appel?lesprit du Fils que parce quil proc?e du Fils.

Dans sa lettre aux Philippiens, il dit entre autres : Je sais que tout cela a tourn??mon avantage ?cause de vos pri?es et par lop?ation de lEsprit de J?us Christ. (Phil 1, 19) J?us-Christ : Dieu et homme. LAp?re parlait-il dun esprit humain quand il a dit ces choses ? Car, sur la croix, le Christ J?us a remis son esprit, au t?oignage de l?ang?iste : Et ayant pench?la t?e, il remit son esprit. (Jn X1X, 50) Il avait dailleurs dit lui-m?e : Jai le pouvoir de d?oser mon ?e et celui de la reprendre. (Jn X, 18) LEsprit dont parle maintenant lap?re par lop?ation duquel il croit dune foi certaine, et quon ne peut confondre avec laide quapporte le Christ, est Dieu. Il est appel?Esprit saint pour le distinguer du P?e et du Fils. LAp?re lui rend t?oignage en attribuant les divisions des gr?es ?celui qui peut tout ce quil veut. LEsprit ici est celui du Christ, non par une suj?ion servile, mais par la procession divine, ?al au P?e et au Fils en nature, en majest? et en dignit?

Saint Luc ?rit dans les actes des ap?res : Quand ils vinrent en Mysie, ils essay?ent daller en Bythinie, mais lEsprit de J?us ne le leur permit pas. (Act. XV1, 7) Il a racont?plus haut de quel Esprit il parlait quand il a dit : Traversant en Phrygie et dans la r?ion de la Galatie, ils ont ??emp?h? par lEsprit Saint dadresser la parole en Asie. (ibid. 6) Celui quil avait dabord appel?le Saint Esprit il le nomme ensuite lEsprit de J?us. Il indique par l?de toute ?idence que lEsprit de J?us nest pas diff?ent de lEsprit saint. Il a souvent appel? lEsprit saint lEsprit de J?us parce quil proc?e de J?us. Non de cette nature par laquelle il a ??mis?icordieusement fait homme, mais de celle par laquelle il est n??al au P?e.

Paul dit aussi ?Tite : Selon sa mis?icorde, il nous a sauv? par le bain de la r???ation et de la r?ovation de lEsprit Saint quil a r?andu en nous abondamment par J?us-Christ notre Sauveur. (Tit 111, 5) Comment a-t-il r?andu lEsprit saint par J?us-Christ ? Comme un plus petit par un plus grand ? Cest ainsi que linterpr?aient les Ariens. Mais le P?e dit que lEsprit Saint a ??r?andu par le Christ J?us pour montrer que leffusion de lEsprit Saint a ??faite par J?us-Christ, non comme la recevant dailleurs, mais en lenvoyant de lui-m?e. Saint Paul na pas voulu dire que le P?e avait r?andu lEsprit Saint par J?us-Christ comme on verse de leau avec un verre, comme si dans cette effusion le Christ navait jou?quun r?e de serviteur ou dinstrument. Ce qui sent son impi?? La v?it?est que le P?e a r?andu abondamment lEsprit Saint en nous par J?us-Christ notre Sauveur, parce quil proc?e du Fils comme il proc?e du P?e. En disant quil la r?andu par le Fils, il ne nie pas quil proc?e du P?e, mais il montre quil proc?e du Fils.

De cette effusion de lEsprit saint t?oigne aussi le bienheureux Pierre dans les actes des ap?res. Il dit aux Juifs : Mont??la droite de Dieu, et la promesse du Saint Esprit ayant ??accept? par le P?e, il a r?andu Celui que vous avez vu et entendu. (Act. 11, 33) En parlant de la m?e chose, Luc t?oigne dans les actes des ap?res : Quand les jours de la pentec?e furent accomplis, ils ?aient tous ensemble dans un m?e lieu, et incontinent se produisit un son venant du ciel comme un fort vent, et il remplit toute la maison o?ils ?aient assis. Et leur apparurent des langues ?arpill?s comme de feu. Il se posa sur chacun dentre eux, et ils furent remplis de lEsprit Saint. Ils commenc?ent ?parler en diff?entes langues, selon que lEsprit leur donnait de parler.  (Act 11, 1-4) Et chez les proph?es : Sur mes serviteurs et sur mes servantes, en ces jours-l? je r?andrai de mon Esprit, et ils proph?iseront. (ibid 18) Nous avons cit?ce texte pour que nous sachions que, comme Pierre lavait pr?h? lEsprit Saint a ??r?andu sur les ap?res et sur les croyants qui furent rassembl? avec eux par J?us le jour de la pentec?e. Cest pourquoi il est ?rit : Ce J?us Dieu la ressuscit? nous en sommes tous t?oins. (ibid 32)

Il affirme ensuite : Une fois mont??la droite de Dieu, il la r?andu, i.e. lEsprit saint. Qui ? J?us, que Dieu a ressuscit? LEsprit vous lavez vu et entendu. (ibid. 33) Vous lavez vu dans les langues de feu, vous lavez entendu dans la diversit?des langues. Car lEsprit saint ne peut pas ?re vu dans sa nature propre, ni ?re contempl? par les yeux, ni entendu par une oreille corporelle. Mais il sest rev?u de mati?e, a pris laspect du feu en forme de langues, pour pouvoir ?re vu, et sest empar?des voix des disciples pour ?re entendu. Mais quand il dit la promesse du Saint Esprit ?ant accept? par le P?e, il a r?andu lEsprit, il ne rattache pas la gr?e ?la divinit?mais ?lhumanit? Car, selon la divinit? il ne re?it pas la promesse, car tout ce qua le P?e il la. Il ne le re?it pas dans le temps, mais la de toute ?ernit?

CHAPITRE CINQUIEME

Comparons ces textes avec la phrase de saint Paul d??cit?, celle quil a dite ?Tite au sujet de lEsprit Saint : quil r?andit en nous abondamment par J?us Christ, notre Sauveur. (Tit. 111, 6) Saint Paul atteste que le P?e a r?andu lEsprit Saint par J?us Christ notre Sauveur. Pierre, lui, avait dit que J?us avait r?andu ce m?e Esprit Saint apr? sa r?urrection. Ils nous enseignent tous deux que le P?e la r?andu et que J?us aussi la r?andu. Nous ne devons pas imaginer que ce fut une effusion locale, comme si, demeurant dans le P?e, il avait pass?dans le Christ apr? avoir abandonn?le P?e. Ni quil pourrait venir au Christ en sallongeant, de fa?n ?ce quil rejoigne le Fils par une partie de lui-m?e tout en demeurant dans le P?e. De la m?e fa?n, quand il a ??insuffl?par le Christ dans les disciples, il ne faut pas imaginer quil a abandonn?le Fils pour venir aux ap?res. Ni que, s?ant allong? il a irradi?les c?rs des disciples par une partie de lui-m?e, et est demeur?dans le Christ par une autre. Ou si tu le vois comme un raison de soleil, illuminant sa sph?e propre par une partie de lui-m?e, et rejoignant la terre par une autre. Ce sont les corps qui ont des parties. Dans la divinit?de la sainte trinit? on ne trouve rien de semblable. LEsprit saint est infus?par le P?e et par le Fils sans intervalle de temps ou de lieu. Il est infus?par le P?e dans le Fils, parce que le P?e a engendr?le Fils. Il est infus?aussi par le Fils, parce que le Fils a tout ce qua le P?e.

Le saint ?angile atteste aussi que lEsprit souffle o?il veut. (Jn 111, 8) Que signifie souffler ? Rien dautre que, quand il veut et o?il veut, il se r?and lui-m?e. Nous avons l?une op?ation unique faite par toute la trinit? Le P?e infuse, le Fils r?and le Saint Esprit, lEsprit saint se r?and lui-m?e, en soufflant o?il veut. Avec quelle justesse lap?re affirme que linfusion de lEsprit Saint est faite par J?us Christ, lui par qui le P?e a tout fait ! Avec quelle convenance lap?re Pierre atteste que le Fils a r?andu lEsprit Saint, lui dont l?angile dit : Tout ce que fait le P?e, le Fils le fait ?alement ! Le P?e r?and donc lEsprit saint; le Fils le r?and aussi, parce quil est donn?aussi bien par le Fils que par le P?e. Que les empereurs des Grecs ne reprochent donc pas aux Latins de professer que le Saint Esprit proc?e du Fils comme il proc?e du P?e, mais quils apprennent plut? la v?it?de la foi du Christ et de ses ap?res.

Dans les actes des ap?res,, Pierre dit : Nous aussi nous sommes t?oins de ces paroles, ainsi que lEsprit Saint que Dieu a donn??tous ceux qui lui ob?ssent. (Act. V, 32) De quel Dieu parle-t-il si ce nest de celui dont il avait dit plus haut : Apr? ?re mont??la droite de Dieu, il a r?andu celui que vous avec vu et entendu. (Act. 11, 33) Montrant que cest de J?us-Christ quil parlait. Mais comment a-t-il donn?lEsprit Saint ?ceux qui lui ob?ssent ? Comme sil sagissait dun inf?ieur ? Jamais, car le Fils dit que lEsprit Saint souffle o?il veut. Dieu donne lEsprit Saint en linfusant dans le c?r de ceux qui lui ob?ssent, non pas de fa?n ?ce que lEsprit perde lunit?de la substance, mais pour quil illumine ceux quil nilluminait pas auparavant. Personne ne peut parvenir ?donner ce quil na pas. Or, le Fils atteste avoir lEsprit Saint quil a donn??ceux qui lui ob?ssent. Ce quil a, il la par lunit?de la substance, non apr? avoir acquis ce quil ne poss?ait pas. Ainsi, quand il donne, il ne donne pas ce qui rel?e dautrui, mais il conf?e un don qui lui appartient en propre. Ce que le Fils ne pourrait faire si le Saint-Esprit ne proc?ait pas de Lui.

Dans ce qui suit, le bienheureux Pierre enseigne comment le pa?n Corneille et ceux qui crurent avec lui obtinrent la gr?e du bapt?e : Si donc Dieu leur a donn?la m?e gr?e qu?nous qui croyons dans le Seigneur J?us-Christ, qui ?ais-je pour pouvoir emp?her Dieu dagir ? (Act X1, 17) On peut voir le P?e ou lEsprit saint dans le Dieu qui a rempli les c?rs des croyants, et qui a donn?la connaissance des langues. Mais quand on r?l?hit sur les paroles de Pierre portant sur lenvoi du Saint Esprit aux croyants, ?leffet que c?ait le Fils qui lavait envoy? on doit entendre ici par Dieu le Fils. Il a donn?la m?e gr?e ?Corneille et ?ses compagnons lorsque, ?la parole de Pierre, il a r?andu lEsprit Saint sur les disciples sous la forme de langues de feu. Il a ?? suffisamment d?ontr? que leffusion ou la donation du Saint Esprit appartient au Fils comme au P?e, car il proc?e de lun comme de lautre. Il dit que cest la m?e gr?e qui a ??donn? aux croyants que celle qui avait ??donn? aux ap?res. Il est clair quil parle ici du Saint Esprit, que le Fils a pu donner parce quil proc?e de lui. Ce quil naurait en aucune fa?n pu faire sil ne proc?ait pas de lui.

CHAPITRE SIXIEME

Le bienheureux Paul ?rivant aux Romains, dit aux fid?es : Vous n?es pas dans la chair, mais dans lEsprit. Si seulement lEsprit de Dieu habite en vous. Celui qui na pas lEsprit du Christ nest pas un des siens. (Rom V111, 1X) De quelle personne pensez-vous quil sagit quand il dit : Si lEsprit de Dieu habite en vous. Si vous dites que cest la personne du P?e, Paul affirme donc que lEsprit du P?e est le m?e que celui du Fils. En ne taisant pas quil est lEsprit de lun et de lautre, il professe quil proc?e de lun et de lautre. Mais si vous voulez y voir la personne du Christ, ce qui semble plus conforme au contexte, nous apprenons par l?que lEsprit Saint est lesprit du Christ. Do?nous concluons quil en proc?e.

Il d?igne encore plus manifestement la personne du P?e quand il dit : Si lEsprit de celui qui a ressuscit?J?us-Christ des morts habite en vous. Ce passage pourrait, ?la rigueur, sentendre du Christ, au sens quil a ressuscit?avec le P?e lhomme quil avait assum? comme il le dit lui-m?e dans l?vangile. Que lon pr??e lun ou lautre, le P?e ou le Fils, il est ?ident quon nous enseigne que lEsprit du P?e est le m?e que celui du Fils. En cons?uence, ce que lap?re a dit plus bas : tous ceux qui sont mus par lEsprit de Dieu sont fils de Dieu, (Rom V111, 14) peut ?re entendu de lun et de lautre sans aucun doute possible, comme nous lavons plusieurs fois d?ontr? Et plus bas encore : Vous navez pas re? de nouveau un esprit de servitude dans la crainte. Mais vous avez re? lesprit de ladoption des fils dans lequel nous crions : abba, p?e. (Ibid 15) Quand il ?rit aux Galates, il dit : Parce que vous ?es des fils de Dieu, Dieu a envoy?lEsprit de son Fils qui crie dans vos c?rs : abba, p?e. Constatez que celui quil appelle lEsprit dadoption des fils, il confesse quil est lEsprit du Fils. Par ce passage, lap?re nous enseigne donc que lEsprit du P?e quil nomme Esprit dadoption est le m?e que lEsprit du Fils, que Dieu a envoy?en nos c?rs. Et nous nous ?rions abba, p?e, dans le m?e Esprit qui est autant celui du P?e que du Fils. Ce que nous ne pourrions jamais faire si lEsprit saint ne proc?ait pas du Fils comme il proc?e du P?e.

Voici ce quil ?rit dans sa deuxi?e lettre aux Corinthiens : Vous ?es notre ?itre ?rite dans nos c?rs, laquelle est lue et connue par tous les hommes. Il a ??manifest?que vous ?es l?itre du Christ, compos? par nous et ?rite non par une plume, mais par lEsprit du Dieu vivant. (11 Cor. 11, 2, 3) Quand il dit que les Corinthiens sont une ?itre du Christ ?rite par lEsprit du Dieu vivant, il d?ontre une seule op?ation faite conjointement par le Christ et lEsprit Saint. Mais qui appelle-t-il en ce lieu le Dieu vivant. Ce ne peut pas ?re le Christ, dont il dit que les Corinthiens sont l?itre. Cest donc manifestement lEsprit du Christ qui a ?rit dans les c?rs des Corinthiens une ?itre non avec une plume mat?ielle, mais par le rayonnement de lui-m?e. En cons?uence, comme le Christ et lEsprit Saint ?rivent tous les deux la m?e ?itre, lunicit?de lop?ation d?ontre lunicit?de la substance. Car ce qu?rit le Christ, lEsprit Saint l?rit, et ce que lEsprit Saint ?rit le Christ l?rit aussi. Sans intervalle temporel, sans changement de lieu, sans aucune diff?ence. Ils nont quune seule et m?e volont? une seule et m?e op?ation, une seule et m?e puissance parce quils ont en commun la m?e essence. L?o?lon parle de lEsprit Saint, on parle aussi souvent de lEsprit du Christ.

Il dit dans les Corinthiens : Jusqu?aujourdhui, quand on lit Mo?e, un voile est pos?sur leur c?r. Quand il se tournera vers Dieu, le voile sera enlev? (11 Cor 111, 15, 16) Quel est celui quil appelle Dieu, il le montre un peu plus haut, en disant comment ce voile sera ?acu?dans le Christ. Si donc le voile de lancien testament est ?acu?dans le Christ, il est ?ident que le voile sera enlev?quand quelquun se convertira au Christ.

Le bienheureux Jean dit dans son apocalypse : Et moi je pleurais beaucoup, car personne nest trouv?digne douvrir le livre ni de le voir. Et un des anciens me dit : Ne pleure pas. Voici quil a vaincu le lion de la tribu de Juda, la racine de David. Il ouvrira le livre et ses sept sceaux. (Ap V, 4, 5) Louverture du livre cest lenl?ement du voile. Il ny a pas dexplication ?donner pour indiquer quel est celui qui accomplira tout cela. Il nest que trop clair que le lion de la tribu de Juda, la racine de David signifient le Christ, ?qui il est demand?douvrir les sept sceaux. Ces sept sceaux sont une figure de la gr?e septiforme des dons du Saint Esprit. Car il est lui-m?e lEsprit de sagesse, dintelligence, de conseil, de force, de science et de pi?? comme le dit le proph?e Isa? (X1, 2) Cest la racine de David, i.e. le Sauveur qui ouvre les sept sceaux de ce livre, parce que les myst?es spirituels qui y sont contenus sont descell? dans le Christ quand il enl?e le voile qui scellait les livres de lancien testament, et en r??e le sens.

Lap?re ajoute : Le Seigneur est Esprit. L?o?est lEsprit du Seigneur, l?est la libert? (11 Cor 111, 17) De quel Seigneur ? Sans contredit de celui qui enl?e le voile de tout ce qui dans la lecture de lancien testament demeure non r??? Lenl?ement du voile cest lenl?ement de la servitude qui est contenue dans la lettre de la loi, pour que vienne la libert?qui est accord? par lEsprit du Seigneur. Cela se produit quand on passe de la lettre ?la compr?ension spirituelle, et de la servitude de la chair ?la libert?de lEsprit. Nous constatons dans ces passages que lEsprit du Seigneur est appel?Esprit du Christ. Comme dans ce qui suit : Nous tous, ?visage d?ouvert, contemplant la gloire du Seigneur, nous sommes transform? dans la m?e image de clart?en clart? comme par lEsprit du Seigneur. (11 Cor 111, 18) Donc, comme la r??ation de la face se fait par le Christ, et comme nous sommes transform? de clart?en clart?par lEsprit du Seigneur, nous avons la d?onstration que lop?ation de J?us Christ et de lEsprit Saint est commune ?tous les deux. Et quand il dit : par lesprit du Seigneur, il indique sans aucun doute possible la personne du Christ. Mais comme il est son Esprit, il ouvre lui aussi avec le Sauveur, le sens de lancienne loi. Et le fait quils travaillent conjointement d?ontre lunion dans une seule substance. En lappelant lEsprit du Seigneur, on laisse entendre quil proc?e du Fils. Il nest que trop ?ident que dans ce passage, le Seigneur signifie le Sauveur.

CHAPITRE SEPTIEME

Le bienheureux Pierre ?rit aux croyants dans la premi?e lettre : Ce salut les proph?es lont recherch?et scrut? eux qui ont proph?is?la gr?e que vous avez re?e, se demandant quand et ce que serait ce temps dont lEsprit du Christ leur avait parl?en figure. (1 Pier 1, 10, 11) Le prince des ap?res de qui a dit le Sauveur : tu es Pierre, et sur cette pierre j?ifierai mon ?glise, nh?ite pas ?appeler lEsprit du Christ lEsprit Saint qui a parl?par les proph?es. Et je ne sais par quelle dignit?s?uli?e ?louis, ils pr?ument r?pprendre ce quils ont appris des ap?res de l?glise du Christ. Si le Saint Esprit ne proc?e pas du Christ, comment peut-on dire quil est lEsprit du Christ ? Il proc?e donc du Christ non comme un subordonn? non comme une partie du Christ, mais de sa substance.

Remarque que le bienheureux Jean concorde avec cette formulation en proclamant lEsprit saint lEsprit du Christ. Car il dit dans lApocalypse : Et jai vu au milieu du tr?e quatre animaux, et au milieu des anciens un agneau qui se tenait debout, comme immol? ayant sept cornes et sept yeux. (Ap V, 6) Et expliquant ce quil a vu, il ajoute : qui sont les sept esprits de Dieu envoy? sur la terre. Je pense quaucun catholique ne peut nier que lagneau immol?repr?ente J?us-Christ, dont Jean-Baptiste avait dit : Voici lagneau de Dieu qui enl?e le p?h?du monde. (Jn 1, 29) Cest cet agneau qui a ??immol?pour les p?h? du monde, et qui est ressuscit?pour la justification du monde. On dit de cet agneau quil a sept yeux. Ces yeux signifient les sept esprits de Dieu, selon lenseignement de Jean. Il nentend pas par l?quil y ait sept personnes du saint Esprit dans la trinit? quand chacun sait quil ny en a quune. Par le chiffre sept il entend les sept dons de lEsprit Saint. Il est donc ?ident que quand il affirme que lagneau a sept yeux, il veut dire que le Christ a le Saint Esprit. Non comme un de ses membres ou une partie de son corps, mais substantiellement. Quil proc?e de lui substantiellement. Nous disons que lEsprit est dans le Christ non comme dans un lieu, ni non plus comme dans un sujet. Car il nest pas contenu par le Christ comme sil ?ait inf?ieur au Christ, comme cela se passe dans les choses qui sont contenues. Ce nest pas ainsi que nous parlons de la pr?ence du saint Esprit dans le Christ, car lEsprit saint est ?al au Christ, non inf?ieur ?lui. Nous ne disons pas non plus quil est en lui comme dans un sujet, car il nest pas un accident qui ne peut subsister sans sujet. Mais il est dans le Christ comme lui ?ant consubstantiel. Comme la couleur que nous voyons dans la flamme. Car le feu brille et r?hauffe tout en illuminant et br?ant.

Tu trouveras ce texte dans le proph?e Zacharie : Voici que jam?erai mon serviteur orient. Car voici la pierre que jai donn? devant J?us. Sur une seule pierre, il y a sept yeux. (Zac 111, 8) Et plus bas : Ces sept yeux sont ceux du Seigneur qui parcourent toute la terre. (Zac 1V, 10) La pierre est le Sauveur dont parle le Psalmiste : La pierre quont rejet? les constructeurs est devenue pierre dangle. (Ps. XV11, 22) Le P?e appelle son serviteur orient, serviteur ?cause de son incarnation, orient parce quil est le soleil de Justice. Et il dit que sur cette pierre il y a les sept yeux du Seigneur qui parcourent toute la terre. Par les yeux on entend le Saint-Esprit. Le chiffre sept, comme nous lavons expliqu?plus haut, indique la pluralit?des dons de gr?e dans un seul Esprit. Mais comment comprendre quil y ait sept yeux sur une pierre ? Rien dautre que lhabitation de lEsprit dans le Christ. Et quand on dit que les yeux sont ?celui en qui ils sont substantiellement, comprends que lEsprit saint est lEsprit du Christ. Le proph?e Zacharie la m?e proph?is?sous la forme dun cand?abre : Jai vu. Et voici un cand?abre compl?ement en or et ses lampes sur sa t?e, et sept lampes au-dessus de lui. Vois lincarnation du Christ dans le cand?abre en or. Il est dor?parce quil est sans tache, sans aucun m?ange avec la faute, ?latant, resplendissant. Les lampes sur sa t?e sont la divinit?dans lhomme. Car lap?re dit que Dieu est la t?e du Christ. (1Cor X1, 3) Les sept chandelles au-dessus de lui sont la pl?itude du Saint Esprit. Il repose sur lui selon loracle du proph?e Isa? : Et reposera sur lui lEsprit de sagesse et dintelligence, de conseil et de force, de science et de pi?? et lEsprit de crainte du Seigneur le remplira. (Is 11, 2) Si les sept chandelles de lEsprit Saint reposent sur lui, lEsprit Saint, repr?ent?dans les sept chandelles, repose donc en lui. Et comme il repose en lui en y habitant substantiellement, il est lEsprit de celui dans lequel il repose substantiellement. Ce nest donc pas sans raison quil est appel?lEsprit du Christ. Notons enfin que cest lEsprit saint symbolis?par les yeux qui parcourt toute la terre.

Apr? avoir dit que les sept yeux de lagneau sont les sept esprits de Dieu, lapocalypse ajoute : envoy? sur toute la terre. (ap V, 6) L?o?Zacharie dit parcourant, Jean dans lApocalypse dit : envoy?. Par le mot mission, il sous-entend la procession du Saint Esprit. Comme il est substantiellement dans le Christ, il ne parcourt ni nest envoy??moins quil proc?e du Christ, non localement mais substantiellement. Car l?re il le re?it du P?e et du Fils, comme le Fils re?it essentiellement l?re du P?e. Mais linverse nest pas forc?ent vrai. Parce que lEsprit Saint proc?e conjointement du P?e et du Fils, il ne sensuit pas que le Fils doive na?re du P?e et du Saint Esprit. Car la naissance vient du P?e seul, mais la procession des deux, du P?e et du Fils. LApocalypse dit que les sept esprits de Dieu ont ??envoy? sur toute la terre. Zacharie, lui, parle des sept yeux du Seigneur qui parcourent toute la terre, repr?entant les dons de lEsprit saint septiforme. Ils ont ??diffus? ces dons par les ap?res et leurs successeurs dans toutes les nations, pour la sanctification des fid?es croyant dans le Christ, et pour la r?ission de leurs p?h?.

Saint Jean lui-m?e reconnait que lEsprit saint est lEsprit du Christ quand il dit avoir vu au milieu sept des cand?abres quelquun semblable ?un fils dhomme. (Ap 1, 13) Et un peu plus loin il ajoute : Et ses yeux ?aient comme la flamme du feu. (ibid. 14) Quel est ce fils de lhomme ? Nul autre que notre Seigneur J?us Christ, qui sest tr? souvent dans l?angile appel?Fils de lhomme. Comme, par exemple : Que disent les hommes du Fils de lhomme ? (Matt XV1, 13) Et ?z?hiel, sous sa figure, sentend souvent appeler fils de lhomme. Quand il dit que les yeux de ce fils dhomme brillaient comme la flamme du feu, il sous entend lEsprit saint, car sur les ap?res il est apparu comme un feu envoy?du ciel. Quand il dit que ses yeux sont lEsprit saint, il veut nous dire que lEsprit saint est lEsprit du Christ. Il ny a aucune autre raison pour laquelle il soit dit lEsprit du Christ que parce quil proc?e du Fils, et quil y demeure substantiellement.

Jean dit la m?e chose quand il parle de la gloire future des saints quaucun soleil ou aucune canicule ne tourmenterait : Parce que lagneau qui est au milieu du tr?e les r?ira, et les conduira aux sources deau vive. (Ap V11, 16, 17) Quelles sont ces fontaines deau vive ? Ce sont les flots du Saint Esprit qui purifient les fid?es en les lavant, et qui les irriguent en les vivifiant. Le Sauveur en a parl?dans l?vangile quand il a dit : Celui qui croit en moi, de son sein couleront des fleuves deau vive. (Je V11, 38) Ces eaux, nous dit saint Jean, signifiaient lEsprit saint qui allait ?re donn?aux croyants. Ce qui sest r?lis?pour les ap?res le cinquanti?e jour apr? la r?urrection. On peut donc en d?uire que lAgneau les conduira aux sources deau vive parce que lEsprit saint de celui qui fait jaillir leau les enivrera et quils ne pourront jamais perdre les joies ?ernelles de la vie. Nous ne pensons pas que ces sources deau vive jaillissent en dehors du Christ, car il a dit ?Philippe : Je suis la vie. Celui qui me voit, voit le P?e. (Jn X1V, 6, 9) Celui donc qui voit le Christ voit le Saint Esprit qui est dans le Christ. Et, pour lui, amener les croyants aux sources deau vive signifie les amener ?lui, pour autant que ceux qui croient en lui et vont vers lui sont toujours abreuvs par les sources du Saint Esprit qui proc?e de lui.

Le bienheureux Jean dit de m?e dans lApocalypse : Et un ange prit un encensoir, il le remplit du feu de lautel et lenvoya sur la terre. Et on entendit le tonnerre et des voix, etc. (Ap V111, 5) Cet ange cest J?us-Christ lui-m?e, appel?lange du grand conseil. Lencensoir cest son humanit? Et lautel do?est rempli lencensoir cest la divinit?du Christ. Le feu de lautel cest lEsprit saint tir?de la divinit?du Christ. Car lautel et lencensoir sont tous les deux le Christ. Mais cest sur lautel dont lautel terrestre est limage que les holocaustes et les sacrifices des saints sont offerts. Car les v?x des saints ne peuvent pas ?re re?s autrement quen ?ant plac? sur lautel Christ. On lappelle encensoir parce que cest par lui que les pri?es des saints sont accueillies. Or lencensoir est tr? certainement le don du Saint Esprit. Cest du moins ce quatteste lap?re : Nous ne savons pas quoi demander dans nos pri?es, mais lEsprit Saint demande pour nous. (Rom V111, 28), i.e., il nous fait demander en des g?issements in?arrables. (Luc X11, 49) Le feu de lautel est le Saint Esprit de qui le Sauveur a dit : Je suis venu envoyer le feu sur la terre, et je veux quil br?e. En r?um? lange envoie sur la terre un encensoir plein du feu de lautel, parce que, la promesse du Saint Esprit une fois accept? par le P?e, le Sauveur a r?andu la gr?e du Saint Esprit sur les croyants. Il est donc normal quont suivi des coups de tonnerre, des voix, des ?lairs, et des tremblements de terre. Le Sauveur le dit dans l?vangile : Il vous est avantageux que je men aille. Si je ne pars pas, lEsprit saint ne viendra pas. Si je men vais, je vous lenverrai. Et quand il viendra, il convaincra le monde de p?h? de justice et de jugement. (Jn XV1, 7) Ce que lApocalypse dit du feu de lautel que son ange enverrait sur la terre, et des coups de tonnerre le Seigneur lexprime en disant : Je vous lenverrai. Et quand il viendra il convaincra le monde. A lav?ement du Saint Esprit les coups de tonnerre et les paroles des pr?icateurs retentirent, les c?rs des mortels furent saisis de crainte, les ?lairs des miracles brill?ent. Toute la terre sen est rendu compte. Le feu de lautel est lEsprit saint quil a promis ?ses ap?res quil enverrait. En attestant quil lenverrait sur la terre, lApocalypse enseigne clairement que lEsprit saint est lEsprit du Christ, et que cest par lui que, apr? lascension, il a ??envoy?sur les ap?res. Comment peut-il ?re envoy?par le Fils sil nen proc?e pas ? Et il proc?e de celui dont il est lEsprit.

Dans la m?e Apocalypse, Jean : Et jai vu le ciel ouvert, et voici un cheval blanc, et celui qui le chevauchait sappelait fid?e et v?itable. Il juge et combat avec justice. Car ses yeux sont comme une flamme de feu. (Ap X1X, 21) Le cheval blanc est le corps du Christ sans tache, color?par la candeur de la saintet? Son cavalier est la divinit?du Christ qui r?it et guide lhome quelle a assum? de fa?n ?ne faire, de la divinit?du P?e et de lhumanit?de la m?e, quun seul Fils. Ses yeux sont comme une flamme de feu parce que la divinit?du Saint Esprit et sa splendeur ign? demeure en lui. L?lat de ses yeux est le d?ordement de la pl?itude des dons du Saint Esprit. En ayant recours ?ce genre dimage, il enseigne manifestement que la divinit?du Saint Esprit proc?e de la divinit?du Fils. Et comme la lumi?e des yeux appartient ?celui qui a les yeux, de la m?e fa?n lEsprit Saint appartient au Christ dans lequel il r?ide, et de qui il proc?e.

CHAPITRE HUITIEME

Nous croyons avoir suffisamment d?ontr?par des citations de l?criture que lEsprit Saint proc?e du Fils. Ajoutons encore deux extraits de l?vangile qui devraient venir ?bout de la duret?des contradicteurs. A la femme gu?ie dun flux sanguin le Sauveur dit : Qui ma touch?? Tous le ni?ent. Pierre et ses compagnons lui dirent : Ma?re, les foules toppressent et tincommodent, et tu dis : Qui ma touch?? Et J?us leur r?ondit : Quelquun ma touch? car je me suis rendu compte quune vertu sortait de moi. (Luc, V111, 45) Quelle est cette vertu que le Sauveur affirme ?re sortie de lui ? Rien dautre que la gr?e du Saint Esprit. Comme le dit lAp?re : A lun est donn? la gr?e de gu?ison, ?lautre lop?ation des vertus. (1 Cor X11, 9) Quand le Sauveur dit : jai senti une vertu sortir de moi, que dit-il dautre que : je sais que lEsprit saint proc?e de moi qui suis le gu?isseur des maladies et lop?ateur des vertus. Il dit que lEsprit saint est sorti de lui comme il avait dit quil est sorti du P?e : Je suis sorti du P?e. (Jn XV1, 28) Sortir du P?e pour le Fils cest na?re du P?e. Il en est de m?e pour lEsprit saint : sortir du Fils cest proc?er de Lui. On trouve la m?e chose dans l?angile du bienheureux Luc : Et toute la foule cherchait ?le toucher parce quune vertu sortait de Lui qui les gu?issait tous. (Luc V1, 19) La vertu qui sort du Christ gu?it tout le monde parce que lEsprit Saint qui proc?e de lui accorde ?tous la gr?e de la sant?

Que les censeurs malveillants ou incomp?ents cessent donc de reprocher ?l?glise du Christ de professer que lEsprit Saint proc?e du P?e et du Fils. Cest ce que les ?angiles enseignent, ce que les ap?res professent, ce que les proph?es nont pas tu. Quils apprennent dabord ce que l?glise dit du Christ, et devenus des disciples de la V?it? quils confessent la foi catholique de peur que, tromp? par la boursouflure de la pr?omption, et retenus dans les filets de lerreur, ils ne raniment une h??ie d??assoupie. Ils ont ceci en commun avec la peste dArius que quand il refusait au Fils l?alit?consubstantielle, il enseignait que lEsprit saint ?ait inf?ieur au Fils, seffor?nt de d?ontrer que le Fils n?ait pas n?de la substance du P?e, et que lEsprit saint ?ait une cr?ture.

Voyez, empereurs illustres, o?tend votre profession de foi quand vous dites que lEsprit Saint proc?e du P?e, mais quil ne proc?e pas du Fils. Vous navez lu cela ni dans les saintes lettres ni dans les auteurs eccl?iastiques. Pour r?uter et condamner la peste dArius, le concile de Constantinople a dit que le Fils est consubstantiel au P?e, et que lEsprit Saint proc?e du P?e. A-t-il ni?quil proc?e du Fils ? Ou sensuit-il n?essairement que sil proc?e du P?e il ne proc?e pas du Fils ? Comprenez donc, si vous voulez ?re fils de l?glise et suivre la doctrine du P?e, quen disant que lEsprit Saint proc?e du p?e, le concile de Constantinople na pas ni?quil proc?e du Fils. Comme toute la trinit?est consubstantielle, comme le Fils est n?du P?e et comme lEsprit saint est la charit?de lun et lautre, personne ne peut nier que lEsprit saint proc?e du Fils, ?moins de nier que le Fils poss?e la charit?par laquelle il aime le P?e. Il est stupide de tenir mordicus et de professer en toute fid?it?que le P?e aime le Fils et que le Fils aime le P?e, et que, bien que cet amour par lequel le P?e aime le Fils proc?e du P?e, lamour par lequel le Fils aime le P?e ne proc?e en rien du Fils. Car cet amour est lEsprit Saint. Il proc?e donc du P?e et du Fils.

Le moment est donc venu de prouver par les t?oignages des saints P?es que le Saint Esprit proc?e du Fils. Que ceux qui pensent autrement soient confondus, et quune peur salutaire les amende, pour quun ent?ement insens?ne les pr?ipite pas dans la fosse de perdition.
 
 




LIVRE DEUXIEME (6 chapitres)




           Nous traitons  de la procession de lEsprit Saint que les Empereurs grecs refusent dattribuer au Fils, pr?endant que lEsprit ne proc?e que du P?e.  Ils d?aignent, pour cette raison, de communier avec lEglise romaine, de recevoir les l?ats du si?e apostolique, condamnant lEglise latine parce quelle pense autrement queux sur le Saint Esprit. Elle croit en effet et professe que lEsprit saint proc?e aussi du Fils, alors que, pour eux, il ne proc?e que du P?e.
 
 

           Ce qui dabord nous frappe, cest que  nous voyons des la?s violer toutes les r?les eccl?iastiques, et imposer des d?rets aux fid?es.  Et ceux quaucun droit juridique ne qualifie pour ce comportement  sefforcent, en marge de lassembl? des ??ues,  de d?erminer des statuts, et de  d?inir des r?les de foi.  Et dapr? leurs propres d?rets, ils re?ivent les uns en communion,  et d?osent les autres.
 
 

           Car sils ne  s?aient que propos? de statuer sur le contenu de la foi, il leur aurait fallu convoquer un synode d??ues, senqu?ir des d?isions des P?es,  des oracles des saintes Ecritures, prendre une d?ision unanime en concile sur ce quon devait accepter ou rejeter.  Et si dans quelques ?lises ou dans quelques lieux, des gens ?aient convaincus de tenir ou de professer ce qui n?ait ni droit ni juste, relativement ?la foi ou la coutume, il fallait dabord leur ?rire, et faire une enqu?e s?ieuse.   Ensuite seulement,  le cas ?h?nt, porter un jugement.  Et cela cependant, selon la comp?ence propre ?chaque pouvoir,  et en respectant les constitutions de lEglise.  Autrement, ce serait  juger de la constitution ou discuter dun dogme de la foi  au d?riment  de  peuples qui ne rel?ent pas du soin de leur charge ou qui ne tombent pas sous leur  juridiction;  et frapper de censure ceux qui ne pensent pas en tout point comme eux.
 
 

           Le Seigneur a-t-il donn?aux empereurs grecs le pouvoir de lier et de d?ier.  Leur a-t-il dit : Vous ?es la lumi?e du monde ?  Leur a-t-il demand?denseigner toutes les nations, et de les baptiser au nom du P?e et du Fils ?  Vous dites que lEsprit saint ne proc?e que du P?e,  et vous refusez de professer,  comme l?lise latine catholique de toute la terre, quil proc?e aussi du Fils. Comment faites-vous pour prouver que votre sentence lemporte,  et quelle est munie de lautorit?de la v?it??  La v?it?de l?angile est-elle parvenue ?vous seuls;  demeure-t-elle aupr? de vous seuls ?

           Lap?re Paul se dit ?re appel?ap?re et mis ?part pour l?angile du Christ.   De J?usalem ?lIlliryacum, il a fait tout le trajet pour pr?her lEvangile.  Il est all??Rome et en Espagne,  et il a rayonn?sur  tout lempire romain par sa pr?ence corporelle ou par ses ?rits,  en pr?hant le Christ.  A-t-il d??dit quil na pr?h?lEvangile quaux Grecs,  et quil na fait conna?re la v?it?de lEvangile quaux seuls empereurs grecs ?  LEvangile du Christ rayonne sur toute la terre;  les ?rits des ap?res sont lus partout,  les oracles des proph?es sont proclam? partout.  Par ceux qui, d? le d?ut,  ont ??institu? ma?res par les ap?res,  ils apprennent tous les jours quoi penser sur la sainte trinit? quoi professer;  comment enseigner les peuples qui leur sont confi?, ?quels m?rs les former,  comment les convertir, et par quelles pratiques religieuses les conduire.
 
 

Aucune page de lEcriture ne nous dit, aucune institution des Anciens ne nous fait savoir, aucun pr?epte des aptres ne stipule, aucun ?rit des anciens ne nous enseigne que les Grecs sont les ma?res de toute l?lise, ou que cest ?leurs empereurs de montrer et denseigner les m?rs,  les rites  et les dogmes qui doivent ?re observ? dans toutes les ?lises du Christ.  Chacun ne sait que trop ?quel point cela serait stupide et insolent.  On naurait donc pas du r?user lEglise romaine avec tant de l??et?parce que, conservant les institutions de ses anciens,  elle ne suit pas en tout point  les institutions des Grecs.  Ce quelle croit, enseigne et conserve  nest pas en d?accord  ou en opposition avec les pages des saintes lettres.  Cest inutilement que vous nous reprochez de dire que lEsprit saint proc?e aussi du Fils, quand vous ne voulez le voir procder que du P?e.
 
 

                                      CHAPITRE DEUXIEME
 
 

           Nous vous demandons dabord quelle d?ision des anciens ??ues catholiques, quel d?ret vous cherchez tant ?d?endre.   Le concile de Nic? form?de trois cent dix-huit ??ues, a ??r?ni par lempereur Constantin pour condamner la doctrine dArius.    Quand le symbole  vint ?parler du Saint Esprit, apr? avoir confess?la consubstantialit?du Fils avec le P?e, il se contenta de dire :  Nous croyons aussi dans le Saint Esprit.  Rien de moins, rien de plus sur sa substance ou sa procession.  O?est donc cette  r?le  contraignante que vous pensez imposer aux Latins, qui vous permette ?vous de dire que lEsprit saint proc?e du P?e,  mais qui ne permette pas aux latins de dire quil proc?e du Fils ?   Si vous ne voulez rien ajouter aux d?isions du concile de Nic?, enlevez le qui proc?e du P?e, parce quil ne se trouve pas dans le concile de Nic?. Par quelle logique vous serait-il  permis ?vous  denlever le qui proc?e du Fils simplement  parce quil a ??ajout?par les Romains ?   Et si vous r?ondez en disant que cela a ??ajout?par cent cinquante ??ues rassembl? en concile ?Constantinople, nous r?ondrons quil n?ait permis ?personne dajouter ou denlever quoi que ce soit au symbole de foi de Nic?.
 
 

Si vous r?orquez quen ce qui ?trait ?la consubstantialit?du Fils il n?ait permis dans aucun concile dajouter quoi que ce soit, mais que ce qui a ??ajout?au sujet du Saint Esprit se justifiait ?cause des attaques des h??iques, nous vous r?liquerons que la m?e chose a ??permise aux latins ?cause des fausses interpr?ations scripturaires des h??iques.  Vous ne pouvez soutenir que la ville de Constantinople est sup?ieure ?la ville de Rome, laquelle est la t?e de toutes les ?lises du Christ, au t?oignage  tant de nos anciens que des v?res.   Les cent cinquante ??ues nont jamais poss??le pouvoir de l?if?er pour tous les  ??ues de toute la terre, ni de faire que  tout ce quils interdisent soit interdit tant au pontife romain qu?toutes les ?lises du Christ.
 
 

           Ils ont ajout?aussi dans le symbole pr?it :  LEsprit saint, qui a parl?par les proph?es,  doit ?re ador?et glorifi?avec le P?e et le Fils.  Ils nont pas impos?ces additions aux ?lises du Christ, mais ils ont donn?un exemple pour ceux qui voudraient ajouter aux paroles  des Ecritures qui leur permette de combattre les h??iques, et fortifier la foi des croyants. Vous objectez quon ne peut trouver ni dans les saints ?angiles, ni dans les autres textes sacr? que lEsprit proc?e du Fils.  Et, ?cause de cela,  vous refusez daccepter ce qui ne se trouve pas dans les Ecritures, comme les Ariens refusaient de recevoir le mot consubstantiel parce quil ne se trouvait pas dans les Ecritures.  Dites-nous alors o?vous avez lu dans les Ecritures  que lEsprit Saint doit ?re ador?et glorifi?comme le P?e et le Fils, et quil a parl?par les proph?es,  ainsi que  la d?lar?le concile de Constantinople ?  Vous direz peut-?re que ces mots ne sont pas ?rits  en toutes lettres  dans les Ecritures, mais que le sens sy trouve.  Car ?ant dune seule substance avec le P?e et le Fils, dune seule puissance et dune seule majest? il sensuit n?essairement que lEsprit saint  doive ?re ador?et glorifi?comme le sont le P?e et le Fils.  Permettez donc la m?e chose aux Latins.  Les Ecritures ne disent pas explicitement que lEsprit saint proc?e du Fils.  Mais elles montrent de plusieurs fa?ns quil est lEsprit du Fils comme il est lEsprit du P?e,  quil proc?e du Fils, donc,  comme il proc?e du P?e.  Nous croyons lavoir suffisamment d?ontr?dans le livre pr??ent.
 
 

           LEglise catholique,  fond? sur  le Sauveur et les ap?res, a toujours tenu et na jamais omis de pr?her que lEsprit  poss?e en commun avec le P?e et le Fils la m?e vertu et la m?e nature,  quil proc?e donc de lun et de lautre.  Pourquoi cherchez-vous maintenant ?r?rimander la foi catholique ? Que complotez-vous  contre les dogmes catholiques ?  Cherchez-vous peut-?re ?ressusciter Arius ou Mac?oine, et ?r?ntroduire dans les Eglises les cendres ?eintes de leurs dogmes pervers ?  Vos anc?res ne pouvaient pas ne pas savoir ce que lEglise romaine enseignait du Saint Esprit. Et pourtant,  ils ne se sont jamais s?ar? de la communion du si?e de Rome. Ils ne comprenaient que trop que la v?it?de la foi catholique se trouvait dans ce quelle tenait et enseignait, et quil ne convient pas de condamner ce qui est fond?sur lEcriture.
 
 

           Jusqu?limpi??dArius, aucune confusion ne troublait les croyants au sujet de la consubstantialit?du Fils.  On ne parlait pas dans les pr?ications du consubstantiel.  La vertu de ce mot, cependant,  ?ait fortement imprim? dans lesprit des croyants,  car ils croyaient que le Fils tout puissant ne diff?ait en rien de son P?e.  Ils se souvenaient, en effet,  de ces paroles du Sauveur :  Celui qui me voit, voit le P?e. (Jn X1V, 9)  Ils ne voyaient pas le Christ autrement que comme lAuteur de toutes les cr?tures.  Car ils se rappelaient ce qua dit Jean :  Tout a ??fait par lui. (1,3)  Et pourtant,  le symbole, qui a ??fait en commun par les ap?res,  ne contenait rien dautre que ce que tous savent : quil nous faut croire en un Dieu tout puissant, et en J?us-Christ son Fils unique, notre Seigneur.   Cette foi suffisait pour le salut des croyants.  Le sang dun grand nombre de martyrs  et la profession dun grand nombre de confesseurs par toute la terre lavait corrobor? et recommand?.  Or, quand Arius, lennemi de la v?it? commen? ?d?irer au sujet de la divinit?du Christ,  ?prof?er de nombreux blasph?es, et ?entra?er dans limpi??lesprit des fid?es, on brandit les armes de la v?it?contre lerreur de limpi?? et on r?uta ?la fois le dogme impie et son auteur : que le Fils de Dieu ?ait une cr?ture,  quil navait pas ??engendr?par le P?e; et que lEsprit Saint, ?blasph?e,  ?ait inf?ieur au Fils.
 
 

           Apr? lui se leva Mac?onius.   Il pensait comme lEglise catholique au sujet du P?e et du Fils, mais il ne recevait pas la personne de lEsprit Saint.  Les ??ues catholiques engag?ent contre lui le combat, et prouv?ent que lEsprit faisait partie de la trinit?  quil ?ait consubstantiel au P?e et au Fils, quil proc?ait du P?e,  quil devait ?re ador?et glorifi?comme le P?e et le Saint Esprit.   On chercha par la suite ?renouveler lh??ie dArius.  On pr?endit quIi n?ait pas permis ?un croyant de soutenir que lEsprit saint proc?e du P?e, que c?ait l?prof?er un blasph?e, puisque c?ait donner deux fils au P?e.  Voulant donc rejeter ce blasph?e,  les docteurs  de lEglise ont d?id?dajouter au symbole que lEsprit Saint proc?e aussi du Fils.  De peur quen affirmant quil ne proc?e que du P?e on le consid?e comme un fils, et quil ne soit plus appel?lEsprit du Fils.  Ce qui serait impie et blasph?atoire, et en contradiction avec la doctrine apostolique et ?ang?ique.  Si vous r?ondez que le mot proc?er suffit ?lui seul pour emp?her que lEsprit saint ne soit consid??comme un fils,  sachez que ce mot est aussi employ?pour le Fils.   Il le dit lui-m?e dans l?angile de Jean :  Je proc?e du P?e,  et je viens du P?e.  Si donc le Fils proc?e du P?e  comme lEsprit Saint proc?e du P?e,  qui fera taire les Ariens,  qui les emp?hera de dire en blasph?ant que lEsprit Saint est fils du P?e ?
 
 

                                           CHAPITRE TROIS
 
 

           Scrutons donc lenseignement des docteurs,  tant grecs que latins.  Ils ont dit que le Fils est le seul ?avoir ??engendr?par le P?e, et que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils. Car, form? par le magist?e des lettres divines, ils comprirent que lEsprit saint est lEsprit du P?e et du Fils, et quen cons?uence, il proc?e de lun et de lautre.  Le bienheureux Athanase, ??ue dAlexandrie, a ??pers?ut?par les Ariens ?cause de sa constance dans la foi catholique.   Il a ??souvent exil  par leur faction. Et au  concile de Nic?,  il aida, en sa qualit?de diacre, son ??ue, le bienheureux Alexandre, ?lutter de fa?n m?orable contre la peste dArius.  Dans un livre quil a ?rit sur la foi, et quil offrit ?tous les catholiques,   il dit entre autres :  Le P?e nest fait pas personne.  Il na ??ni cr? ni engendr? Le Fils est du seul P?e.  Lesprit saint est du P?e et du Fils. Il na ??ni fait, ni cr?, ni engendr?  mais il proc?e.  Approuvant cette v?it?de foi,  lestimant un secours important contre le dogme pervers dArius, et constatant quelle provenait de lEcriture sainte,  les plus ?inents  des docteurs latins lajout?ent au symbole de foi,  en disant du Saint Esprit :  qui proc?e du P?e et du Fils. Cette foi l?lise la tenue depuis le temps de Constantin,  sous le r?ne duquel le synode de Nic? a ??assembl?  jusqu?notre ?oque.  Mais lEglise catholique des Grecs elle-m?e ne la pas rejet?, car elle na pas voulu devenir ?rang?e ?la doctrine de  v?it, comme leurs lettres le d?larent.  Et maintenant, cette foi vous la d?oncez,  mus par je ne sais quelle l??et?  ou tromp? par je ne sais quelle illusion.
 
 

           Dites-nous si vous professez que lEsprit Saint est lEsprit du Christ ? Si vous le niez, lap?re le criera contre vous :  Si quelquun na pas lEsprit du Christ, il nest pas lun des siens.  (Rom V111, 9)  Saint Luc le proclame aussi : LEsprit de J?us ne le leur a pas permis. (Act V1, 7) Saint Pierre le proclame ainsi : Une fois mont??la droite de Dieu, il a r?andu celui que vous avez vu et entendu.  Le Seigneur le proclame lui-m?e :  Si je ne men vais pas,  le Paraclet ne viendra pas.  Mais si je men vais, je vous lenverrai. (Jn XV1, 7)  De m?e, apr? la r?urrection, il souffla sur ses disciples en disant :  Recevez lEsprit Saint. (Jn,  XX, 22)  Tous ces textes nous enseignent que lEsprit Saint est lEsprit du Christ. Or, comme vous ne pouvez pas le nier, la n?essit?vous contraint, que vous le vouliez ou non, ?ne pas nier quil proc?e du Fils.   Que vous  ne consid?ez pas, comme Arius et Mac?onius,  quil est une cr?ture, le t?oigne votre profession de foi,  selon laquelle lEsprit Saint proc?e du P?e.  Comment pouvez-vous alors  nier quil proc?e du Fils, puisque le P?e et le Fils sont dune seule et m?e substance, et quil ne peut pas ?re de la substance de lun et de lautre sans proc?er de lun et de lautre ?
 
 

           Ecoutons donc saint Gr?oire de Naziance dans le sermon sur le Saint Esprit quil a prononc?devant le peuple, dans lEglise de Constantinople, le jour de la Pentec?e :  LEsprit saint a toujours ?? il est et il sera, sans commencement ni fin, mais co?ernel au P?e et au Fils.  Il nest pas pensable  qu  aucun moment,  le Fils ait manqu?au  P?e, ou lEsprit saint au Fils.  En disant que le Saint Esprit est co?ernel au P?e et au Fils, il r?ute les Ariens,  qui le rabaissaient au rang de cr?ture.  En disant quil a toujours ?? quil est et quil sera, il combat Mac?oine qui niait non existence.  Mais en disant que le Fils na jamais manqu?au P?e  ni lEsprit saint au Fils, il vous r?ute, vous qui niez quil proc?e du Fils.  Car, si selon votre opinion, il ?ait davis que lEsprit saint ne proc?e que du P?e, il aurait dit que le Fils et lEsprit saint nont jamais fait d?aut au  P?e.  Mais comme il dit que le Fils ne fit jamais d?aut au P?e et que lEsprit saint ne fit jamais d?aut au Fils, il dit clairement que le Fils est n?du P?e de toute ?ernit? et que lEsprit Saint proc?e du Fils avant le temps.  Il ne nie pas quil proc?e du P?e, ce que personne ne niait, mais il affirme quil ne manqua jamais au Fils, ce qui causait probl?e.
 
 

           Par la suite, il dit en parlant du Saint-Esprit :  Celui qui sanctifie et qui nest pas sanctifi?ne devient pas Dieu mais fait des dieux.  Il est inconvertible, immuable, est toujours pr?ent ?lui, au P?e et au Fils. Il est intemporel, a sa propre puissance, et toute la puissance.  Quand il dit quil est toujours pr?ent ?lui-m?e au P?e et au Fils, il d?ontre quil ne les assiste pas comme un serviteur.  Etant inconvertible et immuable,  il est autant dans sa propre nature que dans la substance  du P?e et du Fils.  Dans sa propre nature parce quil ny a pas en lui de changement.  Immuable parce que dans le P?e et le Fils,  parce que les trois ont en commun une nature identique.  Il ne peut pas changer pour se transformer dans le P?e,  parce que le P?e est la source et lorigine premi?e de tout. Ii ne peut pas se convertir dans le Fils parce quil en proc?e et ne lui est dissemblable  en rien, et parce quil nest pas dune nature autre que celle du Fils.  On dit quil a sa puissance propre et quil est tout puissant,  parce quil subsiste dans sa propre personne, et quil fait tout ce quil veut dans toute cr?ture.
 
 

           Et plus bas :  Il est la vie vivifiante, la lumi?e qui illumine, il est bon et est la bont? le Seigneur de tous.  Il envoie les ap?res, inspire o?il veut, partageant les dons comme il le veut.  Il est lesprit de v?it? de sagesse, par qui le P?e est connu et le Fils glorifi?
 
 

           Nous avons omis bien des choses et nous navons recueilli que ce qui concerne la question pr?ente.  On dit de lEsprit quil est la vie, et le Fils dit  quil est la Vie :  Je suis la Vie.  (Jn X1V, 16)  On dit de lEsprit quil est vivifiant, et le Fils dit de lui-m?e :  Le P?e vivifie ceux quil veut, et le Fils vivifie ceux quil veut.  (Jn V, 21)  Si donc lEsprit est la Vie, et si le Fils est la Vie, si lEsprit vivifie et si le Fils vivifie,  ils ont une seule substance et une seule op?ation.  Mais le Fils est vie du P?e, et lEsprit du Fils.  Le Fils re?it du P?e d?re vivifiant;  lEsprit saint re?it donc du Fils d?re vivifiant.  De la m?e fa?n, lEsprit saint est la lumi?e et il illumine;  et le Sauveur dit de lui-m?e :  Je suis la lumi?e du monde. (Jn V111, 12)  L?ang?iste Jean dit du Fils :  Qui ?laire tout homme venant dans ce monde. (ibid 1, 9)  Si donc tous les deux, le Fils et le Saint Esprit,  sont la lumi?e et ?lairent le monde,   ils sont dune seule et m?e substance, dune seule op?ation.  Mais pour ?re lumi?e,  lEsprit Saint le re?it du Fils;  pour ?lairer il le re?it du Fils.  Comme latteste le Fils : Il recevra de moi.   (Jn X1V, 14)  Il re?it non comme nayant pas ce quil re?it, mais en proc?ant.
 
 

           De m?e, lEsprit est bon.  Et le Fils dit de lui-m?e :  Je suis le bon pasteur. (Jn X, 11)  LEsprit saint est la bont? le Christ aussi est la Bont?  Personne, ?moins d?re insens? ne le niera.  Mais le bon et le bon ne font pas deux bons, mais un seul bon. Comme la bont?et la bont?ne font pas deux bont? mais une seule bont? car il ny a pas deux dieux mais un seul Dieu.  La d?t?ne connait pas daugmentation du nombre en saditionnant.  Donc le bon Esprit proc?e du bon Fils, mais ne na? pas de lui.  Et lEsprit bont?vient du Fils bont?  non en naissant de lui, mais en proc?ant.  Autrement, si lEsprit saint ne proc?e que du P?e, sans proc?er du Fils, comment ce qui appartient au Fils appartient-il ?lEsprit ?
 
 

           En disant que lEsprit est le Seigneur de toutes choses, saint Gr?oire de Naziance affirme quil est tout puissant.  Comme le P?e a cr? toutes choses par le Fils, lEsprit na pas re? la toute puissance dans le temps, mais de toute ?ernit?en proc?ant du P?e et du Fils.   En envoyant les ap?res,  lEsprit saint dit ce que le Sauveur dit aussi : Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups.  On nous montre l?une seule et m?e op?ation de deux personnes agissant ensemble.  Il est donc clair que ceux qui ont en commun la m?e op?ation ne diff?ent ni par la substance, ni par la volont? ni par la puissance.  Mais le Fils se r??e au P?e de qui il nait,  et lEsprit saint au Fils de qui il proc?e.  Le bienheureux Gr?oire continue :  Inspirant o?il veut, r?artissant les dons comme il le veut. Et saint Paul dit du Fils :  En montant dans les hauteurs, il a amen?captive la captivit? et a donn?des dons aux hommes. (Eph 1V, 8)  Ces textes d?ontrent que, parce que lEsprit nest ni sujet, ni imparfait, ni moins puissant, sa majest?est ?ale ?celle du P?e et du Fils en nature, en grandeur, en puissance et en toute vertu.  Le fait que, comme le Fils, les dons quil distribue sont les siens et non ceux des autres, que le Fils ne les distribue pas ?une ?oque et lEsprit saint ?une autre, que le Fils ne les distribue pas ?certains et lEsprit Saint ?dautres, tout cela montre une seule et mme op?ation,  une seule et m?e volont?  Et puisque  le Fils ne peut pas ?re sans lEsprit ni lEsprit sans le Fils, ils sont dune seule et m?e substance, et lEsprit proc?e du Fils. Il dit que lEsprit  est lEsprit de v?it? et le Sauveur dit de lui : Je suis la V?it? (Jn X1V, 16)  En disant que lEsprit saint est lEsprit de v?it? il enseigne manifestement quil est lEsprit du Christ,  lequel est la V?it?et lEtre.
 
 

           Le bienheureux Gr?oire dit aussi  que lEsprit saint est lesprit de sagesse. Or, lap?re Paul atteste que  le Christ est la vertu de Dieu et la sagesse de Dieu. (1 Cor 1, 24)  LEsprit de sagesse est lEsprit du Christ qui est la sagesse de Dieu.  En disant que lEsprit saint est lEsprit de v?it et de sagesse,  il enseigne clairement quil est lEsprit du Christ.  Comment peut-il ?re du Christ sil est, selon saint Gr?oire,  le Seigneur de tous ? Pas autrement quen proc?ant du Fils.  Car, si tu le niais,  tu devrais en faire un sujet, une crature, un ?re inf?ieur au Fils.  Ce qui serait blasph?atoire, et r?ugnerait   la pi??catholique.   Quon lappelle donc, comme le veut la v?it? lEsprit du Christ, et au m?e moment, Esprit de v?it?et de sagesse.  Car en proc?ant du Christ, il proc?e de la V?it?et de la Sagesse.  Le bienheureux Gr?oire ajoute : par lequel le P?e est connu, le Fils glorifi? et ?ceux-l?seuls par qui il est connu. Le Fils a dit au P?e :  Jai manifest?mon nom aux hommes que tu mas donn?. (Je XXV11, 6)  Si le P?e est connu par lEsprit, et si le Fils manifeste aux hommes le nom du P?e, ils font la d?onstration dune seule et m?e op?ation.  Il dit m?e que le Fils est glorifi?par lEsprit Saint. Et le Fils dit : Cest mon P?e qui me glorifie. (Jn V111, 54)  Et il dit au P?e :  Glorifie-moi, P?e, aupr? de toi ! (Jn XXV11, 5)   Si lEsprit glorifie le Fils, et si le P?e glorifie le Fils, il est d?ontr?par l?que le P?e et lEsprit saint ont une seule et m?e op?ation. Et sils ont une seule et m?e op?ation,  ils ont une seule et m?e volont? une seule et m?e essence,  une seule et m?e puissance.  Et il ajoute : Et par ceux seulement qui le connaissent.   Si lEsprit saint nest connu que par le P?e et le Fils,  il est donc consubstantiel ?lun et ?lautre, et proc?e de lun et de lautre.  Et que veut-il dire en affirmant que le Fils est glorifi?par lEsprit et que le Fils glorifie le P?e ?   Que veut-on dire quand on d?lare que le P?e glorifie le Fils ?  Rien dautre que manifester que le Fils est n?du P?e.  De la m?e fa?n,  le Fils est glorifi?par lEsprit saint quand lEsprit montre quil proc?e du Fils.

           De bien des fa?ns donc, le bienheureux Gr?oire prouve que lEsprit saint proc?e du Fils, et quil est dune seule et m?e substance quavec eux.  Et voici comment il conclut :  Quel besoin avons-nous dajouter dautres mots ? Tout ce que le P?e est le Fils lest, ?part le fait que le P?e nest pas n?   Tout ce que le Fils a le Saint Esprit la, ?part le fait que le Fils est n?  Que signifie cette distinction,  et le rapport existant entre les personnes :  le Fils est ce quest le P?e, en dehors du fait que le P?e nest pas n?  Et lEsprit saint est tout ce quest le Fils, ?part le fait que le Fils est n?  Car il aurait pu dire :  tout ce quest le P?e le Fils et le Saint Esprit le sont eux aussi,  en dehors du fait que le P?e nest ni n?ni ne proc?e de personne.  Mais ce quil dit cest que le Fils est tout ce quest le P?e,  mais que lEsprit saint nest pas tout ce quest le P?e,  mais quil est tout ce quest le Fils en dehors de la naissance.  En parlant ainsi,  il enseigne que le P?e nest de personne,  que le Fils est le seul ?avoir ??engendr?du P?e,  et que lEsprit saint proc?e du Fils.  Quil proc?e du P?e, il le dit un peu plus haut :  toutes choses sont r???s au P?e comme ?la premi?e origine de tout, ainsi quau Fils unique et au Saint Esprit.  En disant cela,  il montre que tout ce qui appartient au Fils est en relation avec le P?e. Et que tout ce qui est ?lEsprit saint se r??e au m?e comme ?la premi?e origine tout.  Car m?e si lEsprit proc?e du Fils,  le Fils re?it du P?e en naissant que lEsprit saint proc?e de lui.   Pour que tout ce qua le Fils le P?e lait, et que tout ce qua lEsprit Saint le Fils lait.   Et cela par le P?e, par qui le Fils re?it que lEsprit saint proc?e de lui, non en tant que cr? mais engendr?par le P?e,  non comme inf?ieur, mais dune puissance ?ale, non dun autre, mais dune seule et m?e nature.
 
 

           Il dit la m?e chose par la suite :  Vraiment il ?ait juste quil nous apparaisse corporellement quand J?us demeurait corporellement sur la terre, et quil descende vers nous quand le Christ serait mont?vers lui.  Celui qui est Seigneur par la puissance est envoy? bien quil ne soit pas diff?ent de celui par qui il a ??envoy?    Ce docteur montre ici  une seule op?ation  et une union des volont? entre J?us et lEsprit saint.  Il estime chose digne que lEsprit saint nous apparaisse corporellement quand J?us est venu ?nous corporellement.  Il nous montre l?une similitude de volont?   lEsprit saint voulant se montrer corporellement quand J?us veut montrer son av?ement aux mortels.  Puisquil proc?e du Fils, il lui doit d?re dune seule volont?avec le Fils.  Il ne pouvait pas diff?er par le travail de celui dont il n?ait pas s?ar?par la nature.  Pour quil soit toujours uni dans laction ?celui de qui il nest jamais absent de toute ?ernit, et pour quil coop?e toujours avec celui de qui il proc?e.
 
 

           Il ajoute :  Quand le Christ est mont?vers lui, il est descendu vers nous.  Il ne veut pas montrer par l?une diminution du Christ, mais lassomption de lhumanit?  Par cette humanit?  J?us nest pas mont?seulement aupr? de lEsprit saint, mais aupr? de lui-m?e.  Parce que celui qui par lhumanit??ait devenu un parmi dautres, ?ait par la divinit?au-dessus de tous.   Et il ajoute : Celui qui vient  comme le Seigneur par la puissance est envoy…  Il dit deux choses au sujet de lEsprit Saint  :  quil est venu et quil a ??envoy?  Cest par sa puissance propre quil est venu. Cest pour cela quil lappelle Seigneur.   Mais cest par un autre quil a ??envoy?  Il se sent alors oblig?dexpliquer :  bien quil ne soit pas diff?ent de celui par qui il est envoy?  En effet,  car la mission nimplique par lid? de suj?ion mais de procession.  Il est v?itablement envoy?par le Christ celui vers lequel le Christ est mont?  Et il est envoy?comme quelquun qui ne diff?e pas de Dieu, cest-?dire du Christ.  Il est toujours uni par la volont??celui quil lenvoie, parce quil proc?e de lui.
 
 

           Il continue : A cause de cela, depuis lascension du Christ,  un autre paraclet ne nous fait jamais d?aut, i.e. un avocat et un conseiller. On dit un autre paraclet  pour faire conna?re l?alit?de nature et de puissance.  Car un autre veut dire un alter ego. On ne parle pas dalter ego pour quelquun qui est dun autre genre ou dune autre nature ou substance.  Le Christ est appel?Paraclet, et le Saint Esprit Paraclet, et quand le Christ sen va, lEsprit saint vient pour que les fid?es ne soient pas sans Paraclet,  le Christ ou lEsprit saint. Il est clair quen leur donnant le m?e nom, on montre quils ont la m?e fonction. Le fait que lun succ?e ?lautre d?ontre quils nont quune seule et m?e volont? une seule et m?e op?ation. Et comme cest le Christ qui monte et lEsprit saint qui descend,  il est ?ident quil est envoy?par le Christ puisquil le repr?ente.  Cette mission ne peut ?re quune procession, parce quelle nest pas un amoindrissement ou une suj?ion.  En disant  que lEsprit saint a ??envoy?comme un alter ego du Christ, on ?oque une similitude compl?e. On ne peut pas appeler alter ego quelquun qui est dun autre genre,  dune autre substance ou dune autre nature. Cette expression d?ontre donc que le Saint Esprit proc?e de celui dont il a la nature et la substance.  Il ne peut pas en effet ?re de la m?e nature ou substance que le Christ sans en proc?er.
 
 

           Il a ajout?plus bas : Dieu est donc le feu.  Le Saint Esprit est aussi le feu. On dit que Dieu est feu consumant, mais non naturel et corporel, mais spirituel et invisible.  Dieu le P?e est donc le feu, Dieu  le fils est le feu, et Dieu lEsprit saint est le feu.  Mais le P?e est le  feu daucun autre feu,  parce quil ne tire son origine de personne. Dieu le Fils est le feu parce quil est n?du P?e qui est  le feu.  LEsprit saint est le feu, mais du Fils qui est le feu, parce quil proc?e du Fils.  En disant que Dieu est feu et que lEsprit saint est feu,  on proclame quil ny a quune seule substance dans la trinit?   Il dit que Dieu est le feu en parlant en m?e temps du P?e et du Fils.  Il parle ensuite ?part du Saint Esprit en disant quil est lui aussi le feu.  Pourquoi associer les deux premiers, le P?e et le Fils, et mettre ?part lEsprit saint ?  Parce quil voulait insinuer que le Saint Esprit proc?e du P?e et du Fils.
 
 

           Saint Gr?oire a donn?cet enseignement au sujet du Saint Esprit dans l?lise de Constantinople, et la communiqu?dans ses lettres. Il prouvait que lEsprit saint est consubstantiel au P?e et au Fils et quil proc?e  du Fils.  A-t-il ??pour cela chass?de l?lise ?  Son sermon a-t-il ??r?rouv??  Lempereur la-t-il priv?de sa communion ?  Il a v?u ce grand docteur au temps des empereurs Gratien et Th?dose le grand.  Cinq si?les   se sont d?ouls depuis le concile de Nic?, et jamais, pendant tout ce temps,  on na ni?que le Saint Esprit proc?e du Fils.  Et jamais aucune objection na ??soulev? avant vous.  Cest la v?it?que lEglise orientale est toujours demeur? dans la m?e profession de foi que lEglise latine.  Quapr? tant de si?les, vous trouviez ?y redire, cest ?vous ?y voir.   Vous ne pouvez avancer ni arguments ni raisons valables,  parce que votre sentiment r?ugne ?la v?it? r?iste ?la v?it? et soppose aux saintes pages.
 
 

                                        CHAPITRE QUATRE
 
 

                                            Saint Ambroise
 
 

          Ambroise, ??ue de Milan, homme brillant de l?lat de toutes les vertus, a livr?plusieurs combats contre les Ariens,  et a ??victime de leurs pers?utions injustes. Dans le livre quil a compos?sur le Saint Esprit contre lh??ie arienne,  il corrobora la v?it??ang?ique avec toutes les ressources de la rh?orique. Il dit :  Si tu nommes le Christ,  tu d?ignes en m?e temps Dieu le P?e qui la oint, le Fils qui a ??oint, et lEsprit qui la oint. Et si tu nommes le P?e, tu d?ignes en m?e temps son fils et lEsprit de sa bouche.  Pourvu que tu les professes aussi de c?r. Et si tu dis lEsprit, tu d?ignes Dieu le P?e de qui il proc?e,  et le Fils, parce quil est lEsprit du Fils. Le bienheureux Ambroise enseigne quen en nommant un, on entend toute la trinit? d?ontrant par l?l?alit?substantielle des trois personnes.  En une seule parole les trois personnes sont donc comprises,  sans quil soit besoin de les nommer,  en vertu seulement de lunit?que leur donne l?alit?substantielle.   Il dit que lEsprit proc?e du P?e.  Nous navons rien ?redire ?cela.  Nous le confessons comme lui. Mais quand il dit quen nommant le Fils on nomme ?alement lEsprit saint, parce quil est lEsprit du Fils, vous vous s?arez de nous.  Vous qui refusez de professer que lEsprit saint proc?e du Fils, vous refusez ?alement de reconna?re quil est lEsprit du Fils.  Or, si lEsprit saint ne proc?e pas du Fils, on na pas le droit de dire quil est lEsprit du Fils.  On dit quil est lEsprit du P?e  parce quil proc?e du P?e.  Saint Ambroise enseigne quen nommant le Fils on nomme lEsprit saint.    Ce qui ne peut se concevoir que si lEsprit est lEsprit de J?us.  Car il nappartient pas ?celui dont il ne proc?e pas.  En disant que lEsprit saint est lEsprit du Fils, il affirme donc quil proc?e du Fils.
 
 

           Il continue ainsi :  Celui qui nie lEsprit saint nie le P?e et le Fils.  Car cest le m?e qui est lEsprit du P?e et lEsprit du Christ.  Personne nh?itera ?affirmer quil ny a quun seul et m?e Esprit.  Il montre que Dieu est un,  que lEsprit saint est consubstantiel au P?e et au Fils quand il dit : Celui qui nie lEsprit Saint nie le P?e et le Fils. Car il ny a quun seul et m?e Esprit pour les deux. Il est lEsprit du P?e parce quil proc?e du P?e.  Il ne peut donc ?re lEsprit du Fils que parce quil proc?e du Fils.  Car il ny a pas deux Esprits, mais un seul. Il ny en pas un qui est lEsprit du P?e, et un autre qui est lEsprit du Fils.  Mais le m?e Esprit pour les deux.  Il proc?e donc de lun et de lautre.
 
 

           Et un peu plus loin :  LEsprit saint nest pas envoy?dun lieu ?un autre,  ni ne proc?e  en passant dun lieu ?un autre.  Il est  comme le  Fils qui, selon sa parole, a proc??du P?e et est venu.  Il atteste clairement que lEsprit saint proc?e du Fils.  Mais cette procession ne se mesure pas par des espaces corporels.  Le Fils lui-m?e exclut cette opinion quand il dit :  jai proc??et je suis venu. (Jn V111, 42)  Le Fils proc?e du P?e non par un d?lacement local,  mais en naissant.  LEsprit saint proc?e donc du Fils non par un d?lacement local, non en naissant, mais en acc?ant ?lexistence.
 
 

           Un peu plus bas, en parlant du Fils qui proc?e du P?e, il disait :  Quand il  sort  du P?e, il ne change pas de lieu, et nest pas s?ar?de lui comme un corps dun autre corps.  Et quand il est avec le P?e, il ny est pas comme un corps lest dans un autre corps.  Ainsi, le Saint Esprit nest s?ar?ni du P?e ni du Fils quand il proc?e du P?e et du Fils.  En disant que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils,  cet ?inent docteur et tr? illustre confesseur du Christ enlevait un pr?exte de blasph?e aux ariens quil combattait.   Ils ne pourraient pas remporter la palme de la victoire ceux qui le pr?entaient comme une cr?ture, un ?re inf?ieur non seulement au Pre mais m?e au Fils.  Entendant dire quil proc?e du P?e et du Fils,  ils savaient par le fait m?e quil ?ait consubstantiel au P?e et au Fils, et que la m?e adoration et la m?e gloire lui ?aient dues.
 
 

           Et plus bas, il cite les paroles du Fils :  Celui qui maime gardera ma parole, et mon p?e laimera,  et nous viendrons en lui pour y ?ablir notre demeure.  (Jn X1V, 23)  Puis il commente :  LEsprit saint vient  en m?e temps que le P?e, car o?est le P?e est le Fils, et o?est le Fils est lEsprit saint.  Comment peut-il dire que l?o?est le P?e, l?est le Fils, si ce nest parce que le Fils nait du P?e, sans en ?re jamais s?ar?  Et pourquoi  l?o?est le Fils, l?est lEsprit saint si ce nest parce que lEsprit Saint proc?e du Fils, sans jamais sen s?arer ?  Il montre la consubstantialit?ineffable de la trinit?quand il atteste que le Fils est toujours dans le P?e et lEsprit toujours dans le Fils.  De sorte que l?o?est le P?e le Fils est, et l?o?est le Fils, lEsprit saint est lui aussi.  S?ar? ni par le lieu,  ni par le temps, ni par la volont, ni par laction,  ni par lessence.
 
 

           Il ajoute un peu plus loin :  Comme le P?e a livr?le Fils, et comme le Fils sest livr?lui-m?e, reconnais que lEsprit saint la lui aussi livr?  Car il est ?rit :  Il fut alors amen?dans le d?ert par lEsprit saint pour y ?re tent?par le d?on.  (Matt. 1V)  Donc lEsprit qui est amour a livr?le Fils.  Car la charit?du P?e et du Fils est une.  Quand il dit que la charit?du P?e et du Fils est une, il atteste que lEsprit est lEsprit de lun et de lautre. Car lEsprit est charit?  LAp?re dit en effet : le fruit de lesprit est la Charit?  (Gal V, 22)   Il montre quen ?ant la charit?de lun et de lautre,  il proc?e de lun et de lautre.  Il ne peut pas ?re la charit?du P?e sans proc?er de lui, car il ne peut la recevoir dailleurs. Il ne peut non plus ?re la charit?du Christ sans proc?er de lui, car la charit?re?it, de la procession, de pouvoir aimer.  Et comme la charit  du P?e est la m?e que celle du Fils, ils nont donc tous les deux quun seul Esprit qui proc?e de lun et de lautre.
 
 

           Dans le deuxi?e livre, il dit au chapitre X11 : LEsprit saint re?it du Fils.  Il re?it par lunit  de la substance, comme le Fils re?it du P?e.  En parlant ainsi, nenseigne-t-il pas clairement que lEsprit saint re?it du Fils; et que ce quil re?it,  il le re?it en proc?ant ?  Le Saint Esprit peut-il recevoir du Fils quelque chose quil ne poss?ait pas, puisquil est dune seule et m?e substance, dune seule et m?e puissance avec le Fils.  LEsprit saint na-t-il donc pas tout ce qua le Fils ?  Saint Ambroise en tire la preuve de lEcriture : Il me glorifiera parce quil recevra de moi, et il vous lannoncera. Tout ce que le P?e a est ?moi.  Cest pour cela que je vous ai dit quil recevra de moi, et quil vous lannoncera. (Jn XV1, 14)  Il dit ensuite :  Quest-ce qui est plus ?ident que cette unit?? Ce que le P?e a, le Fils la. Et ce que le Fils a, lEsprit saint le re?it.   Par ces paroles, saint Ambroise atteste nettement que lEsprit saint proc?e substantiellement du Fils.  Il dit :  Ce que le P?e a le Fils la, car il a ??engendr?par le P?e. Ce qui appartient au P?e appartient au Fils.  De la m?e fa?n, en proc?ant substantiellement du Fils lEsprit saint re?it du Fils, de fa?n que tout ce qua le Fils lEsprit saint lait aussi.  Cest-?dire quil re?it du Fils d?re une seule substance avec lui, comme le Fils re?it du P?e d?re une seule substance avec lui.
 
 

           Il ajoute ensuite :  Ce que dit le Fils le P?e le dit aussi; et ce que le P?e dit, le Fils aussi le dit. Et le Fils de Dieu dit de lEsprit saint : il ne parlera pas de lui-m?e, mais non sans la communion avec moi et avec le P?e. Car lEsprit nest ni s?ar?ni divis?  Mais il dira ce quil entend. (ibid 13)  Il entend par lunit?de la substance et par la science qui lui est propre.  Ce docteur catholique confesse ici que lEsprit saint ne parle pas sans ?re en communion avec le P?e et le Fils.  Ce qui signifie que quand lEsprit saint parle, le P?e parle, le Fils parle.  Il confesse donc quil est consubstantiel au P?e et au Fils, que son op?ation est celle du P?e et du Fils,  quil nest ni s?ar?ni divis?   Et en ajoutant quil dit ce quil entend, il nous met sur la piste de la procession, car lEsprit nentend pas parler le P?e et le Fils ?certains moments, en certaines circonstances ou avec ses oreilles,  mais par la communion dans la m?e substance.  Cest ainsi quil faut comprendre ce que dit le Fils : Tout ce que jai entendu de mon P?e je vous lai fait conna?re.  (Jn XV, 15)  Il a entendu en naissant, en demeurant continuellement dans la personne du P?e,  non en percevant un son par ses oreilles ?un moment donn?  Cest de la m?e fa?n que lEsprit dit ce quil entend : en proc?ant du P?e et du Fils.  Car demeurant substantiellement dans chacun des deux,  et proc?ant de lun et de lautre,  il ?oute ce quil entend par lunit?de la substance et la communion de la science.
 
 

           Et plus bas.  Le Fils du Pre a tout, comme il le dit lui-m?e :  toutes les choses qui appartiennent au P?e mappartiennent. (Jn XV1, 15)  Et ce quil re?it par lunit?de la nature, par la m?e unit? lEsprit saint le re?it de lui.  Comme le Seigneur J?us le d?lare lui-m?e en parlant de son Esprit : Il recevra de moi, et vous lannoncera.  (ibid 14)  Il dit que tout ce qua le P?e, le Fils la, et que tout ce quil re?it du P?e par lunit?de la nature lEsprit saint le re?it de lui.  Ne d?lare-t-il pas clairement par l?que le Fils nait du P?e i.e. de la substance paternelle, et que lEsprit saint proc?e du Fils, i.e. de la substance du Fils.  Comme le Fils en naissant re?it tout ce qui est du P?e, de la m?e fa?n, lEsprit saint, en proc?ant du Fils, re?it tout qui est du Fils.  Et si ce que donne le Fils est du P?e, ?qui le donne-t-il ?   A nul autre quau Saint Esprit qui proc?e de lui.  Et si ce qua donn?le P?e le Fils le re?it en naissant, il a re? aussi du P?e que lEsprit saint proc?e de lui.  Il conclut : Le Fils ne dit rien de lui-m?e, lEsprit saint ne dit rien de lui-m?e, parce que la Trinit?ne dit rien en dehors delle-m?e.  Toute la trinit?consiste dans le P?e, le Fils et le Saint Esprit.  Le Fils ne dit rien de lui-m?e,  car il norigine pas de lui-m?e mais du P?e. De la m?e fa?n, lEsprit saint ne dit rien de lui-m?e,  car il norigine pas de lui-m?e mais du Fils. Le P?e est le seul ?ne venir de personne.   Donc, quand le Fils parle, toute la trinit?parle. Quand lEsprit saint parle, toute la trinit?parle.  Et quand le P?e parle, toute la trinit?parle,  car la trinit?ne dit rien en dehors delle-m?e, car elle nest ni divis?, ni s?ar?.
 
 

           Dans le troisi?e livre de la m?e ?vre, au chapitre premier. Car selon la divinit? lEsprit nest pas au-dessus du Christ,   mais dans le Christ. Car, comme le P?e est dans le Fils et le Fils dans le P?e, lEsprit de Dieu et lesprit du Christ est dans le P?e et dans le Fils.  En disant que, selon la divinit? lEsprit saint nest pas au-dessus du Christ, mais est dans le Christ, le bienheureux Ambroise distingue son humanit?de sa divinit? Nous lisons dans lEvangile, que lEsprit saint vint sur le Sauveur et demeura sur lui, et que le P?e a dit ?Jean : Celui sur lequel tu verras descendre et demeurer lEsprit saint. (Jn 1, 33)  Il est vrai de dire que, selon lhumanit? lEsprit vint sur le Christ et demeura sur lui.  Ce qui ne lemp?he pas de demeurer dans le Christ, selon la divinit? parce quil est ?al au Fils, et dune seule substance avec lui.  LEsprit saint demeure dans le Fils comme il est ?rit que le P?e demeure dans le Fils et le Fils dans le P?e.  En disant que lEsprit de Dieu et lEsprit du Christ demeure dans le P?e et le Fils, il atteste quil ny a quun seul Esprit qui est lEsprit de lun et de lautre, et qui demeure dans les deux par la consubstantialit?
 
 

           Il joute : Il demeure en Dieu parce quil est de Dieu comme il est ?rit : Ce nest pas lesprit du monde que nous avons re?, mais lEsprit qui est de Dieu. (1 Cor 11, 12)  Et lEsprit saint demeure dans le Christ parce quil re?it du Christ, et est dans le Christ. Car il est ?rit : Il recevra de moi.  (Jn XV1, 14)  Comment lEsprit saint est-il de Dieu ?  En proc?ant de Dieu.   Et comment re?it-il du Christ ?  En proc?ant du Christ.  Et comment demeure-t-il en Dieu et dans le Christ.  Parce quil est consubstantiel aux deux.   Il dit ensuite en parlant de lant?hrist :  Que le Seigneur J?us tuera par lEsprit de sa bouche. (11 Thes 11, 8)  On ne parle pas ici d une gr?e acquise, mais de la personne du Saint-Esprit. Car le Christ nest pas sans lEsprit ni lEsprit sans le Christ, puisque lunit?de la nature divine ne peut pas ?re s?ar?.  Saint Ambroise fait ici la distinction entre lhumanit?du Christ et sa divinit?  non que autre soit lhomme et autre le Dieu, mais parce que un Dieu parfait et un homme parfait sont un seul Christ.  Cest par la gr?e que lhomme est fait  Dieu; Dieu est Dieu par nature.  Donc, quand il dit : que le Seigneur J?us par lEsprit de sa bouche,  et quand il  ajoute quil ne sagit pas l?dune gr?e acquise,  il met de c??lhumanit? et par lEsprit de sa bouche  ---qui exterminera lant?hrist----il faut entendre lEsprit de la divinit? lEsprit saint,  la troisi?e personne de la trinit?  Et quand il dit :  Que J?us le Seigneur tuera par lEsprit de sa bouche, tu dois comprendre que lEsprit saint est lEsprit de J?us.  Quand du m?e Esprit il dit quil est lEsprit de la bouche du Seigneur et lEsprit de la bouche du Seigneur J?us, il montre clairement que lEsprit saint proc?e de la bouche du Seigneur J?us,  non en tant que selon la divinit? il ait une bouche,  mais en tant que proc?ant de sa substance. Comme on dit lEsprit de la bouche du Seigneur parce quil proc?e de la substance du P?e.  Quand on lit quil est lEsprit de la bouche du p?e et du Fils, on enseigne donc quil proc?e du P?e et du Fils.
 
 

           Il poursuit le bienheureux Ambroise en disant que le Christ et lEsprit conservent leur individualit? Parce que le Christ nest pas sans lEsprit, ni lEsprit sans le Fils.  Le Christ ne peut pas ?re sans lEsprit saint, car lEsprit  lui est consubstantiel et proc?e de lui.   LEsprit saint ne peut pas lui non plus ?re sans le Christ, car il re?it tout ce qua le Christ. Il en explique la raison : parce que lunit?de la nature divine ne peut pas ?re rompue.  En disant cela,  il d?lare que la nature du Christ est la nature du Saint-Esprit et que la nature du Saint Esprit est la nature du Christ.  Dans cette unit?consubstantielle, rien ne les distingue lun de lautre que la naissance ou la procession. Choses qui ne se rapportent pas ?la substance mais aux personnes.
 
 

           Il dit un peu plus bas : On lit que lEsprit saint est le glaive du Verbe.  On lit aussi que le Verbe de Dieu est le glaive de lEsprit saint. (Eph V1, 17) Et apr? quelques autres r?lexions, il dit en conclusion :  Comme lEsprit saint est le glaive du Verbe, et le Verbe le glaive de lEsprit saint, il y a l?une unit?de puissance. Mais le glaive du Verbe est-il quelque chose dautre que le Verbe ?  Et le glaive de lEsprit saint quelque chose dautre que lEsprit saint ?  On en d?uit donc que lEsprit saint est lEsprit du Verbe, puisquil en est le glaive; et que le Verbe est le glaive de lEsprit saint,  puisquil en est le glaive.  Puisque le Verbe nest pas sans lEsprit, et lEsprit sans le Verbe,  ils nont ?eux deux quune seule op?ation, quune seule puissance.  Puisquil en est ainsi,  on ne peut les s?arer par la substance, ni les diviser par la volont?  Puisquils sont dune seule substance et dune seule volont?  lun proc?e de lautre : lEsprit proc?e du Fils.  Car le Fils n?du P?e donne ?lEsprit saint tout ce quil re? en naissant.  Non comme ?un inf?ieur, un ?ranger, mais comme ?quelquun qui proc?e de lui.
 
 

           Quand il dit que lEsprit saint est le glaive du Verbe et le Verbe de Dieu le glaive de lEsprit saint,  il ne montre pas une union dans les personnes mais dans la substance : une unit?dans la substance sans lunit?dans les personnes.  Au niveau des personnes, lun est de lautre, lEsprit saint du Fils, non le Fils de lEsprit saint, mais du P?e.
 
 

           Cest ainsi que saint Ambroise pensait et enseignait au sujet du Saint Esprit.  Il na pas ??consid??comme un ingrat ou un h??ique par les empereurs des Grecs Gratien et Th?dose le Grand, dont il ?ait le contemporain.  Au contraire, ils leurent toujours en haute estime, et lui manifest?ent une affection toute particuli?e.  Ce protecteur infatigable de la foi catholique, attaqua ceux qui attaquaient lEglise, et en triompha. Cest ?vous de voir, empereurs, ?quoi vous emploierez votre z?e, ?d?endre la foi ou ?imiter les h??iques !  En niant que lEsprit saint proc?e du P?e, vous avez,   ?lencontre des ??ues catholiques, promu une doctrine qui ressuscite les dogmes impies des Ariens.  Et vous avez foul?aux pieds la pi??des anciens empereurs romains vos pr??esseurs, qui ont toujours profess?cette foi,  et qui lui ont vou?un attachement ind?ectible.
 
 

CHAPITRE CINQ

DIDYME LAVEUGLE

Didyme dAlexandrie, priv?d? son enfance des yeux du corps, fut illustre par la vue de lesprit. Dans le livre quil a ?rit sur lEsprit saint, il parle ainsi : Celui donc qui est en communion avec lEsprit saint est par le fait m?e en communion avec le P?e et le Saint Esprit. Et celui qui a la charit?du P?e la du Fils en tant que communiqu? par lEsprit saint. Et celui qui participe ?la gr?e du Christ a la m?e gr?e donn? par le P?e dans lEsprit saint. Toutes ces paroles font montre que lop?ation de chacune des trois personnes de la trinit?est exactement la m?e. Reprenons attentivement ses paroles. Il a dit : Quiconque est en communion avec lEsprit saint. ----il est en communion avec lEsprit saint celui qui en est devenu participant---est en communion par le fait m?e avec le P?e et le Fils. Car, ?ant en communion avec lEsprit saint, il participe au P?e et au Fils. Il montre par l?que lEsprit saint est consubstantiel au P?e et au Fils, puisquon ne peut avoir lEsprit saint sans avoir le Fils et le P?e.

Il ajoute : Et celui qui a la charit?du P?e la par le Fils communiqu? par lesprit Saint. Il na montr?plus haut que la consubstantialit?du P?e et du Fils. Il commence maintenant ?enseigner la procession de lEsprit. La charit?du P?e il lappelle Esprit saint, comme il disait dabord quelle ?ait communiqu? par lEsprit saint. Quand le Saint Esprit communique la charit? il accorde un don qui lui est propre, parce quil est la charit? Cette charit?est dite la charit?du P?e parce que lEsprit saint est lEsprit du P?e. Et do?lui vient cet Esprit ? Il proc?e de lui. Il nest pas lEsprit des cr?tures, ce qui le rendrait ?ranger ?la substance du P?e. Il nest donc pas lEsprit du P?e parce quil aurait ??cr? par lui, mais parce quil lui est consubstantiel, et proc?e du P?e. Il dit que celui qui a la charit?du P?e la comme la recevant du Fils par le Saint Esprit. Comment le Fils peut-il communiquer le don du Saint Esprit ? En tant que coop?ateur du P?e et de lEsprit. Mais comment peut-il communiquer comme venant de lui ce qui est dun autre, i.e. le don du Saint-Esprit ? Parce que la charit?qui est du P?e et que le Fils communique par le Saint-Esprit est ?alement la charit?du Fils, car tout ce qua le P?e le fils la. La charit?qui est lEsprit saint est-elle au Fils pour faire de lEsprit une cr?ture ? Jamais. Elle est accord? par le Fils parce que lEsprit proc?e de lui; et elle est du Fils parce quelle lui est consubstantielle.

Il ajoute encore : Et celui qui participe ?la gr?e de J?us Christ. Dans ce passage, la gr?e de J?us il lappelle gr?e du Christ, celle-l?m?e quil appelait la charit?du P?e. Pourquoi appelle-t-il maintenant gr?e du Christ ce qui est manifestement un don du Saint-Esprit ? Sans aucun doute, il montre que J?us-Christ a contribu??ce que ce soit un don de lEsprit. Comme on dit la charit?du P?e parce quelle proc?e du P?e, en appelant cette m?e charit?la gr?e du Christ, on apprend quelle proc?e de J?us-Christ. Cette m?e gr?e que quelquun a du Christ il dit quelle lui a ??donn? par lEsprit saint. Nous voyons ainsi que cest toute la trinit?qui agit en lui en commun, et que le Saint-Esprit qui est la charit?du P?e et du Fils proc?e du P?e et du Fils. Il conclut : Tout cela nous d?ontre que le P?e, le Fils et le Saint Esprit ont la m?e op?ation. Ayant une m?e op?ation, ils ont une m?e volont? et ayant une m?e volont? ils ont une m?e substance.

Voil?pourquoi il ajoute : Ceux qui ont la m?e op?ation ont une seule substance, parce que ceux qui sont consubstantiels ont les m?es op?ations. Ceux qui ont des substances diff?entes ont des actions diff?entes. Il donne comme preuve que lEsprit saint est consubstantiel au P?e et au Fils le fait quil a la m?e op?ation queux. Mais nous avons montr?plus haut quil est lEsprit du P?e et du Fils parce quil proc?e du P?e et du Fils. Il dit par apr? : Apr? avoir dit que ce nest pas le Fils mais lEsprit qui enseignera aux disciples quoi r?ondre, il ajoute ensuite : Je leur donnerai une sagesse ?laquelle ils ne pourront r?ister ni r?liquer (Luc, XX1, 15) Ces paroles nous montrent que la sagesse qui est donn? aux disciples par le Fils est la sagesse du Saint-Esprit, et que la doctrine de lEsprit est la doctrine du Seigneur. La sagesse qui est donn? par le Fils comment peut-elle ?re la sagesse du Saint Esprit ? Pas autrement que parce que lEsprit proc?e du Fils, dont la sagesse est aussi la sagesse du Saint Esprit. Et comment la doctrine du Saint Esprit est-elle la doctrine du Seigneur ? Parce que tout ce qua lEsprit le Seigneur J?us Christ la aussi, puisquil proc?e de Lui. Cest pourquoi il ajoute : lEsprit et le Fils nont en commun quune seule nature et une seule volont? On atteste que lEsprit proc?e du Fils quand on le dit dune m?e nature et dune m?e volont?que celles du Fils. Car, sil ne proc?ait pas du Fils, il ne serait pas dune seule et m?e volont?avec lui. Ceux que les substances s?arent, la volont?aussi les s?are.

Il dit ensuite : Et parce quil a ??d?ontr?plus haut que lEsprit saint est associ?par nature avec le P?e et le Fils, le Fils et le P?e sont donc un. Cest le Fils qui le dit : Moi et le P?e nous sommes un. La trinit?apparait donc indivisible selon la nature. Si cest par nature que lEsprit saint est associ?au Dieu Fils unique et au Dieu P?e, il proc?e donc du Dieu fils unique. Sil proc?e du P?e sans proc?er du Fils, il est uni au P?e par la nature, mais ne lest pas avec le Fils unique. Il ne peut pas ?re uni ?lui par la nature sil nen proc?e pas. Mais lauteur atteste que lEsprit saint est associ?par nature au Fils unique. Il affirme donc que lEsprit proc?e du Fils unique. Et comme il dit que la trinit?est indivise et ins?arable selon la nature, il affirme que le Fils est engendr?par le P?e, et que lEsprit proc?e du Pre et du Fils. Si tu enseignes que lEsprit saint ne proc?e que du P?e, la trinit?nest plus ins?arable et indivisible. Car lEsprit nest pas uni substantiellement au Fils, sil nen proc?e pas. Il est s?ar?du Fils sil nest pas son Esprit. Que les membres de l?lise catholique s?oignent de cette opinion impie. Car la sainte trinit?est ins?arable et indivise par nature, le P?e n?ant de personne, le Fils ?ant n?du P?e, et lEsprit saint proc?ant du Fils.

Il dit la m?e chose : Dans un autre ?angile on lit : Ce ne sera pas vous qui parlerez, mais lEsprit de votre P?e qui parlera en vous. LEsprit du P?e parle par les ap?res leur enseignant ce quils doivent r?ondre; et les enseignements de lEsprit sont la sagesse, ce qui ne peut se rapporter quau Fils. Il apparait donc clairement que la nature de lEsprit est la m?e que celle du Fils et du P?e dont il est lEsprit. Or le P?e et le Fils sont un. Il dit cet auteur que la sagesse que lEsprit du P?e enseigne aux fid?es est le Fils. Si le Fils est la sagesse, et si lEsprit saint parle par les Ap?res, cette sagesse il la re?it du Fils. Comment la re?it-il ? En proc?ant, ?idemment, non en participant ?ce quil navait pas avant. Car il ne fut pas pendant un certain temps un Esprit sans sagesse. Mais il a re? du Fils d?re toujours sage en proc?ant de lui. Car il est dune seule nature avec le Fils et le P?e, dont il est lEsprit. Il ne parle pas ainsi pour laisser entendre que lEsprit nest pas lesprit du Fils, puisque lEsprit parle avec la sagesse du Fils. Mais parce quil avait dit plus haut : Ce nest pas vous qui parlerez, mais lEsprit de votre P?e. Car il dit un peu apr? : Le P?e et le Fils sont une seule et m?e chose. Si le P?e et le Fils sont une seule et m?e chose, lEsprit qui est du P?e est aussi du Fils. Il proc?e donc de lun et de lautre.

Plus loin, au troisi?e livre, apr? avoir dit beaucoup de choses sur la consubstantialit?du P?e, du Fils et du Saint Esprit, il conclut ainsi : On conclut de l?que la substance de la trinit?est indivisible, que le P?e est vraiment le P?e du Fils, que le Fils est vraiment le Fils du P?e, et que lEsprit saint est vraiment lEsprit du P?e et du Fils; quil est en plus lEsprit de la Sagesse et de la V?it? i.e. du Fils de Dieu. Le P?e est P?e du Fils parce quil la engendr? le Fils est le fils du P?e parce quil a ??engendr?par lui, et lEsprit saint est vraiment lEsprit du P?e parce quil proc?e de lui. En consquence, lEsprit de la Sagesse et de la V?it? est lEsprit du Fils de Dieu parce quil proc?e de lui, de sa sagesse et de sa v?it? Car, quand il a dit que lEsprit saint est lEsprit de V?it? il en a d?uit quil ?ait lEsprit de Dieu, la troisime personne de la trinit? Mais pour ne pas entra?er de confusion chez le lecteur, il ajoute par apr? : LEsprit de sagesse et de v?it? i.e. lEsprit du Fils de Dieu.

Il dit ensuite : Nous avons souvent montr?que lop?ation du Saint Esprit est la m?e que celle du P?e et du Fils, et que dans une seule et m?e op?ation se trouve une seule et m?e substance, et qu?linverse, ceux qui sont consubstantiels nont pas d op?ation diff?ente. Lop?ation de lEsprit saint est la m?e que celle du P?e et du Fils, car il leur est consubstantiel et il proc?e de lun et de lautre. Car la substance est divis? chez ceux qui ne sont pas unis par une procession. Le p?e et le Fils ne peuvent pas ?re unis substantiellement autrement quen ?ant une seule substance. LEsprit saint, lui, re?it autant du P?e que du Fils en proc?ant. Il dit la m?e chose un peu plus bas : Le Sauveur dit de lEsprit de V?it?qui est envoy?par le P?e pour quil soit un Paraclet : car il ne parle pas de lui-m?e. (Jn XV1, 13) Ce qui signifie : sans moi, sans mon autorisation et celle du P?e. Parce quil est ins?arable de ma volont?et de celle du P?e. Car celui qui parle et subsiste est de moi et de mon P?e. Moi je dis la v?it? je lui inspire ce quil dira en tant quEsprit de v?it? Ce docteur nous enseigne clairement que lEsprit saint est du Fils. Car quand il dit : il ne parle pas de lui-m?e, il montre quil ne subsiste pas de lui-m?e. Et en donnant comme explication : ce qui veut dire sans moi, sans ma permission et celle de mon P?e, il montre de quil est celui qui ne parle pas de lui-m?e, i.e. quil est du P?e et du Fils, sans lesquels et sans lautorisation desquels il ne parle pas. Et en disant : ce qui subsiste et qui parle cest moi la v?it? il montre que la subsistance de lEsprit est du Fils. Et si quand lEsprit parle la V?it?parle, i.e. le Fils, il montre que lEsprit re?it du Fils de parler et de subsister. Et voulant parler encore plus clairement, il dit : Jinspire ce quil dit. Comment inspire-t-il ? Pas autrement quen faisant proc?er lEsprit de lui. Dire quil est lEsprit de la V?it?cest dire quil est lEsprit du Fils, quil est inspir?par lui, quil proc?e donc de Lui. Et ce que lEsprit dit et le fait m?e de subsister il le re?it du Fils, non ?fa?n dun inf?ieur, mais comme leur ?ant consubstantiel, comme proc?ant deux.

Il dit aussi plus bas : Dire que le P?e parle et que le Fils ?oute, ou dire que le Fils parle et que le P?e ?oute, cest montrer quils sont dune m?e nature et dun m?e sentiment. LEsprit saint qui est lEsprit de V?it?et de Sagesse ne peut pas entendre le Fils lui dire ce quil ne sait pas, car il est lui-m?e ce qui est prof??par le Fils. En disant que le P?e ?oute parler le P?e, il montre que le Fils nait du P?e. Quand il dit que le P?e ?oute parler le Fils, il montre que la P?e a engendr?le Fils. Et comme le P?e et le Fils sont dune seule et m?e nature, ils sont toujours du m?e avis. Que le P?e parle au Fils ou que le Fils parle au P?e, cela signifie quon parvient toujours ?penser de la m?e fa?n, sans quon ait eu ?concilier des points de vue diff?ents. En proclamant lEsprit Esprit de V?it?et de Sagesse, il ne fait que d?larer quil est lEsprit du Fils, car lEsprit saint ne peut rien apprendre de nouveau en ?outant parler le Fils. Comme il est dune seule substance avec le Fils et quil en proc?e, il dit ce que dit le Fils. Car, selon lenseignement de notre docteur, lEsprit saint en tant que personne est la parole du Fils adress? ?lEsprit. Apr? avoir dit que lEsprit saint ne pouvait rien entendre de la bouche du Fils quil ne savait d?? il ajoute un peu apr? : puisquil est lui-m?e ce qui est prof??par le Fils. Il dit que la substance de lEsprit saint est l?ission du Fils. Car disant : le fait m?e d?re il sous-entend lEsprit saint. Ce qui est prof??par le Fils, cest ce que dit le Fils. Si lEsprit saint est ce que le Fils dit, comme latteste ce docteur, nul ne peut nier que lEsprit proc?e du Fils. Il est de toute ?idence que la parole du Fils proc?e du Fils. Et comme lEsprit saint est ce qui est prof??par le Fils, il proc?e n?essairement du Fils.

Il ajoute : En cons?uence, pour que personne ne le s?are de la volont?et de la compagnie du P?e et du Fils, le Fils a dit : il ne parlera pas de lui-m?e, mais il dira ce quil entendra. (Jn XV1, 13) Il avait d??dit de lui quelque chose de semblable : Je juge comme jentends. (Jn V, 38) La volont?du P?e est la volont?du Fils, et lEsprit des deux jouit de la compagnie des deux, parce que la charit?qui est lEsprit saint unit la volont?du P?e ?la volont?du Fils. La volont?de lEsprit saint ne peut pas se s?arer de la volont?du P?e et de celle du Fils. Comme il est lunion des deux, il est de la m?e volont?que les deux. Et comme la volont?du Fils nait du P?e, la volont?du lEsprit proc?e du Fils. Voil?pourquoi il dit de lEsprit saint : Il ne parlera pas de lui-m?e, mais il dira ce quil entendra. Qui ?oute-t-il ? Le Fils, de qui il proc?e. Comme, pour le Fils, ?outer cest na?re du P?e, --- car cest une seule et m?e chose pour le Fils d?outer et de na?re ---pour lEsprit, ?outer nest rien dautre que proc?er, puisque cest exactement la m?e chose.

Et plus bas : Car il est ?rit : tout ce que le P?e fait le Fils le fait semblablement. Toutes les choses que font le P?e et le Fils ils ne les font pas lun apr? lautre, mais les m?es choses en m?e temps. Dautre part, le Fils ne peut rien faire par lui-m?e, parce quil ne peut pas se s?arer du P?e. Il en r?ulte que lEsprit saint qui nest jamais s?ar?du Fils, ?cause de lunion de volont?et de nature, ne peut pas parler de lui-m?e. Mais tout ce quil dit, cest dapr? la parole et la v?it?de Dieu. Le P?e et le Fils op?ent la m?e chose, non en des temps diff?ents, mais au m?e moment. Le Fils ne peut pas ?re s?ar?du P?e, parce quil nest pas divisible du P?e, puisquil est n?de Lui, et est de la m?e substance que le P?e. De la m?e fa?n, lEsprit saint qui nest pas s?ar?du Fils ne parle pas de lui-m?e; et parce quil proc?e du Fils, il participe de la nature et de la volont?du Fils. Car la volont ne s?are pas ce que la nature associe. Cest dapr? la parole et la v?it?de Dieu quil dit toutes choses, car cest en proc?ant de la parole et de la v?it?quil per?it ce quil dira. Car ce qui proc?e ne diff?e pas de la perception de ce quon doit dire, puisque la perception de la locution est lexistence de la procession. Et vice versa.

Et plus bas : Comme nous avons appris par la r?lexion ce que nous savons des natures incorporelles, il nous faut maintenant d?ouvrir ce qui appartient en propre ?lesprit saint : recevoir du Fils. Tout en nous rappelant quil ny a pas une substance qui donne et une autre qui re?it, mais une seule et m?e substance. On dit que le Fils a re? du P?e les choses m?es qui le rendent subsistant. Le Fils nest rien dautre que ce que le P?e lui donne. Et lEsprit saint nest pas dune autre substance que de ce que le Fils lui a donn? Il confirme que lEsprit proc?e du Fils en disant que lEsprit saint re?it du Fils ce qui constitue sa nature. En dautres termes, la nature de lEsprit est du Fils; et recevoir du Fils ne signifie rien dautre que proc?er du Fils. Il ny a pas une substance qui donne et une autre substance qui re?it, comme sil y avait deux substances, mais la personne du Fils qui donne pour quexiste lEsprit, et la personne de lEsprit qui re?it en proc?ant du Fils. Et il confirme son opinion en montrant que quand on dit que le Fils re?it du P?e, le Fils nest pas diff?ent de ce quil re?it du P?e, car la perception du Fils par le P?e est la subsistance. Ce quil affirme plus clairement par la suite : car le Fils nest rien dautre que ce que lui donne le P?e. En dautres termes, il nest pas permis de s?arer ce que le P?e donne au Fils de la substance du Fils. Mais la substance du Fils est la substance du P?e donn?, car, en naissant, il per?it tout ce qui appartient au P?e. On doit professer la m?e chose pour le saint Esprit. La substance de lEsprit saint nest pas autre chose que ce que le Fils lui donne. LEsprit saint nest donc rien dautre que ce que le Fils lui donne; le don du Fils est la substance de lEsprit saint. Par ces paroles, il professe manifestement que lEsprit saint est du Fils. Il nest pas une partie du Fils, mais il est tout ce quest le Fils. Car tout ce qui est du Fils est du Saint Esprit. LEsprit saint a re? du Fils en proc?ant de lui consubstantiellement, et en ayant tout ce quil a.

Un peu plus bas : Voulant ensuite donner une explication de il recevra de moi, il ajoute imm?iatement : tout ce qui est au P?e est ?moi. Cest pour cela que jai dit quil recevra de moi et quil vous annoncera ce quil aura re?. Cest comme sil disait : bien que lEsprit de v?it?proc?e du P?e, et que Dieu donne lEsprit saint ?ceux qui le demandent, puisque tout ce qua le P?e je lai, il recevra aussi de moi. En parlant ainsi, il enseigne que lEsprit proc?e du Fils comme il proc?e du P?e. Car lEsprit de v?it?est lEsprit du Christ qui est la V?it? Et comme le Fils a tout ce qua le P?e, lEsprit saint lui-m?e atteste quil est lEsprit du Fils, et re?it du Fils. Que re?it-il ? La subsistance en proc?ant de lui.

Dans ce qui suit il ?rit : LEsprit de Dieu est le m?e que lEsprit du Christ amenant et unissant au Christ celui qui lui appartiendra. Voil?pourquoi il ajoute : Si quelquun na pas lEsprit du Christ, il ne lui appartient pas. (Rom V111, 9) Si lEsprit de Dieu est lEsprit du Christ, comme latteste cet auteur, il ny a pas, sans aucun doute possible, deux Esprits, un celui du P?e, et un autre, celui du Fils, mais un seul et m?e Esprit, qui est lEsprit de lun et de lautre. Et si lEsprit du Christ est celui qui est lEsprit du P?e, il proc?e donc du Fils comme il proc?e du P?e. Car on ne peut le dire lEsprit du Christ que parce quil proc?e du Fils. Il nest pas, en effet, une cr?ture que le P?e consid?erait comme un inf?ieur, mais il lui est consubstantiel. Et quand il ajoute quil nest pas lEsprit du Christ sil na (ne re?it) pas du Christ, il d?lare quil provient du Christ celui qui est du Christ. Il ne peut pas ?re du Christ sil ne poss?e pas lEsprit du Christ. Car il nest pas le Christ celui en qui nhabite pas lEsprit du Christ. En effet, ils ne sont pas s?ar? localement ceux qui sont unis par la substance. Ce qui nous montre que lunion que lEsprit saint a avec le Fils est la m?e que celle quil a avec le P?e. Il ne peut pas ne pas ?re uni avec ceux qui lui sont consubstantiels, et de qui il tire lexistence.

Et un peu plus bas : Mais l?itre de saint Pierre atteste que lEsprit saint est lEsprit du Christ : scrutant et recherchant le temps que leur signifiait lEsprit de J?us qui ?ait en eux. Et un peu apr? cet Esprit saint est aussi appel?lEsprit de Dieu : personne ne connait les choses qui sont de Dieu en dehors de lEsprit de Dieu. (1 Cor 11, 11) Il affirme ainsi que lEsprit de Dieu est lEsprit du Christ, et que lEsprit saint proc?e donc des deux. Car il ny a pas dautre raison pour laquelle il est appel?lEsprit de lun et de lautre. Il est donc ?al et consubstantiel. Un peu plus bas il dit : En disant : si quelquun na pas lEsprit du Christ il nest pas un des siens. (Rom V111, 9), et en ajoutant : si le Christ est en vous (ibid 10), il d?ontre le plus clairement du monde que lEsprit saint est ins?arable du Christ. Car o?sera lEsprit l?sera le Christ. Et ?linverse, , si lEsprit du Christ se retire, le Christ aussi se retire. Cette union du Fils et de lEsprit nen est pas une de volont? seulement, mais elle est consubstantielle. Pas consubstantielle seulement, mais provenant de la procession. Ceux qui sont s?ar? par la substance peuvent ?re unis par la volont? Nous en trouvons un exemple dans ce que le Christ disait ?ses ap?res : Je suis avec vous tous les jours. (Matt. XXV111, 30) Ou dans les paroles quon vient de citer : le Christ est l?o?est son Esprit. Mais il y est par la volont? non par la substance. Car Dieu et lhomme ne sont pas dune seule substance, mais de substances diff?entes. Peuvent sunir par la substance ceux qui sont unis par la naissance ou la procession. Donc quand il dit : l?o?est lEsprit saint, l?est aussi le Christ, et l?do?lEsprit se retire, le Christ se retire aussi, il montre leur union qui nen est pas une de volont?seulement mais de substance. Il montre que le Saint Esprit nest pas seulement consubstantiel au Fils, mais quil proc?e de Lui.

Ensuite, citant le t?oignage de lAp?re, il dit : Vous navez pas re? un esprit de servitude dans la crainte. (Rom V111, 15) Ce qui veut dire : vous ne devez pas vous abstenir des vices par crainte ou terreur ?la mani?e des esclaves, vous ?qui a ??donn?lEsprit dadoption, i.e. lEsprit saint, lequel est lEsprit du Christ et du Fils, et qui est appel?lEsprit de V?it?et de Sagesse. Quest-ce quil sous entend par l?? Car la V?it?et la Sagesse sont le Christ (dapr? le t?oignage plusieurs fois r???de lEcriture) Il nest pas non plus douteux que le Christ est le Fils du P?e. Il affirme donc que lEsprit saint proc?e du Fils, quil proc?e du Christ. Il proc?e de la V?it?et de la Sagesse, non pour que les Esprit soient diff?ents, car il ny a rien dans ce qui le fait exister comme Esprit qui fasse conclure ?des substances diff?entes. Car la Sagesse, la V?it?et le Christ repr?entent le Fils. Christ ?cause de lhomme assum? V?it? selon son propre t?oignage : Je suis la V?it? La Sagesse, selon le t?oignage de Paul. Il dit quil a ??fait par Dieu pour nous Sagesse. (1 Cor 1, 30) Pourquoi ont-ils tout cela en commun ? Sans aucun doute possible, parce que lEsprit proc?e du Fils, dont on dit quil est lEsprit. Car il ne peut pas en ?re une partie, ni ne peut ?re soumis au Fils comme un inf?ieur ou un serviteur. Do?cela vient-il quil soit lEsprit de la V?it? de la Sagesse et du Christ. De la procession, de la consubstantialit? L?alit?est conf??, elle nest pas impose. Do?lui vient donc d?re lEsprit du Fils ? Pas autrement quen proc?ant du Fils.

Que ces br?es citations du livre de Didyme laveugle suffisent. Apr? avoir pens?et ?rit de telles choses sur le Saint Esprit, il na ??censur?ni par les Grecs ni par vos empereurs, ni priv?de communion. Les Empereurs qui r?naient alors ?Constantinople et ?Rome comprenaient que c?ait un dogme catholique, une foi apostolique, qui repoussait la perfidie des h??iques, et confirmait la doctrine de la v?it? Vous autres, les empereurs modernes, qui introduisez la secte dune nouvelle erreur, voyez de quelle foi vous ?es ! Ceux que vous avez eus pour ma?res dans la discipline du Christ, ce sont eux qui vous convainquent de ne pas ?re leurs disciples. Ils sont venus avant vous, ont d?endu la foi catholique, et ont toujours repouss?les inventions dun dogme pervers.
 
 

CHAPITRE SIX

PASCHASE

A ceux-ci nous joignons ce que lEglise romaine a pens?du Saint-Esprit au m?e moment, pour d?ontrer que ce quelle pr?he nest pas lenseignement dune nouvelle secte, mais ce qui avait ??jadis recommand?par les P?es, ce qui s?ait impos?dans le corps universel de lEglise enti?e, et avait triomph?de ses n?ateurs. Cest donc ridicule de condamner comme un nouveau dogme ce qui a ??toujours ??enseign?par non pr??esseurs.

Paschase, ancien diacre et docteur du si?e romain, marchant sur les traces de Didyme dAlexandrie, dit ce qui suit dans le livre quil a consacr?au Saint Esprit (livre 1, ch 2) : Ne cherche pas ce quest Dieu, lui dont il est certain quil existe. O?la raison est cach?, la v?it?ne lest pas. Pourquoi demander comment est uni au Roi et comment lui est ?al celui dont lorigine royale et les honneurs royaux ne font pas de doute. Une discussion sur le nom est superflue l?o?il ny a aucun doute sur la sublimit? Il disait cela contre les Ariens qui rejetaient la divinit?de lEsprit saint, ne voulant pas le confesser consubstantiel au P?e et au Fils. Ils disaient quil ?ait une cr?ture inf?ieure sujette au Fils. Et il vous r?utait en disant quil est v?itablement Dieu, et consubstantiel au P?e et au Fils. Il manifeste tout de suite apr? ce quil pense de la procession : Parce que lEsprit saint proc?e de lun et de lautre, il dit : Celui qui na pas lEsprit du Christ nest pas lun des siens. (Rom V111, 9) Et ailleurs : Il souffla sur eux et leur dit : Recevez lEsprit saint. (Jn XX, 22) Il atteste que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils. Et il appuie son affirmation autant sur l?angile que sur lap?re, tous les deux d?ontrant que lEsprit saint ne peut pas ?re lEsprit du Christ sans proc?er de lui. Le Christ ne donne pas lEsprit saint, en soufflant, autrement quen lenvoyant par sa substance. Quand il lappelle Esprit du Christ, il le montre reli?au Christ non comme un serviteur ---car il nest pas une cr?ture--- mais comme tirant de lui son existence en procdant, mais non en lengendrant ou en le cr?nt. Semblablement, quand il lenvoie en soufflant, il ne lenvoie pas ?lext?ieur, ni en dehors de sa propre nature. On ne peut nier quil proc?e du Fils celui que, en soufflant, le Fils envoie du plus intime de sa divinit? Et il ajoute en parlant du m?e Esprit : Est-ce que tu demandes sil est engendr?ou inengendr?? Les paroles sacr?s nen disent rien. Il est dangereux de rompre les silences divins. Ce quil a pas cru bon de tindiquer par les Ecritures, il ne veut pas que tu cherches ?le savoir par simple curiosit? Il a jug?que seul ce qui concourt ?ton salut doit parvenir ?ta connaissance. Il dit cela contre ceux qui niant que lEsprit saint est une personne de la Trinit? rejetaient sa divinit? sous pr?exte que sil ?ait Dieu, il serait ou engendr?ou inengendr? Sil est engendr? il y aurait deux Fils, et on ne pourrait pas appeler le Sauveur Fils unique, contrairement ?la foi catholique qui professe croire dans le Dieu P?e tout puissant, et en J?us-Christ son Fils unique. Si on professe quil est inengendr? il ny a plus un seul P?e mais deux. Ce qui serait encore plus contraire ?la foi catholique, car nous ne croyons quen un seul Dieu P?e tout puissant. A ceux qui avaient ourdi des machinations si perverses, le docteur catholique r?ond en affirmant quon ne doit dire de lEsprit saint ni quil est engendr? ni quil est inengendr? que les saintes lettres nenseignent rien de semblable. On doit, au contraire, professer ce quelles enseignent, ?savoir que lEsprit saint est consubstantiel au P?e et au Fils, et quil proc?e deux.

Il dit plus loin : (chap 10) Dans les actes des ap?res, Pierre le prince des ap?res dit ceci en pr?hant sur le Seigneur J?us Christ : une fois ?ev??la droite de Dieu, et la promesse du Saint Esprit ayant ??accept? par le P?e, il a r?andu celui que vous voyez et entendez. (Act 11, 33) Le Fils est d?ign?par la droite, le P?e par Dieu, et lEsprit saint par son propre nom. Ce passage prouve que lEsprit saint proc?e du Fils, en ce quil est dit quil est envoy?en soufflant. Il na pu infuser que ce quil contenait en lui. Non comme enferm?dans un lieu, mais demeurant en lui substantiellement. Il ne la pas insuffl?en se vidant, comme un vase se trouve vide apr? avoir d?ers?son contenu. Cela pour les choses corporelles. En Dieu, il en va bien autrement. Quand le P?e ou le Fils r?and lEsprit, il ne se vide pas, mais il communique ?qui il veut, sans prouver aucune perte, la gr?e de son don.

Et un peu plus bas, il cite le t?oignage de lAp?re : Vous n?es pas dans la chair mais dans lEsprit, si seulement lEsprit de Dieu habite en vous. Celui qui na pas lEsprit du Christ nest pas un des siens. (Rom V111, 9) Quand il r??e ? lEsprit du Christ celui quil avait appel?lEsprit de Dieu, observez quil donne ?la personne du Christ le nom de Dieu. Et il d?igne du nom de Dieu le P?e, de qui est lEsprit, lEsprit saint qui, par lunit?de la substance, est d?lar?lEsprit du P?e et lEsprit du Fils. On apprend donc quil proc?e de lun et de lautre, et quil est une personne distincte dans la trinit? Et celui qui na pas lEsprit a fait la preuve quil na pas non plus le Fils. Car lEsprit saint est Dieu. Si on le nie, il faudra aussi nier ce que dit le Christ : personne ne vient au P?e que par moi. (Jn X1V, 6) Celui qui est sans lesprit saint, nest pas du Christ, et il perd la voie qui m?e au P?e. Il montre par plusieurs raisons que lEsprit saint est Dieu, quil est consubstantiel au P?e et au Fils, quil proc?e de lun et de lautre, et quon ne peut le dissocier des deux autres, puisquil est dune m?e nature queux. Il insiste sur une chose : on ne peut avoir le Christ sans avoir lEsprit saint. Et comme lEsprit saint est Dieu, celui qui le nie nie le Christ par le fait m?e. Ce qui ne pourrait se faire sil ne demeurait pas dans le Christ, sil ne lui ?ait pas consubstantiel. En disant quil demeure dans le Christ et quil est consubstantiel au Christ, il d?ontre que lEsprit proc?e de lui. Il ne peut pas demeurer, ?moins de proc?er de celui en qui il demeure, et ?qui il est uni consubstantiellement. Et comme le Christ est la voie qui m?e au P?e, celui qui na pas lEsprit ne peut avoir le Fils pour voie. Car une personne divine ne peut avoir une autre personne si elles sont divis?s par la substance ou la demeure. Cest pourquoi celui qui est sans le Saint Esprit est aussi sans le Christ. Parce que celui qui na pas la fontaine nest pas abreuv?par leau de la fontaine. Tout ce qui pr??e prouve avec ?idence que lEsprit saint proc?e du Fils.

Et plus bas : (Chap. 11) Quon ne pense pas que dans le Saint Esprit il y ait des choses demi- pleines, parce quon le comparerait ?la pl?itude. Car celui ?qui, comme ?l?al de Dieu, ?hoit le premier rang, il nest pas permis de croire quil est autre chose que Dieu. Celui qui nie que lEsprit saint proc?e du Fils pense quil est demi-plein. Et il nie qu?l?al de Dieu il ait atteint le premier rang, celui qui ne reconnait pas quil proc?e du Fils. Car lEsprit saint ne peut pas ?re con? comme un Dieu plein, si on nie quil est consubstantiel au Fils. On ne peut pas le repr?enter comme ?al ?Dieu, sil nest pas consubstantiel au Fils. Aucun catholique ne confesse lEsprit saint autrement que comme le vrai Dieu, comme un Dieu plein et consubstantiel au P?e et au Fils. Il saura par l?que le Fils proc?e de qui il tire sa substance; et que celui qui est uni au P?e et au Fils par la substance proc?e n?essairement de lun et lautre.

Il ajoute en parlant ?Tite : Il nous a sauv? par le bain de la r???ation et de la r?ovation de lEsprit saint, quil r?and sur nous avec abondance par le Christ J?us. (Tit 111, 5) Voici ici la trinit??l?vre : le P?e r?and avec abondance lEsprit saint par le Christ J?us. Et, ce qui est ?noter, il assigne ?lEsprit saint le pouvoir de r???ation et de rnovation. Le P?e r?and en nous lEsprit saint avec abondance par le Christ J?us, pour montrer quil proc?e du P?e et de J?us-Christ. Le P?e r?and lEsprit saint parce quil lenvoie. Il est r?andu par le Christ J?us parce quil coop?e avec le P?e en envoyant lEsprit. Car il ne dit pas que le P?e envoie lEsprit saint par le Christ J?us, comme si le Christ ne le r?andait pas. Car le P?e et le Fils ne sont pas distincts lun de lautre par lop?ation. Il le r?and par le Christ J?us parce quand le P?e le r?and le Fils aussi le r?and, puisquil est envoy?par lun et lautre. Cest quil proc?e autant du Fils que du P?e. Cet auteur atteste que la puissance de lEsprit saint est ?ale ?celle du P?e et du Fils quand il dit quest assign??lEsprit saint le pouvoir de r???ation et de r?ovation. Afin de le montrer aussi puissant que le P?e et le Fils, consubstantiel ?eux et proc?ant deux,

De m?e un peu plus loin, au chapitre 12. Il pr?ente le t?oignage du psalmiste qui disait : O?irai-je o?ne serait pas ton Esprit ? (Ps CXXXV111, 7) Ce qui signifie : comment me cacher de la vue de celui qui est pr?ent partout ? Et plus bas. On comprend tout de suite de qui il parle : personne ne peut se cacher de sa chaleur. (ps XV111, 7) La grandeur ineffable qui p??re les profondeurs des oc?ns, qui se r?and sur les flots, qui s?end sur la terre et s??e jusquaux cieux, qui remplit tout, qui contient tout, cest cette grandeur-l?quon dit ?re envoy? par le P?e et par le Fils, proc?er de leur substance, et faire la m?e action queux. Tout ce texte manifeste la majest?de lEsprit saint et sa procession. Quand il atteste quaucun lieu nest priv?de la pr?ence de lEsprit saint, il lassimile ?la divinit?du P?e et du Fils qui p??re et contient tout. En disant ensuite que personne ne se soustrait ?sa chaleur, il dit de lEsprit saint ce qui a ??dit aussi du Fils : Qui ?laire tout homme venant en ce monde. (Jn 1. 9) Montrant que lEsprit a la mme puissance que le Christ, le Fils ?lairant tout homme, et lEsprit saint r?hauffant tout homme. En disant quil est envoy?par le P?e et par le Fils, et quil proc?e de leur substance, il montre en m?e temps de qui il est, et quelle est sa puissance. Montrant quil est en tout ?al au P?e et au Fils tant par la substance que par la puissance, et quil proc?e de lun et de lautre.

Et plus bas, introduisant le Fils, il dit : Le Paraclet qui proc?e du P?e (Jn XV, 26) Il na pas dit quil a ??cr? par le P?e, mais quil en proc?e, i,e, quil poss?e la m?e nature et la m?e puissance. Ce m?e texte nous montre que quand il dit quil proc?e du P?e, il na pas eu de commencement. Ne va pas penser quen affirmant que lEsprit saint proc?e du P?e, il voulait nier quil proc?e aussi du Fils, car quand il a dit, plus haut, quil ?ait envoy?par le P?e et par le Fils, il a dit en m?e temps quil proc?e du P?e et du Fils, et que son op?ation est la m?e que celle du P?e et du Fils. En disant quil proc?e du P?e avec la m?e nature et la m?e puissance, lEsprit saint nest pas plus s?ar?du P?e et du Fils dans lexistence que le P?e et le Fils le sont. Car, comme il est lEsprit de lun et de lautre, il proc?e de lun et de lautre. Le fait de proc?er du P?e et du Fils ne peut pas le s?arer de ceux qui lui sont ?aux par la nature et la puissance.

Il dit un peu plus bas : Pourquoi dit-on que le Fils nait du P?e et que lEsprit saint proc?e ? Si tu cherches la diff?ence quil y a entre la naissance et la procession, il est ?ident quelle consiste en ceci : celui qui nait nait dune personne et celui proc?e proc?e de deux. Il enseigne par ces paroles que lEsprit saint provient du P?e et du Fils. Et il donne la raison pour laquelle il proc?e aussi du Fils. Car si nous disons quil ne proc?e que du P?e, nous mettons notre foi en p?il. Car, comment le Verbe peut-il ?re Fils unique, si lEsprit nest que lesprit du P?e ? Et comment d?ontrer quil nest pas un fils celui qui sort du P?e comme un fils ? Il faut donc rejeter ?ergiquement un tel blasph?e, pour que la foi catholique ne soit pas expos? aux traits des ennemis. Quon dise donc ce quon dit nos anc?res : le Fils est n?du P?e, seul de seul, et cest pour cela quil est Fils unique. Lesprit saint, quant ?lui, proc?e du P?e, mais non du P?e seul, car il proc?e aussi du Fils pour quon nait pas ?pr?her deux fils. Ce qui arriverait sil ne proc?ait que du P?e.

Ce docteur, donc, a suivi la doctrine de ses anc?res, et a pr?ent??ses contemporains ce quil a re? deux. Et en prouvant que lEglise pensait autrefois sur lEsprit saint ce quelle pense aujourdhui, il ne fait nulle mention quil y ait eu, ?ce sujet, une division entre l?lise grecque et l?lise latine; ni quon ait, par le pass? cru ou enseign?autre chose sur le Saint Esprit. Il y a donc de quoi s?onner de ce que disent les fomenteurs dun nouveau dogme. Pourquoi se s?arent-ils de la communion quont conserv? leurs p?es ? Pourquoi prennent-ils une d?ision avant davoir pris connaissance de la cause ? Ce nest pas un jugement ?uitable, mais une inique pr?omption de culpabilit? Sil disent quil savent depuis longtemps que lEglise romaine enseigne que le Saint Esprit proc?e du P?e et du Fils, et quils ne cherchent donc pas ?connaitre ce quil savent d?? quils sachent que leurs anciens ont ??du m?e sentiment que les Romains, et quen voulant rejeter les romains de leur communion, ils sexcluent de la communion de leurs anc?res. Et en se coupant de la communion ?l?lise romaine, ils se coupent de la communion avec toutes les ?lises catholiques. Quils r?lisent lampleur de leur malheur, et quils ne tardent par ?corriger leur erreur, de peur que, sils ne communient pas avec les Romains, ils aient ?redouter d?re excommuni? par lEglise catholique universelle.

  1. LIVRE TROISIEME

  2.  

     
     

    CHAPITRE 1

    LEcriture dit : Tu ne transgresseras pas les limites quont pos?s tes p?es. (prov. XX11, 28) Si les empereurs grecs avaient voulu observer ce pr?epte, ils auraient compris que l?glise romaine ne pr?re flanc ?aucune accusation, eu ?ard ? son enseignement sur lEsprit Saint. Ils ne tenteraient pas dinnover, mais se contenteraient des termes de la foi, fond? sur l?criture, quont fix? les p?es. Mais atteints de la maladie de la vaine gloire et enfi?r? de la peste de lenvie, ils sont incapables de se contenter de ce quont d?ermin?leurs anc?res. Et cherchant leur gloire propre, ils transgressent les termes fix? par leurs pr??esseurs. Essayant doffusquer la gloire de leurs parents, ils tombent, dapr? le psalmiste, dans la fosse quils ont creus? eux-m?es. (Ps V11, 16)

    Ils nauraient jamais, ?notre ?oque, soulev?la question de la procession du Saint Esprit, sils avaient compris la doctrine de leurs anciens, ou sils s?aient livr? intens?ent ?l?ude des saintes lettres. Ce que nous devons tenir du saint Esprit les docteurs catholiques le d?ontrent clairement. Ils ont combattu, dans des joutes publiques ?iques, et dans de nombreux ?rits, les opinions perverses des h??iques sur la sainte Trinit? Ils ont, par la m?e occasion, cherch??comprendre comment proc?e le Saint Esprit; et ils ont expliqu?cette procession avec des arguments convaincants. Nous en avons d??pr?ent?un assez bon nombre, et nous avons exprim?clairement ce quon doit en penser. Au point que quiconque qui sy opposerait ou refuserait dy donner son assentiment se r??erait comme un contradicteur de la foi catholique et un blasph?ateur de lEsprit saint. Quelle peine devra-t-il subir, nous lapprenons de la bouche de la V?it?qui dit que le blasph?e contre lEsprit nest remis ni en ce monde ni dans lautre. (Matt. 12, 32)

    Il nous plait, maintenant, dassocier aux ?rits des p?es ant?ieurs, ceux du P?e Augustin, illustre docteur, et de tous les ma?res eccl?iastiques, le plus ?inent. Il eut longtemps ?lutter contre les h??iques. Sa doctrine et son ?oquence triomph?ent non seulement de limpi??dArius, mais des autres h??iques, des mac?oniens, des manich?ns, des p?agiens. Lenflure des Grecs ne daigne peut-?re rien recevoir de lenseignement doctoral des Latins. Eh bien ! Que diront-ils des citations des leurs que nous avons pr?ent?s ? Que diront-ils des auteurs des saintes Ecritures ? Refuseront-ils de les recevoir parce quils y d?ouvrent de s??es ennemis de leur erreur, et des adversaires intraitables de leur impi??? Bien quil soit stupide de refuser daccepter lenseignement doctrinal des latins, et dangereux de sengager dans la voie sans issue dun schisme, il est plus grave de se rendre ?rangers ?l?lise catholique. Quils sabstiennent donc de dire ou de penser ces choses, de faire passer leur opinion avant la tradition de lEglise enti?e. Cest une grande maladie que cette jactance et cette opini?ret?dans lerreur qui rend intol?able davoir ?se soumettre ?lenseignement de l?lise universelle. Le Sauveur na-t-il pas dit : allez sur toute la terre, et pr?hez l?angile ?toute cr?ture. (Marc XV1, 15)

    Il ne les a pas envoy? aux seuls Grecs, mais ?tous les peuples de la terre. Cest pour le moins pr?entieux de sattribuer ?soi seul ce qui est destin??tous. LEsprit saint a dit ?J?usalem par les proph?es : Jam?erait ta semence de lorient, et je la rassemblerai ?partir de loccident. Je dirai au vent du nord : donne, et au vent du sud  : nemp?he pas. (Is XV111, 5) Ces choses-l?sont-elles dites des seuls Grecs ? Le peuple de J?usalem sera-t-il rassembl??partir de la seule Constantinople La J?usalem c?este sera form? de tous les peuples r?artis sur toute la terre. Que personne nusurpe le gouvernement de l?lise universelle ! Que les Grecs se rendent compte que lEglise catholique du Christ est r?andue sur toute la surface du globe, de lorient ?loccident, du nord au sud. Quils se r?ouissent que le Christ r?ne sur un si vaste empire, que loracle de David ait ??accompli : demande-moi, et je te donnerai les nations en h?itage, et les confins de la terre pour ta possession. (Ps 11, 8) Et quils ?outent cet autre psaume : il dominera dune mer ?lautre, et du fleuve jusquaux confins de la terre. (Ps LXX1, 8) Par ces mots, les proph?es d?ignaient-ils les Grecs et Constantinople ? Ils ne les ont quand m?e pas laiss? pour compte, puisquils ?aient inclus dans tous les peuples. Ils leur ont simplement enlev?le privil?e d?re distingu? des autres, pour quils ne senflent pas la t?e. Ils les ont plac? parmi tous les autres, pour les amener ?lhumilit? Pour quils sachent quils ne constituent pas ?eux seuls toute l?lise, mais une portion; pour quils v??ent leur m?e qui rayonne de lorient ?loccident; et pour quils se r?ouissent den ?re les fils, mais non les p?es.

    Le Christ a dit : Nappelez personne p?e sur la terre. Car vous navez quun seul P?e, qui est aux cieux. (Matt XX111, 9) Quand il ?ait sur le point de monter aux cieux, il promit ?ses disciples : Je suis avec vous jusqu?la consommation du si?le. (Matt. XXV111, 20) Nous voyons que la promesse du Christ sapplique ?tous les croyants de l?lise universelle, non aux Grecs et ?Constantinople exclusivement. Ce que le Christ dit dans quelque langue que ce soit ou ?quelque peuple que ce soit, que les empereurs grecs lacceptent pieusement. Sils le m?risaient, on jugerait que cest la v?it?quils m?risent; et en rejetant la v?it?du Christ, ils d?ourneraient les Grecs de la voie du salut. LEsprit saint qui est descendu sur les ap?res sous forme de langues de feu na pas enseign?dans la seule langue grecque. Il a communiqu?sa sagesse dans les langues des barbares. Pour montrer que lEglise du Christ parlerait dans les langues de tous les peuples, et que lEsprit saint ?ait r?andu sur toutes les nations. Que les princes glorieux acceptent donc lEsprit saint parlant de lui-m?e, par les docteurs de lEglise, en langue latine, pour que lhumilit?leur enseigne la voie du progr? spirituel. De peur que le cancer de lorgueil ne les entraine dans les t??res de lerreur, apr? leur avoir fait m?riser la lumi?e de la v?it?

    CHAPITRE DEUX

    L??ue Augustin dHippone, illustre docteur, ?inent d?enseur de la foi catholique, dans le livre des questions quil a ?rit au pr?re Orose, dit ceci, parmi dautres choses : La foi v?itable d?lare que lEsprit saint nest ni inengendr? ni engendr? Car si nous disions quil est inengendr? on pourrait croire que nous professons deux p?es. Si, dautre part, nous disons quil est engendr? on pourrait nous reprocher de croire en deux Fils. Or, ce que la foi tient avec certitude, cest quil nest ni inengendr?ni engendr? mais quil proc?e des deux, i.e. du P?e et du Fils. Je prouverai cela par des citations de lEcriture. Ecoute notre Seigneur J?us Christ lui-m?e enseigner ?ses ap?res : quand viendra le Paraclet que je vous enverrai de la part du P?e, lEsprit de V?it?qui proc?e du P?e, il me rendra t?oignage. (Jn XV, 26) Pour montrer que le saint Esprit proc?e de lui comme du P?e le m?e notre Seigneur J?us Christ, apr? sa r?urrection, dit en soufflant sur ses disciples : Recevez le Saint Esprit. (Jn XX, 22) LEsprit du P?e et du Fils est donc un seul et m?e Esprit. Il y a un seul Esprit pour les deux. Que lEsprit soit lEsprit du P?e, notre Seigneur et Sauveur le dit ?ses disciples : Ce nest pas vous qui parlerez, mais cest lEsprit de votre P?e qui parlera en vous. (Matt. X, 20). Et que le m?e soit lEsprit du Fils, lap?re Paul en t?oigne : si quelquun na pas lEsprit du Christ, il ne lui appartient pas. (Rom V111, 9)

    Empereurs des Grecs, que trouvez-vous de r?r?ensible l?dedans ? Il dit que lEsprit proc?e et du P?e et du Fils. Il le prouve par des citations de lEvangile. Il dit que lEsprit saint est lEsprit du P?e et lEsprit du Fils. Et il le prouve autant par le Christ que par sains Paul. Si vous ne voulez rien recevoir des latins, croyez dans lEvangile ! Si vous ne voulez pas pr?er loreille aux paroles de saint Augustin, pr?ez foi au Christ, pr?ez foi ?lAp?re ! Si vous condamnez le Christ et lAp?re, voyez ?ne pas ?re condamn?. Celui qui ne suit pas leur doctrine, sexclut de la soci??des disciples du Christ. Il ne fera pas partie de lEglise celui qui repousse la doctrine de l?lise. Et il naura pas de part avec le Christ celui qui naccepte pas son magist?e.

    Saint Gr?oire, ??ue du sige de Rome, apocrisiaire au temps de lempereur Tib?e Constantin, a ??conseiller principal, et ami intime des empereurs Tib?e, Maurice et Phocas, quand il ?ait encore diacre. Quand il n?ait encore que diacre et l?at du si?e romain ?Constantinople, il r?uta, en pr?ence de lempereur, par des citations bibliques et par la seule force de la v?it?catholique, Eutychen, ??ue de Constantinople, qui enseignait incorrectement sur la r?urrection de la chair. Voici ce quil dit de lEsprit Saint dans son hom?ie de loctave de P?ues : LEsprit saint, qui bien qu?ant ?al au P?e et au Fils, ne sest pas incarn? Le Fils t?oigne lavoir envoy?lui-m?e de la part du P?e, quand il a dit : quand viendra le paraclet que je vous enverrai de la part du Christ. (Jn XV, 26) Si le mot envoy?ne semployait que pour lincarnation, on ne pourrait pas du tout dire que lEsprit saint est envoy? Mais sa mission, cest sa procession, selon laquelle il proc?e du P?e et du Fils. Comme on dit que lEsprit saint est envoy?parce quil proc?e, ce nest pas sans raison quon dit que le Fils est envoy?parce quil est engendr? Si vous choisissez de m?riser lenseignement dun homme si ?inent, voyez sur quelle colonne de superbe vous vous ?igez. Vos pr??esseurs ont grandement v???la saintet?et la sagesse de celui qui n?ait encore que diacre quand il fut l?at du saint si?e ?Constantinople. Il jouissait dune telle autorit?quil r?uta ?lui seul les dogmes impies de l??ue de Constantinople, et les extirpa ?tout jamais. Ce quil dit de la procession du saint Esprit, il le d?ontre par le raisonnement. Il dit, en effet, qu?re envoy?par le Fils nest rien dautre que proc?er du Fils; et qu?re envoy? pour le Fils, nest rien dautre que na?re du P?e.

    L??ue Augustin, dans son trait?sur l?angile selon saint Jean dit : Quelquun se demande peut-?re si lEsprit saint proc?e aussi du Fils. Car le Fils est le Fils du P?e seul. Et le P?e nest le p?e que dun seul Fils. Mais lEsprit saint nest pas lEsprit dun seul dentre eux, mais des deux. Car ce nest pas vous qui parlerez, mais lEsprit de votre P?e qui parlera en vous. (Matt. X., 20) Tu as aussi lAp?re qui dit : Dieu a envoy?lEsprit de son Fils dans nos c?rs. (Gal 1V, 6) Y a-t-il deux Esprits ? Lun du P?e et lun du Fils ? Loin de nous cette pens? ! Il dit que nous sommes un seul corps, en parlant de lEglise. Puis, il ajoute apr? : et un seul Esprit. (Eph 1V, 4) Et par la suite, il donne plusieurs citations qui montrent que lEsprit saint est lEsprit du P?e et du Fils. Il ny a pas un Esprit pour le P?e et un autre pour le Fils, mais lEsprit, qui est lesprit du Fils, lest du P?e. Celui qui sefforce de r?liquer ?ces t?oignages convaincants par des arguments contraires, ne fera que faire la preuve quil contredit lEcriture.

    Et plus bas : Si le Saint Esprit proc?e du P?e et du Fils, pourquoi le Fils dit-il quil proc?e du P?e ? (Jn XV, 26) Pourquoi ? Parce quil a coutume de r??er au P?e ce qui est ?lui, puisquil vient de lui. Cet dans ce sens quil di : Ma doctrine nest pas mienne, elle est celle de celui qui ma envoy? (Jn V11, 16) Si donc on comprend pourquoi sa doctrine, il ne la dit pas sienne mais celle de son P?e, on devra comprendre encore plus facilement que quand il dit que lEsprit saint proc?e du P?e, il ne veut pas dire quil ne proc?e pas du Fils. Le docteur Augustin nous montre clairement que le saint Esprit proc?e autant du Fils que du P?e. Et pour laffirmer, il a recours pr?is?ent au passage o?le Fils dit que lEsprit proc?e du P?e. Quand il dit : ma doctrine nest pas la mienne mais de celui qui ma envoy? il montre quil a, lui aussi, une doctrine. Mais il dit que cest celle du P?e, car elle vient du P?e comme lui en vient. Car tout ce qua le Fils il le re?it en naissant. Voil?pourquoi il ne nie pas que lEsprit saint proc?e de lui quand il dit quil proc?e du P?e. Il montre do?cela lui vient au Fils que lEsprit proc?e de lui : il re?it de celui qui la engendr?que lEsprit proc?e de lui. Cest pourquoi saint Augustin dit : il a re? que lesprit saint proc?e de lui de celui de qui il a re? d?re Dieu. Lillustre docteur associe subtilement la naissance du Verbe et la procession de lEsprit, en disant que le Fils a re? du P?e d?re Dieu de Dieu et que lEsprit saint proc?e de lui. Et lEsprit lui-m?e a re? du P?e quil proc?e du Fils comme il proc?e du P?e. En disant cela, il professe que le Fils et lEsprit ont re? du P?e, le Fils par la g??ation et lEsprit saint par la procession; que lEsprit saint a re? la procession autant du P?e que du Fils, mais non la g??ation qui nappartient quau Fils unique du P?e.

    Ici, il soul?e une autre question qui en pr?ccupe certains : pourquoi ne dit-on pas que lEsprit saint est n?? Pourquoi dit-on quil ne fait que proc?er ? Et il r?ond : Si on disait quil est fils, on se trouverait devant deux fils, ce qui est absurde. Aucun fils nest de deux, ?moins quil ne sagisse dun p?e et dune m?e. Ce qui est impensable dans le cas de la naissance du Verbe. M?e un fils dhomme ne proc?e pas simultan?ent du p?e et de la m?e. Il proc?e de la m?e apr? avoir proc??du p?e dans la m?e. Et quand il apparait ?la lumi?e du jour de la m?e, il ne proc?e pas alors du p?e. LEsprit saint, lui, ne proc?e pas dabord du P?e dans le Fils, pour proc?er ensuite du Fils afin de sanctifier les cr?tures, mais il proc?e en m?e temps de lun et lautre, m?e si cest le P?e qui a donn?au Fils que lEsprit proc?e de lui comme il proc?e du P?e. Nous ne pouvons pas non plus dire que lEsprit saint nest pas la Vie parce que le P?e est la Vie et le Fils est la Vie. Le P?e qui est la Vie en lui-m?e a donn?au Fils d?re la Vie en lui-m?e. Il lui a aussi donn?que la Vie proc?e de lui comme elle proc?e de lui-m?e.

    Il explique avec toute la clart?d?irable que le Saint Esprit proc?e du P?e et du Fils, quil ny a pas deux fils dans la Trinit? que lEsprit saint est lEsprit de lun et de lautre. La procession spirituelle de deux personnes na rien ?voir avec la paternit?et la maternit? car il ny a pas ici de distinction de sexe. Il ny a pas de propagation charnelle faite de chair et dos. Cette procession ne saccomplit pas non plus dans le temps, comme sil proc?ait de lun ?un certain moment, et de lautre un peu plus tard. Il proc?e des deux en m?e temps. Rien de semblable ici ?la g??ation charnelle. Pas de sperme qui va f?onder la femme. Il ny a pas non plus de grossesse. Cela cest le monde du devenir, du changement, du mouvement. Et tout cela est bien loin de la procession spirituelle. Car le Saint Esprit proc?e du P?e et du Fils, sans mouvement, sans changement, sans ?oulement de semence. Car cette procession seffectue par la force de la volont? sans mutation, sans dur? de temps, sans rien de ce qui se passe dans le cas dun p?e et dune m?e, mais comme dun seul jet de lumi?e provenant de deux sujets. Non pas que le P?e et le Fils soient sujets du Saint Esprit, mais les deux personnes du P?e et du Fils dont proc?e la personne de lEsprit saint, sont dune seule essence. La personne du Saint Esprit nest donc pas comme une qualit?des deux, mais elle est consubstantielle aux deux. Comme le dit si bien saint Augustin : le P?e est la Vie, le Fils est la Vie, le Saint-Esprit est la Vie. Le P?e est la Vie en ne recevant la Vie daucune Vie. Le Fils est la Vie en recevant la vie de la vie du P?e. LEsprit saint est la Vie de la Vie du P?e et du Fils, recevant la Vie en proc?ant. Car la trinit?divine ne pourrait pas ?re dune parfaite consubstantialit? si lEsprit saint n?ait pas tout ce que le P?e et le Fils sont.

    Que lEsprit saint proc?e du P?e, cela ne nous pose aucune difficult? Quil proc?e aussi du Fils, le Fils lui-m?e le dit : il recevra de moi et vous annoncera ce quil aura re?. (Jn XV1, 14) Mais les h??iques se sont servis de ce texte pour mettre des degr? dans la Trinit? Ils dirent : Si le Fils re?it du P?e et lEsprit saint du Fils, lEsprit saint est donc inf?ieur au Fils. Saint Augustin soppose ?cette perverse interpr?ation, dans le m?e chapitre du m?e trait : Les paroles de J?us : il recevra de moi et vous annoncera ce quil aura re?, ?outez-les avec des oreilles catholiques, percevez-les avec des esprits catholiques. Lesprit saint nest pas inf?ieur au Fils ?cause de cela, comme le veulent les h??iques. Que lun re?ive de lautre cela nindique pas la pr?ence de degr? dans la Trinit? Loin de nous, chr?iens, de le croire, de le dire, de le penser ! Il apporte ensuite la solution au probl?e en remettant la phrase dans son contexte : Tout ce qui est ?Mon P?e est ?moi, voil?pourquoi jai dit quil recevra de moi. Que voulez-vous de plus ? LEsprit saint re?it du P?e comme le Fils re?it du P?e : d?re n?fils du P?e dans cette trinit? et d?re un Esprit saint qui proc?e du P?e. Le pre est le seul ?n?re n?de personne et ? ne proc?er de personne.

    En nous enseignant maintenant que lEsprit saint proc?e du P?e, il ne rejette pas quil proc?e du Fils, comme il lavait dit auparavant. Mais il enl?e linf?iorit?dont se r?alaient les h??iques, et pr?e l?alit?que confessent les catholiques. Car sil disait que lEsprit saint re?it du Fils mais ne re?it rien du P?e, il donnerait lieu aux h??iques de feindre des degr? dans la divinit? En leur disant que lEsprit saint proc?e du P?e, il leur coupe lherbe sous le pied, car lEsprit saint re?it de proc?er l?ou le Fils re?it de na?re. Et comme tous les deux re?ivent du P?e, lune la nativit? lautre la procession, il ny a aucune raison de pr??er lun lautre. Mais il ne faut pas ?cause de cela nier quil proc?e aussi du Fils. Car le Fils a dit : tout ce qui est au P?e est ?moi. Voil?pourquoi jai dit quil recevra de moi. Le P?e a que lEsprit saint proc?e de lui. Le Fils a donc que lEsprit saint proc?e de lui. LEsprit saint proc?e donc de lun et de lautre.
     
     

    CHAPITRE TROISIEME

    Dans le premier livre de la sainte trinit? au chapitre quatri?e, saint Augustin dit : Le P?e a engendr?le Fils, et le Fils nest donc pas ce quest le P?e. Le Fils a ??engendr?par le P?e, et le P?e nest donc pas ce quest le Fils. Le Saint Esprit nest ni p?e ni fils, mais il est lEsprit du P?e et du Fils, ?al au P?e et au Fils, et appartenant ?lunit?de la trinit? Mais ce nest pas la trinit?qui est n? de la vierge Marie, qui a ??crucifi? sous Ponce Pilate, ensevelie, ressuscit? le troisi?e jour et mont? au ciel, mais seulement le Fils. Il indique clairement ce qui est propre ?chaque personne de la trinit? et il pr?ise que lincarnation nappartient quau Fils.

    Il est ?ident que le P?e nest pas ce quest le Fils, puisquil la engendr? que le Fils nest pas ce quest le P?e, puisquil a ??engendr?par lui; que lEsprit nest ni le P?e ni le Fils, puisquil est lEsprit de lun et lautre. Et parce quon le dit lEsprit de lun et de lautre, on doit confesser quil proc?e de lun et de lautre. Et bien quil soit ?al au P?e et au Fils et quil participe ?lunit?de la trinit? lincarnation du Fils nappartient ni au P?e ni ?lEsprit saint. Il nappartient quau P?e dengendrer le Fils, quau seul Fils davoir assum?un homme parfait, et quau Saint Esprit de proc?er du P?e et du Fils.

    Il continue ensuite dans la m?e veine : On se demande comment il se fait que lEsprit saint fasse partie de la trinit? puisquil na ??engendr?ni par le P?e ni par le Fils, ni par les deux ensemble, bien quil soit lEsprit du P?e et du Fils. En affirmant que ni le P?e ni le Fils, ni les deux ensemble ne lont engendr? il exclut toute forme de g??ation dans le cas du Saint Esprit. Et en ajoutant bien quil soit lEsprit du P?e et du Fils, il laisse entendre que celui qui nest pas fils en naissant, pourrait bien ?re lEsprit des deux en proc?ant. Car en maintenant quil est des deux, apr? avoir exclu la naissance, on ne peut que parler de procession. Mais pas une procession de lun seulement, du P?e ou du Fils, mais des deux.

    Et plus bas, chap. 12 : Nous avons montr? par de nombreuses citations des saintes lettres que dans la trinit? on dit de tous ce que lon dit de chacun ?cause de lins?arable op?ation dune seule et m?e substance. Exemple. Le Christ a dit de lEsprit saint : quand je men irai, je vous lenverrai. (JN XV1, 7) Il na pas dit : nous lenverrons. Il sest exprim?comme sil ?ait le seul ?lenvoyer ?lexclusion du P?e. Il dit ailleurs : lEsprit saint que mon p?e enverra en mon nom. (Jn X1V, 25) Il sexprime ici comme si le P?e enverrait lEsprit saint ?lui seul, ?lexclusion du Fils. Il a ??dit plusieurs fois que la mission de lEsprit saint est sa procession.Cest pourquoi, quand on atteste que le Fils va envoyer lEsprit saint, on d?lare quil proc?e du Fils. Quand on atteste que le Pre envoie lEsprit au nom du Christ, on d?lare quil proc?e du P?e. Et quand on nous dit quil est envoy?par les deux, on atteste quii proc?e des deux. Il donne ensuite cette r?le g??ale de la sainte trinit? quon dit de chacun ce quon dit de tous, ?cause de lop?ation ins?arable dune seule et m?e substance.

    Nous apprenons donc par l?que quand nous disons que lEsprit saint proc?e du P?e, nous comprenons quil proc?e aussi du Fils. De m?e, quand nous disons quil est envoy?par le Fils, nous comprenons quil est en m?e temps envoy?par le P?e. Car ?ant dune seule et m?e substance, le P?e et le Fils ont une seule et m?e op?ation. De toute ?idence, celui qui nie que lEsprit est envoy?par le Fils alors quil admet quil a ??envoy?par le P?e, nie n?essairement que le Fils agit en coop?ation avec le P?e. Il devra nier aussi que le P?e et le Fils ont une seule et m?e op?ation, ce qui lobligera ?nier quils sont dune seule et m?e substance.

    Telle est la port? de laffirmation du Fils : lEsprit proc?e du P?e. Celui qui pr??era nier que lEsprit proc?e aussi du Fils devra nier que le P?e et le Fils ont une seule et m?e op?ation. Et par contrecoup, il devra nier que le P?e et le Fils sont dune seule et m?e substance. Comme cela ?ane de la fontaine dimpi??dArius, professons avec tous les catholiques que la trinit?travaille de concert, et que lon dit de tous ce que lon dit de chacun; et que, comme il ny a dans la trinit?quune seule et m?e substance, il ne peut pas y avoir de division dans lop?ation. En cons?uence, quand on dit que lEsprit proc?e du P?e, on doit n?essairement penser quil proc?e aussi du Fils.

    De m?e, au livre 4, chap. 6, de la trinit : On appelle le Christ dans les saintes lettres la vertu du Dieu Christ, et la sagesse de Dieu. Mais, quelque soit la fa?n dont on lentende, il narrive jamais au Fils de rendre le P?e savant. Et la raison en est que le Fils est sagesse de sagesse, comme il est lumi?e de lumi?e, et Dieu de Dieu. Et nous ne pouvons trouver un Esprit saint qui ne soit lui aussi la Sagesse, les trois ?ant ensemble une seule et m?e sagesse. Comme il ny a quun seul Dieu, il ny a quune seule sagesse. Quapprenons-nous l?si ce nest que la procession du Saint esprit vient du P?e et du Fils, et que toute la trinit?est dune seule et m?e substance. Il dit que le P?e est la Sagesse, que le fils est la Sagesse, que lEsprit saint est la Sagesse. Mais le P?e n est la Sagesse daucune sagesse, car il ne re?it pas du Christ d?re sage. Comme il est la source et le principe de luniversalit? il est sage par lui-m?e, non par la participation ?quelquun. Comme Dieu qui ne vient pas dun autre, mais est Lumi?e par lui-m?e. Car il ny a rien qui lui soit sup?ieur ou ant?ieur. Autrement, il ne serait pas le principe de luniversalit? Dieu nest non plus ni imparfait, ni indigent, mais il est la pl?itude, la v?it?et la perfection. Il est donc sage par lui-m?e. Le Fils est lui aussi la Sagesse, mais du P?e Sagesse. Car le P?e a engendr?un semblable ?lui. LEsprit saint est Sagesse lui aussi. Mais ce nest pas une sagesse qui ne vient de nulle part. Le P?e seul ne vient de rien. Do?vient-elle si ce nest de la Sagesse ? Comme le P?e et le Fils sont la Sagesse, lEsprit saint est donc une sagesse provenant de la sagesse du P?e et du Fils. Car la sagesse du P?e et celle du Fils ne sont pas deux sagesses diff?entes. Elles sont une seule et m?e sagesse. La sagesse de lun et de lautre envoie donc lEsprit Sagesse qui proc?e de lun et de lautre.

    De m?e, un peu plus loin, cap V11 : Voici donc trois choses : la m?oire, lintelligence et la volont?ou lamour. Dans cette essence supr?e et immuable quest Dieu, ce ne sont pas le P?e, le Fils et lEsprit saint qui y sont, mais le P?e seul. Le Fils est la sagesse engendr? de la Sagesse. Mais ni le P?e ni lEsprit ne comprennent par la sagesse du Fils. Ils comprennent par la sagesse qui est la leur. Il en est de m?e pour la m?oire et pour lamour. Chacun se souvient, chacun aime par la m?oire et par lamour qui est ?eux. Mais cest du P?e que le Fils re?it dagir ainsi, par la naissance. LEsprit saint qui est Sagesse proc?ant de la Sagesse ne se souvient pas par la m?oire du P?e, et ne pense pas par la sagesse du Fils. Tout ce quil pourrait, cest daimer par son amour ?lui. Il ne serait pas sage sil se souvenait avec la m?oire dun autre, et sil pensait avec la sagesse dautrui. Il ne serait pas non plus intelligent sil ne pouvait quaimer par lui-m?e. Il a donc les trois, et il les a de fa?n ?ce quelles constituent sa nature. Mais il re?it d?re ainsi do? il proc?e.

    Etablissant la distinction entre les personnes de la trinit?avec beaucoup de finesse, comme sil ?ait inspir?par Dieu, il dit que les trois personnes sont la Sagesse. Etant engendr? le Fils re?it du P?e d?re Sagesse, dune sagesse semblable ?la sienne. Et du fait quil proc?e, le saint Esprit re?it du P?e et du Fils d?re Sagesse, dune sagesse semblable ?celle des deux. Et pour mieux faire comprendre ce quil dit, disons quelques mots de la comparaison quil emploie. Il d?ouvre ?lint?ieur de lhomme, comme une image de la trinit?dans la m?oire, lintelligence et lamour. Il d?eloppe longtemps cette comparaison. Autant dans le cinqui?e chapitre quen dautres parties de son livre sur la trinit? il observe que lintelligence et lamour sont contenus dans la m?oire; que lintelligence nait de la m?oire; et que lamour proc?e de la m?oire et de lintelligence. Et que ces trois sont dune seule et m?e substance. Car nous nous souvenons de ce que nous comprenons, et quand nous voulons r?l?hir sur notre intelligence, nous ne la pouvons que dans la mesure o?elle proc?e secr?ement de la m?oire, comme si elle ?ait engendr? par elle. Et quand nous r?lisons que notre intelligence est comme engendr? par la m?oire, se produit un amour qui embrasse ?la fois la m?oire et lintelligence. Car il se r?ouit de lintelligence quil reconnait, et de la m?oire de laquelle est n? lintelligence, objet de son affection. Lamour nait donc autant de la m?oire que de lintelligence. On ne peut aimer une chose sans la connaitre; et on ne peut penser ?une chose dont on a perdu la m?oire. Chacune de des trois choses se distingue des autres par ses qualit? propres. La m?oire ne comprend pas par elle-m?e, mais par lintelligence; lintelligence ne se souvient pas par elle-mme mais par la m?oire. De la m?e fa?n, lamour, sans m?oire et sans intelligence, naime pas. Si on enl?e la connaissance des choses, la m?oire na rien dont elle puisse se souvenir; et si on enl?e la m?oire, lamour na de souvenir de rien. Il ny aura donc plus damour l?o?il ny a rien ?aimer; ou il ne saura plus sur qui se r?andre. Ces trois choses donc, existent ensemble, naissent de lune et de lautre, se distinguent les unes des autres, et se pr?ent mutuellement secours.

    Mais la sainte Trinit?correspond bien peu ?la comparaison pr?ent? par ce v??able docteur. Le P?e, le Fils et le saint Esprit sont toute la trinit? comme la m?oire, lintelligence et lamour. Le P?e est la source do?nait le Fils, comme la m?oire qui est une sorte de principe o?prend forme lintelligence. Le Fils qui est la Sagesse nait du P?e comme lintelligence nait de la m?oire. LEsprit saint qui est lui aussi sagesse, mais qui est quand m?e lamour, proc?e du P?e et du Fils comme lamour proc?e de la m?oire et de lintelligence. Quelle que soit la valeur de cette comparaison, il ny a pas dans les personnes de la trinit?une distinction telle que le P?e ne soit sage que par le Fils, que le Fils naime que par le Saint Esprit, comme nous voyons dans la trinit?int?ieure de lhomme. Dans cette trinit?humaine, la m?oire ne comprend pas par elle-m?e, mais par lintelligence; et lintelligence ne se souvient pas par elle-m?e, mais par la m?oire; elle naime pas par elle-m?e, mais par la charit? Et lamour ne se souvient pas par lui-m?e, mais par la m?oire; il ne comprend pas par lui-m?e, mais par lintelligence. Cette trinit?humaine constitu? de la m?oire, de lintelligence et de la volont? nest pas lessence supr?e et immuable de la divinit? On ne peut identifier le P?e ?la m?oire, le Fils ?lintelligence et lEsprit saint ?lamour, car le P?e ?lui seul est ces trois choses, le Fils ?lui seul est ces trois choses, et lEsprit saint ?lui seul est ces trois choses. Car le P?e, par lui-m?e, se souvient, pense et aime. Il ne re?it pas du Fils lintelligence. Autrement, il faudrait dire quil nait du Fils, ce qui nest pas orthodoxe. Il ne re?it pas non plus lamour de lEsprit saint. Autrement, il faudrait dire quil proc?e de lEsprit saint, ce qui est une aberration. Cest par lui-m?e quil se souvient, pense et aime. Bien que le Fils soit la Sagesse n? de la Sagesse, ce nest pas le P?e qui se souvient en lui. Il se souvient avec sa m?oire ?lui. Ce nest pas non plus le P?e qui pense en lui. Il pense avec son intelligence ?lui. Ce nest pas non plus lEsprit saint qui aime en lui. Il aime avec sa volont??lui. Car il pense, il se souvient, il aime par lui-m?e. LEsprit saint qui est la sagesse proc?ant de la sagesse, ne se souvient pas avec la m?oire du P?e, ne comprend pas avec lintelligence du Fils, et na pas que lamour qui lui soit propre. Il poss?e, lui aussi, les trois : la m?oire, lintelligence et la volont? Il se souvient par lui-m?e, pense par lui-m?e et aime par lui-m?e. Mais pour ?re ces trois, il le tient do? il proc?e, i.e. autant du Fils que du P?e, car il proc?e de lun et de lautre. Un raisonnement tr? subtil et v?idique, qui ne souffre pas de contradiction, nous d?ontre que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils; quil est lEsprit des deux, mais non le Fils des deux ou de lun ou lautre. Et cette charit?que nous disons na?re de la m?oire et de lintelligence nest pas appel? fille des deux ni de lune ou lautre.

    De m?e, par la suite, au chapitre 17 : Parlons maintenant de lEsprit saint dans la mesure o?le don de Dieu nous le conc?era de voir. Cet Esprit, selon les saintes Ecritures, nest pas du P?e seul, ni du Fils seul, mais des deux. Elles nous sugg?ent donc une trinit?communautaire dans laquelle le P?e et le Fils saiment. La raison pour laquelle lEsprit saint nest pas seulement lEsprit du P?e ou seulement lEsprit du Fils est quil proc?e de lun et de lautre. Il sugg?e donc une trinit?communautaire dans laquelle le P?e et le Fils saiment, lEsprit saint les unissant tous deux parce quil proc?e deux. Non comme une qualit?de chacun des deux, mais en tant quexistant dans la trinit?comme la troisi?e personne consubstantielle et ?ale. Voici ce quil dit plus loin : Car le P?e est Dieu, le Fils est Dieu, lEsprit saint est Dieu, et ils sont les trois ensemble un seul Dieu. Mais ce nest quand m?e pas pour rien que le Fils seul soit appel?Verbe de Dieu, que lEsprit seul soit appel?don de Dieu, que ce ne soit que du P?e quon dise que le Verbe a ??engendr?et que lEsprit proc?e principalement. Jai ajout?principalement parce quil proc?e aussi du Fils. Et cela aussi le Pre le lui a donn? avant quil existe et quil ait quelque chose. Mais tout ce que le P?e a donn?au Fils, il lui a donn?en lengendrant. Il la aussi engendr?pour que le don commun proc?e de lui, et que lEsprit saint soit lesprit des deux. Par ce t?oignage, il d?ontre que lEsprit saint proc?e du Fils. Mais il assigne ?chacun ce qui lui est propre, car bien que chacun soit Dieu, et les trois ensemble Dieu, le Fils a ceci de propre quil est le seul ??re appel?Verbe de Dieu. LEsprit est le seul ??re appel?don de Dieu. Et le P?e est le seul ?qui on assigne ?la fois la naissance du Fils et la procession du saint Esprit. Voil?quelles sont dans la trinit?les propri?? distinctives des personnes. On dit que lEsprit saint proc?e principalement du P?e, car on enseigne aussi quil proc?e du Fils. Et cela, cest le P?e qui le lui a donn? en lengendrant, avant quil existe et quil ait quelque chose. Car tout ce qua le Fils il la re? du P?e en ?ant engendr?par lui. Le P?e ne la pas dabord engendr? il ne lui a pas donn?ensuite que proc?e de lui lEsprit saint, mais il lui a accord?en lengendrant, quun don commun proc?e de lui, i.e. le Saint Esprit, quon appelle le don des deux, comme il est lEsprit des deux.

    De m?e, un peu plus bas, chap 19 : Si dans les dons de Dieu, rien nest plus grand que la charit? et sil ny a pas de plus grand don de Dieu que lEsprit saint, quelle autre conclusion tirer quil est lui-m?e la charit? lui qui est dit et Dieu et de Dieu ? Et si la charit?par laquelle le P?e aime le Fils et la charit?par laquelle le Fils aime le P?e manifeste la communion ineffable des deux, quy a-t-il de plus appropri?que celui qui est commun aux deux soit appel?la charit?au sens propre du terme. Il avait appel?plus haut lEsprit saint don de Dieu, et lavait par cette qualification distingu?de la personne du P?e et de celle du Fils. Il voit dans le don de Dieu lamour, et le consid?e comme le don principal de la divinit? Cest saint Paul qui le dit (1 Cor X111, 3), tous les dons sans la charit?ne sont rien. Cette charit?il lappelle Dieu de Dieu, indiquant par l?lEsprit saint proc?ant de Dieu. Et parce que Dieu est un nom qui est commun au P?e et au Fils, et quon ne voit pas do?il pourrait bien proc?er, il fait ensuite la d?onstration suivante : La charit?par laquelle le P?e aime le Fils et la charit?par laquelle le Fils aime le P?e indique une ineffable communion des deux, y a-t-il rien de plus appropri?que de lappeler amour, celui qui est commun aux deux ? En disant cela, il appelle lEsprit saint charit? et professe quil proc?e en commun des deux, du P?e et du Fils.

    La m?e chose un peu plus loin, chap. 23 : Dans cette supr?e trinit? qui transcende incomparablement toutes choses, lins?arabilit?est si grande que, bien que trois hommes ne puissent jamais faire un seul homme, les trois personnes sont dans un seul Dieu, et ne sont quun seul Dieu. On dit que seul le P?e est le P?e du Fils. En disant que lEsprit nest pas lEsprit du P?e seul ni du Fils seul, mais des deux, on atteste par le fait m?e quil proc?e des deux. Il dit plus loin, chap 23 : Dans cette sublime trinit? qui transcende incomparablement toutes choses, il y a une telle ins?arabilit?que, alors que la trinit?humaine ne peut pas ?re dite et ?re un seul homme, cette trinit?non seulement nest pas dans un seul Dieu mais est un seul Dieu. Et cet homme ?qui appartiennent les trois facult? de la trinit?humaine nest quune seule personne. Mais dans la trinit?divine, il y a trois personnes: le p?e du Fils, le fils du P?e, et lEsprit des deux. Quand il dit que seul le P?e est le P?e du Fils, et que seul le Fils est le fils du P?e, que lEsprit nest pas lesprit du p?e seulement mais aussi du Fils, il atteste par le fait m?e quil proc?e des deux. Car le P?e est p?e du fils parce quil la engendr? et le Fils est le fils du P?e parce quil a ??engendr?par lui. Il sensuit n?essairement que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils puisquil est lEsprit du P?e et du Fils. Dans cette trinit?sublime, la trinit?elle aussi est appel? Dieu et un seul Dieu, non pas au sens o?la trinit?serait dans un seul Dieu, comme si chaque personne prise individuellement serait la trinit? i.e. comme si le P?e ?lui seul serait la trinit? ou le Fils ?lui seul, ou lEsprit saint ?lui seul. La trinit?est un seul Dieu au sens o?le P?e, le Fils et le Saint esprit sont un seul et m?e Dieu. Les trois personnes de la trinit?ne se comportent pas comme les trois facult? de la trinit?humaine, la m?oire, lintelligence et lamour, et ce nest pas ?leur exemple que la trinit?est dans une personne. Non parce quun homme est la trinit? mais parce que dans un homme il y a trois ??ents. Dans la trinit?sublime, il y a trois personnes, le P?e, le Fils et lEsprit, mais ces trois personnes sont un seul et m?e Dieu. Et cest pour cela que la trinit?est un seul Dieu. Il y a une telle union entre les personnes, une telle consubstantialit? que les trois sont un seul et m?e ?re, et quun est pr?iqu?des autres. Ils ne sont s?ar? que par la relation, mais sont unis par la substance. Le p?e a une relation avec le Fils, le Fils avec le P?e, et lEsprit saint avec les deux, ce qui implique quil proc?e des deux.

    Il dit plus bas, chap. 26 : Enfin, dans cette trinit?sublime qui est Dieu, il ny a aucun intervalle de temps qui puisse d?ontrer ou exiger que le Fils soit n?dabord, et quensuite seulement lEsprit saint aurait proc??des deux. Car lEcriture dit quil est lEsprit des deux. Cest celui dont par lap?re : parce que vous ?es des fils, Dieu a envoy?lesprit de son Fils dans nos c?rs. (Gal 1V. 6) Et cest celui dont parle le m?e Fils : Ce nest pas vous qui parlerez, mais lEsprit de votre P?e qui parlera en vous. (Matt. X, 20) Un grand nombre de textes de lEcriture attestent que lEsprit est lEsprit du P?e et du Fils, celui qui est appel?en toute propri??de termes Esprit saint. Le Fils a dit : Que je vous enverrai de la part de mon P?e. (Jn XV, 26) Et ailleurs : Que le P?e enverra en mon nom. (Jn X1V, 26) On nous enseigne donc quil proc?e des deux puisque le Fils a dit : qui proc?e du P?e. Et apr? sa r?urrection, il apparut ?ses disciples, souffla sur eux et leur dit : Recevez lEsprit saint. (Jn XX, XX11), montrant ainsi quil proc?e aussi de lui. Et cest lui qui est la vertu qui sortait du Christ, comme on le lit dans l?angile (Luc V1, 19)

    Ces citations pr?ent-elles flanc ?la contradiction ? LEcriture nous enseigne que lEsprit saint est lEsprit du P?e et du Fils, et quil proc?e de lun et de lautre. Si on le nie, que lon nie que lAp?re et le Christ ont parl?ainsi. Si lon croit le Fils quand il dit que lEsprit proc?e du P?e, quon le croie quand il dit : Recevez lEsprit saint ! De toute fa?n, cette vertu qui sort du Christ et qui gu?issait tous, cest le Saint Esprit qui proc?e du Fils. Encore une fois, le fait quil soit dit lEsprit du P?e et du Fils t?oigne hautement quil proc?e des deux. Il ny a pas dintervalle de temps entre la naissance du Fils et la procession de lEsprit saint des deux. Car le P?e na jamais ??sans le Fils, le Fils sans le P?e, et le P?e et le Fils sans le saint Esprit.

    Il dit un peu plus bas : Pouvons-nous nous demander si le Saint Esprit avait d??proc??du P?e quand le Fils est n? ou sil navait pas encore proc??? Ou sil na proc??du Fils quapr? la naissance du Fils ? Comme nous pourrions nous demander l?o?nous avons trouv?du temps si la volont?est dabord sortie de la pens? humaine et si on peut lappeler son enfant. Cette volont?n? ou engendr? se parfait en elle en se reposant en elle comme sa fin. Et ce qui ?ait le d?ir dun chercheur devient lamour de celui qui en jouit. Lesprit qui engendre et la notion engendr? ne font-ils pas penser ?un parent et ?son rejeton ? Mais on ne peut rien chercher de tel l?o?rien ne commence dans le temps, et o?rien nobtient son perfectionnement dans le temps. Celui, donc, qui peut concevoir la naissance du Verbe sans le temps, quil con?ive aussi la procession de lEsprit saint de lun et lautre sans le temps. Le bienheureux docteur professe donc que le Saint Esprit proc?e du P?e et du Fils. Mais il se demande si lEsprit saint a proc??du P?e avant la naissance du Fils, ou sil na proc??du Fils quapr? quil ait ??engendr?par le P?e. Et pour aider ?comprendre la question, il fait la comparaison suivante : la volont?proc?e de lesprit humain avant quune id? ne soit form? de lesprit, pour quil y ait un d?ir de la volont??la recherche de quelque chose. Mais cette volont?est n? de lesprit avant quon senqui?e de ce quon d?irait trouver. Une fois trouv? la volont?atteint sa perfection en ?ant amplifi? par ce qui a ??trouv?

    Mais il ny a pas deux volont?, une de lesprit dabord, et lautre de ce qui a ??trouv? mais une seule volont?dune seule et mme chose : la conception dans lesprit de ce que lon cherche, et la jouissance de lobjet trouv? Ce qui ?ait dabord un d?ir de trouver devient ensuite la jouissance de lobjet trouv?

    Cest ainsi que ? se passe dans les choses soumises au temps. Mais dans la trinit?divine, o?le temps nexiste pas, rien de semblable ne peut ?re rep?? On ne dit pas ici que le P?e a dabord exist?et que le Fils a ??engendr?ensuite. Mais le P?e a toujours ??dans le Fils, et le Fils est toujours demeur dans le P?e. La procession de lEsprit saint na pas pr???la nativit?du Fils. Car l?o?il ny a pas de temps, on ne peut trouver ni avant ni apr?. Ce qui ne commence pas dans le temps ne peut pas se perfectionner dans le temps. Cest pourquoi, celui qui peut concevoir la naissance du Fils sans le temps, quil pense ?une procession du Saint-Esprit sans le temps. Comme il ny a pas ?chercher ?quel moment le Fils a ??engendr?par le P?e, il ne faut pas non plus se demander ?quel moment lEsprit saint a proc??du P?e et du Fils; ni si la nativit?a pr???la procession. Car l?ernit?ne connait pas la succession du temps. Il ne faut jamais se faire une id? de la divinit?dapr? les lois de la condition humaine. Car ce qui est dans le temps est ant?ieur ou post?ieur; ce qui a fait le temps ?happe ?sa juridiction. Il est avant que les cr?tures deviennent.

    Il ajoute autre chose pour d?ontrer que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils en dehors du temps, comme le Fils a ??engendr?par le P?e en dehors du temps. Il dit, en effet : Qui comprend correctement ce que dit le Fils ? Comme le P?e a la vie en lui-m?e, il a donn?aussi au Fils davoir la vie en lui-m?e. (Jn V, 26) Le P?e na pas donn?la vie ?un Fils qui existait d??sans vie. Mais il la engendr?sans le temps de fa?n ?ce que la vie que le P?e a donn? au Fils en lengendrant soit co?ernelle ?celle du P?e qui la donnait. En dautres mots, le P?e qui a en lui-m?e que lEsprit saint proc?e de lui, a donn?au Fils que lEsprit proc?e de lui, et lun et lautre en dehors du temps. De sorte que quand on dit que lEsprit proc?e du P?e, il faut penser quil proc?e aussi du Fils. Car si ce que le Fils a lui vient du P?e, il a aussi que lEsprit proc?e aussi de lui. Mais il ne faut penser ?aucune succession temporelle, ?aucun avant, ?aucun apr?, l?o?le temps nest pas.

    Il atteste que lEsprit saint proc?e du Fils comme du P?e. Quil proc?e du Fils, cela lui a ??donn?par le P?e, non avant sa naissance, mais en lengendrant. Car tout ce que le P?e a donn?au Fils, il ne le lui a pas donn?comme ?un inf?ieur, ni avant quil existe, mais en lengendrant. Et il ajoute quelques autres explications. Qui peut comprendre ce qua dit le Fils : comme le P?e a la vie en lui-m?e, il a donn?au Fils davoir la vie en lui-m?e. Le P?e na pas donn?au Fils d?re la vie quand il ?ait sans vie. Voici comment la Bible parle dAdam : Dieu a form?lhomme du limon de la terre. (Gen 11, 7) Et il lui a souffl?sur la face un souffle de vie. Le texte dit quil a dabord ??form? et quapr? avoir ??form? et en tenant compte de cette formation, que le souffle lui a ??donn? Mais ce nest pas ainsi que le P?e a donn?la vie au Fils. Il ne lui a pas donn?la vie en lengendrant dabord et en lui communiquant la vie ensuite. Il lui a donn?la vie en lengendrant, car le Fils est substantiellement la vie qui lui a ??donn? ?la naissance. Lhomme, lui, a dabord ??form? et a re? la vie ensuite, car il a re? la vie non par la g??ation mais par la participation. Car sa vie n?ait pas la vie substantielle, mais une participation ?la vie. Mais le Fils unique du P?e na pas re? la vie par participation. Il est engendr?substantiellement de la Vie P?e. La vie ne lui a pas ??donn? comme ?un existant non encore vivant, mais il a ??engendr?tout dun coup ?une vie ?ale et consubstantielle ?celle du P?e. Cest en lengendrant quil a lui a donn?cette vie.

    Il poursuit : Mais le P?e la engendr? en dehors du temps, de fa?n telle que la vie quil a re?e de lui ?sa naissance est co?ernelle ?la vie du P?e. Par ces paroles, il montre que le P?e est la Vie et que le Fils est la Vie. Mais la Vie cest du P?e que le Fils la re?it pour quelle soir la Vie. Il nexistait pas avant de recevoir la vie, mais il a ??engendr?Vie co?ernelle et consubstantielle ?la Vie du P?e. Celui qui veut comprendre comment cela est possible, quil se dise que comme le P?e a en lui-m?e que le Saint Esprit proc?e de lui, il a donn?au Fils que le m?e Saint Esprit proc?e de lui. Et comme personne sain desprit ne peut nier que le Fils a re? du P?e d?re la Vie comme il est lui-m?e la Vie, personne non plus ne peut nier quil a re? du P?e que lEsprit saint proc?e de lui. Et dans les deux cas, en dehors du temps. Comme il proc?e du P?e sans le temps, il proc?e aussi du Fils sans le temps. Car cette procession, loin d?re temporelle, est ?ernelle. Comme la nativit?du Fils repousse le temps, la procession du Saint Esprit de lun et lautre ne connait pas le temps.

    Il ajoute : On dit que lEsprit saint proc?e du P?e de fa?n ?faire comprendre quil proc?e aussi du Fils, de l?re du P?e et du Fils. Il veut que quand on dit que le Saint Esprit proc?e du P?e, on comprenne quil proc?e aussi du Fils. En nommant le P?e, on pense au Fils, car cest du P?e que le Fils a re? que lEsprit saint proc?e de lui. Et parce quil attribue au P?e le fait que lEsprit saint proc?e de lui, dire que lEsprit saint proc?e du P?e, cest affirmer ?alement quil proc?e du Fils. Cest pourquoi il ajoute : Si tout ce qua le Fils cest du P?e quil la, cest du P?e aussi quil a que lEsprit saint proc?e de lui. Nous savons, pour lavoir entendu dire par le Fils, que le Fils a tout ce qua le P?e. Mais comme tout cela lui a ??donn?par le P?e, cest avec justice quon le r??e ?celui qui la donn? Et cest pourquoi quand on dit que lEsprit saint proc?e du Fils, on fait r??ence au P?e qui lui a donn?que lEsprit proc?e de lui. Quand le Fils dit dans l?angile : lEsprit saint qui proc?e du P?e, (Jn XV, 66) il veut que lon comprenne quil proc?e aussi de Lui, mais sans rapport au temps, sans quon ait ?se demander curieusement si lEsprit saint a proc??avant que le Fils naisse, ou si cest apr? la naissance du Fils que lEsprit saint proc?e de lun et de lautre. Il ny a pas ?imaginer davant ou dapr? l?o?il ny a pas de temps.

    Et par la suite : Il ny a donc pas dabsurdit??dire quil proc?e des deux, car le Fils a une essence sans commencement dans le temps, une g??ation sans changement dans la nature divine, et lEsprit saint a lui aussi une essence sans commencement dans le temps, et une procession de lun et lautre sans changement dans la nature divine. Il d?lare que la procession du Saint Esprit provient autant du Fils que du P?e, mais il ne cherche pas ?savoir sil proc?e du P?e dabord, et du Fils ensuite. Comme la g??ation du Fils a produit une substance sans quintervienne le temps, ni aucun changement, de la m?e fa?n la procession a donn?au Saint Esprit une substance hors du temps, et sans changement de la nature divine. Ne discutons pas sur lavant et lapr?, mais comprenons que la nativit?du Fils est du P?e, et la procession de lEsprit saint est des deux.

    Il continue ainsi : Car, quand nous disons que lEsprit saint nest pas engendr? nous nosons pas dire quil est inengendr? de peur de mettre deux P?es dans cette trinit? ou deux qui ne proviennent de personne. Car le P?e seul nest pas dun autre, cest pourquoi il est le seul ??re appel?inengendr? Ce mot ne vient pas de lEcriture, mais de lusage quen ont fait les d?atteurs. Et il est entr?dans les m?rs. Le Fils, lui, est n?du P?e, et lEsprit saint proc?e principalement du P?e, sans le temps, mais aussi du Fils. On le dirait fils du P?e et du Fils, si lon navait point en horreur que tous les deux lengendrent. Non, il nest pas n?des deux, mais il proc?e des deux. Il ne cesse pas daffirmer que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils. Les contradicteurs font lobjection suivante : sil proc?e des deux, il sera le Fils de lun et de lautre. Il s?ait dabord demand?si lEsprit est engendr?ou inengendr? et avait rejet?lun et lautre nom. Et il en donne la raison : sil est engendr?par les deux, il sera le fils des deux, du P?e et du Fils, ce qui r?ugne ?la foi. On ne peut pas non plus le dire inengendr? car ce mot est r?erv?au P?e qui ne vient daucun autre. Il tire de lui-m?e le principe de son ?re, et il ny a rien qui le pr??e dans lexistence. Il est le principe, la source et lorigine de luniversalit? Comme il nest pas permis de le dire engendr?ou inengendr? on peut enseigner que lEsprit saint proc?e, non du P?e seul, mais aussi du Fils. On ne dit pas quil a ??engendr?car il nest ni le fils du P?e, ni le fils du fils. On dit quil proc?e du P?e et du Fils, car il est lEsprit des deux. On montre clairement que lEsprit saint proc?e des deux quand on enseigne quil nest pas le seul ?proc?er du P?e, de peur quil ne soit appel?fils du P?e; quil ne proc?e pas du seul Fils, pour ne pas blasph?er en donnant au Fils le nom de P?e. On dit quil est lEsprit saint et quil proc?e; et quil proc?e des deux.

    CHAPITRE QUATRIEME

    Plusieurs se posent la question : quelle diff?ence y a-t-il entre la g??ation et la procession ? Cest une question qui semble insoluble, compte tenu que la trinit?est incorporelle et invisible. Nous dirons quand m?e ce quen pense notre tr? illustre auteur. Au 15i?e livre de la trinit? c.27, il disait : Dans cette trinit?co?ernelle, co-?ale, incorporelle, ineffablement immuable, et ins?arable, il est tr? difficile de distinguer la g??ation de la procession. Que ce que nous avons dit jusqu?pr?ent suffise pour ceux qui ne veulent pas aller plus loin que ce quil convient de dire aux fid?es. Par exemple, que le Saint Esprit proc?e du P?e et du Fils, comme lenseigne lEcriture. Sil est vrai que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils, pourquoi le Fils dit-il quil proc?e du P?e ? Pourquoi, penses-tu, sinon parce quil a coutume de r??er au P?e do?il vient, ce qui est ?lui et ce quil est. Comme dans ce texte : Ma doctrine nest pas ma doctrine mais la doctrine de celui qui ma envoy? (Jn V11, 16) Si nous observons que cest sa doctrine ?lui quil dit ne pas ?re sa doctrine, mais celle du P?e, nous comprendrons plus facilement que le saint Esprit proc?e aussi du Fils quand nous lentendons dire quil proc?e du P?e, sans ajouter quil proc?e du Fils. De celui quil a d?re il a aussi que lEsprit saint proc?e de lui. Et le Saint-Esprit lui-m?e a du P?e de proc?er du Fils comme il proc?e du P?e. Cela nous permet un peu de comprendre pourquoi on ne dit pas quil nait, mais quil proc?e. Car si on lappelait fils, il serait fils des deux, ce qui est le comble de labsurdit? Un fils ne peut-?re le fils que dun p?e et dune m?e. De toute fa?n, nous ne pouvons pas faire entrer le P?e et le Fils dans ces cat?ories terrestres. Car le fils des hommes lui-m?e ne proc?e pas du p?e et de la m?e en m?e temps : il proc?e de la m?e apr? avoir proc??du p?e dans la m?e. Et quand il nait, il ne proc?e pas du p?e. LEsprit saint, lui, ne proc?e pas du p?e dans le fils, et ne proc?e pas ensuite du Fils pour sanctifier les cr?tures. Il proc?e de lun et de lautre en m?e temps, bien que soit le P?e qui ait donn?au Fils que lesprit saint proc?e de lui comme il proc?e du P?e. Nous ne pouvons non plus dire que lEsprit saint nest pas la Vie parce que le P?e et le Fils sont la Vie. Comme le P?e poss?e la Vie en lui-m?e, il a donn?au Fils de la poss?er en lui-m?e. Il lui a aussi donn?que lEsprit proc?e de lui en tant que Vie, comme il proc?e du P?e en tant que Vie.

    Ces paroles il les avait dabord prononc?s devant le peuple, puis il les a ?rites dans le quinzi?e livre de la trinit? Nous avons d??pr?ent?des citations de ce sermon, et nous en avons fait bri?ement le commentaire que nous avons jug?opportun. Nous ne voyons pas davantage redire la m?e chose. Nous ne reviendrons que sur un point. Entre la g??ation et la procession il voit la diff?ence suivante : que la g??ation ne se dit que du Fils, en tant quil nait du P?e; que la procession appartient en propre ?lEsprit saint. On ne peut en effet le dire engendr? car ce serait le faire na?re du P?e et du Fils. Ce qui est le comble de la sottise, et tout ?fait contraire ?la g??ation divine. Car quand a-t-on jamais vu quelquun fils dun p?e et dun fils ? Puisque lEsprit ne peut pas ?re engendr? que lon dise que le Fils nait du P?e et que lEsprit proc?e des deux. Et cela, pour de bonnes raisons. Car on dit que le P?e est seul ?ne venir de personne; que le Fils et lEsprit sont du P?e. On dit que le P?e est la Vie, que le Fils est la Vie, et que lEsprit saint aussi est la Vie. Mais seul le P?e est la Vie daucune autre vie. Le Fils est la Vie du P?e seul, et est engendr? LEsprit saint est la Vie non du seul P?e ou du seul Fils, mais des deux. Mais il ne proc?e pas du P?e pour proc?er dans le Fils, et du Fils ensuite pour sanctifier les cr?tures. Il ny a l?aucun moment, aucune succession temporelle. Il proc?e des deux en m?e temps, i.e. quand il proc?e du P?e il proc?e du Fils, et quand il proc?e du Fils il proc?e du P?e, sans aucun intervalle de temps. La seule diff?ence quil y a entre eux, cest que le P?e na re? de personne que lEsprit saint proc?e de lui, et que le Fils a re? P?e que lEsprit saint proc?e de lui.

    De m?e, dans son livre o?il r?ute cinq h??ies, il ajoute apr? avoir pr?h?sur le saint Esprit : Que dirai-je dautre ?des gens fatigu? comme moi. Celui qui s?are lEsprit saint du P?e et du Fils, de l?ernit? de la substance et de la communion, et qui nie que lEsprit est lEsprit du P?e et du Fils est plein dun esprit immonde, et est vide de lEsprit saint. Quils ?outent les adversaires de la v?it? ceux qui nient que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils. Car en niant cela, ils nient quil est lEsprit du P?e du Fils. Et quils redoutent d?re pleins dun esprit immonde, et vides de lEsprit saint ! Ils ne pourront pas obtenir le pardon sils ne renoncent pas ?leur blasph?e ! Que si les m?hants ne veulent pas entendre, que les amis de la pi???outent ! Quils aient en horreur le blasph?e impie, afin d?re remplis par le saint Esprit.

    Il dit contre larien Maximinus : Tu dis que vous honorez lEsprit saint comme docteur, guide, illuminateur et sanctificateur; que vous rendez un culte au Christ comme cr?teur; que vous adorez le P?e comme auteur avec une sinc?e adoration. Si vous dites que le P?e est auteur parce que le Fils est de lui, et quil nest pas du Fils, et que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils de fa?n ?ce que ce soit le P?e qui donne au Fils en lengendrant que lEsprit saint proc?e aussi de lui. Si tu appelles le Fils cr?teur sans nier que le P?e le soit, ni le Saint Esprit. Si tu donnes ?lEsprit saint les titres de docteur, de guide, dilluminateur et de sanctificateur sans les enlever au P?e et au Fils, tes paroles sont les n?res. Voil?ce qua dit saint Augustin contre les Ariens. Que les Grecs choisissent la foi quils veulent ?re la leur, celle des ariens et des empereurs ! Sils nient que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils, ils sopposent ?la foi catholique. Sils sont catholiques et sils ha?sent la fausset?dun dogme pervers, quils ne partent pas en guerre contre les latins, bien plus contre l?lise catholique elle-m?e, parce quelle professe que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils. Car nier cela cest manifestement adh?er ?lh??ie arienne.

    De m?e, dans le quatri?e livre au chapitre 14 : Tu me demandes : si le Fils est de la substance du P?e et lEsprit saint de la substance du P?e, pourquoi lun est-il fils et lautre ne lest-il pas ? Voici ce que je r?onds, que tu comprennes ou que tu ne comprennes pas. Tous les deux sont du P?e, mais le Fils comme engendr? le Saint Esprit comme proc?ant. Le Fils est fils du P?e parce que le P?e la engendr? le saint Esprit est lEsprit de lun et lautre, parce quil proc?e de lun et de lautre. Ce Maxime arien, que r?utait saint Augustin, niait que lEsprit saint proc?e du P?e. Il le disait inf?ieur au Fils et non consubstantiel au P?e, rejetant ce quenseigne lEglise, que le saint Esprit est consubstantiel au P?e et au Fils. Il disait donc : Si lEsprit saint ?ait de la substance du P?e comme le Fils est de la substance du P?e, il y aurait de toute n?essit?deux fils. Saint Augustin lui r?ondit quil proc?ait du P?e, avec lequel il partageait la m?e substance; quil n?ait pourtant pas un fils parce quil navait pas ??engendr?mais quil proc?ait. Le Fils engendr?de la substance du P?e est Fils parce quil en est n? LEsprit nest pas un fils bien quil soit de la substance du P?e parce quil nest pas engendr? Il proc?e aussi de la substance du Fils parce quil est lEsprit de lun et lautre, et consubstantiel aux deux. Celui qui nie cela fait cause commune avec les ariens, et se met en opposition avec la foi catholique.

    Il dit ensuite : Quand le Fils a parl?de lEsprit, il a dit quil proc?e du P?e. (Jn XV, 25) Car le P?e est le p?e de cette procession, lui qui, engendrant un Fils, la engendr?tel que de lui puisse proc?er lEsprit saint. Car si lEsprit ne proc?ait pas de lui aussi, il naurait pas dit : Recevez lEsprit saint. (Jn XX, XX11) Il ne le leur aurait pas donn?en soufflant, pour laisser entendre quil proc?ait de lui. Il naurait pas manifest?ouvertement ce quil donnait en secret en soufflant. Si dautre part, il ?ait n? il ne serait pas n?du P?e ou du Fils, mais des deux. Il serait donc le fils des deux. Comme il est impossible quil naisse des deux, il est impossible quil soit appel?fils du P?e et du Fils. Comme il ne lui est pas possible d?re fils des deux, il est lEsprit des deux, proc?ant des deux. Il est davis que lEsprit saint proc?e du Fils et que cest ce qua voulu laisser entendre le Fils quand il dit dans lEvangile : qui proc?e du P?e. Car il ne dit pas cela pour nier quil proc?e aussi de lui, mais il renvoie au P?e la responsabilit?de la procession. Ce P?e a engendr?un Fils, et il la engendr?tel que le Saint Esprit proc?e de lui comme il proc?e du P?e. Et cest apr? sa r?urrection, quil nous en donne la preuve, quand il dit ?ses disciples : Recevez lesprit saint. Et pour quil ne donne pas par des mots seulement mais par son souffle ce quil leur ordonnait de recevoir, il dit en paroles ce quil leur avait exprim?en soufflant : recevez lEsprit saint. Il leur a donn?lEsprit saint en soufflant, montrant clairement, par ce souffle, quil proc?e de lui celui quil a donn?invisiblement en soufflant. Il r?ond ensuite ?lobjection de limpit?arienne selon laquelle il serait fils des deux parce quil proc?e des deux : Si lEsprit saint ?ait n? il ne na?rait pas seulement du P?e mais aussi du Fils, puisquil proc?e de lun et lautre. Il proc?e donc, mais il ne nait pas. Car il serait n?des deux puisquil proc?e des deux, et on le dirait fils des deux. Il exclut donc la g??ation de lEsprit saint, car il nest le fils ni du P?e ni du Fils, ni des deux, et il na donc pas pu naitre deux. Car celui qui na pas de naissance na pas droit au titre de fils; et celui qui nest pas fils ne peut en aucune fa?n na?re. Mais comme il est lEsprit du P?e et du Fils, il proc?e donc des deux. Cest ainsi quil r?ute la calomnie arienne, enfl? de la jalousie de la fausset? n? de la malveillance de limpi?? qui cherchait ?d?ontrer que lEsprit saint n?ait pas de la substance du P?e, car sil l?ait, il serait son Fils. Mais ce docteur catholique d?ontre par une argumentation catholique que lEsprit saint peut ?re de la substance du P?e sans en ?re le Fils. Parce que proc?er nest pas la m?e chose que na?re.

    Il continue dans la m?e veine : Qui peut expliquer la diff?ence quil y a, dans cette nature excellente, entre na?re et proc?er ? Tout ce qui proc?e ne nait pas, m?e si tout ce qui nait proc?e. Comme on dit que tout ce qui est bip?e nest pas un homme, m?e si tout homme est un bip?e. Il y a une chose que je sais : je ne sais pas ce qui distingue la naissance de la procession. Il affirme ce docteur ?inent, cet adversaire acharn?des h??iques, que lEsprit saint nest ni fils ni n? puisquil ne proc?e pas seulement de la nature du P?e, mais aussi du Fils. Il participe ?la substance des deux, et leur est consubstantiel; et on dit quil proc?e de celui de qui est n?le Fils. Alors se pose le probl?e ?ineux de la diff?ence entre naissance et procession. On comprend cependant que ce nest pas tout ce qui proc?e qui nait, mais que tout ce qui nait proc?e. Cest l?idence m?e. Car quelquun ne peut naitre de quelquun sans proc?er de lui, comme un fils dun parent. On dit que quelquun nait quand il sort du sein de sa m?e, non quand il proc?e de lorgane du p?e dans le sein de sa m?e. Nous ne voulons donc pas nier la procession qui a lieu lors de lensemencement du sein maternel, ?partir duquel lenfant qui proc?e acc?e ?la naissance. Cet exemple peut ?re trompeur, car nous ne disons pas que lEsprit sains proc?e du P?e ?un moment, et quil proc?e du Fils ?un autre moment. Il a raison de montrer que toutes les processions ne sont pas des g??ations et que toutes les g??ations sont des processions, comme tout ce qui est bip?e nest pas un homme et que tout homme est un bip?e. Il choisit cet exemple ?cause de la diff?ence quil y a entre la g??ation et la procession. Non pour faire comprendre le vrai sens de la naissance et de la procession, mais comme sil disait ce quest le genre, ce quest lesp?e. Le bip?e est le genre de cette esp?e qui est lhomme, et lhomme est une esp?e de ce genre quest le bip?e. Si tu ten tiens au genre, lhomme et les oiseaux sont des bip?es. Si tu ne regardes que lesp?e, il ny a que lhomme qui soit un bip?e. Cest pour cela quil dit que tout bip?e nest pas un homme, parce que par ce terme g??al on entend aussi les oiseaux. Mais quand il dit homme, il entend tous les hommes ensemble, mais pas les bip?es. Le terme bip?e a une extension plus large que le mot homme, et cest pourquoi sa d?inition ne se rapporte pas proprement ?lhomme, ni non plus ?loiseau. Il en est ainsi de la procession et de la naissance. La procession se r??e ?la naissance, mais pas toujours. Comme quand on dit : de la bouche du sage proc?e le miel. Et ce que dit le psalmiste du soleil : comme un ?oux proc?ant de sa chambre nuptiale. Par chambre nuptiale on entend ce lieu secret du soleil, inaccessible au regard de lhomme, do?proc?e ?chaque jour la lumi?e du soleil qui ?laire les mortels. Mais la naissance implique toujours la procession, car elle ne peut pas exister sans proc?er. En effet, tout ce qui nait proc?e. Voil?pourquoi ce que saint Augustin a dit de la procession et de la naissance, il ne la pas dit au sens propre, mais selon les cat?ories du genre et de lesp?e. Car il reconnait que cela, il lignore. Pourquoi ? Parce que cest ineffable. Exactement comme ce que le proph?e dit du Fils : Et sa g??ation qui la racontera ? (Isa L111, 8) On peut dire ?alement, en toute v?it? de lEsprit saint aussi : Et sa procession qui la racontera ?

    Par ces mots, il affirme que ni la g??ation du Fils ni la procession de lEsprit saint ne peuvent ?re racont?s, car elles sont ineffables. Il ne faudrait donc pas scruter ce qui ne peut ?re racont? car il ny a aucun moyen de le comprendre. Il faudra donc se contenter de ce que lEcriture enseigne, que le Fils nait du P?e, et que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils. Il le dit lui-m?e : Quil nous suffise de savoir que le Fils nest pas de lui-m?e, mais de celui de qui il na?; que lEsprit saint nest pas de lui-m?e, mais de celui de qui il proc?e. Et quil proc?e de lun et de lautre, comme nous lavons d?ontr? puisquil est lEsprit du P?e et du Fils. Exemples : Si lEsprit de celui qui a ressuscit?le Christ des morts habite en vous. Celui qui na pas lEsprit du Christ nest pas un des siens. Cest en disputant contre larien Maximinus que le docteur Augustin montre que lEsprit saint proc?e autant du Fils que du P?e. Ceux qui le nieront marcheront sur les pas des Ariens, et nadmettront pas que lEsprit saint est consubstantiel au Fils. Car sil ne proc?e pas du Fils, il nest pas de la m?e substance que le Fils, et il finira par le blasph?er en lappelant une cr?ture. Ou il niera que le Fils na pas tout ce qua le P?e. On ne peut nier, en effet, que lEsprit saint est lEsprit du Fils, puisque lAp?re lenseigne en toutes lettres : Parce que vous ?es des fils, Dieu a envoy?lEsprit de son Fils dans nos c?rs qui crie : Abba, p?e. Si lEsprit saint est lEsprit du Fils, comme lap?re le confesse, ou il sera son sujet, un serviteur inf?ieur, comme le veut Arius, ou il proc?era du Fils, comme le professent les catholiques. Que les empereurs grecs fassent donc leur choix ! Ils ne peuvent pas nier que lEsprit saint est lEsprit du Christ. Quils expliquent donc comment il est lEsprit du Fils sil ne proc?e pas de lui. Car sils nient la procession, ils pr?hent la cr?tion, comme le font les Ariens. Car lEsprit saint ne peut pas ?re lEsprit du Fils sans ?re cr? par lui ou sans proc?er de lui.

    La m?e chose dans ce qui suit au chapitre 17i?e : Que signifie donc au commencement ?ait le Verbe, si ce nest que le Verbe ?ait dans le P?e. Et quand les Juifs lui demand?ent qui il ?ait, il r?ondit : Je suis le Principe, moi qui vous parle. (Jn V111, 2) Le P?e nest principe daucun autre principe. Le Fils est principe de principe. Mais ils le sont ensemble, et ils forment un seul principe, non deux. Je ne nierai pas non plus que lEsprit qui proc?e soit aussi Principe. Mais comme ces trois sont un seul et m?e Dieu, ils sont un seul et m?e principe. Il nie que lEsprit saint est une cr?ture en disant quil est Principe comme le P?e est Principe, et comme le Fils est Principe. Le P?e est Principe, mais daucun principe. Le Fils est Principe mais du P?e Principe. Le Saint Esprit lui aussi est Principe, mais dun autre Principe. Non du P?e seulement, mais du Fils. Mais il ny a quun seul principe, non trois, comme il ny a quun Dieu, bien que chacun en particulier soit Dieu. Ces trois sont un seul Dieu.

    De m?e un peu plus loin : chap. 21 : Lumi?e de la Lumi?e, Fils du P?e, et pourtant, les deux lumi?es ne forment quune seule lumi?e, comme Dieu et Dieu, les deux ne formant quun seul Dieu. Et tout cela, non sans lEsprit des deux. Par ces paroles, il atteste que lEsprit proc?e des deux. Mais sil est lEsprit du P?e parce quil proc?e du P?e, il sensuit donc quil est lEsprit du Fils parce quil proc?e du Fils. Car on ne nous d?lare pas que lEsprit est lEsprit du P?e et du Fils pour des raisons diverses. Mais pour cette seule raison quil proc?e de lun et de lautre, ?ant lEsprit de lun et de lautre. Car si tu dis quil est lEsprit du P?e parce quil proc?e du P?e, pour quelle raison est-il appel?lEsprit du Fils si ce nest parce quil proc?e du Fils ? Voil?ce que Augustin, pol?iquant avec larien Maximinus, a compris, dit et ?rit sur la procession du Saint Esprit du Fils, condamnant la perfidie arienne, et confirmant la pi??de la foi catholique. Celui qui osera le contredire se r??era un ennemi de la foi catholique.

    Nous avons aussi ceci, tir?du r?it du dialogue entre lui et larien Pascentius : Car si nous croyons que dans lhomme croyant Dieu habite en totalit? comment ne pas croire que le Fils est dans le Pre ?demeure, le P?e dans le Fils ?demeure. Et il ne faut pas croire que lEsprit saint ne fait que proc?er du P?e et du Fils, mais quil participe toujours activement ?toutes les ?vres de la sainte trinit? Il dit quil y a un seul Esprit saint, qui coop?e ?toutes les ?vres de la trinit? qui ne fait donc pas seulement proc?er du P?e et du Fils, mais qui coop?e avec lun et lautre. Ce quil ne pourrait pas faire sil navait pas re? des deux, en proc?ant, la substance divine.

    CINQUIEME CHAPITRE

    Gennadius, ??ue de Constantinople, homme tr? vers?dans les ?rits des anciens, dans son livre des dogmes eccl?iastiques, parle ainsi de la procession du Saint-Esprit : Nous croyons que le P?e, le Fils et le Saint Esprit sont un seul et m?e Dieu. P?e du fait quil a le Fils. Fils du fait quil a le P?e. Et lEsprit saint, du fait quil est du P?e et du Fils. Le P?e est donc le principe de la divinit? le nom principal. Car comme il nest jamais arriv?quil ne soit pas Dieu, il nest jamais arriv?quil ne soit pas P?e. De lui le Fils est n? et de lui lEsprit saint nest pas n? LEsprit saint nest pas fils. Il nest pas non plus inengendr? parce quil nest pas P?e. Il na pas ??fait Esprit saint, parce quil ne vient pas du n?nt, mais du Dieu P?e. Il est Dieu proc?ant du Dieu Fils. Il professe avec assez de clart?qu?re du P?e et du Fils signifie, pour lEsprit saint, proc?er de la substance du P?e et du Fils. Car il ne pourrait pas ?re de lun et de lautre sil ne proc?ait pas substantiellement de lun et de lautre. Cest pour cela quil dit par la suite quil est Dieu proc?ant du Dieu P?e et du Dieu Fils. Et en disant quil procde, il nie quon doive dire quil est n? parce quil nest pas fils; ou quil est inengendr? parce quil nest pas p?e.

    L??ue Fulgence, lettr?et ?udit, et illustre par la saintet?de sa vie, a ??malmen?par les Ariens ?cause de la foi catholique. Il dit dans son livre question sur la procession du saint Esprit  : Ainsi, tout ce quest la nature elle-m?e est commun aux personnes. Mais on doit trouver ce qui nous fait connaitre chaque personne en particulier. Quelque chose qui nest ni commun ni s?arable. Nous disons dabord que ce qui est propre au P?e cest davoir engendr? Le propre du Fils cest d?re le seul ?avoir ??engendr?par le seul P?e. Le propre de lEsprit saint est quil proc?e du P?e et du Fils. Dans ce qui les distingue les uns des autres, on ne trouve aucune s?aration de la nature, mais ce qui se rapporte ?la personne. Cet auteur nous parle de ce que lon sait ?re commun et propre aux personnes de la sainte Trinit? Ce qui est commun aux trois cest la consubstantialit?dune seule nature. Ce qui est propre ?chacun cest que le P?e engendre, que le Fils naisse seul du P?e seul, et que lEsprit proc?e du P?e et du Fils. Cest pourquoi, ceux qui acceptent que ce qui est propre au P?e cest dengendrer, que ce qui est propre au Fils cest d?re engendr? doivent ncessairement admettre que ce qui est propre ?lEsprit saint cest de proc?er du P?e et du Fils. Sils cherchent ?le nier, quils nous disent ce qui lui est propre. Car la procession du P?e lui est commune avec le Fils, car tout ce qui nait proc?e aussi. Selon, donc, lenseignement de ce docteur, le propre de lEsprit saint est de pr??er du P?e et du Fils, ce quil ne poss?e en commun ni avec le P?e ni avec le Fils, le P?e n?ant de personne, le Fils du seul P?e, et lEsprit saint des deux.

    Il parle dans le m?e sens par la suite : la divinit?du Fils na pas pu recevoir lEsprit saint puisque lEsprit saint proc?e du Fils comme il proc?e du P?e. Et cest pour quoi il est donn?par le P?e et par le Fils. Cette nature do?lEsprit saint tire son origine na pas pu, de cette procession, esp?er ou obtenir un accroissement. LEsprit saint est tout entier du P?e, tout entier du Fils, parce quil ny a, dans la nature divine, quun seul Esprit, lEsprit du P?e et du Fils. Il proc?e donc en entier du P?e et du Fils, et demeure en entier dans le P?e et dans le Fils. Il demeure pour proc?er et il proc?e pour demeurer. Il a donc naturellement avec le P?e et le Fils la pl?itude de lunit?et lunit?de la pl?itude, de telle sorte que le P?e et le Fils lont en entier. La divinit?du Fils ne re?it donc pas le Saint Esprit parce que cest avec elle que lEsprit saint est une seule et m?e nature, cest delle quil a tout ce quil a. En somme, cest de la divinit?du Fils quil est ce quil est. Cet extrait traite de la pl?itude de la divinit?du Christ et de son humanit? Il dit que cest lhumanit?qui a re? lEsprit saint. Non avec mesure, parce que la pl?itude de la divinit?repose en lui, comme latteste l?angliste en parlant du Christ : Et nous avons vu sa gloire, gloire dun fils unique provenant du P?e, plein de gr?e et de v?it? (Jn 1, 14) La V?it?se r??e ?la divinit? la gr?e se r??e au don. Car pour que lhomme n?dune vierge soit Dieu parfait comme il est homme parfait, il le re?t cela, non du m?ite, mais du don de la gr?e divine. La divinit?a naturellement d?re pleine et parfaite, de navoir besoin de rien, de ne pouvoir ni diminuer ni saccroitre. Selon cette pl?itude de divinit? le Christ Fils de Dieu na pas pu recevoir le saint Esprit, puisque lEsprit saint proc?e de lui comme il proc?e du P?e, et que le Fils le donne comme le P?e le donne. Cest pourquoi la divinit? du Fils, de laquelle lEsprit saint tire son origine, ne peut pas recevoir daccroissement de celui qui tient delle dexister. Car cet Esprit est lesprit du P?e en entier et lEsprit du Fils en entier. Et comme il est enti?ement des deux, ou tout entier de lun et de lautre, cela ne vient pas de la convertibilit?que le P?e et le Fils soient dits lEsprit saint comme sils recevaient de lui leur existence. LEsprit saint nest pas lEsprit du seul Fils, comme recevant de lui lexistence, parce quil est naturellement un seul esprit qui est celui du P?e et du Fils, recevant deux son existence. Comme le bienheureux Fulgence latteste, il est tout entier du P?e et tout entier du Fils. Et comme il est en totalit?des deux, ou de lun et de lautre, cela ne vient pas de la convertibilit?que le P?e et le Fils soient dits Esprit saint, en tant que recevant de lui leur existence. LEsprit nest pas seulement lEsprit du Fils, de qui il re?it lexistence, car il est naturellement lEsprit des deux, et des deux il re?it lexistence. En cons?uence, comme latteste saint Fulgence, il proc?e enti?ement du P?e et enti?ement du Fils. Il na pas une part de lui qui proc?e du P?e et une autre qui proc?e du Fils. Il na pas non plus, une part de lui qui demeure dans le P?e et une autre part dans le Fils. Il ne peut pas ?re scind?ni atomis? il nest pas non plus compos?de parties. Et il demeure pour proc?er et il proc?e pour demeurer. Il a naturellement la pl?itude de lunit?et lunit?de la pl?itude avec le P?e et le Fils. Et le P?e la en entier, et le Fils la en entier. La divinit?du Fils ne re?it donc pas un Esprit saint quelle ne poss?ait pas avant, puisque lEsprit saint est de la m?e nature que le Fils, quil re?it de lui tout ce quil a, de qui il est ce quil est. Toutes ces paroles d?ontrent que la procession du Saint Esprit est dautant du Fils que du P?e. Si quelquun seffor?it de le nier, il niera ?alement la subsistance de lEsprit, car il ne peut pas subsister sans recevoir lessence de celui de qui il subsiste en proc?ant. Voil?ce que Saint Fulgence a enseign?sur le saint Esprit en disputant contre la perfidie arienne. Il approuve sans ?uivoque ce que lon dit de lui, quil proc?e du P?e et du Fils, parce quil est lEsprit de lun et de lautre, recevant lessence de lun et de lautre. Celui qui le nie montre quil est entach?de lh??ie arienne.
     
     

    CHAPITRE SIXIEME

    Mais revenons ?Athanase, ??ue dAlexandrie que nous avions plac?le premier parmi les docteurs de la foi catholique, pour que celui qui a ??le premier ?t?oigner que lEsprit saint proc?e du Fils soit le dernier ?lui rendre hommage. Dans le deuxi?e livre des personnes et du nom unique de la trinit? ?rit contre les Ariens, il dit : Le P?e est autre en tant que personne parce quil a engendr? Et le Fils est autre en tant que personne parce quil a ??engendr? Le Saint Esprit, le Paraclet, est diff?ent du P?e et du Fils en tant que personne, lui qui, ?la Pentec?e, a ??r?andu sur les ap?res, parce quil proc?e vraiment de la divinit?unie du P?e et du Fils. Distinguant ce qui est propre ?chacune des personnes, et les unissant dans lunit?de la divinit? cet auteur montre ce qui est commun et ce qui est propre ?chacun. Ce qui est propre au P?e, dit-il, cest quil a engendr? Ce ?quoi nont part ni le Fils ni lEsprit saint, mais le P?e seul. Ce qui est propre au Fils cest quil a ??engendr? Dans la propri??de la g??ation, il ne communie avec lEsprit saint en aucune fa?n. Ce que lEsprit a en propre cest quil na jamais engendr?ni na ??engendr? et quil proc?e de la divinit?unie du P?e et du Fils. En quoi il ne communie ni avec le P?e ni avec le Fils. Car le P?e nest le p?e de personne, le Fils est le fils du P?e, et lEsprit saint lEsprit des deux. Celui qui sent?era ?le nier, quil montre comment la personne du saint Esprit se distingue des deux autres. Et ces trois personnes de la sainte trinit? distinctes entre elles par ce quelles ont en propre, sont associ?s par lunit?de la divinit? Elles nont aucune diff?ence dans la communion de la divinit? de sorte que dans les personnes chacune a ce qui lui est propre, et dans la divinit?se trouve lunit?indiff?enci?.

    De mme dans le livre septi?e : Pourquoi dit-il que celui qui me voit voit mon P?e (Jn X1V 9) sil ny a pas en eux une image unique de la nature invisible de la divinit?? Pourquoi lisez-vous : conserver la v?it?de lEsprit dans le lien de la paix. (Eph 1V, 3) si vous ne le recevez pas de la divinit?unie elle-m?e du P?e et du Fils ? Pourquoi pensez-vous que le vase d?ection a dit : nous avons tous pens?quil ny a quun seul Esprit (1 Cor X11, 18) si vous le s?arez de la vraie nature unie de la trinit?? Il affirme que lEsprit du Fils est de m?e nature que celui du P?e, ce que niaient les Ariens, puisque dans le P?e et le Fils il y a une seule image de la trinit?invisible. Il atteste aussi que lEsprit saint est de la m?e substance que celle du Fils, parce quelle tire son existence de la d?t?unie du P?e et du Fils. En disant cela, il affirme clairement quil proc?e de lun et de lautre. Car comme la d?t?du P?e et du Fils est unie au point de ne pouvoir diff?er en rien, lEsprit saint ne peut proc?er de la d?t?du P?e sans proc?er de celle du Fils. Il ne peut non plus proc?er de la divinit?du Fils sans proc?er de celle du P?e. Autrement, on ne pourra pas dire quil ny aucune diff?ence entre la d?t?du P?e et la d?t?du Fils, sil proc?e du P?e sans proc?er du Fils. On ne pourra pas dire non plus que la divinit?est unie, ce qui est impie et arien.

    Disons donc, comme le veut la foi catholique, que le bienheureux Athanase professe que lEsprit saint est de la divinit?unie du P?e et du Fils. Il t?oigne aussi quil ny a quun seul Esprit. Par ces paroles, il t?oigne que lEsprit du P?e nest pas diff?ent de celui du Fils, mais que lEsprit qui est du Fils lest aussi du P?e, et que ce m?e Esprit est de la vraie nature unie de la divinit? Cette nature est dune telle unit?quaucune fissure ny peut pas faire son apparition. Que lEsprit saint soit reconnu comme lun de cette substance, le d?ontre amplement la procession de lun et de lautre, avec lesquels il est uni dans la nature unie de la divinit?

    De m?e plus bas : Hypocrites ! Comment pouvez-vous comprendre : et le m?e Esprit op?e toutes ces choses, distribuant ?chacun comme il le veut. (1 Cor X11, 11) si vous le s?arez de lop?ation unie de la trinit ? La d?t?unie vaut pour toute la sainte trinit? o?existe sur un pied d?alit?avec les autres la personne de lEsprit saint, sans laquelle il ne peut m?e pas exister de trinit? Donc, en disant que la trinit?est associ? dans une op?ation unique, il atteste que lEsprit saint agit en commun avec le P?e et le Fils; et que rien ne peut s?arer ceux quunissent une seule et m?e op?ation. Il appert donc que lEsprit saint est de la nature unie du P?e et du Fils, puisquil il leur est uni par la substance et lop?ation. Et ailleurs : Hypocrites, comment pouvez-vous comprendre quil a ??dit : le mme Esprit, le m?e Seigneur et le m?e Dieu ! (ibid 4,6,) si vous ne lacceptez pas comme vrai Dieu de la vraie nature, op?ant en tous des merveilles ! Il dit que lEsprit est seigneur et Dieu, et vrai Dieu de la vraie nature divine. Quand il dit de la vraie nature divine, il professe que lEsprit saint ne vient pas de lui-m?e, mais de la vraie nature du Pre et du Fils. Car comme le Fils et le P?e ne sont pas s?ar? par la v?it?de la nature, lEsprit saint subsiste de la vraie nature de lun et de lautre. Il ne peut pas, en effet, proc?er de la nature du P?e sil ne proc?e pas de celle du Fils, puisque la nature du P?e et celle du Fils sont une seule et m?e nature. Et quand le bienheureux Athanase dit que lEsprit saint est vrai Dieu de la vraie nature, sans rien ajouter ?la nature divine, il laisse entendre que lEsprit saint est vrai Dieu de la vraie nature de chacun deux, op?ant en toutes choses des merveilles.

    De m?e : Hypocrites ! Comment peut-il communiquer le discours de sagesse, la parole de la science, la foi ou la gr?e de la sant? lop?ation des vertus, la proph?ie ou le discernement des esprits, sil nest pas de la pl?itude unie ! Les choses quil a ?um??s personne parmi les fid?es ne doute que ce sont des dons du saint Esprit. En d?larant ?la fin de la phrase que le Saint Esprit peut accomplir tout cela parce quil est de la plnitude unie, il confesse quil proc?e du P?e et du Fils. Elle est unie, en effet, la pl?itude de la divinit?du P?e et du Fils. La divinit?du P?e est pleine, et la divinit?du Fils est pleine parce quelle est parfaite et ne peut pas ?re augmente. Mais il ny pas deux pl?itudes, mais une seule pl?itude, comme il ny a pas deux d?t? mais une seule d?t? Et cest de cette pl?itude unie du P?e et du Fils que lEsprit saint proc?e, Dieu plein lui aussi, sans aucune augmentation quantitative. Si, selon la nouvelle h??ie, le saint Esprit ne proc?e que du P?e, il ne proc?e donc pas de la pl?itude unie, la procession nest pas une action commune au P?e et au Fils, mais propre au P?e. Ce qui est faux et plein de perversion h??ique. Selon la formule dAthanase, on dit que le Saint Esprit proc?e la pl?itude unie, parce quil est vrai Dieu tirant sa subsistance de la vraie d?t? du P?e et du Fils.

    Il dit de m?e un peu plus bas : Parce quil a dit : les cieux ont ??form? par la parole du Seigneur du ciel, et toute leur vertu par lEsprit de sa bouche. (Ps XXX11, 6) apprends que ce Verbe substantiel nest pas n?dailleurs que du P?e. Et lEsprit quil dit ?re lEsprit de sa bouche proc?e de la substance unie. Les Ariens niaient que le Fils et le saint Esprit ?aient consubstantiels au P?e, et cest pourquoi dans le texte cit?il sefforce d?ablir autant la divinit?de lun que de lautre. En disant que les cieux ont ??form? par la parole du Seigneur, il affirme la divinit?du Fils. Par lEsprit qui sort de sa bouche, il enseigne par une image sensible que lEsprit sort de la substance divine, et est donc consubstantiel. Il ajoute ensuite quil proc?e de la substance divine unifi?, laissant entendre par l?que lEsprit proc?e du P?e et du Fils, de la substance unie de qui il est. Il avait dit : il nest pas dune autre nature que de celle-l? Les Ariens blasph?aient en pr?endant que lEsprit saint ?ait dune autre nature que celle du P?e, voyant en lui une simple cr?ture. Pour les r?uter, saint Athanase dit que le Saint Esprit nest pas dune nature diff?ente de celle du P?e, mais quil proc?e de la substance unie du P?e et du Fils. Il t?oigne par l?m?e que la substance de lEsprit saint est unie ?celle du P?e et du Fils dans une seule nature et une seule op?ation.

    Dans le huiti?e livre : De deux morceaux de bois fix? lun sur lautre jet? dans une fournaise br?ante jaillit une flamme unique ins?arable. Cest ainsi que le saint Esprit proc?e de la vertu du P?e et du Fils, ayant la vertu m?e de la divinit? Que personne ne pense que, par sa comparaison de deux morceaux de bois et dune flamme, saint Athanase a voulu nous enseigner que le P?e et le Fils sont des sujets du saint Esprit. Il a pris dans le monde corporel limage de quelque chose qui nest pas mat?iel, une similitude donc non totale, mais partielle. La cr?ture, comme chacun le sait, est bien loin de pouvoir ressembler en tout ?Dieu. Cest avec notre intelligence que nous devons chercher le sens de cette comparaison. Il dit que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils comme jaillit de deux morceaux de bois une flamme. Il ne faut pas en conclure que lEsprit est s?arable. Cest de deux esprits que lEsprit saint proc?e, lun du P?e et lun du Fils, mais qui sont un seul et m?e esprit, et qui ont la m?e vertu de la d?t? Cela semble impossible et incroyable. Mais pourtant, on trouve dans les choses mat?ielles quelque chose qui nait de deux, et qui devient un seul individu qui na pas accept?la dualit?

    Voici, dans le m?e livre : Le P?e est dans le Fils, et le Fils est dans le P?e. LEsprit saint, lui est la conjonction de la divine vertu, lunit?de la trinit? En disant cela, il montre que lEsprit saint est la charit?du P?e et du Fils, et il nexiste rien dautre qui puisse plus puissamment et plus convenablement r?liser lunit?dans la tr? sainte trinit? Mais cette charit?qui est le Saint Esprit il ne faut pas la concevoir comme une qualit? ni croire quelle nest pas une substance, parce quelle est la personne du Saint Esprit. Il appelle lEsprit saint la conjonction ou lunit?du P?e et du Fils, parce que proc?ant des deux, il unit lun et lautre, demeurant lui non s?ar? non divis?mais consubstantiel, parce quil est un de la trinit?

    De m?e dans le livre sur la foi (livre 2, de lunit?de la foi ?Th?phile) il dit : Le vrai P?e a engendr?le vrai Fils, Dieu de Dieu, lumi?e de lumi?e, vie de la vie, parfait du parfait, le tout du tout, le plein du plein. Non cr?, mais engendr? Non du n?nt, mais du P?e, dune seule substance avec le P?e. Et je crois dans lEsprit saint vrai Dieu, ni inengendr? ni engendr? ni cr?, ni fait, mais du P?e et du Fils, et demeurant dans le P?e et le Fils. On dit ici que lEsprit saint nest ni inengendr?ni engendr? puisque cest le Fils qui est engendr?et le P?e qui est inengendr? Il na pas pour autant ??cr? ou fait, car il est lEsprit du P?e et du Fils qui demeure toujours en eux. Quand il dit quil est lEsprit du P?e et du Fils, quil nest ni cr? ni fait, il montre quil proc?e des deux, quil est consubstantiel et co?ernel au P?e et au Fils, quil demeure toujours dans les deux, car dans la trinit?les cat?ories temporelles de temps et de lieu nexistent pas.

    De la m?e mani?e dans le livre dixi?e, il cite lap?re disant : Qui connait le sens du Seigneur capable de linstruire ? Nous avons, nous le sens du Christ. (1 Cor 11, 16) Il ajoute ensuite : Le sens de J?us Christ dans sa substance propre lap?re d?lare que cest lEsprit saint. Ce que saint Athanase appelle la substance propre du Christ cest sa divinit? De cette substance lEsprit saint est dit ?re le sens. Le mot sens ici ne signifie pas lun des cinq sens du corps. Cest plut? le sens de l?e. On appelle lEsprit saint lintellect de J?us-Christ, non pas parce quil ne peut pas comprendre par lui-m?e, mais pour que la compr?ension quon a de lui soit l?vre de lEsprit saint. Car il est la sagesse du P?e atteignant fortement dune fin ?lautre, et disposant tout suavement. (Sag. V111, 1) Il veut que nous voyions dans lEsprit le sens du Christ, i.e. ce qui nous instruit de la substance du Christ. Car comme le sens de l?e ne peut pas ?re s?ar?de l?e, et ne nait pas dailleurs que de l?e, ainsi en est-il du saint Esprit quand on le dit, selon lap?re, le sens de J?us Christ : il nest pas s?ar?de la substance de la divinit?du Christ, et il ne proc?e pas dailleurs, mais delle. Car il est consubstantiel au Fils, proc?ant de sa substance divine.

    Et plus loin : Entendant le Sauveur dire : Je suis la vie (Jn X1V, 6), et en lisant ce qu?rit saint Paul : car la loi est lEsprit de Vie (Rom V111, 2. Et encore : Dieu a envoy?lEsprit de son Fils dans nos c?rs. (Gal. 1V, 6) Voyant aussi le Fils unique souffler sur la face de ses disciples, et leur dire : Recevez lEsprit saint, nous apprenons que lEsprit saint est le souffle du Fils qui demeure dans sa vie propre et dans sa substance. Nous savons du Fils quil na ??ni fait ni cr?. Ces paroles nous enseignent que lEsprit saint proc?e du Fils, et quil demeure dans sa vie propre et dans sa substance. Et bien quil soit insuffl?par le Fils, ce qui est une image de sa procession, il nest pas une cr?ture et il na pas ??engendr?par le Fils. Car lEsprit saint nest ni fils ni cr?ture. Ce qui nous montre clairement quil est dune m?e substance que celle du Fils, en tant que proc?ant de lui. Il nest pas non plus une des cr?tures, mais le sanctificateur des cr?tures. Donc, quand, selon lap?re, on le dit lEsprit du Fils, il ne faut pas voir en lui un de ses sujets, car il na pas ??cr?. Il faut y voir quil proc?e, non quil est engendr? n?ant pas fils. Il re?it cependant de la substance du Fils sa propre substance, parce quil est une personne de la sainte trinit?

    De m?e, dans son livre ?rit contre les Ariens : Il appert que lEsprit saint nest pas tranger ?la substance du P?e et du Fils, puisquil nest m?e pas ?ranger ?sa propre substance. Mais en tant que participant ?une seule et m?e nature, il fait et dit ce qui est commun au P?e et au Fils. Car sil disait ce qui lui est propre, non seulement il serait ?ranger au P?e, mais il serait sans aucun doute faux et trompeur. Car le Fils a dit : celui qui prof?e le mensonge, le tire de son propre fonds. (Jn V111, 44) Saint Athanase dit que lEsprit saint dit vrai parce quil ne parle pas de lui-m?e, mais dit ce que disent le P?e et le Fils. Le Fils a dit, en effet : il recevra de moi, et il vous annoncera ce quil a re?. (Jn Xv1, 14) Et pour montrer que recevoir de lui soit aussi recevoir du P?e, il dit : Jai dit : il recevra de moi, car tout ce qua le P?e est ?moi. (ibid. 15) Tu vois donc que lEsprit saint nest pas s?ar?du P?e et du Fils, puisquil dit ce qui est propre au P?e et au Fils. Il enseigne clairement que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils, et leur est consubstantiel ?tous deux. Car il dit quil nest pas ?ranger ?la substance du P?e et du Fils, parce quil nest pas de lui-m?e, mais de ceux dont il proc?e. Et parce quil est de la m?e nature et substance que celle du P?e et du Fils, il ne dit pas ce qui lui appartient en propre mais ce que le P?e et le Fils ont en commun, Car il ne vient pas de lui-m?e, et en cons?uence, ce quil dit vient de ceux de qui il a re? d?re, dagir et de parler. Il ne parle donc pas de lui-m?e mais ce quil dit il la re? du P?e. Quiconque prof?e un mensonge parle de son propre fonds. (Jn V111, 44) Saint Athanase dit que la raison pour laquelle le Saint Esprit dit la v?it?cest quil ne parle pas de lui-m?e, car il nest pas de lui-m?e, mais dit ce qui appartient au P?e et au Fils. Car comme la consubstantialit?leur appartient, il per?it deux ce quil dit non en existant dabord et en recevant ensuite. Cest en proc?ant deux quil re?it.

    Et il nous rapporte les paroles du Fils : il recevra de moi et vous annoncera ce quil aura re?. (Jn XV1, 14) Et il explique par la suite pourquoi il a dit cela : recevoir du Fils cest la m?e chose que recevoir du P?e. Car comme le P?e et le Fils ne sont pas s?ar? par la substance, il ne sont pas divis? non plus dans la procession du Saint Esprit. Cest pourquoi il ajoute une autre parole du Christ : Jai dit quil recevra de moi parce que tout ce que le P?e a est ?moi. (ibid 15) Montrant que lEsprit saint proc?e du Fils comme il proc?e du P?e. Et quand il proc?e du Fils, il proc?e en m?e temps du P?e. Et il conclut que le saint Esprit nest pas s?ar?du P?e et du Fils, puisquil leur est uni dans la nature et lop?ation. Car les choses quil dit elles appartiennent en propre au P?e et au Fils. Il les apprend en proc?ant, recevant de lun et de lautre la nature et lop?ation. Il nest donc s?ar deux ni par la volont?ni par la vertu, ?ant un de cette m?e sainte trinit? En dogmatisant ainsi au sujet de la procession du Saint Esprit, saint Athanase d?ontre quil proc?e du Fils comme du P?e. Si les empereurs grecs veulent le contredire au sujet de la procession du Saint Esprit, quils se cherchent des auteurs dignes de confiance ! Car lautorit?de cet homme tr? saint et ?inemment catholique toute l?lise catholique du Christ la reconnait, la v??e et la d?end.

    Que suffise ce que nous avons dit du Saint Esprit. Nous nous sommes appuy? sur les t?oignages des p?es de l?lise les plus ?inents, sur les textes de lEcriture sainte pour prouver que lEsprit saint est Dieu et consubstantiel au P?e et au Fils, et leur ?al en tout, en puissance, en vertu, et dune seule et m?e majest? A laide de lenseignement des P?es, cette question a donc ??d?attue et r?olue, et r?udi? la perfidie arienne qui niait au Saint Esprit la divinit? Une telle ?ude n?ait pas pour nous n?essaire, mais nous navons pas recul?devant les multiples citations et les nombreuses redites. Sur la procession elle-m?e, en effet, beaucoup de choses ont ??dites. Elles devraient suffire, croyons-nous, aux amants de la pi??et aux passionn? de la v?it? ainsi qu?ceux qui aspirent ?la lumi?e de la sagesse plut? quaux t??res de lerreur. Cest Salomon qui nous le conseille : Ne discute pas avec un moqueur de peur quil ne te ha?se. Discute avec un sage, et il sempressera de comprendre. (Prov. 1X, 8) Et encore : Ne parle pas aux oreilles des insens?. Ils n?outeront pas, ?moins que tu ne leur dises ce qui leur plait. (Prov. XX111, 9) En cons?uence, que les calomniateurs du Saint Esprit qui ne veulent pas recevoir la discipline de la sagesse voient ?ne pas ?re compar? ?ceux qui font passer leur propre ignorance avant la r?le de la sainte Ecriture. Ils nient que lEsprit saint proc?e du Fils, sans en apporter la moindre preuve, sans pouvoir le d?ontrer par aucun raisonnement, et sans rapporter aucun t?oignage des anciens. Ce qui ressemble plus ?la l??et?de la pr?omption qu?la gravit?de la prudence.

    Ils sont tellement arrogants que chacune de leur assertion leur semble avoir le poids dune autorit? Ils sont semblables ?ces aveugles qui, ne voyant pas la lumi?e, jurent que le soleil, qui brille en plein midi, nest plus pr?ent sur la terre. Mais disons-leur ce que le Seigneur a dit aux Juifs : Vous scrutez les Ecritures, ce sont elles qui portent t?oignage de moi. (Jn V, 39) Quils scrutent les volumes de la sainte Ecriture ! Ce sont eux qui t?oignent que lEsprit saint proc?e du P?e et du Fils. Quils parcourent les ?rits dogmatiques des P?es, et quils trouvent l?le moyen de corriger leur erreur. Quils extirpent la tumeur de la sottise, qui leur fait mettre leur confiance en eux plut? que dans la v?it? et pr??er leur lubie ?lautorit?des anciens. Quils apprennent dabord ce quils ont lintention denseigner, de peur que, voulant faire passer leur inexp?ience pour une supr?e ?udition, ils deviennent semblables, au dire de Salomon, celui qui est devenu fou apr? ?re mont?dans les hauteurs.

    Le temps est maintenant venu de passer au reste de leurs accusations. En voulant nous trouver en faute sur ces points, ils ne font que nous montrer ?quel point ils sont eux-m?es r?r?ensibles.
     
     

    LES GRECS



  3. LIVRE QUATRIEME
CHAPITRE PREMIER




Les objections qui suivent pourraient ?re renvoy?s aux calendes grecques, car elles ont bien peu ?voir avec la sagesse, et beaucoup avec lincomp?ence. Mais chez les inexp?iment?, elles pourraient, tout erron?s quelles soient, causer du scandale. Comme elles ont lapparence de la pi?? elles ont tout ce qui faut pour s?uire les imprudents, ceux qui sont incapables de faire la distinction entre la vraie d?otion et sa grimace. Car elles ne se rapportent en rien aux dogmes de la foi dans lesquels se trouve la totalit?du christianisme. Comme elles ne font que formuler les coutumes de leur ?lise, il ny a pas, pour notre ?lise, mati?e ?approbation ou ?condamnation. Il ne servirait ?rien de citer ici les paroles de lap?re : Je vous exhorte ?dire tous la m?e chose. Et quil ny ait pas en vous de schisme ! (1 Cor 1, 10) Il explique plus loin quelles sont les choses qui demandent lunit?de pens? et de croyance : un seul Seigneur, une seule foi, un seul bapt?e. Un Dieu et P?e de tous, qui est au-dessus de tous et en vous tous. (Eph 1V, 5,6 ) Les croyants ne diff?ent en rien quand ils professent leur foi dans la sainte trinit? dans la nativit?de J?us-Christ notre sauveur, dans sa passion, sa mort, sa r?urrection, son ascension dans le ciel et dans sa session ?la droite du P?e. Toutes ces choses nous les croyons de c?r pour notre justification, et nous les confessons de bouche pour notre salut. Nous croyons aussi quil viendra juger les vivants et les morts, et dans un seul bapt?e au nom du P?e, du Fils et du saint Esprit. Voil?les myst?es que nous devons tous croire ?lunanimit?

Les coutumes des diff?entes ?lises ne sont pas identiques, et elles ne doivent pas ?re uniformis?s. Prenons, pour exemple, l?lise naissante de J?usalem. Les actes des ap?res attestent que les croyants de J?usalem ne poss?aient rien, quils vendaient leurs biens et en remettaient le prix aux pieds des ap?res. Les ap?res distribuaient le tout selon les besoins de chacun. (Act 1V, 34, 35) Car tout leur ?ait commun. Mais les croyants qui venaient de la gentilit?nadopt?ent pas la m?e r?le de vie. Comme le t?oigne les actes des ap?res, ils re?rent des ap?res des pr?eptes particuliers, lobservance desquels les rendrait participants ?la vie ?ernelle. Ils devaient sabstenir du culte des idoles, de la fornication, du sang, et des viandes ?ouff?s. On ne leur a rien impos?de plus comme latteste la lettre que les ap?res leur ont envoy? : Il a paru bon ?lEsprit saint et ?nous de ne vous imposer dautre fardeau que ce qui est n?essaire : que vous vous absteniez des viandes immol?s aux idoles etc… (Acr XV, 28)

Qui ne voit pas quil sagit l?de r?les de vie diff?entes ? Ne rien poss?er en propre et vivre en communaut? est aux antipodes de conserver tous ses biens et navoir ?observer que quelques pr?eptes. Une chose en effet est rechercher la perfection, ---ce que firent ceux qui vendirent leurs biens pour les distribuer aux pauvres, et suivirent pauvres le Christ pauvre ---autre chose est de sinitier ?une religion nouvelle, en ne pratiquant que les pr?eptes fondamentaux. M?e si leur r?le de vie ?ait diff?ente, ils restrent unis dans la foi.

L??ue de C?ar?, Eus?e, parle, dans son histoire eccl?iastique, des croyants qui demeuraient ?Alexandrie. Ils ?aient dune grande ferveur religieuse, et se livraient ?l?ude de la philosophie. Voici ce quil dit : En tout premier lieu, ils renoncent ?tous leurs biens, ceux qui se sont consacr? ?ce mode de vie philosophique, et mettent tout en commun. Ensuite, pour saffranchir de toute sollicitude temporelle, ils quittent la ville pour aller demeurer dans les campagnes ou dans des endroits retir?, fuyant les compagnies qui vivent diff?emment, et tout ce qui les d?ourne de leurs engagements. Et un peu plus loin, il dit : Il y a dans tous les lieux une maison consacr? ?la pri?e, quon appelle semnion ou monast?e. On peut d?inir semnion comme une demeure de gens honn?es dans laquelle ceux qui y r?ident c??rent les myst?es chastes et honn?es de la vie. Ils ne portent aucun int?? ?tout ce qui se rapporte ?la boisson ou ?la nourriture ou aux autres activit? corporelles. Il ny a pour eux que les livres de la loi qui comptent, les volumes des proph?es, les hymnes divins et autres choses de ce genre. Form? par ces disciplines et ces exercices, ils tendent de toutes leurs forces ?la vie bienheureuse. Du matin jusquau soir, ils consacrent tout leur temps aux ?udes. Ils sont remplis, par les saintes lettres, de la divine philosophie. En plus du sens litt?al, ils cherchent ?trouver un sens all?orique. Ils cherchent des myst?es divins cach? dans les personnages, les images ou les faits de lancien testament.

Et un peu plus loin : Ils placent la continence dans l?e comme premier fondement. Et ils sappliquent ??iger les vertus sur ce fondement. Nul dentre eux ne boit ni ne mange avant le coucher du soleil. Le temps de la lumi?e, ils lassocient aux ?udes de la philosophie, et la nuit aux soins du corps. Quelques-uns ne mangent quapr? trois jours de je?e, ceux que tourmente la faim des ?udes. Ceux qui sappliquent ?lacquisition dune sagesse encyclop?ique et ?lapprofondissement de la compr?ension des livres sacr? ne sont jamais satisfaits. Ils se passionnent toujours de plus en plus pour l?ude, tellement quils naccordent pas au corps la nourriture qui lui est n?essaire avant le quatri?e jour, ou le cinqui?e, ou m?e le sixi?e.

En nous racontant la r?le de vie des croyants dAlexandrie et dautres Egyptiens, il nous fait r?liser ?quel point elle diff?ait de celle de tous les autres croyants r?artis sur toute la surface de la terre. Ils ?aient tellement enflamm? du d?ir de la patrie c?este quon pouvait dire deux : Votre conversation est au ciel. (Phil 111, 20) Demeurant dans la chair, ils vivaient sur la terre comme des anges. On rapporte que cest l?ang?iste Marc, que saint Pierre avait envoy?pour ?ang?iser le pays, qui a institu?ce mode de vie. Privait-elle, ?cause de cela, les autres ?lises de sa communion ? Ou leur intimait-elle quelles eussent ?renoncer ?leur coutumes pour adopter les siennes ? Non, car elle savait pertinemment que non seulement chaque homme mais chaque ?lise a re? la gr?e selon la mesure du don du Christ.

Et ceux qui avaient pos?la continence comme le fondement de la cons?ration ?Dieu ne m?ris?ent pas pour autant le mariage. Ce qui fut dautant plus m?itoire, que l?o?des la?s simposaient le c?ibat, des ??ues et des pr?res convolaient en justes noces. Et ceux qui avaient coutume de ne pas manger avant le soir, ne mangeaient pas le jour du sabbat. Un grand nombre ne mangeait qu?tous les trois ou ?tous les six jours.

Que les sages parmi les Grecs et les empereurs se demandent sils ont raison de bl?er les Romains parce quils je?ent le sabbat. Quils bl?ent donc ceux qui je?ent ?chaque jour ! Quils condamnent ceux qui restent une semaine enti?e sans manger ! Comme cela serait ridicule, quils se rendent donc compte quils ont agi sans prudence et avec beaucoup de l??et? Et quils sappliquent ?imiter la vertu plut? qu vitup?er le je?e. Car lap?re a dit : Le royaume de Dieu nest pas dans le boire et le manger mais dans la pi??et la justice. (Rom X1V, 17) Le Sauveur lui-m?e ce nest pas en mangeant mais en je?ant quil a vaincu le d?on. (Matt. 1V) Ils ne voudront pas que toutes les ?lises adoptent leur coutume ?eux, pour peu quils se souviennent quau temps des ap?res et de leurs disciples, des observances diverses ont ??en vigueur. Mais pratiquant des coutumes diff?entes, ils ne furent pas s?ars dans la foi.
 
 
 
 

CHAPITRE DEUXIEME

LAp?re a ?rit aux Thessaloniciens : Vous ?es devenus, fr?es, des imitateurs des ?lises de Dieu qui sont en Jud? dans le Christ J?us. (1 Th 11, 4) En disant cela, il montre que les ?lises des croyants provenant de la gentilit?navaient pas la m?e vertu que celle de J?usalem ; quelles diff?aient delle par le nombre et la diversit?des coutumes. Cest ce quatteste saint J??e dans le prologue des ?itres de saint Paul : Les lettres ont ???rites de fa?n ?obtenir un progr? gradu? Elles consacrent la premi?e partie ?ce quon leur avait demand? i.e. ?lobservance peu astreignante de pr?eptes ??entaires. Elles comprennent ensuite des enseignements destin? ?ceux qui avaient d??pratiqu?les pr?eptes ??entaires, mais qui navaient pas encore atteint le sommet de la perfection. Dautres enfin destin? ?ceux qui gravissaient les degr? de la perfection. Ils ?aient ?inents en science et en vertu. Plusieurs leur ?aient inf?ieurs, mais aucun ne les d?assait.

Que retenir de cela si ce nest que, entre les ?lises, il y avait de la diff?ence au niveau de la science, de la vertu et des coutumes religieuses. En effet, ceux qui vivaient ?J?usalem se comportaient bien autrement que les autres. Ils vivaient en commun, communiaient dans la fraction du pain. Ils pers??aient dans la pri?e, et ne poss?aient rien. Ils vivaient bien diff?emment de ceux de J?usalem ceux qui, conservant leurs biens, r?laient leur vie, leurs m?rs et leur foi dapr? la gr?e de l?angile qui leur avait ??divinement imparti. Plus que de tous les autres lap?re Paul fait l?oge des Thessaloniciens, parce quils ont ??les imitateurs des croyants de J?usalem. .

Dans son histoire eccl?iastique, Socrate dit ceci des diff?entes coutumes des Eglises (livre V, ch 21) : .Au sujet des coutumes propres ?chaque r?ion pour la c??ration de la P?ue, je pense que cest la diversit?qui r?ne partout. Bien quelles soient toutes dune m?e foi, les ?lises sinspirent, pour P?ues, de traditions diff?entes tout ?fait l?itimes. Quelques exemples suffiront. Dans les je?es eux-m?es, tu trouveras des diff?ences marqu?s. Car les Romains je?ent six semaines avant P?ue. Ils je?ent continuellement, except?le dimanche. Tous les Grecs et les Alexandrins je?ent eux aussi six semaines avant P?ue, et ils appellent car?e ce je?e. Dautres je?ent pendant sept semaines avant P?ue.

Et un peu plus loin : Labstinence elle-m?e des aliments nest pas la m?e partout. Car quelques-uns sabstiennent de tous les animaux. Dautres ne mangent que du poisson. Dautres encore mangent des volatiles avec les poissons, disant, dapr? Mo?e, quils tirent leur nourriture de leau. Il y en a qui sabstiennent du fromage et des ?fs. Dautres ne mangent que du pain sec. Dautres encore ne je?ent que jusqu?la neuvi?e heure, apr? quoi ils peuvent manger de tout. Il nest pas possible d?um?er toutes les coutumes, tellement elles sont nombreuses. Et parce quaucune r?le na ??laiss? par ?rit, je pense que les ap?res en ont laiss??chacun la d?ision, pour que chacun fasse ce qui est bien sans crainte et sans contrainte. M?e au sujet de la c??ration liturgique on trouve de la diff?ence. Car dans toutes les ?lises le jour du sabbat, ?chaque semaine, on c??rait des sacrifices. Mais ?Rome et ?Alexandrie, une ancienne coutume emp?hait de le faire. Les Egyptiens qui demeurent pr? dAlexandrie et les habitants des Thba?es, tiennent des assembl?s le samedi, mais ne re?ivent pas les sacrements comme dhabitude. Car, apr? avoir mang?et s?re repus de toutes sortes de mets, ils communient vers le soir, apr? avoir fait loblation.

De m?e, ?Alexandrie, ?la quatri?e et ? la sixi?e f?ie, on lit lEcriture, et les docteurs les interpr?ent, et tout cela sous le rite solennel. Il dit plus bas : Dans la m?e Alexandrie, des cat?hum?es ou des simples chr?iens sont choisis pour lire ou psalmodier. Mais dans toutes les autres ?lises, seuls ceux qui sont d??baptis? remplissent ces fonctions. Jai connu moi-m?e en Thessalie une autre coutume. Un clerc s?ait mari?l?itimement avant la cl?icature. Il a ensuite abdiqu?parce quil avait eu des relations sexuelles avec sa femme, apr? ?re devenu clerc. En Orient, tous, m?e les ??ues, sabstiennent de rapports sexuels spontan?ent, de leur propre volont? sans subir de contrainte. Car plusieurs, au temps m?e de leur ?iscopat, ont eu des enfants dune ?ouse l?itime.

Voici une coutume que jai vue de mes propres yeux. En Thessalie, on ne baptisait quau jour de P?ue. Cest pourquoi plusieurs mouraient sans bapt?e. A Antioche de Syrie, les ?lises ne sont point tourn?s vers lOrient, mais vers lOccident. En Gr?e, ?J?usalem et en Thessalie, ils disent le soir des pri?es semblables ?celles des Novatiens de Constantinople. En C?ar? de Cappadoce et ?Chypre, le soir du sabbat et du dimanche, les ??ues et les presbytres interpr?ent les Ecritures ?la lumi?e des cierges. A Alexandrie, le presbytre ne fait pas de sermon. Cette interdiction a commenc?quand Arius a jet?le trouble dans lEglise, lui, un simple pr?re. A Rome on je?e ?tous les sabbats. Dans la C?ar? de Cappadoce, ceux qui p?hent apr? le bapt?e sont interdits de communion. Les Novatiens autour de la Phrygie, ne re?ivent pas les remari?. A Constantinople, on ne les re?it pas ouvertement, mais on ne les repousse pas non plus. Dans les pays occidentaux, on les re?it ouvertement.

On nen finirait plus sil fallait rapporter toutes les diff?entes dispositions ou observances remontant ?lantiquit? Mais que suffisent ces citations dun seul auteur, qui plus est, dun Grec. Que les empereurs grecs comprennent avec quelle injustice et quelle ignorance ils bl?ent les Romains, parce quils nobservent pas en tout les coutumes des Grecs. Quils fassent dabord un inventaire de toutes les coutumes diverses des diff?entes ?lises r?arties sur le globe, et quils condamnent ensuite, sils losent, les Romains parce que leurs coutumes sont diff?entes de celles de Constantinople. Sont-ils plus sages que les Ap?res ? Ou peuvent-ils d?ontrer, ?laide de textes anciens, que leur coutume lemporte sur celle des Romains ? Leur propre historien atteste que les saints ap?res ont laiss??chacun le droit de d?ider en ces mati?es, pour que le bien soit fait sans peur et sans contrainte. Tous ?ant de la m?e foi, ils ont ?abli des rites l?itimes diff?ents autant pour la p?ue que pour les je?es, avec un nombre de jours variable. Les divergences ne portent pas exclusivement sur le je?e, la sorte daliments, le nombre de jours etc…Les assembl?s du peuple elles-m?es ne se font pas au m?e moment ni de la m?e fa?n. Les Alexandrins et les Romains les c??rent dune fa?n, les Egyptiens et les Th?ains dune autre. Car ni les Alexandrins ni les Romains ne convoquent lassembl? le jour du sabbat, alors que tout lOrient chr?ien le fait. Les Egyptiens qui demeurent dans la Th?a?e sassemblent ?l?lise le sabbat, mais ne re?ivent pas les sacrements du corps et du sang du Christ quand ils sont ?jeun. Le soir seulement, apr? s?re remplis de nourriture, contre la coutume de toute la plan?e.

Les Alexandrins ont aussi la coutume de r?nir le peuple la quatri?e et la sixi?e f?ie, pour faire la lecture des saintes lettres et entendre les interpr?ations des docteurs, sans offrir loblation du sacrifice. Mais ils nexcommunient pas pour cela les autres ?lises orientales qui agissent autrement. Les Thessaliens ont, eux aussi, des traditions diff?entes des autres ?lises orientales. Car, ils ne supportent pas, comme latteste leur historien, quun clerc ait des relations sexuelles avec une ?ouse quil a ?ous? l?itimement avant le sacerdoce. Sil le fait, il est priv?de son minist?e. Dans les autres ?lises orientales, cette loi ne contraint personne. Chacun est laiss??son propre jugement, de sorte que non seulement les ministres des ordres mineurs, mais les pr?res et m?e les ??ues peuvent conserver les femmes quils avaient ?ous?s l?itimement avant leur ordination. Il nest pas permis cependant ?ceux qui nen ont pas d??den ?ouser une, ni de se remarier apr? la mort de l?ouse. Cette importante divergence na pourtant jamais entra??lexcommunication de personne. L?lise de Thessalonique se distingue des autres par le jour du bapt?e : ?P?ue seulement. Mais si on tient compte des statuts des anciens, le jour de la Pentec?e convient autant que celui de P?ue.

Pourquoi faire mention dAntioche de Syrie, dont la coutume est de tourner lautel non vers lest mais vers louest. Un historien de Constantinople rapporte que tous ne sont pas du m?e avis au sujet du remariage (apr? la mort de lun des deux conjoints). Les uns sont pour, les autres sont contre. Toute l?lise occidentale sans exception reconnait ouvertement les secondes noces (apr? la mort dun des deux conjoints). Cette diff?ence dans les coutumes na jamais entra??dexcommunication. Je me demande quelle sagesse, quel z?e pour la saintet?de la religion, poussent les empereurs ?ne pas tol?er chez les Romains ce quaccepte l?lise partout sur la terre. Pourquoi veulent-ils que les Romains et les occidentaux ne diff?ent en rien des chr?iens de Constantinople quand les Orientaux sont divis? entre eux par tant de pratiques ? LEglise de Constantinople elle-m?e se contente-t-elle dune seule et m?e fa?n de faire ?

Cest peu dire quaffirmer que les chr?iens ont recours ?des coutumes diverses. Il est possible de d?ontrer que chez les Juifs lobservation de la religion na pas ??uniforme. Bien quils nadoraient quun seul Dieu et quils observaient tous les prceptes de la loi mosa?ue, les traditions, les m?rs et les coutumes n?aient pas les m?es, comme le rapporte lhistorien Joseph en ces mots : Trois syst?es philosophiques avaient ??transmis aux Juifs par leurs pr??esseurs, ceux des Ess?iens, des Sadduc?ns et des Pharisiens. Les Pharisiens ont une session par jour, marqu? par laust?it? Ils ne saccordent aucun confort ni aucune douceur, mais ils font ce que le raisonnement leur montre. Ils ne critiquent pas leurs sup?ieurs, entourent dhonneur et de respect les vieillards, et ne les contredisent en rien. Ils croient que tout est d?id?par le destin, sans pourtant enlever ?lhomme son libre arbitre. Ils admettent quil y aura un jugement de Dieu, et qualors tous les hommes seront r?ribus selon leurs actions, autant ceux qui ont v?u vertueusement que ceux que le mal a d?rav?. Ils enseignent que les ?es sont immortelles, et que dans lenfer un lieu sera attribu??chacun qui correspondra aux vertus pratiqu?s ou aux maux commis. Certaines ?es seront ?rou?s dans des cachots ?ernels; dautres recevront le don de revivre. Ils sont ?cause de tout cela en grand honneur aupr? des Juifs, et ils leur font confiance. Tout ce qui tient au culte ?rendre ?la divinit? aux pri?es ?lui offrir, aux rites et aux c??onies du temple, les Juifs estiment que cest aux Pharisiens ?le d?erminer. Car ils ont une si grande opinion de leur z?e pour la religion quun grand nombre de villes, et la multitude m?e, accourent ?eux, persuad? quils sont meilleurs que les autres.

Les Saduc?ns, par contre, estiment que les ?es sont mortelles, et quelles disparaissent avec les corps. Ils nont dobservance que la loi. Leurs docteurs se livrent ?des joutes philosophiques, et ils comblent dhonneur ceux qui remportent la victoire. Leur doctrine nest connue que dun petit nombre, ainsi que leur mode de vie. Leurs chefs sont trait? avec respect et v??ation.

Les Ess?iens, eux, rapportent tout ?Dieu. Ils soutiennent que l?e est immortelle, et que la justice est la perle pr?ieuse pour laquelle il faut combattre jusqu?la mort. Ils interdisent lanath?e dans le temple. Ils noffrent pas de sacrifice ou dhostie avec le peuple, car ils pensent quils diff?ent grandement deux par la puret? la saintet?et le m?ite. Ils s?oignent de la foule pour offrir ?Dieu des sacrifices dans des endroits retir?. Leurs m?rs et leur conduite sont exemplaires. Ils sappliquent avec ardeur ?cultiver la terre. Ils ont ceci de propre et de remarquable, --que tu ne trouveras ni chez les Grecs ni chez les barbares,--que tout est ?lusage de tous, et quils poss?ent tout en commun. Les plus riches ne jouissent de rien de plus que les pauvres, et les pauvres ne manquent de rien, comme si personne ne poss?ait rien en propre. Ils sont au moins quatre mille hommes. Ils ne se marient pas, et ne se soucient pas davoir des serviteurs, car ils consid?ent que cest une source de division et de maux de toutes sortes. Ils se servent donc les uns les autres, chacun pourvoyant aux besoins de lautre. Ils ?isent des administrateurs qui doivent utiliser les produits de la terre pour fournir ce qui est n?essaire ?tous. Ils choisissent leurs pr?res parmi les hommes les meilleurs. Leur nourriture est simple, leur habit propre et simple. Joseph parle ensuite dune quatri?e secte philosophique qui se trouvait ?alement chez les Juifs dont un certain Judas ?ait le chef. Nous lomettrons pour faire bref, et parce qu?cause de sa nouveaut? elle ?at moins connue que les trois autres.

Nous avons cit?ce texte pour montrer quen ce qui a trait au culte ?rendre au Dieu unique et ?lobservance de la loi mosa?ue, il ny avait pas entre eux de divergence, et quils faisaient montre dun m?e z?e. Mais au niveau des m?rs et de la pratique religieuse, ils diff?aient grandement entre eux. Non parce que, ?notre ?oque, nous approuvions leur religion. Notre intention est de montrer que ceux qui ?aient semblables dans le culte quils rendaient au Dieu unique et dissemblables dans leur mode de vie ne privaient pas pour autant les autres de leur communion. Mais conservant lunit? ils tol?aient patiemment des conduites et des m?rs qui n?aient pas semblables en tout aux leurs, sachant pertinemment que de telles diff?ences ne mettent pas la foi en p?il, aussi longtemps quils tomberont daccord sur Dieu et lobservance des pr?eptes mosa?ues.

Et voici maintenant que les Empereurs grecs supportent mal que les rites, les pratiques et les coutumes de Romains ne soient pas semblables en tout aux leurs. Or, cette similitude on ne peut la d?ouvrir ni dans les diff?entes ?lises du Christ, ni chez les Juifs, nos pr??esseurs. Ce qui nous fait soup?nner que ce besoin de trouver autrui en faute ne vient pas de la charit? mais de lenvie et de la jactance. Venons-en maintenant ?chacun des items. En voulant faire ?alage de sagesse et de religion, ils ne font que r??er un manque de sagesse et de religion.

CHAPITRE TROISIEME

Ils r?rouvent les Romains parce quils je?ent le samedi (sabbat), tandis queux et les Orientaux font gras. Ils ne sont pas au courant, je pense, que ce ne sont pas tous les Occidentaux qui je?ent le samedi. Les Romains ont cette coutume et dautres aussi, mais pas tous. Il serait plus vrai de dire que la majorit?des Occidentaux ne je?e pas le samedi. Ils ne bl?ent pas les Romains pour autant parce quils je?ent; et les Romains ne bl?ent pas non plus ceux qui ne je?ent pas le samedi. Car ils savent ce qua dit lap?re : Que celui qui mange ne m?rise pas celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne m?rise pas celui qui mange. (Rom X1V, 3) Ce ne sont pas non plus toutes les ?lises orientales qui ne je?ent pas le samedi. Alexandrie conserve la m?e tradition que celle de Rome. Il ne se fait pas non plus, comme ?Rome, dassembl?s ?Alexandrie le jour du sabbat. Il est donc d?ontr?que les Alexandrins comme les Romains ne prennent pas de repas le jour du sabbat. Car dans les jours o?lassembl? est convoqu?, la coutume veut que les sacrements soient c??r? et re?s, et quon mette fin au je?e. Mais tout pr?, cependant, dans la Th?a?e, et chez les Egyptiens, le je?e est suspendu le samedi. Ils ne re?ivent toutefois les sacrements du corps et du sang du Christ que le soir apr? avoir termin?le repas. Aucune ?lise ne leur reproche cette coutume, m?e sils sont les seuls ?lobserver. Est-ce que les nouveaux censeurs leur font des reproches, nous lignorons. Mais nous savons que, comme le rapporte la tradition, cest lap?re Pierre qui leur a appris de je?er le samedi (le sabbat). On trouve par ?rit que les ap?res Pierre et Paul ont je??le sabbat quand ils ont combattu contre Simon le magicien. Voil?pourquoi la coutume sest

?ablie ?Rome de je?er le sabbat.

Lhistorien Eus?e, dans sa biographie du pape Sylvestre, a racont?un fait qui se rapporte ?notre sujet. Les Grecs all?ent trouver le pape Sylvestre pour se plaindre de ce que les Romains je?aient le samedi. Il leur r?ondit ceci. Il devrait suffire pour justifier cette coutume de rappeler que cest ainsi que se sont comport? les ap?res (Pierre et Paul). Mais parce que votre charit?demande une raison, elle lui sera donn?. Si la journ? du dimanche en entier est consacr? au myst?e de la r?urrection, il est juste que la journ? enti?e du sabbat rem?ore, par lasc?e du jeune, lensevelissement de notre Sauveur. Pour que, pleurant avec les ap?res la mort de J?us notre Sauveur, nous m?itions de nous r?ouir avec eux de sa r?urrection. Les Grecs r?liqu?ent quil ny avait quun seul sabbat par ann? o?la s?ulture de Notre Seigneur d? ?re comm?or? par le je?e. Mais le pape leur r?ondit : si lon croit que chaque dimanche rayonne de la gloire de la r?urrection, chaque jour qui pr??e le dimanche est un jour de s?ulture, ??re c??r?par le je?e. Ainsi, qui a pleur?sur le tombeau du Christ pourra se r?ouir de sa r?urrection. Pleurer, dirais-je, cest compatir. Mais il nen est pas moins vrai que la passion du Christ est le sommet de notre joie. Apr? avoir entendu cette explication du pape, ils se turent.

Nous avons rapport?ce fait pour d?ontrer que ce nest pas daujourdhui que les Romains je?ent le samedi, que cest une coutume ?ablie par les ap?res, et quelle est motiv? par une juste raison. Je m?onne donc que la prudence de nos nouveaux sages nacquiesce pas ?ce qui a r?uit au silence leurs anc?res. Cest donc lenseignement de saint Pierre et de saint Paul qui est ?lorigine de cette pratique de je?er le samedi, et ils en ont confirm?la v?it?doctrinale par leffusion de leur propre sang. Mais les Romains nont jamais rejet?de leur communion les ?lises orientales qui nobservaient pas cette tradition, et qui mangeaient le sabbat comme le dimanche.

Le docteur Augustin ?rit ?ce sujet au pr?re Casulanum (?itre 86) : Il y a ensuite le sabbat, jour o?le corps du Christ a repos?dans le tombeau, comme il s?ait repos?apr? avoir fait ses premi?es ?vres. De l?vient une grande diversit?relativement aux repas. Quelques-uns, comme les Orientaux, pr??ent ne pas je?er ?cause du repos. Dautres, comme les Romains et dautres Occidentaux, aiment mieux je?er ?cause de la bassesse de la mort du Christ. Mais le samedi saint, pour se rem?orer le jour o?les disciples ont vers?des larmes quand J?us fut enseveli, tous je?ent, m?e ceux qui, au cours de lann?, prennent leur repas le samedi. Ils r??ent ainsi, au jour anniversaire, la douleur des disciples, et, aux autres sabbats, le bien du repos. Il y a deux choses, en effet, qui font esp?er aux justes la b?titude et la fin de toute mis?e, la mort et la r?urrection des morts. Dans la mort est le repos. Cest ce que dit le proph?e : mon peuple cachera le petit dans tes celliers jusqu?ce que passe la col?e de Dieu. (Is XXV1, 20) A la r?urrection, le bonheur parfait est dans lhomme entier, dans la chair et dans lesprit. De l?vient quon a pens?que lun de ces deux repos serait moins bien repr?ent?par la peine du je?e que par lall?resse du repas. A une exception pr?, le samedi o?les disciples ont pleur?la mort de J?us. Car pour comm?orer ce sabbat, ils je?ent.

Mais comme nous ne trouvons pas par ?rit, comme je lai d??rappel? ni dans les ?angiles ni dans les ?itres qui nous donnent la r??ation du nouveau testament, des jours pr?is o?le je?e serait de pr?epte, on trouve cette pratique comme beaucoup dautres quil serait trop long d?um?er, dans le v?ement de la fille du roi, lEglise, lieu de vari?? Je vais tindiquer ce que ma r?ondu le v??able Ambroise, ??ue de Milan, qui ma baptis? Ma m?e qui ?ait avec moi ?ait troubl? par un souci qui nous inqui?ait fort peu, nous les cat?hum?es : devait-elle je?er le sabbat selon la coutume de notre ville, ou prendre son repas comme cela se faisait ?Milan ? Pour soulager sa conscience, jai interrog?l?dessus le dit homme de Dieu. Il ma r?ondu : Que puis-je enseigner dautre que ce que je fais moi-m?e. Je crus quil voulait dire par l?que nous devions nous abstenir de je?er comme lui-m?e le faisait. Mais il ajouta : quand je suis ici, je ne je?e pas le sabbat. Quand je suis ?Rome, je je?e le sabbat. A quelque ?lise que vous veniez, suivez-en les coutumes, si vous ne voulez pas avoir mati?e ?vous scandaliser, ni ?re cause de scandale. Jai rapport?cette r?onse ?ma m?e, qui laccepta imm?iatement. Elle nh?ita pas un instant ?sy conformer. Jai moi-m?e adopt?cette fa?n de faire. Car comme il arrive fr?uemment en Afrique, que dans une ?lise ou dans une r?ion, les uns je?ent et les autres ne je?ent pas, il me semble quil faut suivre les traditions ?ablies par ceux ?qui la garde du troupeau a ??confi?.

Voil?ce que le bienheureux Augustin, docteur catholique, pense du je?e du sabbat. Il estime quil ne faut pas en faire un motif de division ou de singularit? mais quil est plus pieux et plus charitable de je?er avec ceux qui je?ent, et de manger avec ceux qui mangent. Car ceux qui mangent, le sabbat, et ceux qui je?ent le font pour des raisons de pi?? Les premiers, parce que Dieu sest repos? en ce jour, de tout son travail; et parce que, ?la r?urrection, les croyants se reposeront, avec leurs corps, du repos des saints. Les autres, ceux qui je?ent le sabbat, agissent aussi pour des raisons pieuses. Parce quen ce jour les disciples ont pleur?toutes les larmes de leurs corps. Voulant les imiter, ils mettent leur fid?it??je?er. Dautres ne je?ent pas, le sabbat, pour f?er la joie de la r?urrection du Seigneur, et d?ontrer quelle ?ait lall?resse des ap?res quand ils ont vu J?us ressuscit? Et pourtant, toutes les ?lises de toute la terre je?ent ?chaque ann? au sabbat qui pr??e la r?urrection, aussi bien celles qui mangent, le sabbat, que celles qui je?ent. Quant aux Romains, il leur a plu de comm?orer ?chaque sabbat le sabbat de la s?ulture du Christ en je?ant, comme toutes les ?lises se rappellent la r?urrection ?chaque dimanche de lann?.

Puisque ceux qui mangent, le sabbat, et ceux qui je?ent le font pour des motifs de religion, et puisquon ne trouve dans les livres du nouveau testament aucune directive, aucun pr?epte ordonnant ou interdisant ceci ou cela, il ne devrait pas y avoir dans lEglise de division ?ce sujet. On devrait plut? laisser cette question au libre choix de chacun. Ou plut?, chacun devrait suivre les d?isions des siens, et la coutume de son ?lise. Est-il raisonnable de condamner quelquun parce quil je?e pour des motifs de pi??? Il y a, dailleurs, dautres jours o?dans quelques ?lises la coutume demande de je?er : tous les mercredis et tous les vendredis. Et on en donne la raison. Cest le mercredi, comme le dit saint Augustin, que les princes des Juifs se sont r?nis et ont d?id?de semparer de J?us par ruse, et de le mettre ?mort. Le vendredi, la crucifixion. (?itre 86) : Cest le mercredi et le vendredi que lEglise je?e le plus intens?ent. Voici quelle en est la raison. Le mercredi, les Juifs ont tenu un conciliabule pour tuer J?us. Le lendemain soir, il mangea avec ses disciples. Puis, il fut trahi ?cette heure de la nuit qui appartenait d??au jour de la passion. Ce jour ?ait le premier des azymes, commen?nt le soir. Mais l?ang?iste saint Matthieu dit que la cinqui?e journ? a ??le premier jour des azymes, et le soir suivant ?ait la c?e pascale. Les azymes commen?ient avec la c?e et la manducation de lagneau immol? Do?lon d?uit que c?ait la quatri?e journ? quand le Christ a dit : vous savez que dans deux jours, ce sera la f?e de P?ue, et le Fils de lhome sera livr?et crucifi? Voil?pourquoi ce jour a ??consid??comme un jour de je?e. Car l?ang?iste dit ensuite : alors les princes des pr?res et les anciens du peuple se sont r?nis dans la maison du prince des pr?res, et tinrent conseil pour semparer de J?us par la ruse et le mettre ?mort. Le lendemain, l?ang?iste nous rapporte que le premier jour des azymes les disciples dirent ?J?us : o?veux-tu que nous pr?arions de quoi manger la p?ue ? Le jour suivant, le Christ a souffert sa passion. Cest ?cause de cette passion, que le vendredi est un jour de je?e. Les je?es en effet signifient lhumilit? comme il est dit : cest dans le je?e que mon ?e shumilie. (Ps XXX1V, 13)

Voil? ce que le bienheureux Augustin a ?rit au pr?re Casulanum au sujet du je?e du mercredi et du vendredi, lui montrant en m?e temps pourquoi il a ??institu? Et pourtant, ce je?e du mercredi et du vendredi nest pas pratiqu?par toutes les ?lises orientales ou occidentales, mais par celles seulement qui ont jug? bon de lobserver. Mais ceux qui mangent en ces jours-l?ne bl?ent pas ceux qui je?ent. Chaque ?lise continue ?observer ce quelle a re? de ses fondateurs. Je m?onne que les Grecs partent en guerre contre les Romains parce quils je?ent le samedi, alors quils nont aucun reproche ?faire aux Alexandrins et aux autres Occidentaux qui je?ent le mercredi et le vendredi. Il est ?ident quaucune loi ou coutume ne contraint les Grecs de Constantinople ? je?er en ces jours-l?

Dans l?e britannique, ?chaque sixi?e jour on je?e, mais ils ne sont excommuni? par aucun occidental qui nobserve pas cette pratique. La nation des Ecossais qui habite lle du nord, sous linfluence des monast?es de moines ou de chanoines ou de religieux quelconques, je?e en tout temps ?lexception des dimanches et des jours de f?e. Ils naccordent pas de nourriture ?leurs corps avant none ou le soir, m?e pendant lhiver. Aucune ?lise orientale ou occidentale ne se sent tenue dadopter cette coutume, mais ceux qui je?ent ne sont pas excommuni? par ceux qui ne je?ent pas.

On a d??parl?de la ferveur qui poussait les Alexandrins ?je?er au d?ut de leur ?ang?isation. Personne ne prenait de nourriture avant le coucher du soleil. Plusieurs mangeaient ?la quatri?e ou ?la sixi?e journ?, non pour le plaisir de la chose mais par n?essit? Et pourtant ils n?aient pas critiqu? par ceux qui nagissaient pas comme eux. Et voici que les empereurs grecs r?riminent contre le je?e sabbatique des Romains, entrepris par eux en souvenir de lensevelissement du Seigneur ou de la tristesse des ap?res ?sa mort, ou parce que Pierre et Paul ont je?? le sabbat, pour mieux combattre les sortil?es et les incantations de Simon le magicien, et la folie diabolique de N?on. Quelques-uns ont pour coutume de ne pas je?er ?la cinqui?e journ?, comme ils ne je?ent pas le dimanche.

Eus?e, ??ue de C?ar? est de cet avis. Il dit dans le livre quil a compos?sur les gestes du pape Sylvestre : Le pape sylvestre a dit : le jour de naissance du calice doit ?re pour nous aussi solennel que le jour du Seigneur. Cest en ce jour que le sacrifice du corps et du sang du Seigneur a ??pour la premi?e fois c??r?par le Seigneur lui-m?e. Cest en ce jour que, par toute la terre, le saint chr?e est confectionn. Cest en ce jour que le pardon est accord?aux p?heurs, que se r?oncilient les ennemis, que les col?es sapaisent, que les rois gracient les criminels, que les ma?res ferment les yeux sur les frasques des mauvais serviteurs, que les juges ?argnent les voleurs, que les portes des prisons souvrent partout. En ce jour, sortent pour sadonner ?la joie de la f?e ceux qui s?aient retir? pour expier en pleurant les fautes commises en festoyant ou en se f?hant, ou de toute autre fa?n. Par ces paroles et dautres semblables, le pape Sylvestre r?uta toutes les objections que les Grecs et les docteurs avaient coutume de faire. Ils le reconnurent : le si?e apostolique a vraiment appris cela de Pierre; les objections tombent delles-m?es

Si on condamne les Romains parce quils je?ent le sabbat, pourquoi ne pas condamner ceux qui je?ent le vendredi ? Ou pourquoi les Grecs modernes se croient-ils plus doctes que leurs anc?res ? Ne cherchent-ils pas ?vitup?er ce que leurs anciens ont accept?et combl?dhonneur ? Cela ne les rendra pas plus sages ou plus religieux queux, mais peut-?re plus insolents. Car pourquoi ce qui a ??observ?dans la paix chr?ienne pendant tant de si?les ne peut plus ?re support? mais suscite des accusations qui s?ent le scandale de la discorde ? Sont-ils ?ce point enfonc? dans les t??res de limprudence quils croient quune contestation insolente peut modifier ou corriger dans les ?lises du Christ ce qui a ??conserv?sans faille pendant un grand nombre de si?les ?

Melchiades, d?enteur du si?e apostolique, le trente-troisi?e successeur de lap?re Pierre, d?ida que le vendredi, y compris le vendredi saint, aucun fid?e ne je?erait, parce quen ces jours, les pa?ns c??raient un je?e sacr? Cette interdiction de je?er semble valoir davantage pour le jour o?le Christ est ressuscit?des morts, comme le pratique toute lEglise. Si on se souvient de ce qua expliqu?saint Sylvestre aux Grecs, il ne faut quand mme pas m?riser ce que le pape Melchiades a enseign? Il estimait quon devait d?ruire les je?es pa?ns plut? que les imiter, comme toutes leurs f?es dans lesquelles un culte ?ait rendu aux d?ons. Cest donc avec raison que le pape a interdit aux chr?iens de je?er aux jours o lon savait que les pa?ns je?ent, de peur que le culte superstitieux des d?ons nentache la saintet?de la pieuse religion. Comme, la premi?e journ?, tous les chr?iens ont pour coutume de ne pas je?er, la cinqui?e journ? est pour beaucoup, mais pas pour tous, une journ? de je?e, surtout pendant le car?e. Mais aucune division n?late dans l?lise pour ces raisons, chaque ?lise suivant la coutume de je?er ou de manger quelle a reue de ses fondateurs.

Si les empereurs grecs voulaient r?l?hir ?tout cela, ils ne bl?eraient pas l??ement les Romains ou les latins qui je?ent le sabbat, mais se contentant de leur coutume, ils admireraient la Reine qui sert le Christ dans un v?ement dor? aux couleurs vari?s, et ils nessaieraient pas dimposer des r?les qui ne sappuient ni sur lancien ni sur le nouveau testament.
 
 

CHAPITRE QUATRIEME
 
 
 
 

Passons ?ce quils nous reprochent au sujet du car?e. Nous ne nous abstenons ni de viande comme eux, pendant huit semaines, ni de fromage et d?fs pendant sept semaines, comme le veut leur coutume. Ils parlent comme si, ?part celle des Romains, toutes les ?lises orientales et occidentales suivaient leur coutume. Cest le contraire qui est vrai. Aussi bien dans les ?lises orientales quoccidentales, cest la diversit?qui est la r?le, comme nous lavons d??d?ontr? Les unes je?ent pendant sept semaines avant P?ue, sauf le dimanche. Dautres six. Dautres ont commenc??je?er avant les sept semaines. Il y en a donc qui je?ent six semaines avant P?ue, dautres, sept, dautres huit et m?e neuf.

Que ces censeurs nomment donc ceux qui les suivent ou les imitent ! Certainement pas les Romains qui je?ent tous les jours de la semaine, sauf les dimanches, pendant six semaines avant P?ue ! Ni ceux qui entreprennent le je?e avant les sept semaines. Ils disent accomplir parfaitement lobservance du je?e en sabstenant de fromage et d?fs, ce que font aussi ceux qui consacrent sept semaines au je?e. Ils disent, eux, que ceux qui sabstiennent de viande pendant huit semaines avant P?ue naccomplissent pas le je?e en son entier, mais la moiti?seulement. Ils sont donc loin de ceux qui je?ent pendant huit semaines, en sabstenant de tout. Mais ils nont rien en commun avec ceux qui je?ent pendant neuf semaines, ceux qui d?larent ne manger ni viande ni ?f ni fromage pendant tout ce temps.

Puisquils sont convaincus de diff?er avec les orientaux et les occidentaux quant ?lobservation du je?e pascal, quils disent donc pourquoi ils trouvent les Romains r?r?ensibles, et pourquoi ils ne craignent pas d?re bl?? par ceux dont le car?e ne concorde pas avec le leur. Quils exhibent donc des t?oignages de lancien ou du nouveau testament qui justifient leur pr?ention, et condamnent la coutume romaine. Puisquils ne peuvent le faire, que la divergence dans les fa?ns de je?er leur enseigne que cette observance nest pas de pr?epte divin. Il est donc laiss?au jugement de chacun, ?son libre arbitre, doffrir ?Dieu dans la joie du saint Esprit, ce qui lui semble juste et possible, mais non obligatoire. Pour que le bien que nous faisons soit volontaire. Pas au sens ou chaque individu choisirait par lui-m?e, mais en suivant les coutumes ?ablies dans chaque ?lise. Allons-nous peut-?re penser quil faut donner la palme aux Grecs parce quils sabstiennent d?fs et de fromage pendant huit semaines ? Ne sont-ils pas d?lass? par ceux qui ne mangent de rien de cuit pendant tout le car?e ? Ou par ceux qui ne se nourrissent que de pain ? Ils apparaissent m?e inf?ieurs ?ceux qui ne se sustentent quavec des herbes. Ils ne peuvent m?e pas ?re compar? avec ceux qui, pendant tout le car?e, naccordent de la nourriture ?leur corps quune fois ou deux fois par semaine. Quils cessent donc de s?ever dans les hauteurs de peur de s?raser sur le sol. Mais quils sabaissent plut? pour ?re ?ev?. Et quils comprennent que la concorde de la paix et lunit?de la charit?sont plus importantes que lobservance rigoureuse du je?e.

L?angile et la loi nous enseignent que la dur? du car?e est de quarante jours. Car on lit dans l?angile que le Sauveur a je?? continuellement quarante jours et quarante nuits. Il est ?rit dans lancien testament que Mo?e a je??deux fois pendant le m?e nombre de jours et de nuits. Une fois avant de recevoir de Dieu le d?alogue de la loi; une autre fois, apr? que la transgression du peuple lait induit ?fracasser les tables de la loi. Quand Elie fuyait la col?e de J?abel, il marcha dans le d?ert pendant quarante jours et quarante nuits, jusqu?ce quil arrive ?la montagne de Dieu, lOreb. De l?vient la coutume de lEglise de je?er pendant quarante jours. Toutes les ?lises du Christ sappliquent ?c??rer le je?e quadrag?imal avec ce chiffre. Mais comme toutes ne sont pas daccord sur le nombre de semaines, il se produit fatalement une disparit?dans les jours. Cest un fait que, pour la dur? du car?e, tous tiennent au nombre quarante; mais tous ne je?ent pas ?tous les jours de la semaine. Car il y en a qui ne mangent que le dimanche; dautres ne je?ent ni le samedi ni le dimanche. Il y en a m?e qui ne je?ent pas le vendredi. En ne je?ant pas le dimanche, mme sils je?ent ?tous les autres jours de la semaine, ils natteignent pas le chiffre quarante. Il leur manque quatre jours. De l?vient que, voulant je?er quarante jours, ils ne je?ent pas, avant P?ues, pendant six semaines, mais sept semaines, bien que dans six semaines ont compte quarante-deux jours et non quarante. Si on soustrait les six dimanches des quarante jours, il reste trente-six jours de je?e. Pour atteindre le chiffre quarante, il faut ajouter quatre jours dans la septi?e semaine. Il sensuit donc que le car?e dure sept semaines et non six semaines. Mais, dans la septi?e semaine, on ne je?e que quatre jours, que lon ajoute aux trente-six pour compl?er le chiffre quarante.

Ceux qui ne je?ent ni le dimanche ni le samedi, mais qui veulent que le je?e du car?e dure quarante jours, il leur faut entamer la huiti?e semaine. Car ne je?ant que cinq jours par semaine, ils doivent multiplier cinq par huit pour obtenir quarante. Et ceux qui ne je?ent ni le vendredi, ni le samedi ni le dimanche ne peuvent pas observer la r?le biblique des quarante jours, sans se rendre ?la neuvi?e semaine. Ayant enlev?trois jours sur sept, il ne leur reste que quatre jours de je?e. Et comme quatre fois neuf font trente-six, ils ne compl?ent pas le chiffre quarante. Et ils pr?endent observer le car?e sans avoir je??quarante jours.

Les reproches des Orientaux sont donc sans aucun fondement, car ce quils font, eux, en sept semaines, --ne je?ant que cinq jours par semaine-- les occidentaux le font en sept, ajoutant quatre jours ?la septi?e semaine. Car si les Grecs ajoutaient six jours ?la huiti?e semaine, la dur? de leur je?e d?asserait celle du car?e, puisquils auraient ?je?er quarante-huit jours. Si les grecs je?ent pendant ce nombre de jours, quils nous disent sur quoi ou sur qui ils se basent. Ils ne tiendraient compte ni du je?e de J?us, ni de celui de Mo?e, ni de celui dElie. Si leur je?e dure quarante jours, comme il se doit, ils nont rien ?reprocher aux occidentaux, car leur je?e, ?eux aussi, dure quarante jours.

Si le je?e est un acte dhumilit? comme le confesse le psalmiste : et jhumiliais mon ?e dans le je?e, il y en a un grand nombre parmi les romains ou les occidentaux qui je?ent plus longtemps que les chr?iens de Constantinople. LEglise occidentale, huit semaines avant P?ues, nentonne pas de cantiques festifs comme lalleuia. Elle ne c??re pas non plus avec solennit?le jour de la naissance au ciel des martyrs, et elle sabstient de toute pompe dans les c??onies, pour pouvoir se r?ouir dautant plus du jour de la r?urrection quelle sest souci? de sy pr?arer dans lhumilit? Car le Seigneur, par Mo?e, demanda aux fils dIsra? apr? la fabrication du veau, de d?oser leurs ornements pour que le Seigneur sache quoi leur faire. Non quil ignor? ce que devait ?re la punition pour le p?h?didol?rie, mais pour que le peuple pr?aricateur montre par laffliction de lhumilit?quil avouait le p?h?de pr?arication, et quil ?ait pr? ?tout pour expier cette faute. Quel est lornement d?os?par le peuple de Dieu que nous devons recevoir si ce nest la splendeur de la joie, cette joie ?laquelle le peuple avait coutume de se livrer avant quil contracte la faute didol?rie ? Cest ainsi que Rome et l?lise occidentale d?ose ses ornements pour shumilier quand elle laisse de c??lall?resse des jours de f?e, et lexultation des hymnes qui lui ?aient familiers tous les jours de lann?. Elle rev? lhabit de lhumilit?et d?ose la gloire du triomphe. Pr?enant la face du Seigneur par un humble comportement, elle c??re la f?e de P?ue dans la liesse.

Les empereurs grecs nont donc aucun motif pour incriminer les romains et les occidentaux parce quils ne je?ent pas, avant P?ue, pendant le m?e nombre de semaines queux. Le nombre des semaines nest peut-?re pas le m?e, mais le nombre de jours, quarante, est identique. Si le je?e signifie lhumilit? et que lhumilit?est la d?osition de lall?resse, une sorte daffliction, un comportement triste, le rejet de la joie, on aura raison de dire que les romains et les latins je?ent plus que les orientaux, parce quils pr?iennent P?ue en shumiliant pendant neuf semaines. Et cest cela qui est le plus important. Les censeurs des Romains doivent se redire ?eux-m?es, sils d?irent vraiment se soumettre aux lois disciplinaires, que, dans toutes les ?lises du Christ, il ny a pas duniformit?dans la pratique du je?e, que nul ny est astreint par des commandements divins, et quil est permis ?chacun de suivre la coutume de son ?lise. Sils se souvenaient de ces choses, ils ne seraient pas si prompts ?jeter la pierre ?ceux qui mettent en application ce qui a ??institu?par le magist?e des ap?res pour des raisons fort valables.

Les Romains je?ent donc ?chaque jour, sauf le dimanche, pendant six semaines. Si on veut savoir pour quelle raison ils je?ent trente-six jours seulement, quatre de moins que le nombre quarante, il est facile de le d?ouvrir ?ceux qui cherchent sans aucun pr?ug?ou parti prix. Lann? solaire se d?oule en trois cents soixante cinq jours. Si tu prends la dixi?e partie de ces chiffres, tu auras trente-six jours. Nous avons lordre de donner ?Dieu la dime de nos travaux. Ce nest donc pas sans raison que nous lui offrons la dixi?e partie des jours. Cest pour vivre pour lui. Nous purgeons par ces jours tous les p?h? que nous avons commis au cours de lann?.

Mais comme il ny en a tr? peu en Occident qui ne compl?ent pas les quarante jours du car?e, il ne leur reste plus qu?se contenter du chiffre quarante. Car autant la loi que l?angile nous enseignent que le je?e doit durer quarante jours. De plus, on nous prescrit dob?r aux dix commandements de lancienne loi, et daccepter les quatre ?angiles qui nous conduisent ?une nouvelle vie. Quatre fois dix font quarante. Et chaque serviteur de Dieu parvient au sommet de la perfection sil suppl? ?la loi de Mo?e par la perfection de l?angile. Il est ?ident que lhomme comme le monde est fait de quatre ??ents. Et parce que nous manquons de plusieurs fa?ns au d?alogue, il est n?essaire que nous demandions ?Dieu pardon pour nos p?h? en nous affligeant quatre fois par dix fois. Voil quelle est la raison pour laquelle il a plu aux romains et aux latins de je?er quarante jours avant P?ue, raison qui sav?e autant religieuse que mystique. Le bl?e du je?e romain qui porte sur un nombre de semaines est donc injustifi?et d?u?de toute raison s?ieuse. Il serait pr??able de ne pas en tenir compte, mais la charit?qui supporte tout nous force ?r?ondre ?ceux qui font des objections d?aisonnables. Quand ils auront compris ce dont il sagit vraiment, ils noseront plus condamner. Ils sauront ce que lhonn?et?et la religion attendent deux, et ils rechercheront lunit?et la paix de la concorde, dont les a d?ourn? une sotte pr?omption.
 
 

CHAPITRE CINQUIEME
 
 

Voyons maintenant comment ils ne craignent pas de bl?er les clercs romains et tous les occidentaux parce quils se rasent la barbe. Ce reproche est tellement d?isoire, quil ne m?ite aucune r?utation. Mais on pourrait croire que notre silence trahit une incapacit?de r?ondre. Se raser la barbe ou se la laisser pousser, en quoi cela se rapporte-t-il ?la perfection de la saintet? ou ?la conversion ? Que les censeurs disent dans quel livre de lancien ou du nouveau testament ils ont trouv?un pr?epte se rapportant ?la barbe. Je dis plus. Dans quel ?rit apostolique, dans quelle constitution eccl?iastique, dans quel livre des P?es ont-ils trouv?des directives de ce genre ? Car cette chose est laiss?, comme beaucoup dautres, au libre choix des ?lises. On se rase la barbe ou on la laisse pousser par respect pour ce quen ont dit les anc?res. Les uns ont pour coutume de se raser la barbe et la t?e. Dautres se rasent aussi la barbe, mais ils d?udent compl?ement leur t?e de ses cheveux. Il y en a qui arrachent tous les poils de leur face, ne rasent que le sommet de la t?e et laissent pousser les favoris. Il y en a dautres qui ne se rasent pas la barbe, mais qui ne se rasent quun c??de la t?e. Les fa?ns de faire, chez les clercs, ne sont donc pas semblables dans toutes les glises. Elles sont diff?entes puisquelles se conforment ?ce que leurs anc?res leur ont l?u? Il ny a jamais eu, ?cause de cela, de division entre les ?lises. Chacune a toujours ??laiss? libre de suivre sa tradition.

Saint Paul fait des reproches aux Corinthiens, aux hommes parce quils laissaient pousser leurs cheveux ou se voilaient la t?e; aux femmes, parce quelles ne se voilaient pas la t?e, et ne se laissaient pas pousser les cheveux. Cest ?bon droit que saint Paul a d?onc?ce comportement. M?e si aux Corinthiens, elle semblait normale, pour la nature, elle ?ait inconvenante. Et saint Paul se h?e den donner les raisons : lhomme ne doit pas voiler sa t?e parce quil est la gloire et limage de Dieu. (1 Cor X1, 7) Il explique ensuite pourquoi la femme doit se voiler la t?e et laisser cro?re ses cheveux : ?cause des anges. Quils r?l?hissent ?cela les clercs qui laissent pousser leurs barbes et qui d?udent presque compl?ement leur t?e de ses cheveux. Ils la couvrent avec un v?ement parce quils ne peuvent supporter ni le froid ni la chaleur, ou pour avoir contract?une mauvaise habitude. Quils examinent sils nenfreignent pas le pr?epte de laptre ! Ils ne peuvent nier quils contredisent lenseignement de saint Paul : tout homme qui prie ou proph?ise la t?e voil? d?honore sa t?e. (ibid, 4)

Je ne dis pas cela comme si je me plaisais ?condamner cette coutume. Car nous savons que ce genre de comportement est aussi un signe dhumilit? Mais pour avertir les empereurs grecs que, sils sont en mal de r?rimande, ils ont tout pr? deux de quoi les satisfaire; quils corrigent les leurs plut? que les Romains qui sont tr? ?oign? deux. Et cela, jusqu?ce quils trouvent dans les saintes ?ritures un texte qui corrobore leur position. Dans lancien testament, les nazar?ns, selon la coutume, se rasaient la barbe et la t?e pendant tout le temps de leur cons?ration, et jetaient dans le feu les poils et les cheveux en holocauste. Pour signifier quils ne consacraient pas ?Dieu leurs actes seulement, mais aussi leurs pens?s. Comme le dit le proph?e Ez?hiel : Et toi, fils dhomme, prends un glaive affil?capable de couper des poils. Prends-le et rase-toi la t?e et la barbe. (Ez V, 1) Le pr?re ?ait procr? dun germe sacerdotal, non dun germe ?ranger. Cest pourquoi on leur demandait de se raser la barbe et la t?e, selon la coutume des nazar?ns. Il est ?rit, ?alement, dans les actes des ap?res, que Prisca et Aquila, Juifs qui crurent dans le Christ, se sont ras?la t?e, comme ils en avaient fait le v?. Et ?J?usalem, les anciens dirent ?lap?re Paul : Il y a quatre hommes des n?res qui ont fait un v?. Quand ils auront sacrifi? sacrifie toi aussi avec eux, et vois ?ce quils se rasent la t?e, pour que tous sachent que ce que lon a dit de toi est faux, et que tu marches toi aussi en observant la loi. ( act, XX1, 23, 24) Et un peu plus apr? : Alors Paul prit les hommes, le lendemain. Apr? s?re purifi? il entra dans le temple avec eux, annon?nt la fin des jours de purification. (ibid, 26)

Suivant cet exemple, les clercs de Rome ou de presque toutes les ?lises occidentales, se rasent la barbe et tondent leur t?e, suivant lexemple de ceux quon appelait dans lancien testament nazar?ns, ou de ceux qui ont la fait la m?e chose dans le nouveau. Ils ne d?udent, toutefois, pas compl?ement leurs t?es de leurs cheveux, mais en partie seulement, pour donner une image de lhonneur royal, et de la grandeur du sacerdoce. Ainsi, lhonneur qui est propre aux rois est le port de la couronne sur leurs t?es. Les pontifes, dans le temple, portent la tiare. La tiare repr?ente lh?isph?e, car la couronne a la forme dun cercle. Lap?re Pierre dit aux croyants : vous ?es une nation ?ue, un sacerdoce royal. ( 1Pi 11, 9) Ce que voulant signifier, les clercs romains ou latins forment au sommet de leur t?e limage dune tiare pour symboliser lhonneur sacerdotal. Et sur un c??de leur t?e, une couronne d?ignant la dignit?royale. Cest de cette fa?n que la dignit?royale et la dignit?sacerdotale sont repr?ent?s.

La proph?e atteste que le Christ est pr?re et roi : le Seigneur est notre l?islateur, le Seigneur est notre roi. (Is 111, 22) De m?e : Tu les r?is avec une verge de fer. (Ps 11, 9) Quil soit pr?re, le P?e le t?oigne en disant : Tu es pr?re pour l?ernit?selon lordre de Melchis?ech. (Ps C1V, 4) En se tonsurant ainsi, les clercs latins veulent signifier le sacerdoce et la royaut?du Christ ou que la nation chr?ienne jouit de la dignit?royale et sacerdotale. En d?udant leur face, ils manifestent la puret?du c?r, comme le dit lap?re : Nous qui contemplons ?visage d?ouvert la gloire du Seigneur, nous sommes transform? dans la m?e image. (11 Cor 111, 18) Le visage repr?ente le c?r. Car comme le sommet de la t?e repr?ente la pointe du c?r, lesprit qui, en ce lieu, est appel?c?r est la plus haute partie de l?e. Le c?r, repr?ent?par la face doit toujours bannir les pens?s terrestres pour pouvoir contempler la gloire de Dieu avec un regard pur et sinc?e, et ?re transform?en elle par la gr?e de la contemplation.

On lit du bienheureux ap?re Pierre et dun grand nombre dap?res ou de disciples quils se sont ras?la barbe et la t?e. Que lap?re Pierre ait agi ainsi en t?oignent les images des catacombes. En d?it de cela, lap?re et les premiers chr?iens nont pas ?happ?aux censures des Grecs. Personne avant la loi et apr? l?angile na soulev?cette question. Que les empereurs grecs cessent donc de bl?er ce qui ne m?ite aucune condamnation. Si le rasage de la barbe est un p?h? ou une transgression de la loi, quils nous expliquent pourquoi le Seigneur a ordonn??un proph?e de se raser la barbe; pourquoi les nazar?ns se comportaient ainsi, et pourquoi les ap?res nont pas ex?rer cette coutume. Mais faisons fi de cette sanction, car elle nest bas? sur aucun raisonnement solide, sur absolument rien de s?ieux. Et si nous navions pas redout?que ces accusations ne soient des occasions de chute pour les faibles, nous ne leur aurions pas fait lhonneur dune r?onse.
 
 

CHAPITRE SIXIEME
 
 

Nous allons nous pencher maintenant sur lobjection suivante. Ils reprochent aux Romains de condamner les noces parce que non seulement ils ne permettent pas aux pr?res de prendre femme, mais ils linterdisent. Les condamnations pr??entes semblaient motiv?s par la superstition. Mais ici, nous constatons de la surprise, et m?e de la douleur. Ils sont estomaqu? parce que, ?ant loin de la lumi?e de la sagesse, ils ne peuvent pas comprendre que ce nest pas du bl?e que m?itent les Romains mais des louanges. Car le bien de la continence et de la chastet?est si pr?ieux et respectable que m?e les Gentils lont en v??ation. Et comme il est admirable dans tous les ordres, il lest surtout chez les pr?res et tous les ministres du saint autel. Dautres vertus, sans doute, les qualifient pour le sacerdoce, mais la splendeur de la saintet?et lhonneur de la chastet?les en rendent encore plus dignes. Ils sont ?plaindre si, tout en sachant cela, et militant contre leurs propres consciences, ils ne rougissent pas de juger r?r?ensible ce quils savent ?re louable. Ils devraient redouter ce dont parle lEsprit saint par Isa? : Malheur ?ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, appelant le jour la nuit, et la nuit le jour. (Is V, 20)

Comment peuvent-ils conclure que les romains bl?ent le mariage si, tout pr? deux, des ??ues et des pr?res ne sengagent pas dans les liens du mariage. Si on doit les consid?er comme des contempteurs du mariage, il faut traiter de la m?e fa?n les saints de lancien et du nouveau testament. Elie le proph?e, qui ouvrait ou fermait le ciel ?volont? et qui a ??emport?aux cieux par le minist?e des anges, ne contracta pas de mariage. Le proph?e J??ie, sanctifi?dans le ventre de sa m?e, a fait passer avant le mariage le bien de la virginit?et la puret?de la chastet? Daniel, appel?lhomme des d?irs, choisit la continence de pr??ence ?lunion conjugale. Parce quils ne se sont pas engag? dans les liens du mariage, ils nont pas pour autant condamn?les noces. Le sauveur a pr???na?re dune vierge, mais pour donner son approbation au saint mariage, il ne refusa pas de participer ?des noces. Jean a m?it?un amour particulier de la part de J?us parce quil avait choisi de suivre J?us plut? que la femme. Lap?re Pierre ne m?risa pas le mariage avant davoir re? la dignit?de lapostolat. Mais transform?par la charge apostolique qui le destinait ?la pr?ication de l?angile, il neut plus de relation sexuelle avec son ?ouse, m?e sil ne la r?udia pas. Nous ne doutons pas que cest ce quon fait les autres ap?res. Mais jamais quelquun qui est sain desprit na pens? que, pour avoir choisi la continence, ils condamnaient les mariages.

De plus, comment peut-on accuser les Romains de condamner le mariage quand des noces sont c??r?s chez eux, et quand des enfants sont procr?s de mariage l?itime ? Le bienheureux ap?re Paul ?rit aux Corinthiens : Jaimerais que tous les hommes soient comme moi, mais chacun a re? de Dieu un don propre, ?lun ceci, ?lautre cela. (1 Cor V11, 7). Cest l?quil a donn?aux ?oux des pr?eptes sur la fa?n de se traiter mutuellement, expliquant que le corps du mari?ne lui appartenait plus mais ?l?ouse, et celui de l?ouse au mari; et que chacun ne pouvait en disposer quavec la permission de lautre. Cest pourquoi il dit en conclusion : je nen fais pas un ordre. Je tiens compte de votre faiblesse. Et cest apr? avoir dit cela quil ajoute : je voudrais que tous soient comme moi. Il nous fait comprendre par ces paroles quil est c?ibataire et quil est libre de tout lien de mariage. Ailleurs il avait dit : Navons-nous pas, nous aussi, le droit damener avec nous une femme s?r ? Il na pas peur de pr?er les m?es intentions ?Barnab?, son compagnon : Barnab? et moi navons-nous pas ce droit ? (ibid 6) Mais apr? avoir parl?dans ce sens, il na jamais condamn?le mariage. Il a m?e donn?des pr?eptes aux ?oux, et a exhort?les incontinents ?se marier plut? qu?br?er. Loin de r?rouver le mariage, le Sauveur et Paul ont d?r??que la femme ne pouvait pas quitter son mari, ni le mari sa femme sans devenir adult?es.

Cependant, voulant faire l?oge de la continence, le bienheureux Paul ?rit ce qui suit aux Corinthiens : Voici ce que je vous dis, fr?es : le temps est court. Il reste que ceux qui ont des ?ouses soient comme nen ayant pas. Ceux qui pleurent, comme ne pleurant pas. Ceux qui se r?ouissent, comme ne se r?ouissant pas. Ceux qui ach?ent comme ne poss?ant pas. Ceux qui usent de ce monde comme nen usant pas. Car elle passe la figure de ce monde. (1 Cor V11, 29-31) Celui qui, plus haut, avait donn?aux incontinents la permission de se marier, lavait dit comme apportant un rem?e salutaire ?des infirmes. Car il avait dit : il vaut mieux se marier que de br?er. Il pr?ente maintenant des freins la luxure en disant : ceux qui ont des ?ouses comme nen ayant pas. Que dit-il dautre que de r?rimer la recherche lascive du plaisir, et de concentrer ses int??s sur lamour des enfants plut? que sur lesclavage du service de la chair. Cest pour cela quil avait dit plus haut : cest une bonne chose de ne pas toucher ?la femme. (ibid. 20) Ce quil avait en ce lieu conc???linfirmit? il essaie par la suite, den mod?er lusage, quand il dit : Que ceux qui ont des ?ouses soient comme nen ayant pas. Avertissant quil ne faut pas toujours faire des concessions ?la faiblesse, mais sinitier ?la saintet?de la chastet? La figure du monde cherche la post?it?charnelle, la joie de la naissance des enfants, et exulte dans la grande quantit?des parents. Et le monde est proche de la fin, comme le dit si bien saint Jean : cest la derni?e heure. Ce nest pas la propagation charnelle quil faut d?irer, mais la spirituelle. Pour que ceux qui vivent ne vivent pas pour eux, mais pour le Christ qui est mort pour eux, et est ressuscit? (1 Cor V, 15) Il dit que ceux qui pleurent soient comme ceux qui ne pleurent pas, pour que lespoir des joies c?estes les console de la ruine et des tribulations du monde. De la m?e fa?n, ceux qui se r?ouissent pour un temps des biens de ce monde, quils soient comme ne se r?ouissant pas, pour que, m?risant les joies du bonheur terrestre ?cause de leur inconsistance, ils se r?alent des biens spirituels ternels, pr??ant poursuive ce qui est incorruptible et imp?issable. De la m?e fa?n, que ceux qui ach?ent ne d?irent pas poss?er ici-bas, mais quils d?irent les tr?ors du ciel, disant avec le psalmiste : Car quest-ce qui est ?moi dans le ciel, et quai-je voulu de toi sur la terre ? (Ps X11, 25) Cest ainsi quils usent de ce monde comme nen usant pas, non comme quelque chose quon accapare, mais qui passe; ?ant en chemin, non dans la patrie; et quon poss?e pour sen d?aire, non quon aime et dont on jouit. Et il dit en conclusion : Je voudrais que vous soyez tous sans souci. Celui qui est sans femme se soucie des choses de Dieu, comment lui plaire. Celui qui a une ?ouse se soucie des choses de ce monde, comment plaire ?sa femme; et il est divis? Une femme non mari?, une vierge, pense aux choses du Seigneur, quelle soit sainte desprit et de corps. Celle qui est mari? pense aux choses du monde, comment plaire ?son mari. (1 Cor V11, 32-34)

Que les empereurs des Grecs, qui critiquent la continence des pr?res romains, nous disent dans quelle cat?orie ils placent les ministres de lautel. Veulent-ils quils soient sans souci, comme lenseigne lap?re, ou quils soient plong? dans les tracas du monde, comme il ne le souhaite pas. Car, sils sont sans femme et libres des soucis du monde, ils ne se soucient que des choses de Dieu, ne cherchant en tout temps ?plaire qu?lui seul. Ils m?itent ce qua conseill?lap?re : Tout ce que vous faites, faites-le au nom du Seigneur. (Col 111, 17) Sils se lient ?une ?ouse, ils sont n?essairement prisonniers des pr?ccupations du monde. Ils cherchent ?plaire ?leurs femmes, non ?Dieu. Et ceux qui sont ainsi engag? sont divis?, car une moiti?de leur c?r est ?leur ?ouse, et lautre moiti??Dieu. Ils ne peuvent pas dire comme le proph?e : Jai dit, Seigneur, que ma portion ?moi est de garder ta loi. (Ps CXV111, 57) Ni comme J??ie : Ma part ?moi, mon ?e, cest le Seigneur. Cest pourquoi je lexalterai. (Thren 111, 24) Lap?re a bel et bien dit : La femme qui nest pas mari?, la vierge, pense aux choses de Dieu, d?re sainte de corps et d?e. ( 1Cor V11, 34) Est-ce quil convient aux pr?res du Seigneur et aux ministres de lautel d?re inf?ieurs aux femmes non mari?s, aux vierges ? Ne pensant quaux choses de Dieu, elles se conservent saintes dans leur corps et dans leur esprit. Tandis queux, pensant aux choses du monde, ils rejettent la saintet?du corps et de lesprit. Ils sont priv? de lune et lautre saintet?ceux qui, pensant aux choses du monde, sefforcent de plaire ?leurs ?ouses. Cest lap?re qui le dit : Celle qui est mari? pense aux choses du monde, comment plaire ?son mari. (ibid) Le Sauveur na-t-il pas dit quon ne peut pas servir deux ma?res ? (Mat V1, 24) Donc, les ??ues et les pr?res dans la mesure o?ils cherchent ?rendre ?leurs ?ouses ce qui leur est du, ne peuvent pas penser ?ce quils doivent ?leur ma?re en tant que serviteurs. Les clercs disent que leur lot est le Seigneur et quils nont pas dautre h?itage que le Seigneur. Or les pr?res qui se font les serviteurs de leurs ?ouses et qui pensent aux choses du monde, ont rejet?lh?itage du Seigneur quils auraient du avant tout convoiter. Le Seigneur nest plus la seule chose quils poss?ent. Car ?ant toujours unis au monde en y pensant constamment, ils ne peuvent pas ?re unis au Seigneur. Puisque leurs pens?s ont ?ous?le monde, et quils sont du monde, ils ne peuvent pas se tourner exclusivement vers le Seigneur et en jouir par la m?itation.

Il y a de quoi s?onner que les empereurs Grecs critiquent les pr?res du Seigneur qui s?oignent de lembrassement des femmes, pour quils ne soient retenus par aucun lien mondain, et quils puissent totalement appartenir au Christ apr? avoir foul?au pied le monde. A quel point le lien conjugal apporte demp?hement ?la pri?e continuelle, le bienheureux Paul le laisse entendre quand il dit : Je dis ce qui vous est avantageux, je ne vous tends pas de pi?e. Je vous parle de ce qui est honn?e et qui rend possible de supplier Dieu sans emp?hement. (1 Cor V11, 35) En parlant ainsi en toute clart? il montre que ceux qui se font les serviteurs de leurs ?ouses ne trouvent pas les moyens dadorer Dieu continuellement, ou m?e souvent. Que les censeurs de la continence nous disent quelle sorte de pr?res ils d?irent avoir : ceux qui, conservant la saintet?de la puret? ont le loisir de supplier Dieu sans emp?hement, qui demeurent saints, qui habitent toujours avec des saints, qui m?risent le monde et contemplent les choses c?estes, ou ceux qui, retenus par les liens matrimoniaux, ne peuvent pas toujours demeurer dans les saints lieux, ni m?riser le monde, ni prier en tout temps pour le peuple qui leur est confi? Ce sont des gens qui sont tellement ?oign? de la pens? de lap?re quils se persuadent que la continence, la chastet?sacerdotale est une condamnation du mariage. Ils ont oubli?ce qua dit lap?re : Je dis cela pour votre avantage, parlant de la continence. Et bient? apr?, se rappelant notre infirmit? il ajoute : Je ne dis pas cela pour vous tendre un pi?e. Car il montre ce quil d?ire, mais il consid?e que chacun a re? de Dieu un don qui lui est propre, un celui-ci, un autre celui-l? Et il ajoute au sujet de ce quil conseille : mais ?ce qui est honn?e. En parlant dhonn?et? il met la virginit?avant le mariage. Non pas parce quil condamne les noces, car il enseigne que le mariage est bon mais que la continence lui est sup?ieure. Lint?rit?virginale a la palme.

Ils ne sont donc pas r?r?ensibles les romains ou les latins qui interdisent aux ??ues et aux pr?res de se marier. Car loin de les juger dignes de bl?e lap?re, les encourage ?demeurer continents, ?ne pas contracter le lien du mariage, pour avoir toujours le loisir de prier pour leurs ouailles. Car ceux qui, ?tout moment, peuvent ?re appel? ?consacrer les sacrements du corps et du sang du Seigneur, comment pourraient-ils ?re au service de leur conjointe ? Quand David vint daupr? dAbim?ec vers le pr?re, il ne m?ita pas de disposer des pains consacr? avant de s?re purifi? lui et ses soldats de tout contact avec les femmes. Et qui ignore que le myst?e du corps et du sang du Christ est plus v??able que les pains qui, ?chaque sabbat, ?aient plac? sur des tables dans le temple. Et sil n?ait pas permis de manger de ces pains ?ceux qui ne s?aient pas abstenus de toute relation sexuelle pendant trois jours, comment serait-il permis de toucher aux choses saintes ?ceux qui se sont fait serviteurs des femmes, et qui ne sabstiennent pas de tout contact avec elles. Sils scrutaient le myst?e de l?lise de Thessalonique, ils estimeraient quil faut d?oser les clercs qui ont pris femme avant la cl?icature. Il est donc ?onnant que les empereurs grecs bl?ent chez les Romains ce quils supportent patiemment chez les Thessaloniciens. Si cest ?notre ?oque quils ont donn?leur assentiment ?cette superstition, quils se souviennent, quelque soit la solidit?de leur conviction, que leurs anc?res ont pens?comme les Romains.

Venons-en donc aux d?rets eccl?iastiques, pour quon sache ce quil leur a plu de formuler l?dessus. Le concile de Nic?, au temps de lempereur Constantin premier, qui r?nissait trois cents ??ues, a d?r??ce qui suit : Par lautorit?du grand synode, il est interdit ?tout ??ue, tout pr?re, tout diacre, tout clerc de garder une femme chez lui, ?moins quelle soit sa m?e, sa s?r, sa tante, ou quelquun qui soit ?labri de tout soup?n. Quils ?outent les empereurs grecs et quils jugent ! Les clercs dont on vient d?um?er les cat?ories peuvent-ils se marier, sil leur est interdit de cohabiter avec une femme, ?moins quelle soit ?labri de tout soup?n. Car, qui tient maison ne peut pas, en plus de son ?ouse, ne pas avoir dans sa maison dautres femmes qui voient aux besoins de l?ouse et ?lentretien m?ager. En commandant de ne faire entrer dans la maison que les femmes qui sont au-dessus de tout soup?n, il est ?ident quon interdit par l?m?e toute union conjugale, qui ne peut pas exister sans lembauche dautres femmes. Le concile de N? C?ar? a ainsi statu : Sil prend femme, le pr?re est d?os? Sil p?he par fornication ou sil devient adult?e, il doit ?re ?plus forte raison rejet?et r?uit ?faire p?itence. Ce que ces canons ont d?r?? les Romains et tous les occidentaux se sont, jusqu?pr?ent, efforc? de le conserver, sachant que doit ?re observ?par tous tout ce qui est manifestement religieux et digne d?re pr?ent??Dieu. Que les Grecs nous fassent savoir sils sappliquent vraiment ?observer ce qui a ?? d?r?? Sils le font, cest vainement quils accusent les Romains, des gens qui, comme eux, observent les d?rets synodiques. Mais sils font peu de cas de ce qui a ??d?r?? ils sont coupables de d?ob?ssance envers les constitutions apostoliques. Ce qui a ??stipul?en Orient a ??fort peu observ?par les Orientaux. Je m?onne que les empereurs grecs sefforcent de criminaliser chez les Occidentaux ce qui a ??d?r??par la discipline de lEglise, alors quils savent fort bien queux aussi, sont tenus de lobserver. Sils ignorent les lois eccl?iastiques, qui ne sait que m?itent d?re condamn? ceux que fait parler non la gravit?de la sagesse, mais la l??et?de lignorance.

Dans le concile de Carthage de 424, au canon 37 : On rapporte que certains clercs sont incontinents envers leurs propres femmes. Il a donc plu au concile que les ??ues, les pr?res et les diacres pratiquent la continence m?e avec leurs ?ouses, comme le veulent les d?rets anciens. Sils ne le font pas, quils soient priv? de leur fonction. Ce texte nous montre non seulement que les ??ues, les pr?res et les diacres ne peuvent pas se marier, mais quils doivent sabstenir de tout rapport sexuel avec les ?ouses quils ont prises avant leur ordination. Sils avaient ?c?r dobserver ces lois, ils comprendraient labsurdit?de leurs reproches injustes. Autrement, quils bl?ent non seulement les Romains, mais les ??ues de toute lAfrique; et tous les orientaux, ??ues, pr?res et diacres qui continuent dobserver les canons de leurs anc?res, pour ne pas ?re des transgresseurs des constitutions eccl?iales.

Dans le livre des constitutions de lempereur Julien, voici ce qui est stipul? au chapitre vingt quatri?e : Quand quelquun devient ??ue, il ne doit avoir ni ?ouse, ni concubine, ni b?ards. Si quelquun contrevient ?cette r?le, est priv?de lhonneur de l?iscopat, aussi bien celui qui a ??ordonn?que celui qui la ordonn? Quils r?l?hissent donc, les empereurs grecs, eux qui accusent calomnieusement les romains de condamner le mariage parce quils ne permettent ni aux ??ues, ni aux pr?res, ni aux diacres de contracter mariage. Ne voient-ils pas ici ?rites en propres lettres leurs propres lois ? Voici Justin, lempereur des Grecs, qui stipule que celui qui va devenir ??ue ne peut avoir ni femme ni concubine. Vous avez, vous autres, statu?exactement le contraire, vous qui accordez aux ??ues et aux pr?res les droits du mariage. Les lois promulgu?s par vos anc?res privent de lhonneur de l?iscopat ceux qui les enfreignent. Mais ceux qui les observent ces lois, vous les accusez de m?riser le mariage, et vous les privez de votre communion. Il appert donc que vous d?aignez les lois eccl?iastiques et vos propres statuts. Vous ?es ainsi convaincus de p?her doublement, i.e. en tant que transgresseurs des droits divins et humains et des constitutions eccl?iastiques.

Voici un autre chapitre des constitutions de lempereur Justin : A tous les pr?res, diacres et membres du clerg? qui, selon les lois divines, vivent sans femme, nous interdisons nous aussi davoir une femme dans leurs maisons qui ne soit ni leur m?e, ni leur s?r ni une femme ?labri de tout soup?n. Si quelquun va contre cette interdiction et garde dans sa maison une femme qui nest pas ?labri de tout soup?n; et si l??ue entend dire que ce pr?re ne doit pas cohabiter avec cette femme, et si le pr?re ne veut pas la renvoyer, ou si, apr? avoir ??accus? la preuve est faite quil ne vit pas de fa?n honn?e avec cette femme, que l??ue applique les cannons eccl?iastiques et le renvoie. Le clerc doit ?re remis au tribunal civique. La loi pr??ente portait surtout sur les v?ues, m?e si elle sappliquait aussi aux autres clercs. Ce qui nest pas permis ?l??ue est interdit aussi aux ministres de lautel qui c??rent les myst?es du corps et du sang du Christ. Si, dans le premier texte, napparaissait pas clairement ce qui a trait aux pr?res et aux diacres, la pr?ente interdiction enl?e lombre de tout doute. Elle interdit clairement ?tous les pr?res, diacres, sous diacres et tous les clercs qui nont pas le droit de se marier, de garder dans leur maison dautres femmes que leur m?e ou leur s?r ou des femmes au-dessus de tout soup?n, Les pr?aricateurs, une fois reconnus tels, seront priv? de leur office et renvoy? au pouvoir s?ulier.

Nous ne pensons pas que les ?lises des Grecs pensent du mariage des pr?res ce quen disent les empereurs de Constantinople. Quils se gardent donc de contredire les constitutions eccl?iastiques et de bl?er ce que lEglise a observ?et a continuellement conserv?de plein droit. Si les pouvoirs s?uliers ont la pr?omption dabolir et dinterdire les lois eccl?iastiques et humaines, je m?onne quils ne r?lisent pas que leurs d?rets non seulement l?lise occidentale les r?rouve, mais quils ne sont m?e pas re?s par l?lise orientale, ?part par ceux quoppresse la cruaut?de la tyrannie. Mais la menace du Seigneur devrait les faire trembler : Celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, quon lui mette au cou une meule de moulin et quon le jette dans la mer. Elle demeure inchang? la parole de J?us ?Pierre : Tu es Pierre, et sur cette pierre j?ifierai mon ?lise.

Nous trouvons la m?e chose au m?e lieu : Aucun ??ue ne doit habiter avec une femme. Sil est prouv?quun ??ue na pas observ?cette r?le, quil soit priv?de lhonneur de l?iscopat, car il sest montr?indigne du sacerdoce. Que les glorieux empereurs des Grecs disent quelle pr?omptueuse audace leur enl?e la peur de se gendarmer contre les constitutions eccl?iales, contre les lois de lEglise, et contre une coutume qui a ??observ? jusqu?nos jours. Ils ont le front de r?rimander les Romains et les Latins parce quils interdisent le mariage aux ??ues, aux pr?res et aux diacres et aux sous diacres. Ils sont r?ut? par les lois imp?iales elles-m?es qui, approuvant les Romains, condamnent ceux qui les enfreignent. Dans lancien testament, les l?ites ou les pr?res qui servaient au temple ou au tabernacle ne sapprochaient pas de leurs femmes. Ils ne pensaient pas pouvoir c??rer des choses saintes ?moins de s?re sanctifi? eux-m?es.

Et vous dites, vous autres, que les pr?res, dont cest la fonction de c??rer ?chaque jour le myst?e du corps et du sang du Christ, nont pas ?se retirer momentan?ent de lautel pour sacquitter de leurs devoirs conjugaux, et quil ny aucune diff?ence entre les la?s et les ministres de lautel. Si on vous demande do?est n? une telle opinion, vous ne pourrez montrer aucune autre raison que linexp?ience et la jactance. Cest de ces choses qua coutume de na?re la t??it?de la l??et?

CHAPITRE SEPTIEME

Venons donc ?la prochaine objection : aupr? des fonts baptismaux, les pr?res noignent pas le front des baptis? avec du saint chr?e. Cette objection, comme les autres, provient plus de la l??et?que de la r?lexion. Que font-ils dautre que donner ? leur coutume eccl?iale lautorit dune loi divine ? Mais ce qui se pratique chez les Romains et les latins provient de l?angile et des actes des ap?res. On y voit clairement que cest l??ue qui donne la gr?e du Saint Esprit par lonction du saint chr?e sur le front.

Il appert que la gr?e du Saint Esprit est donn? par l??ue au moyen de lonction du saint chr?e sur le front du baptis? L?angile atteste que cette onction na ??conc?? ?nul autre qu?l??ue. Quand J?us apparut ?ses disciples apr? la r?urrection, il souffla sur eux et leur dit : Recevez lEsprit saint. Les p?h? seront remis ?ceux ?qui vous les remettrez, et retenus ?ceux ?qui vous les retiendrez. (Jn XX, 22) Si donc la r?ission des p?h? est accord? par lEsprit Saint, et sil apparait que ce pouvoir a ??donn?tout sp?ialement aux ap?res, cest ?bon droit que cette gr?e est r?erv? aux ??ues, les successeurs des ap?res.

Nous lisons dans lExode que Mo?e a ordonn?pr?res Aaron et ses fils en les oignant du saint chr?e. Dans lancien testament, les rois et les ??ues ont ??oints de lhuile sainte par le pontife. Et ceci en tant quils sont une figure du vrai roi et du vrai pr?re, notre Seigneur J?us-Christ. Cest de lui que parle le psalmiste : Dieu, ton Dieu, ta oint de lhuile dall?resse, de pr??ence ?tous tes compagnons. (Ps XL1V, 8) Il est clair que lEglise est le corps du Christ roi et pr?re. Tout le peuple chr?ien est donc une nation royale et sacerdotale. Cest pour cela quapr? le bain de la r???ation, nous sommes oints pour nous incorporer au Christ, et cela seulement par ceux qui, dans lancien testament, oignaient les rois et les ??ues, les pontifes.

Et dans les actes des ap?res : Quand les ap?res qui ?aient ?J?usalem entendirent que la Samarie avait re? la parole de Dieu, ils leur envoy?ent Pierre et Jean. Quand ils arriv?ent, ils pri?ent sur eux pour quils re?ivent lEsprit saint. Il n?ait descendu sur personne dentre eux, car ils navaient ??baptis? quau nom du Seigneur J?us. (Ates V111, 14 et suivants) Ils avaient dabord ??baptis? au nom de la sainte Trinit? qui est pr?ente dans le nom de J?us, cat toute linvocation de la trinit?est contenue dans le nom de J?us. Ils avaient ?? baptis?, mais ils navaient pourtant pas re? lEsprit Saint. Apr? le bapt?e, apr? que les ap?res Pierre et Jean leur eurent impos?les mains, alors, mais alors seulement, ils re?rent lEsprit Saint. LEglise a conserv?jusqu?aujourdhui cette r?artition des t?hes. Les fid?es sont baptis? par les pr?res, mais la gr?e du Saint Esprit est communiqu? par limposition des mains des ??ues. Ce qui se fait quand les fronts des baptis? sont oints du saint chr?e par les ??ues.

Dans les m?es actes : Quand Apollon et Paul ?aient ?Corinthe, apr? avoir parcouru plusieurs territoires, ils parvinrent ?Eph?e. Ils trouv?ent l?des disciples. Paul leur demanda sils avaient re? lEsprit Saint. Ils lui r?ondirent : nous navons m?e pas entendu dire quil y ait un Esprit Saint. Il leur demanda : au nom de qui avez-vous ??baptis? ? Ils r?ondirent : nous avons ??baptis? dans le bapt?e de Jean. Paul leur expliqua : Jean baptisait le peuple dun bapt?e de p?itence, en leur disant de croire ?celui qui viendrait apr? lui, en J?us. Et quand Paul leur imposa les mains, lEsprit saint vint sur eux, ils parlaient en langue et proph?isaient. (Act X1X, 1 et suivants.) On voit ici que Paul ne les a pas baptis?, mais quil a ordonn?quils soient baptis?. Apr? quils aient re? le bapt?e, il leur a impos?les mains. Et cest alors que vint sur eux lEsprit Saint. Nous apprenons par ces textes que la gr?e du bapt?e est conf?? par les pr?res, mais que ce nest que par les ??ues que le don du Saint Esprit est octroy? quand ils imposent les mains et oignent les fronts des baptis? avec le saint chr?e.

Et en v?it? entre les pr?res et les ??ues il ny a pas une petite diff?ence. Les pr?res, comme ceux de tous les ordres, sont consacr? par le minist?e des ??ues. Et les ??ues ne re?ivent pas la b??iction des pr?res. Ce sont les ??ues qui sanctifient le saint chr?e, et consacrent lhuile. Tous les grades eccl?iastiques agissent sous la gouverne de l??ue. Ce que consid?ant, les hommes d?lise ont statu?que les fronts des baptis? ne seraient pas oints du saint chr?e par les pr?res, mais par les ??ues. Comme on lit dans les actes de saint Sylvestre : Celui-ci a d?id?que le saint chr?e serait confectionn?par l??ue, et que ce soit le privil?e de l??ue de signer les baptis? avec le saint chr?e, ?cause des accusations des h??iques. Le pape Innocent a d?r??dans ses d?r?ales : Il est ?ident quil nest permis qu?l??ue de signer les enfants. Car les presbytres, bien quils soient pr?res, ne poss?ent pas la pl?itude du sacerdoce.

Quil fasse laisser aux seuls ??ues la charge de signer et de livrer le Saint Esprit, ce nest pas seulement une coutume eccl?iastique qui nous lindique, mais la lecture des actes des ap?res. Ces actes nous racontent que des ap?res ont ??envoy? par le coll?e apostolique pour communiquer lEsprit saint ?des gens qui avaient d????baptis?. Il est vrai quil est permis aux pr?res quand ils baptisent en labsence ou en pr?ence de l??ue doindre les baptis? dun chr?e qui a ??consacr?par l??ue. Mais non doindre le front avec de lhuile, ce qui nest permis quaux ??ues quand ils communiquent lEsprit saint. De l?vient que tous les ??ues occidentaux, ?la suite de leurs anc?res, ont maintenu la tradition de ne pas permettre aux pr?res doindre le front des baptis?, mais sen sont r?erv?le privil?e. Ils ne confectionnent pas non plus le chr?e avec de leau de la fontaine, comme vont persiflant les Grecs, mais avec du suc de baume et de lhuile dolive. Non seulement en Gr?e, mais dans toutes les ?lises.
 
 

CHAPITRE HUITIEME
 
 

Cest faussement et avec beaucoup de l??et?quils accusent les Romains de sacrer quelquun ??ue avant quil ait ?? ordonn?pr?re. Accusation aussi mensong?e que celle de consacrer un agneau ?P?ue. En mentant aussi effront?ent, ils oublient que toutes leurs autres accusations se fondaient sur lautorit?de la foi. Ils devraient redouter ce que dit lEsprit Saint : Lhomme sanguinaire et menteur Dieu la en abomination. (Ps V, 7) Et : Tu perdras tous ceux qui disent des mensonges. (ibid.) Et dans Salomon : Le faux t?oin ne restera pas impuni. (Prov. X1X, 5) Ils nous reprochent de sacrer ??ue un diacre. Comment ne comprennent-ils pas quils plaident contre eux-m?es, puisque, contre toutes les r?les eccl?iastiques et les d?rets imp?iaux, ils font incontinent dun la? un ??ue. LAp?re avait pourtant interdit quun n?phyte soit consacr???ue. (1Tim 111, 6) Lempereur Justinien lui-m?e a stipul?dans ses constitutions eccl?iastiques : Il nest pas permis de passer directement du la?at ?l?iscopat, ni de recevoir tous les ordres en m?e temps. Il faut que celui qui devient ??ue nait ni ?ouse, ni concubine, ni enfants, ni b?ards. Sil contrevient ?ces prescriptions, sera expuls?de lhonneur de l?iscopat, autant celui qui a ordonn?que celui qui a ??ordonn? Il nest pas permis de donner de largent pour devenir ??ue. Celui qui devient ??ue doit ?re soit moine soit clerc. Il doit avoir fait partie du clerg?au moins pendant six mois. Ce ne sont donc pas seulement les constitutions eccl?iales mais imp?iales que lon enfreint quand on promeut un la? ??ue. Il fallait dabord l?rouver et lui enseigner les constitutions eccl?iastiques. Celui qui a avanc?par la voie royale, en recevant successivement chacun des ordres mineurs et majeurs, est digne de se rendre au sommet de la dignit?eccl?iastique. H?as, les empereurs grecs, faisant fi des lois humaines et divines, font instantan?ent ??ues des la?s fra?hement tonsur?. Et ceux qui n?aient pas dignes de recevoir le moindre des ordres mineurs, sont ?ev? au sommet des honneurs supr?es. Et agissant ainsi, ils ne rougissent pas de calomnier lEglise du Christ avec un tissu de mensonges, sans redouter les menaces du Sauveur : Celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, qu on lui attache au cou une meule de moulin et quon le pr?ipite dans la mer. (Matt. XV111, 6) Pour que ceux que la charit?ne soumet pas ?la sainte crainte soient condamn? ?la peine de mort, et engloutis par les flots de perdition.

Mais do?vient cette pr?omption inou? qui leur fait imputer de faux crimes aux Romains ? Pour aucun autre motif que, ignorant la nature de leur statut, ils ambitionnent de sapproprier la principaut?qui ne leur a ??accord?, ni par le Christ, ni par les ap?res, ni par les p?es de l?lise. Ils se sont faits les imitateurs de celui qui disait dans son c?r : Je monterai au-dessus des nuages, et j??erai mon tr?e au-dessus des ?oiles du ciel. Je placerai mon si?e sur les plus hautes montagnes, et sur les bords de lAquilon. (Is X1V, 13, 14) Car que disent-ils dautre ces empereurs grecs qui usurpent la principaut?eccl?iale, et sapproprient la sublimit?de la charge apostolique. Ils d?irent ?ablir leur tr?e au-dessus des astres du ciel, i.e. ?re au-dessus des conciles et des synodes, et usurper lhonneur qui est du aux patriarches. En se soumettant l?lise enti?e, ils se rendent semblables au Christ.

Ils ne peuvent citer aucun p?e qui leur conc?e ce droit, aucune loi eccl?iastique qui le leur conf?e, aucune loi humaine qui le leur assigne. En voulant tout sapproprier, ils laissent assez clairement ?entendre quils d?irent que le patriarche de Constantinople ait pr??nce sur le pape de Rome, quil soit sup?ieur ?l??ue de Rome, comme sils avaient le pouvoir de changer ?leur gr?les lois eccl?iastiques, et de disposer de la principaut?

Ils devaient quant m?e se souvenir que le Christ est la t?e de toute lEglise, et que le P?e lui a dit par le Proph?e : Je te donnerai les nations en h?itage, et les confins du monde comme ta possession. (Ps 11, 8) Cest lui la pierre d?ach? sans mains de la montagne qui fracassera et r?uira en poussi?e tous les royaumes du monde. (Matt. XV1, 18) Cest lui qui a dit ?Pierre : Tu es pierre, et sur cette pierre je b?irai mon ?lise. Et les portes de lenfer ne pr?audront point contre elles. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux. Paul apporte lui aussi son t?oignage : Celui qui a op??en Pierre dans lapostolat aupr? de la circoncision a op??aussi en moi chez les Gentils. (Gal 11, 8) Que ces deux ont re? le principat du Christ, quils se sont dirig? vers Rome et y ont souffert leur passion, le d?ontre lhistoire de l?lise. Car ces deux princes sont all? l?o?se trouvait la capitale du monde. Et comme le sauveur a voulu illustrer J?usalem par sa naissance, sa doctrine, ses miracles, sa mort, sa s?ulture et sa r?urrection, il a choisi la ville de Rome et la rendu glorieuse par le sang des princes des ap?res, leur tombeau, leur m?oire, et leur doctrine. Et comme le Christ de la J?usalem c?este assis ?la droite du P?e est honor?Roi et Seigneur par les ch?rs des anges et de tous les saints, de la m?e fa?n Pierre et Paul obtiennent la principaut?dans l?lise p?erine, tous les fid?es du Christ leur ?ant soumis par toute la terre.

Cela, lantiquit?latteste et les ?rits des P?es le confirment. Dans son histoire eccl?iastique, Socrate raconte comment les Ariens avaient organis?un synode ?Syrie dAntioche pour renverser et annuler le concile de Nic? et pour condamner Athanase. Il dit dabord que le pr?ident rappela par qui le concile avait ??convoqu? puis il ajouta : Mais Jules, le pape de Rome, ny fut pas pr?ent, et il nenvoya aucun repr?entant. Et pourtant, la r?le eccl?iastique interdit de convoquer des conciles sans laval du pontife romain. Cet historien ?ait un Grec, mais il ne dit quand m?e pas que Constantinople poss?e un pouvoir ?al ?celui de Rome. Il atteste sans ambages que, sans lassentiment ou lordre du pontife romain, aucun concile universel ne peut se tenir.

Au concile de Sardaigne, il a ??ainsi statu : Il a paru bon de d?r?er ce qui suit. Si un ??ue est accus? et sil est condamn?et d?rad?par tous les ??ues de sa r?ion; si celui qui a ??d?os?porte sa cause en appel et se r?ugie aupr? du tr? bienheureux ??ue de l?lise de Rome pour exprimer son point de vue; et si le pape consid?e quil est juste quon r?xamine le cas, l??ue de Rome ?rira ?ceux qui sont dans la province la plus proche pour quils scrutent tout avec soin, et prennent une d?ision conforme ?la v?it? Si celui qui veut que sa cause soit r?uverte obtient du pontife romain quil envoie des pr?res de son entourage, ce sera ?l??ue de Rome, apr? m?e r?lexion, de prendre une d?ision. Et sil juge que soient envoy? les pr?res qui repr?entent laccus?qui doivent ?re pr?ents avec les ??ues accusateurs au moment du jugement, il lui est loisible de le faire. Sil croit quil faut sen tenir ?la d?ision port? par les ??ues de la province de laccus?pour que justice soit rendue, quil agisse selon que lui conseille sa sagesse. Voil?ce qua d?r?? au sujet de la dignit?papale un concile tenu par les Orientaux dans une province dAsie au temps de lempereur romain Constantin le grand, celui-l?m?e qui a fond?la ville de Constantinople, et qui a voulu quelle porte le nom de jeune Rome. Au sujet du patriarche de Constantinople, trouve-t-on rien de semblable qui ait ??d?ini par les ??ues ? Ce texte nous d?ontre que lautorit?du pontife romain lemporte sans conteste sur celle de tous les autres pontifes; que tous les ??ues lont pour chef; et que rel?e de son jugement tout ce qui, dans l?lise, doit ?re soumis ?un tribunal sup?ieur. Cest ?lui ?statuer que continue ce qui a ???abli, que soit corrig?ce qui est erron? et que soient approuv?s les innovations.

Eus?e, l??ue historien de C?ar? donne ce t?oignage dans sa vie du pape Sylvestre : Le quatri?e jour, lempereur Constantin accorda au pontife romain le privil?e d?re, dans tout lempire romain, le chef des pr?res comme le roi lest des juges. Ce privil?e, les conciles lont manifest. Pour quun concile, en Orient ou en Afrique, soit reconnu comme authentique, il faut quil soit pr?id?par un l?at du pontife romain, ou que ce qui a ??d?r??soit approuv?par ?rit par le pape. Cest ce quillustre le concile de Nic?, qui est v???par toutes les ?lises chr?iennes. Les pr?res de la ville de Rome, Victor et Vincent, qui agissaient au nom du pontife romain, ont ??les premiers ?apposer leurs signatures, avant les ??ues, et tout de suite apr? Osius, ??ue de la ville de Cordoue de la province dEspagne, pr?ident du concile, qui y avait ??envoy?par le pontife romain, trop ??pour entreprendre le voyage lui-m?e. Les autres conciles ne se sont pas comport? autrement. La premi?e place a toujours ??accord? aux pontifes romains ou ?leurs l?ats. Cest la pure v?it? que toutes les ?lises, occidentales aussi bien quorientales, ont toujours v???les ??ues de l?lise de Rome en tant que chefs des ??ues, ont eu recours ?leur arbitrage, ont accept?les d?isions quils ont port?s sur des points controvers?, et ont ob? ?leur d?rets. Tous les conciles que les papes ont approuv? ont toujours force de loi ; ceux quils ont condamn? sont consid?? comme non avenus, et nont jamais joui daucune autorit?

Pour bien montrer que les ?rits des p?es corroborent ce que je viens de dire, voici une lettre dun pontife romain. Flavien, ??ue de Constantinople, avait condamn?Eutychen, archimandrite de Constantinople, pour avoir parl?en h??ique de lincarnation du Seigneur. Il fut, ensuite, contre toutes les r?les eccl?iastiques, condamn?par le deuxi?e synode dEph?e. Il en appela au pape L?n, qui demanda ?lempereur Th?dose dannuler le synode. Ce quil fit. Ce qui na pu se faire sous Th?dose, se r?lisa apr? sa mort, sous les princes Valentinien et Marcion qui lui succ??ent.

Voici la lettre quils envoy?ent au pape L?n apr? leur ?ection : Valentinien et Marcion vainqueurs, glorieux triomphateurs, toujours Augustes, au tr? r??end L?n, archev?ue de la glorieuse cit?de Rome. Nous acc?ons au tr?e supr?e de lempire par la providence de Dieu, du tr? excellent s?at, et de toute larm?. Pour honorer la religion catholique et la foi des chr?iens, avec laide desquelles nous esp?ons trouver la force quil faut pour gouverner, nous pensons quil est juste d?rire dabord ?votre saintet?qui d?ient la principaut?dans l?iscopat de la divine foi, lui demandant et la priant de supplier la divinit??ernelle pour la stabilit?de notre r?ne. Toute erreur impie, gr?e ?vous, ayant ??enlev? par la c??ration du synode, que la plus grande paix s?ablisse sur tous les ??ues de la foi catholique. Il ?rit ensuite : Sil pla? ?votre b?titude de venir dans nos rgions et de c??rer le synode, quelle daigne le faire pouss? par lamour de la religion. Sil te semble trop p?ible de te rendre jusqu?nos terres, que ta saintet?nous lindique par ses propres lettres. Que dans tout lOrient, dans la Thrace, et en Illyrie vos lettres sacr?s soient exp?i?s, pour que soit d?ermin??quel endroit tous les saints ??ues doivent se rencontrer, et ce qui est avantageux pour la religion des chr?iens et la foi catholique, comme ta saintet?le d?idera selon les lois eccl?iastiques. Ces lettres des empereurs romains ne montrent pas que le patriarche de Constantinople est le chef du pontife romain. Tout au contraire, elles attestent le plus clairement du monde que le pontife romain d?ient la principaut?sur tous les ??ues, que cest ?sa d?ision quest remise la convocation dun concile, et que les sujets ?traiter doivent ?re d?ermin? par lui.

Les lettres de lempereur Valentinien ?son p?e Th?dose Auguste attestent, elles aussi, que le pontife romain poss?e une dignit?et un rang sup?ieurs ?ceux de tous les autres ??ues : Au seigneur Th?dose, tr? glorieux vainqueur et tr? illustre triomphateur, empereur et p?e, Valentinien glorieux vainqueur et triomphateur, toujours Auguste et fils. Quand je vins dans la ville de Rome pour apaiser la divinit? je me rendis, le jour suivant, ?la basilique du bienheureux Pierre, et, apr? la nuit v??able du jour de lap?re, l??ue de Rome et dautres avec lui r?nis mont demand?d?rire ?votre mansu?ude au sujet de la foi que lon dit perturb?, elle qui est la conservatrice de toutes les ?es des fid?es. Cette foi que nos p?es nous ont transmise nous devons la d?endre avec toutes les armes idoines, et conserver inchang? en notre temps la v??ation due ?la dignit?du bienheureux ap?re Pierre. Car le bienheureux ??ue de la cit? de Rome ?qui appartient la principaut?du sacerdoce au-dessus de tous les ??h? les plus anciens, poss?e le si?e et le pouvoir de juger les ??ues, Seigneur pre tr? saint et v??able empereur. En raison de cette gr?e qui lui a ??donn?, l??ue de Constantinople lui-m?e, comme le veulent les conciles solennels, a fait appel au pape au sujet des dissensions relatives ?la foi.

Galla Placidia, ?alement, m?e dAuguste, ?rivant ?son fils Auguste sur le m?e sujet, lui dit entre autre chose : Ce nest pas un petit dommage qua caus?ce qui vient darriver. Notre foi qui pendant tant dann?s a ??conserv? intacte par notre tr? sacr?p?e Constantin (qui fut le premier empereur qui resplendit du nom de chr?ien) a ??r?emment troubl? au gr?dun seul homme. On raconte que dans le synode dEph?e, il a suscit?la haine de la cit?et des conflits, par la peur des soldats qui ?aient pr?ents, a perscut? l??ue de la cit?de Constantinople parce quil avait envoy?une lettre au si?e apostolique par ceux qui ?aient venus au synode de la part du tr? r??endissime ??ue de Rome, ceux qui ont coutume de sen tenir aux d?initions du concile de Nic?, tr? saint seigneur fils, v??able empereur. Parla gr?e de Dieu, que ta mansu?ude r?iste ?ces ouragans, et quelle ordonne que la v?it?immacul? de la foi chr?ienne soit conserv?, et selon la forme et la d?ision du si?e apostolique, que nous aussi nous consid?ons avec v??ation au-dessus des autres. Que Flavien, entre temps, demeure en possession de tous ses droits, et quil soit remis au jugement du concile et du si?e apostolique, de celui qui a ??digne de recevoir les clefs du ciel et dexercer la principaut?de l?iscopat. Il convient donc que nous manifestions du respect en toutes choses ?cette tr? grande ville qui est la ma?resse de toutes. Pourvoyez avec une grande diligence ?ce que ce qui a ??conserv?par notre g??ation des institutions des premiers si?les ne soit pas amoindri, et que lexemple pr?ent nengendre pas de divisions entre les ??ues et les saintes ?lises.

Il appert de ce texte que le pontife romain ne fut jamais soumis au patriarche de Constantinople. Cest le contraire qui est vrai. Press?par la n?essit? cest l??ue de Constantinople qui a fait appel au si?e de Rome. Il a demand?que la d?ision de Rome mette fin ?la contestation. On voit aussi que la cit?de Rome m?ite plus dhonneur que toutes les villes de lempire romain, et que le pontife romain poss?e la primaut?du sacerdoce sur tous les ??ues. En effet, cette cit?est la ma?resse de toutes, et celui qui exerce la premi?e autorit?de cette ?lise est, dapr? les anciennes constitutions, le chef de toutes les ?lises.

Le pape L?n le v??able, ??ue de Rome, d?enteur de cette autorit? indique ?Anatole, ??ue de Constantinople, quelle forme le concile devait prendre pour condamner Nestorius et Euthyches : Bien que je sache que ton z?e te pousse ?toute bonne ?vre, pour faciliter ta t?he, jai cru utile et n?essaire de tenvoyer, tel que promis, l??ue Lucentius et le pr?re Basile, qui taccompagneront, pour que rien de ce qui se rapporte ?l?at de l?lise universelle ne porte la marque du doute ou de limpr?ision. Chez les v?res comme chez ceux que je vous ai joints pour la r?lisation de notre dessein, tout devra ?re inspir?par la prudence. Que rien ne soit n?lig?de ce qui se rapporte ?la mis?icorde ou ?la justice, et quapr? m?e r?lexion, tout jugement soit port?sans faire acception des personnes. Et encore : La foi ?ang?ique et apostolique expulse toute erreur. Dun c?? elle rejette Nestorius, et de lautre, elle repousse Eutychen et ses partisans.

Rappelle-toi dobserver la r?le suivante : la paix fraternelle sera accord? ?quiconque fera satisfaction pour les fautes commises dans ce synode qui ne peut ni avoir ni m?iter le nom de synode, et dans lequel Dioscore montra sa mauvaise foi et Juv?al sa duplicit? QuEutyches et son dogme ne soient pas condamn? sur des textes ?lauthenticit?douteuse, et que ses comparses ne soient pas anath?atis? sans raison. Ceux qui alors p?h?ent le plus gravement, et qui, par l?m?e, jou?ent un r?e pr?ominant dans ce malheureux concile, abusant par leur arrogance de la simplicit?des humbles fr?es, sils venaient ?entuellement ?r?ipiscence, et cessant de justifier ce quils ont fait, finissaient par condamner leur erreur, quils fassent une demande de pardon qui m?ite d?re accord?. Mais elle sera r?erv? ?la m?e r?lexion du si?e apostolique, pour que, apr? avoir tout bien pes?et examin? il puisse d?erminer ce quils devront faire pour obtenir le pardon. Et dans l?lise que Dieu a voulu que tu pr?ides, tu ne prononceras le nom daucun de ceux-l? comme je te lai d??indiqu?par ?rit, avant que lenqu?e ne d?ontre quel sera leur sort. Et un peu apr? : Vois, fr?e tr? cher, comme cela convient aux ?lises de Dieu, ?tout mettre en ?vre avec fid?it?et efficacit? en union avec ces fr?es que nous avons choisis ?cause de leur comp?ence.

Ces lettres du pontife romain montrent que le pontife romain est sup?ieur au patriarche de Constantinople, ?qui il envoie ceux qui le remplaceront au concile. Il lui prescrit comment se comporter dans le d?ail, et il lui indique ce qui est r?erv??son jugement. Il lui explique ce qui est de son ressort, mais ne lui donne pas le pouvoir de juger ?lui tout seul, car il lui associe ses d??u? avec qui il devra prendre des d?isions.

Le bienheureux pape L?n ?rit au saint concile de Calc?oine qui a ??convoqu?pour condamner le deuxi?e synode dEph?e dans lequel Flavien, le v??able ??ue de Constantinople avait ??condamn?non par la justice, mais par le recours ?la violence. Voici ses paroles, tout de suite apr? la salutation dusage : Lamour que je porte ?tout le clerg? me faisait esp?er que tous les pr?res du Seigneur pers??eraient dans la profession de la foi catholique, et que personne ne serait d?ourn?du chemin de la v?it? par les faveurs ou les menaces des s?uliers. Mais parce que beaucoup de choses arrivent qui peuvent inciter ?la p?itence, et que la mis?icorde Dieu est plus grande que les fautes des p?heurs, pour que la punition soit suspendue et pour donner lieu ?lamendement, nous approuvons la d?ision pleine de religion de notre prince tr? cl?ent. Il lui plait de convoquer votre sainte fraternit?pour d?ruire les emb?hes du diable et redonner la paix eccl?iastique, ?ant pr?erv?le droit et lhonneur du bienheureux ap?re Pierre. Il nous a m?e invit?par ses lettres pour que nous pr?idions le concile, ce que ni les pressants besoins ni aucune coutume ne permettent. Mais dans les fr?es Pacasinus et Lucentius, ??ues, et Boniface et Basile, pr?res, qui ont ??mandat? par le si?e apostolique, que votre fraternit?estime que cest moi qui pr?ide le synode, et quelle nest pas priv? de ma pr?ence, puisque je suis pr?ent dans mes vicaires, et que, pendant ce temps, je ne cesse pas de pr?her la foi catholique. Et un peu plus loin : Nous nignorons pas que des ambitions d?rav?s ont sem?le trouble dans beaucoup d?lises, et que beaucoup de fr?es qui rejet?ent lh??ie ont ??chass? de leur si?e, d?ort? en exil, et que dautres ont ??intronis? ?leur place. A ces plaies, il faut dabord appliquer la m?ecine de la justice. Que personne ne soir priv?de ce qui est ?lui, de fa?n ?ce quun autre ne se serve des biens dautrui. Si, comme nous le d?irons, tous r?rouvent leur erreur, ?personne lhonneur ne doit faire d?aut. Mais ?tous ceux qui ont ???rouv? ?cause de la foi il faut rendre ce qui leur appartient, avec tous leurs privil?es. Que soient maintenus les statuts du premier concile dEph?e pr?id?par Cyrille de sainte m?oire, surtout ceux qui sont contre Nestorius. Que personne ne ravive limpi??qui a alors ??condamn?, qui a m?it?quEutyches soit justement ex?r? Car la puret?de la foi et de la doctrine que nous pr?hons et quont pr?h? les p?es condamne et combat la perversit?nestorienne et eutychienne, ainsi que leurs auteurs.

Ce texte nous fait voir que l??ue de Rome est sup?ieur au patriarche de Constantinople. Cest par sa permission que le concile de Chalc?oine a ??convoqu? Cest lui-m?e qui la pr?id?par ses l?ats. A ce m?e synode, il a indiqu?par ?rit ce quon devait statuer sur le second synode dEph?e. Comment traiter ceux qui pour la vraie foi ont ??expuls? de leurs siges et rel?u? en exil. Que faire avec ceux qui, intimid? et effray? par les menaces, ont ??contraints de voter contre la foi, sils ont lintention de renoncer ?lerreur et de professer la vraie foi. Il a d?ermin?que les statuts du premier synode dEph?e pr?id?par saint Cyrille, ??ue dAlexandrie, devaient ?re observ? par tous, lui qui a condamn?autant Nestorius quEutyches, dont les pens?s sur lincarnation de notre Seigneur Jsus Christ ?aient d?rav?s. Toutes ces choses nous enseignent que le pontife romain est sup?ieur non seulement aux ??ues des ?lises orientales mais aussi au patriarche de l?lise de Constantinople, quil est pleinement responsable de tous les ??ues; que cest ?lui quincombe dune fa?n toute sp?iale de veiller avec sollicitude sur toutes les ?lises.

A quel point le pontife romain est sup?ieur ?tous les ??ues orientaux, une lettre du pape L?n, quil a ?rite ?Anastase ??ue de Thessalonice, nous le d?ontrera encore plus clairement. Cest avec plaisir que je la fais connaitre : Tout ce qui a ??confi??ta fraternit?par lautorit?du tr? bienheureux ap?re Pierre, et les faveurs que je tai moi-m?e accord?s si tu les examinais consciencieusement et les estimais ?leur juste poids, nous pourrions ensemble grandement nous r?ouir de la charge apostolique qui ta ??confi?. Car comme mes pr??esseurs ont agi envers tes pr??esseurs, jai, comme eux, envoy??ta dilection mes repr?entants dans le gouvernement. Comme, par institution divine, nous devons prendre soin des diverses ?lises, tu pourrais aider, si tu deviens imitateur de notre mansu?ude, et tu pourrais me rendre pr?ent, comme si je les visitais moi-m?e, dans les provinces ?oign?s de nous. Une observation attentive et judicieuse te permettra de reconna?re quelles sont les choses que tu peux r?ler par toi-m?e, et quelles sont celles quil est pr??able de r?erver ?notre jugement. Les affaires dimportance ou difficiles ?r?ler tu ?ais libre de les suspendre ou non dans lattente de notre d?ision. Mais dans celles qui exc?ent ta comp?ence, il ny avait ni aucune raison ni aucune n?essit?de t?arter du droit chemin. Car ils abondent les avertissements que nous tavons donn? par ?rit pout tinviter ?la mod?ation dans tes actions; et pour que tu ranges ?lob?ssance, par lexhortation de la charit? les ?lises du Christ qui tont ??confi?s. Et plus loin : Et parce quils cherchent ?dominer plut? qu?veiller sur ceux qui leur sont confi?, lhonneur pla?, lorgueil enfle, et ce qui devait conduire ?la concorde engendre le pr?udice. ?tre forc?de dire de pareilles choses ne suscite pas en notre ?e de faible douleur. Car moi-m?e je me sens fautif quad japprends que tu tes ?oign?immod??ent des r?les qui tavaient ??donn?s. Si tu faisais peu de cas de ta r?utation, tu aurais du, du moins, ?argner la mienne. Pour que ce que tu as fait de ta propre initiative ne semble pas avoir ??fait sur notre ordre. Que ta fraternit?relise nos pages, quelle parcoure tout ce que le d?enteur du tr?e apostolique a envoy??tes pr??esseurs, et elle d?ouvrira que mes pr??esseurs avaient ordonn?ce qui tavait ??prescrit ?lavance. Car mon fr?e Atticus, m?ropolitain de la vielle Epire, est venu ?nous avec les ??ues de sa province, et il sest plaint en pleurant, devant tes diacres, de lindigne et douloureux traitement qui lui a ??inflig? Ne trouvant rien ?r?liquer ?ses plaintes et ?ses larmes, ils montr?ent que ces accusations ?aient dignes de foi. On lisait dans tes lettres aussi que tes diacres eux-m?es mont apport?s, que fr?e Atticus viendrait ?Thessalonique.

Et apr? cela : Les paroles de ta lettre apport?ent une confirmation aux plaintes du ci-haut nomm? et permirent, ce quil ne faut pas taire, de r??er ce qui avait ??recouvert du manteau du silence. On s?ait rendu ?la pr?ecture de lIllyrie, on avait fait une moquerie devant le tribunal civil du pouvoir le plus sublime quil y ait sur la terre, et pour mettre ?excution linfamie projet?, on avait requis laide des services public pour que des sacr? parvis de l?lise soit arrach?un pr?re qui navait ??accus?daucun crime, vrai ou faux. Sans tenir compte de sa sant?d?abr?, sans lui donner les v?ements n?essaires pour affronter la rigueur de lhiver, on la forc?de marcher sur des chemins impraticables tout recouverts de neige. Le voyage fut si p?ible et si atroce que quelques-uns des compagnons de route de l??ue d?aillirent en chemin. Je suis grandement stup?ait, fr?e tr? cher, mais plus attrist?encore, quenvers celui de qui tu ne disais rien de plus que, ?ant appel? il avait diff??de venir, et avait donn?son infirmit?comme excuse, tu ais pu te comporter de fa?n si brutale et si atroce. Surtout que, sil avait m?it?quelque chose de tel, tu devais attendre que je r?onde ?ce sur quoi tu mavais consult? Mais je pense que tu avais une bonne id? de ma fa?n dagir, et que tu savais tr? bien que jaurais cherch??assurer la concorde entre les pr?res. Cest pourquoi tu tes h??de suivre sans retard tes impulsions, sans avoir ?tenir compte de nos invitations ?la mod?ation. Un crime du fr?e t?ait-il connu, et ?ais-tu angoiss?par le poids de ce nouveau crime ? Mais aucun crime ne peut lui ?re imput?puisque toi-m?e tu affirmes navoir rien de grave ?lui reprocher. A supposer m?e quil e? commis quelque chose de grave et dintol?able, il fallait attendre notre censure, pour que tu ne d?ides rien avant de conna?re ce quil nous plairait daviser.

Nous avons fait de votre charit?notre repr?entant pour tappeler ?une partie de notre sollicitude pastorale, non ?la pl?itude du pouvoir. Toutes les choses que tu as trait?s pieusement nous r?ouissent, mais celles qui viennent darriver nous attristent grandement. Et apr? avoir eu lexp?ience de plusieurs cas graves, il est n?essaire de se rendre plus soucieux et plus diligents. Que ce soit par lEsprit de charit?et de paix que tout ce qui est mati?e ?scandale soit enlev?des ?lises du Christ que nous tavons confi?s, par la pr?minence de ton ?iscopat sur chacune des provinces, mais en ?itant lexc? de toute forme dusurpation. En cons?uence, selon les canons des saints P?es, produits par lEsprit Saint, et consacr? par le respect que tout le monde leur accorde, nous d?r?ons que tu aies la juridiction l?u? par le pass? ?ton ?lise, sur les ??ues mtropolitains de chacune des provinces, qui sont confi?s ?ta fraternit?par notre d??ation. Pour quaucune, par n?ligence ou par pr?omption, ne s?oigne des r?les qui ont ??institu?s. Et dautres directives quil devait observer dans ses rapports eccl?iaux avec l??ue de Thessalonique.

Cette lettre nous d?ontre que l??ue de Constantinople na jamais ??responsable dautre chose que de son dioc?e. Que cest le pontife romain, de qui rel?ent toutes les ?lises, qui la charg?autrefois de cette sollicitude pastorale. Que celui-l?seul ?qui le souverain pontife laura accord?pourra exercer sa sollicitude pastorale sur les autres provinces et r?ler leurs diff?ents. Cette lettre d?ontre aussi que les dcrets des pontifes romains faits ?lintention de toutes les ?lises dOccident et dOrient sont observ? comme des lois eccl?iastiques, et sont re?s par toutes les ?lises. Qui supporterait que le patriarche de Constantinople soit plac??la t?e de toutes les ?lises, chose que lantiquit?ne lui a jamais conc?? quaucun d?ret des P?es ne lui a jamais accord? qui nest fond? sur aucune raison, sur aucun droit humain ou eccl?iastique. Que comprennent du moins les empereurs romains de notre temps que ce qui n?ait pas permis aux empereurs dautrefois, qui r?naient sur un bien plus grand empire que le leur, ne lest pas non plus ?eux. Quils ne peuvent pas, ?leur gr? disposer de lEglise romaine, que leurs anc?res consid?aient comme leur m?e, ni changer lautorit?que le Christ et lEglise ont donn? ?Pierre, la principaut?sur toute la terre. Dautant plus quils constatent que la ville de Rome, qui d?ient la principaut?sur toutes les ?lises, est loin de leur empire, que tout loccident, lAfrique, et presque tout lOrient leur ont ??enlev?, et quil ne leur reste que quelques provinces dEurope et dAsie, et quelques ?es.

Lempereur Justinien atteste que le respect que le patriarche de Constantinople obtient nest pas du ?son m?ite, mais ?ce que la ville de Constantinople est appel? la deuxi?e Rome : Le pape de Rome est sup?ieur ?tous les ??ues et patriarches. Et, apr? lui, larchev?ue de la ville de Constantinople. Le patriarche de Constantinople ne s??e donc pas au-dessus du pape, puisque, venant en second, il lui est subordonn? Il faut aussi noter que lhonneur du si?e de Rome lui est accord? mais non la pl?itude du pouvoir.

Nous trouvons la m?e chose dans lhistoire de Socrate : Ils adopt?ent alors cette r?le que l??ue de Constantinople viendrait par le rang et les honneurs imm?iatement apr? l??ue de Rome, parce que Constantinople ?ait la nouvelle Rome. Les honneurs, oui, mais pas le pouvoir, qui demeure toujours la propri??de l??ue de Rome. O?donc les empereurs sont-ils all? chercher que le patriarche de Constantinople d?ient le primat sur toutes les ?lises de la chr?ient?? Lantiquit?ne leur en fournit aucun t?oignage; les d?rets des synodes aucun; les pragmatiques des empereurs aucun. Ils peuvent trouver des textes qui parlent de leur pouvoir, mais ils ne peuvent pas lexercer ce pouvoir sans lautorisation du pontife romain. Le pouvoir de juridiction est tel, de toute antiquit? quaucune ?lise, que ce soit celle de Constantinople ou de nimporte laquelle autre, ne peut d?enir un pouvoir juridictionnel sans quil ne lui soit accord?ou confirm?par le pontife romain. Cest ?Rome que se trouvent le pouvoir et la sollicitude pastorale sur toutes les ?lises. Beaucoup de textes en apportent la preuve.

L??ue de Constantinople Acace ?rit au pontife romain Simplicius : Au seigneur, saint P?e archev?ue Simplicius, Acace. Portant la sollicitude de toutes les ?lises, selon ce que dit lap?re, vous ne cessez dexhorter ?la vigilance et au z?e apostolique. Mais vous, vous montrez votre sollicitude en vous enqu?ant de l?at de l?lise dAlexandrie, vous imposant ce travail dapr? les canons des p?es, et faisant couler pour eux sur votre front une sainte sueur. Nous constatons quAcacius, le pontife de Constantinople, atteste que le pontife romain a, selon lap?re, la sollicitude de toutes les ?lises. Quil la toujours eue, et cela de toute antiquit? Car il savait tr? bien que cette pr?ogative nappartenait pas ?sa charge ?iscopale. Et il na pas cherch??usurper ce quil savait ?re la possession dautrui.

F?ix, ??ue de la sainte ?lise catholique de Rome a ?rit ?ce m?e Acace quand il fut convaincu davoir agi contre les r?les eccl?iastiques, et quil admettait navoir rien ?pr?enter pour sa d?ense : Tu es coupable de plusieurs transgressions. M?risant le v??able concile de Nic?, tu as usurp?t??airement les droits des provinces qui te sont ?rang?es. Les h??iques, les pervers, ceux qui ont ??ordonn? par des h??iques, que tu avais toi-m?e condamn?, et que tu avais demand?quils soient condamn? par le si?e apostolique, non seulement tu as pens?que tu pouvais les recevoir dans ta communion, mais, ce qui nest pas permis ?des catholiques, tu les as m?e fait pr?ider dans dautres ?lises, et tu les as combl? dhonneurs quils ne m?itaient pas. Apr? lui avoir rappel?toutes ses transgressions, il conclut a ainsi : Partage donc le sort de ceux que tu as embrass? si chaudement. Et, par la sentence pr?ente, que nous te faisons parvenir par le d?enseur de ton ?lise, sache que tu es priv de lhonneur du sacerdoce, de la communion de l?lise catholique, s?ar?du nombre des fid?es, que le nom et la charge du minist?e ?iscopal te sont enlev?, que tu es condamn?par le jugement du saint Esprit et par notre autorit?apostolique, et que tu es riv? aux cha?es de lanath?e. Est-il donc prouv?que le pontife romain est sujet du patriarche de Constantinople ? Il sen faut de beaucoup. Cest le pontife romain qui reproche s??ement au patriarche de Constantinople ses transgressions, qui le condamne et lanath?atise.

Mais que suffisent ces t?oignages. Ils montrent avec ?lat que le patriarche de Constantinople ne poss?e aucune autorit?sur l??ue de Rome, Il devrait se contenter de la part dhonneur qui lui est due, de peur que, sil contrevenait aux dcrets du concile de Nic?, il nencoure la perte de lhonneur qui est le sien.

Nous avons fait ce que nous avons pu en donnant une r?onse aux choses que vous nous avez envoy?s par ?rit. Si elles plaisent, rendons gr?e ?Dieu. Si elles d?laisent, nous tiendrons compte des corrections que vous nous imposerez.
 
 

fin du livre

MONITUM publi?en en-t?e par Migne, ne faisant pas partie du livre.

Les derni?es paroles du quatri?e livre servent ?nous persuader que Ratramnus a faits ces livres ?la demande pressante des ??ues :  Nous avons r?ondu comme nous avons pu ?ce que vous nous avez envoy?par ?rit. Si ces livres vous plaisent, rendons-en gr?e ?Dieu. Sils vous d?laisent, nous profiterons de votre critique pour nous corriger.

Le pontife supr?e Nicolas premier avait demand?par lettres aux ??ues de Gaulle de r?ondre aux objections faites par les Grecs, qui ?aient devenus des adversaires du si?e romain, comme le rapporte Frodoardus dans son histoire eccl?iastique de Rheims, au livre 111, chap. 17 :  Le pape Nicolas envoya une lettre ?Hincmar, et aux autres archev?ues et ??ues du royaume de Charlemagne, les informant que les empereurs des Grecs et les ??ues orientaux condamnaient la sainte ?glise romaine, et m?e toute l?glise latine, parce que nous je?ons le sabbat, parce que nous disons que le Saint Esprit proc?e du P?e et du Fils, parce que nous interdisons aux pr?res doindre du saint chr?e le front des baptis?; parce que nous confectionnerions le saint chr?e avec de leau du fleuve; parce que nous narr?ons pas de manger du fromage et des ?fs, ?leur fa?n, pendant huit semaines; parce qu?P?ue, ?la mode des Juifs, nous b?irions et offririons sur lautel un agneau en m?e temps que le corps du Seigneur; parce que les clercs se rasent la barbe; parce que, chez nous, un diacre serait sacr???ue sans avoir ??ordonn?pr?re.

Nicolas continue dans sa lettre :  Apr? que ta charit?aura re? cette lettre, Hincmar, quelle sapplique ?la faire parvenir rapidement aux autres archev?ues qui demeurent dans le glorieux royaume de notre Charles. Quelle ne n?lige pas dinciter tous ces archev?ues ainsi que leurs suffragants ?l?udier ?fond, et ?nous faire parvenir ce quils ont auront compos?  Tout cela se rapporte au schisme suscit?par Photius (867), pseudo patriarche de Constantinople, et ses adeptes, et appuy?par les empereurs des Grecs Michel et Basile.

Cette t?he qui lui a ??impos?, notre Ratramnus la remplie en quatre livres, avec pr?ision, ??ance, et une grande ?udition.