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Louis Tronson, prêtre (+1700)
successeur de Monsieur Olier [prêtre] ami de saint Vincent de Paul
à la tête de la Compagnie de Saint SulpiceInstitut dévoué à la formation des prêtres
Entretiens et méditations ecclésiastiques éd.  Rusand, Paris, 1826

Voilà que qui était enseigné à la plupart des candidats qui se préparaient à devenir prêtre.

Chap. XVII  Le petit nombre des prêtres sauvés.

Dans les derniers entretiens nous avons fait voir que les prêtres doivent être saints, qu段ls doivent être animés de l弾sprit ecclésiastique, qu段ls doivent être appelés de Dieu, et qu段ls doivent répondre à leur vocation par une application fidèle à leur ministère.

En établissant ces grandes vérités, nous avons pu connaître, par les réflexions que nous avons faites, qu段l y a peu de prêtres que répondent à toutes ces obligations ; d弛ù j段nfère une conséquence bien terrible, qu段l y a peu de prêtres sauvés.

C弾st la conséquence que les saints pères [les pères de léglise] ont tirée, en considérant d置n côté les grandes obligations des prêtres, et de l誕utre le peu de fidélité qu段ls avaient à répondre à toute leur étendue.

Je crois qu段l est très important que nous fassions une sérieuse réflexion sur cette vérité terrible et épouvantable qu段l y a peu de prêtres sauvés.
Si cette vérité était bien méditée et bien gravée dans notre esprit,
on ne se presserait point tant pour entrer dans le sacerdoce,
on y entrerait avec plus de précautions qu弛n ne fait,
on s誕ppliquerait avec plus de zèle aux fonctions de son ministère,
et l弛n ferait tous ses efforts pour persévérer dans le service de Dieu et de son Eglise.

Ne croyez pas que je veuille vous épouvanter sans fondement. Lorsque je dis qu段l y a peu de prêtres sauvés, ce n弾st pas de moi-même que je l誕vance, je ne le dis qu誕près un grand saint et un grand docteur de léglise, qui assure, après de sérieuses réflexions et dans une parfaite conviction, qu段l y a peu de prêtres sauvés, et qu段l y en a beaucoup plus qui périssent et qui se damnent : c弾st saint Jean Chrysostome écrivant sur les Actes des Apôtres ; voici comment il parle :
Non temerè dico, sed ut affectus sum ac sentio ; non arbitror multos esse sacerdotes qui salvi fiant, sed multo plures, qui pereant.
« Je ne parle point dit ce saint, témérairement et sans fondement, ce n弾st pas par exagération que je m弾n explique, mais je m弾xplique suivant mes sentiments et suivant la conviction et la persuasion où je me trouve ; je ne pense pas qu段l y ait beaucoup de prêtres sauvés et je crois qu段l y en a beaucoup plus de ceux qui se damnent que de ceux qui se sauvent. »

Remarquez comme ce saint docteur dit que le nombre des prêtres damnés surpasse de beaucoup celui de ceux qui sont sauvés. Qui de nous, à présent, ne tremblera pas en entendant cette terrible vérité ?

Mais remarquez encore que le clergé du temps de saint Jean Chrysostome, était bien plus réglé qu段l n弾st présentement.
Qu弛n ne s段magine donc plus lorsqu弛n parle du petit nombre des élus, que cela ne regarde que les laïcs qui vivent dans le monde où la plupart font naufrage comme sur une mer orageuse ;
Et ne nous trompons pas nous-mêmes en nous flattant que cette vérité terrible ne nous regarde pas.

Il faut donc au contraire, soit que nous soyons engagés dans le sacerdoce, soit que nous y aspirions, que nous prenions garde de nêtre pas du nombre des prêtres réprouvés ; et pour nous mettre à couvert de ce malheur, je crois qu段l est important,
1° de vous découvrir les sources ordinaires de la réprobation des prêtres, afin de vous précautionner, et
2° de vous indiquer les règles à suivre pour éviter ce malheur, et être du petit nombre des prêtres sauvés.

1°/  les sources ordinaires de la réprobation des prêtres :
Je réduis à quatre les sources ordinaires de la réprobation des prêtres
 1° le défaut de vocation
 2° le défaut de correspondance dans sa vocation
 3° le défaut de persévérance dans sa vocation
 4° la nature des chutes que l弛n fait  dans létat ecclésiastique.

Je dis donc qu段l y a peu de prêtres sauvés parce qu段l y en a très peu ,
1° qui soient appelés [parmi ceux qui sont actuellement prêtres];
2° très peu qui répondent à leur vocation [les obligations que leur état de prêtre]
3° très peu qui persévèrent dans leur vocation
4° très peu enfin qui se relèvent de leurs chutes ;

en d誕utres termes,
le défaut de vocation,
le défaut de fidélité à sa vocation,
le défaut de persévérance dans sa vocation,
la nature des chutes qui, dans le sacerdoce, sont presque irréparables,
quatre sources trop fécondes de la perte d置ne infinité de prêtres,
quatre raisons pour lesquelles il y a si peu de prêtres sauvés.

Reprenons-les, s段l vous plait, et examinons-les avec une grande application.

Je dis, premièrement, qu段l y a très peu de prêtres qui soient sauvés, parce qu段l y en a très peu qui rentrent bien dans le sacerdoce. Pour bien entrer dans le sacerdoce, il faut avoir des vues conformes à celles de Notre Seigneur. Il faut répondre à ses intentions et à ses desseins sur les prêtres.
Qu弾lles sont les vues de Notre Seigneur sur les prêtres ?
Que demandent-ils de ceux qui s弾ngagent dans le sacerdoce ?

1° Notre Seigneur demande d弾ux qu段ls aient un grand désir de procurer la gloire de son Père, c弾st la principale fin du sacerdoce. Comme cétait la grande intention de Notre Seigneur qui est le souverain prêtre de l脱glise, ce doit être aussi celle de ceux qui sont rendus participants de son divin sacerdoce. Il faut donc être animé du grand désir de procurer la gloire de Dieu, en entrant dans le sacerdoce ; si l弛n manque de cette disposition, on manque de la plus essentielle aux prêtres.
Néanmoins, la plupart se jettent dans l脱glise sans consulter la volonté de Dieu.

2° Il demande d弾ux qu段ls aient un grand zèle pour le salut des âmes ; c弾st la seconde fin de l段nstitution du sacerdoce . Il faut entrer dans les sentiments de Notre Seigneur qui a eu un zèle si admirable pour les âmes, et qui les a tant aimées, qu段l a donné son sang et sa vie pour les racheter. Les prêtres doivent avoir les mêmes dispositions, et ils doivent les exprimer par leur conduite à légard des âmes ; et si l弛n n誕 pas cette disposition en recevant la prêtrise, on peut dire qu弛n n誕 pas l弾sprit du sacerdoce : Ego elegi vos uteatis et fructum afferatis, et fructus vester maneat.

 3° Notre Seigneur demande que ceux qui entrent dans le sacerdoce aient une grande sainteté et un désir très grand de se sanctifier de plus en plus, afin de soutenir par la pureté de leur vie la sainteté de leur état qui demanderait une vertu plus qu誕ngélique.

Voilà de grandes dispositions et de saintes intentions  que Notre Seigneur demande de ceux qui reçoivent le sacerdoce, et qui entrent dans un état si saint. Or il y en a très peu qui répondent au dessein de Notre Seigneur. De là vient que ceux qui n馳 répondent pas se damnent, et en sélevant à un état si sublime, ils montent bien haut pour faire ensuite des chutes plus terribles.

 J誕i dit qu段l en a très peu qui répondent aux intentions de Notre Seigneur, lorsqu段ls entrent dans le sacerdoce ; car ordinairement on a des vues toutes contraires aux siennes. Au lieu de se proposer pour fin la gloire de Dieu, le salut des âmes et sa propre sanctification, on a des vues basses grossières, terrestres et criminelles. Si l弛n pénétrait le c忖r de la plupart de ceux qui reçoivent les saints ordres, on verrait que ce sont la chair et le sang, l段ntérêt et l誕varice, la gloire et les aises de la vie qui les animent et les dirigent.

Les uns sont appelés au sacerdoce par leurs parents qui sont bien aise de décharger leur famille, et de procurer des bénéfices à leurs enfants. Ils les destinent d弾ux-mêmes au sacerdoce, et leur font une espèce de violence pour les engager à prendre cet état. Ils leur représentent qu段ls leur donneront peu pour subsister, et qu段ls n弛nt pas grand choses à attendre. Voilà ce qui fait la vocation d置n très grand nombre d弾cclésiastiques. Comme les enfants ont une crainte révérencielle  pour leurs parents, et qu段ls n弛sent pas les contredire, ils prennent létat de vie qu段ls leur proposent, pour ne pas les contrarier.
Ils y en a d誕utres qui entrent dans le sacerdoce par l段nspiration et la suggestion du démon. Ce malin esprit, ennemi irréconciliable de Dieu et des hommes, voyant les grands maux que peut faire dans l脱glise, un prêtre qui n弾st pas appelé de Dieu, tâche de persuader plusieurs d弾ntrer dans léglise et de sélever au sacerdoce. Il les élève sur le pinacle du temple parce qu段l sait bien que lorsque ces misérables seront prêtres, il les portera à commettre une infinité de désordres qui les perdront, et une infinité dâmes avec eux.
Enfin il y en a d誕utres qui entrent dans le sacerdoce par des vues toutes charnelles, ils se promettent telle place et ses revenus, qui vaudront mieux que le patrimoine qu段ls auraient dans le monde. ; ils se proposent qu段ls mèneront une vie douce et commode ; ou bien encore l檀onneur et lélévation : ils envisagent les charges et les emplois ecclésiastiques comme des choses honorables ; c弾st ce que remarque saint Chrysostome dans l檀omélie que je vous ai citée. Maintenant dit ce Père, nous recherchons le sacerdoce comme une magistrature séculière et profane, et nous aspirons à cette dignité afin de nous attirer l檀onneur et la gloire du monde : nunc autem non aliter quam profanos magistratus, et hanc affectamus dignitaten, nimirum ut glorificemur et honoremur apud homines. D弛ù il conclu qu弛n se damne et qu弛n se perd devant Dieu, en prenant des vues sui peu conformes à la sainteté du sacerdoce : perdimur apud Deum. On sélève devant le monde, et devant Dieu, l弛n s誕baisse et l弛n se perd : qui lucri fecit hic honos ? C弾st un honneur qui coûte bien cher.

 Telle est la première cause de la damnation des prêtres, ils entrent mal dans le sacerdoce ; aussi leur dira-t-on un jour ce qui est rapporté dans lévangile, de celui qui est entré dans la salle du banquet sans être revêtu de la robe nuptiale : Amice, quomodo huc intrasti ? Mon ami, comment vous êtes vous agrégé au sacerdoce ? Comment y êtes-vous entré n誕yant point la robe nuptiale, c弾st à dire les dispositions nécessaires ? Où est le désir que vous aviez de procurer la gloire de Dieu ?  Où est le zèle que vous aviez pour le salut des âmes ? Quelle sainteté aviez-vous ? Vous n誕viez que des vues profanes en entrant dans le plus saint de tous les états, et vous vous êtes présenté à cet état auguste qui fait trembler les anges, étant encore dans le péché ou tout dégoûtant [dégoulinant des tâches] du péché ! Quomodo huc intrasti ?  Comment êtes-vous entré ? Des ecclésiastiques diront peut être alors : Seigneur, nous avons prophétisé en votre nom, nous avons chassé les démons, nous avons fait des miracles ; et cependant le Seigneur leur dira : je ne vous connais pas : nescio vos.
 Voilà donc ce qui damnera la plupart des prêtres, une mauvaise entrée dans le sacerdoce ; c弾st la première source de leur réprobation.

 La seconde source de la réprobation d置ne infinité de prêtres est que, de ceux qui sont bien entrés, il y en a peu qui répondent à leur vocation, parce qu段l y en a peu qui s誕cquittent entièrement de leurs obligations, et ne manquent à quelqu置ne qui est essentielle à leur état ; en voilà assez pour les damner et pour les perdre. Saint Chrysostome fait une attention particulière à ceux-ci, et , en assurant qu段l y a un très grand nombre de prêtres qui se damnent, il ajoute : multas enim causas habet quae depellant ipsum a suis moribus : il y a plusieurs principe qui portent un prêtre à se perdre, et à corrompre la pureté de ses m忖rs ; et il dit qu段l faut qu段l ait une très grande vigilance pour se conserver : et innumeris oculis illi opus undiquè. Il faut qu段l ait une attention particulière sur lui-même, autrement il se perdra infailliblement.

 Nous pouvons dire qu置n prêtre, pour bien se conserver doit veiller particulièrement sur trois choses :
1° sur lui même
2° sur les obligations de son état
3° sur le monde

1° Il faut qu段l veille sur lui ; car comme nous sommes tous portés au mal, et que notre chair est toute rebelle à la loi de Dieu, il est nécessaire qu弛n s誕pplique sans cesse à la réprimer et à la mortifier, qu弛n nécoute point ses plaintes et ses murmures lorsqu弾lle se plaindra du travail et de la fatigue, et qu弾lle fera entendre sa voix pour dire qu弛n se tue, qu弛n ruine sa santé par excès de travail, que cela ne peut pas durer. Mais il faut encore veiller sur son âme, car elle a aussi des passions et des désirs déréglés en grand nombre. Tantôt elle a des pensées secrètes d誕mbition, tantôt elle veut amasser quelque chose par esprit d誕varice, et ainsi des autres désirs déréglés. Or, il faut mortifier tous ses désirs désordonnés, et l誕voir toujours entre les mains, comme faisait David : anima mea in manibus meis semper : j誕i toujours mon âme entre les mains pour l弛bserver et pour l弾mpêcher de contracter aucune souillure.

 2° Ce n弾st point assez de veiller sur sa chair et sur son âme, il faut veiller sur ses obligations. Or ces obligations sont très étendues et très difficiles. Si vous êtes simple prêtre, vous devez réciter tous les jours dévotement l弛ffice divin [le bréviaire ou liturgie des heures], vous devez garder fidèlement la continence, vous devez approcher des saints autels avec une grande pureté de c忖r, vous devez vivre avec un grand détachement des richesses, des parents et du monde. Vous devez vous occuper et travailler selon vos talents, et suivant les facilités que vous trouvez pour faire la bien. Ces obligations sont grandes. Mais, disent quelques uns, je ne suis que simple prêtre, je ne suis pas obliger de travailler. Vous vous trompez, létat ecclésiastique n弾st pas un état d弛isiveté ; vous devez craindre l弾ffet de ces paroles : servum inutilem ejicite in tenebras exteriores. Mais si vous êtes engagé dans une place à charge dâme, vous avez un grand surcroît d弛bligation. Il faut que vous ayez soin de vos ouailles, il faut les paître et les nourrir par les instructions nécessaires, en sorte que si, faute de les instruire, quelqu置ne se perd par ignorance, vous en répondrez devant Dieu âme pour âme ; si vous instruisez, il ne faut point par lâcheté, taire la vérité, mais il faut l誕nnoncer avec une sainte liberté, comme faisaient les apôtres : loquebantur verbum Dei cum fiducia. Si vous êtes dans le tribunal de la pénitence, il faut ménager les intérêts de Dieu. Il faut quelquefois, refuser ou différer l誕bsolution à ceux qu弛n ne juge pas suffisamment disposés, quand ce serait un magistrat, quand ce serait un gentil homme, quand ce serait votre curé. Si vous ne le faites, vous commettez un sacrilège, et vous participez au péché des autres : Hic jam quaeritur inter dispensatores utfidelis quis inveniatur. Si vous avez des malades, il faut les visiter et leur donner les sacrements ; si vous y manquez vous vous damnez, et si quelque personne meurt sans les recevoir par votre négligence, vous en répondrez devant Dieu, et vous avez commis une très grande faute. Cela n弾st-il pas capable dépouvanter, dit saint Jean Chrysostome : si vel unus tantium decedat non initiatus, nonne totam ipsius subvertit salutem ? Si une seule personne meurt sans baptême par la faute du prêtre, voilà tout son salut ruiné ; et pourquoi ? C弾st que le salut d置ne seule âme est quelque chose de si considérable, que l弾sprit n弾n peut comprendre le prix et la valeur : Unius enim animae perditio tantam habet jacturam, uti nulla ratio possit aestimare. Et pour prouver plus amplement qu置n âme est d置n grand prix, il fait ce raisonnement : si le salut d置ne seule âme est si considérable que le Fils de Dieu s弾st fait homme pour elle, et qu段l a souffert de si grands tourments, concevez combien la perte de cette âme attirera de châtiments et de punition sur celui qui était chargé de son salut, et qui l誕ura laissée périr par sa faute. Si un homme qui est cause de la mort corporelle d置n autre, est digne de mort, à combien plus forte raison celui qui est coupable de la mort spirituelle d置ne âme ! Etenim si unius animae salus tanti est, ut ob hanc Filius Dei fieret homo, tantaque pateretur, perditio, vogita quantam conciliabit paenam. Quod si quis ob hominem in hac vita perditum morte dignus est, quanto magis ille ! Vous voyez comme le salut d置n prêtre dépend souvent d置ne seule infidélité. Cela doit, en vérité, nous remplir de crainte et dépouvante.

 Ajoutons, que pour bien s誕cquitter de ses obligations devant Dieu, il faut qu置n prêtre surmonte beaucoup de difficultés, soit du côté du temps, soit de la part des lieux difficiles où il faut aller, soit de la part des personnes auxquelles il faut parler et avec lesquelles il faut traiter, ménageant généreusement en toute circonstances, les intérêts de Dieu, ce qui s誕ppelle, selon saint Chrysostome, avoir un esprit grand et magnanime ; et de ce défaut de magnanimité, qui est fort commun parmi les prêtres, ce saint conclut qu段l y en a peu de sauvés : quoniam res resquirit excelsum animum. Car il est certain qu置n prêtre qui n誕 pas une grande force se damne dans son état. Il faut qu段l ait une grande force pour soutenir toutes les persécutions des méchants, et surtout les persécutions des mauvais prêtres qui sont nos plus cruels ennemis. Il faut une grande force pour soutenir tous les assauts du démon, les combats de la chair, les révoltes violentes et fréquentes de la triple concupiscence, et pour en être toujours victorieux. Quelle force ne faut-il pas pour faire des corrections à des pécheurs publics et scandaleux, surtout si ce sont des personnes de qualité selon le monde ! Quelle fermeté ne faut il pas pour dire à ces personnes : non licet tibi ! On tremble dans ces occasions, et l弛n succombe aux dépens de son salut éternel.
 Disons encore que les péchés des prêtres, quoiqu段ls ne fussent que légers dans les laïcs, deviennent très grands dans les prêtres, à raison de leur état, de leurs lumières, des grâces qu段ls ont reçues de Dieu, et du bon exemple qu段ls doivent donner : si peccas privatim, nihil tale passurus es ; si in sacerdotio, periisti ; en sorte qu誕u jugement de Dieu on dira à un prêtre, quomodo vixisti ? Comment avez-vous vécu dans le sacerdoce ? Comment vous êtes-vous acquitté de vos obligations ? Quelle a été votre sainteté, et quel est le bon exemple que vous avez donné, quomodo vixisti ? Comment avez-vous conduit le troupeau qui vous a été confié ? Que sont devenues ces ouailles ? Les avez-vous nourries de la parole de Dieu, et édifiées de vos exemples ? Comment avez-vous assisté les malades ? Comment avez-vous apaiser les discordes ? Mon Dieu ! Que la plupart des prêtres seront confus au jour du jugement, parce qu段ls ne pourront pas satisfaire à toutes les demandes qu弛n leur fera, pas même la moindre partie ! On leur fera voir qu段ls n弛nt pas vécu en prêtres, et qu段ls ont passé leur vie sans étude, sans oraison, sans piété, sans application à leur charge, s弛ccupant du jeu, de la chasse, du négoce, de procès, de repas de côté et d誕utre, perdant le temps en visites, en voyages, en promenades et en une infinité d弾xercices indignes de la profession d置n prêtre.

 3° Ce n弾st pas tout : il faut qu置n prêtre veille non seulement sur soi et sur les obligations de son état, mais il faut encore qu段l veille sur le monde pour se préserver de sa corruption et de sa contagion. Vous savez ce que saint Jean nous apprend : Totus mundus in maligno positus est. Il faut donc avoir une très grande fidélité pour ne point se laisser gâter et corrompre par le monde. Il est difficile dêtre dans le monde et de nêtre pas du monde ; il est difficile de converser avec les gens du monde, et de ne pas en prendre l弾sprit et les maximes. Cela demande une vigilance continuelle et une application très grande, pour ne pas participer à la malice du monde ; et parce que la plupart des prêtres n弛nt pas cette vigilance et cette application, étant dans le monde ils deviennent mondains, ils en prennent l弾sprit, ils se laissent conduire par ses maximes, ils estiment ce que le monde estime, ils parlent et agissent comme le monde, en un mot, ils sont du monde, et ils attirent sur eux les malédictions que le Fils de Dieu lance contre le monde. On peut dire d弾ux ces paroles du prophète : commixti sunt inter gentes et didicerunt opera eorum. Voilà une source très commune de la perte des prêtres. Ils font bien quelquefois dans la retraite et dans un séminaire : mettez les dans le monde, en peu de temps on ne les reconnaît plus ; ils se pervertissent et contractent le mauvais air et la contagion du monde. Ne faut-il donc pas inférer de ce que nous venons de dire, qu段l y a peu de prêtres qui se sauvent ? Il y a très peu de prêtres qui entrent bien dans le sacerdoce ; de ceux qui y entrent bien, il y en a peu qui s誕cquittent entièrement de leurs obligations ; ajoutons encore que ceux qui s誕cquittent bien, pendant un temps de leurs obligations et répondent à leur vocation, il y en a très peu qui persévèrent jusquà la mort et qui meurent saintement. C弾st la troisième considération, qui nous fera connaître combien il y a peu de prêtres qui se sauvent.

Troisième considération
 Ce n弾st pas assez dans les simples chrétiens, pour être sauvés, de bien vivre pendant quelque temps, ni pour un prêtre de bien s誕cquitter de ses obligations pendant une bonne partie de sa vie ; mais il faut que les uns et les autres persévèrent jusquà la mort. S段ls manquent de fidélité avant de mourir, ils sont perdus ; témoin Judas qui avait bien commencé et bien vécu pendant quelque temps, mais qui finit mal. Or nous voyons que plusieurs prêtres qui vivent bien un certain temps, qui édifient et qui tâchent de s誕cquitter de leurs obligations, succombent enfin et finissent par le relâchement. C弾st ce qu置ne malheureuse expérience nous apprend tous les jours, puisque souvent nous avons la douleur  d誕pprendre que des personnes qui avaient même paru les plus ferventes ne se soutiennent pas longtemps après leur sortie du séminaire. Ces chutes viennent de plusieurs principes.
Le premier est que souvent l弛n n弾st pas bien établi dans la piété, ni bien enraciné dans la charité ; et les tentations venant fondre sur un c忖r, il y succombe : Et in tempore tentationis recedunt.
On n誕 pas une résolution bien ferme de servir Dieu malgré les efforts du démon, malgré les attraits du monde, malgré la malignité de notre chair ; et le démon nous attaquant avec violence, notre chair venant à se révolter, le monde nous présentant ses charmes, ou nous intimidant par ses menaces, ses persécutions et ses railleries, l弛n succombe sous le poids de ces tentations : Et in tempore tentationis recedunt. C弾st le premier principe de nos chutes et du défaut de persévérance.

Le second est une certaine présomption qui fait qu弛n sétablit en soi-même, qu弛n s誕ppuie sur sa prétendue justice et qu弛n méprise les autres. On est comme ces scribes et ces pharisiens dont parle le Fils de Dieu, qui in se confidebant tanquam justi, et aspernabantur caeteros. C弾st cette présomption pharisaïque qui attire la colère de Dieu ; elle nous prive de sa protection et de l誕bondance de ses grâces ; elle nous porte à nous exposer témérairement dans les occasions, et l弛n y tombe, l弛n s馳 perd, comme nous le verrons tout à l檀eure.

Un troisième principe de nos chutes est notre propre inconstance. On se lasse de bien faire ; les bonnes 忖vres causent enfin du dégoût par leur continuation, l弛n perd insensiblement le goût d置ne bonne règle de vie qui nous avait maintenus jusqu誕lors, on se rapproche un peu du monde, on laisse revivre ses passions, et l弛n abandonne sa première ferveur, qu弛n ne reprend pas ordinairement, soit parce que sétant dégoûté de la régularité, il n馳 a plus rien qui fasse impression sur le c忖r, soit parce que Dieu se voyant méprisé par une personne à qui il avait fait beaucoup de grâces, la méprise à son tour et la rejette de son c忖r.
Qu段l y en a qui abandonnent  ainsi l凋uvre de leur salut, les uns un an après leur sortie du séminaire, les autres plus tôt ou plus tard !
Ne lisons-nous pas dans l脱criture Sainte, que Salomon après avoir reçu tant de grâces de Dieu, après avoir été doué d置ne sagesse si admirable, se pervertit dans sa vieillesse par l誕mour des femmes qui le portèrent à l段dolâtrie ?
Judas n誕vait-il pas été élevé à lécole du Fils de Dieu ? Néanmoins il tomba ensuite et par la malheureuse flexibilité de son c忖r et par une passion qu段l avait négligé de mortifier.

Quatrième cause pour laquelle on ne persévère pas : on ne veille pas sur soi, on néglige  de mortifier ses passions ; elles demeurent comme assoupies, et tôt ou tard, elles se révoltent et surprennent ceux qui ne se tiennent pas sur leurs gardes. Il ne faut donc pas s誕ssurer [ prendre confiance] sur sa prétendue fidélité, ni sur les bonnes 忖vres, ni sur sa piété, nous ne sommes que faiblesse par nous-mêmes. Il faut être fidèle, si nous voulons persévérer, à mortifier continuellement nos passions, nous humilier sans cesse, et recourir souvent à la prière ; autrement nous ferons certainement des chutes, et elles seront irréparables ; c弾st la quatrième et dernière considération qui nous montrera combien il y a peu de prêtres qui se sauvent.

 Quatrième considération
 Je ne dis pas que les péchés des prêtres soient entièrement irrémissibles, mais je dis qu段ls sont presque irrémissibles. Saint Bernard nous apprend cette vérité dans ses Déclarations. Ce grand saint qui pesait les choses au poids du sanctuaire, dit que les prêtres sont appelés les anges du Seigneur, et que, comme la prédestination des anges était attachée à une bonne ou mauvaise action, de même les prêtres sont élus ou réprouvés. Voici ses paroles : Caeleste officium tenet sacerdos, Angelus Domini exercituum factus est, tanquam angelus, aut eligitur aut reprobatur, inventa quippe in angelis pravitas, et districtius judicetur necesse est, et inexorabilius quam humana. La raison en est que les péchés des prêtres sont censés, comme ceux des anges des péchés de malice, On demande pourquoi Dieu n誕 pas fait miséricorde aux anges, et qu段l l誕 faite aux hommes. La raison qu弛n en rend est que le péché des anges était un péché de malice, et le péché des hommes un péché de fragilité. Or nous pouvons dire que, quoique les prêtres soient des hommes, il y a néanmoins plus de malice que de fragilité  dans leurs péchés. Ce sont des personnes éclairées, ou qui doivent lêtre par leur état ; ce sont des personnes qui ont reçu des grâces spéciales de Dieu ; ce sont des personnes qui, étant élevées à une haute dignité, font une très grande injure à Dieu et à leur état, lorsqu弾lles commettent des péchés ; et par conséquent leurs péchés étant des péchés de malice et contre le Saint Esprit, ils ne se remettent ni en ce monde ni en l誕utre, c弾st à dire qu段ls ne se remettent que très difficilement, c弾st ce qui est à craindre, et un prêtre doit beaucoup appréhender que, s段l commet un seul péché mortel, il ne s弾n relève jamais.
Qu段l y a un grand nombre de prêtres qui, ayant offensé Dieu mortellement une fois, ne se sont jamais relevés de cet état ! Sachez qu段l y a tant d段ngratitude, tant de mépris, tant d段rrévérence  dans un prêtre qui pèche mortellement, et qui se laisse aller au désordre, surtout à l段mpureté [ faute sexuelle ], que souvent il n弾n revient plus : il s弾n confessera à la vérité, mais il n弾n aura pas un véritable regret, et il ne se convertira pas.
Nous pouvons inférer de là qu段l y a bien peu de prêtres qui se sauvent, parce qu段l y en a une infinité qui vivent de manière déréglée. Ils ne commettent pas un seul péché, mais ils en commettent plusieurs, ils passent leur vie en tombant de péchés en péchés, tantôt dans  l段mpureté  [faute sexuelle], tantôt dans l段ntempérance, tantôt dans l誕varice, tantôt dans les irrévérences ; ils roulent de précipice en précipice, et par leur conduite déréglée ils attirent la malédiction de Dieu sur eux, et ils meurent dans l段nsensibilité.
Il ne faut pas se flatter : un prêtre s段magine quelquefois qu段l n誕 quà se donner du bon temps, et qu段l fera pénitence avant de mourir ; c弾st une illusion ; ces sortes de prêtres meurent comme des Judas, ils portent le caractère de leur réprobation.

 Après toutes ces raisons il ne nous est plus permis de douter du très petit nombre de prêtres sauvés, et il ne nous reste plus quà suivre quelques règles que je vais vous indiquer, pour éviter ce grand malheur.

2° / les règles à suivre pour être du petit nombre des prêtres sauvés :

 1° Ceux qui ne sont pas engagés dans le sacerdoce et qui y aspirent, doivent bien se pénétrer des fins du sacerdoce, savoir : du désir de la gloire de Dieu, et du salut des âmes, et bannir toutes les vues profanes, acquérir la sainteté qui est nécessaire aux prêtres, sans se presser si fort, comme on fait, et ne faisant rien sans conseil.
Si l弛n n誕vais pas les marques de vocation, il ne faudrait pas avancer, quelque chose qui pût arriver [quoiqu段l arrive].
Saint Jean Chrysostome donne cet avis aux personnes qui désirent le sacerdoce : il faut penser aux persécutions et aux injures auxquelles on sera exposé si l弛n veut faire son devoir, au dégagement de toutes les affaires du monde, et aux châtiments terribles qu弛n se prépare en l誕utre.

 2° Si l弛n est dans le sacerdoce pour assurer son salut, il faut,

1° entrer véritablement dans la voie étroite, c弾st à dire dans la pratique de l誕bnégation, de la mortification et de l檀umiliation ; il n馳 a que ce chemin qui conduise au ciel. Il ne faut pas se contenter de quelque idée que l弛n en a ; car, pour parler de l誕bnégation et de la mortification, on ne la pratique par pour cela. On demeure même d誕ccord, en général, de ces vérités, parce qu弾lles n段ncommodent pas en les considérant de cette manière. On convient qu段l faut renoncer à soi même, qu段l faut se mortifier, qu段l faut se détacher des honneurs, des richesses et des plaisirs ; qu置n prêtre, en un mot, doit, pour représenter Jésus-Christ sur la terre, l段miter en tout, mais quand il faut venir à la pratique, on voit naître des difficultés, et l弛n se trouve arrêté par mille considérations humaines. C弾st ce que répondit Clément VIII à saint Bellarmin. Le pape avait consulté ce cardinal sur plusieurs articles qui concernaient le souverain pontificat. Celui-ci dit son sentiment  fort généreusement, et le pape même reconnut qu段l avait raison. Néanmoins il lui dit ensuite : Vera sunt quae dicitis, fatemur, sed cum ad praxim decernimus, in multas difficultates incedimus. On connaît, par exemple qu段l faut mener une vie fort frugale et bien réglée, que le superflu des revenus ecclésiastiques doit être donné aux pauvres, qu段l ne faut jamais exercer le saint ministère par des vues d段ntérêt, qu段l faut instruire assidûment, néanmoins cum ad praxim devennimus, in multas difficultates incidimus. Un prêtre doit donc 1° être fidèle à marcher constamment dans la voie étroite du salut qu段l connaît mieux que personne.

2° Il faut se représenter souvent l段mportance du salut et les suites de cette grande affaire : être éternellement damné ou sauvé. Il faut que dans cette vue, on se détermine toujours à prendre le plus sûr. Je n弾n fait pas une obligation, mais je dis que la prudence le demande. Et pourquoi ne ferions-nous pas pour notre salut ce que nous faisons dans toutes les autres affaires, dans un procès, dans une maladie, dans un ouvrage ? N弛ublions jamais cet avis des saints : Nulla satis magna securitas ubi periclitatur aeternitas. De là un prêtre se gardera bien de ne s誕bstenir que des péchés mortels, mais il évitera tant qu段l pourra les péchés véniels et ceux qui paraissent les plus légers. Car les péchés véniels dans les prêtres déplaisent fort à Dieu, et il arrive souvent que ce qui n弾st que véniel dans les laïcs est mortel dans les prêtres, à raison de leur état et du scandale qu段ls donnent. C弾st ce qui a fait dire ces paroles si remarquable à saint Grégoire [Grégoire le Grand, pape et docteur de léglise] : Plerumque quod in laicis culpa non est, hoc crimen est in sacro ordine constitutis.
Et voilà ce qui trompe bien des ecclésiastiques ; ils se mesurent sur les laïcs. Ce n弾st presque rien à des laïcs de passer quelques temps de conversation avec des personnes d置n autre sexe, si l檀onnêteté y est gardée ; dans un prêtre ce sera un écueil et un sujet de scandale. Ce n弾st presque rien dans un laïc de dire des plaisanteries ou des paroles à faire rire ; dans un prêtre ce sera souvent un blasphème et un sacrilège : Nugea in ore laicorum nugae sunt ; in ore sacerdotis blasphemiae ; talibus aperire illicitum, assuescere sacrilegium. Il faut donc éviter les moindres péchés, et même autant qu段l se peut, l弛mbre et l誕pparence  du péché : ab omni specie mala abstinete vos ; c弾st l誕vis de saint Paul, et agir autrement ce serait ne pas prendre le plus sûr, et par conséquent ignorer l段mportance du salut et les suites de cette affaire.

3° Enfin, il faut suivre le petit nombre. Comme il y a peu de personnes qui se sauvent dans tous les états, il faut imiter les plus fervents. Ne nous comparons jamais aux lâches qui sont en plus grand nombre, mais à ceux qui sont véritablement fidèles à leurs obligations : Vice cum paucis, ut cum paucis merearis eligi. Oh mais, dit-on, je serai singulier [= on me prendra pour un fou], on me remarquera. Vous serez singulier, à la bonne heure ; mais il faut lêtre un peu pour se sauver ; la foule n段ncommode pas dans le chemin du ciel. Un ami de don Barthélemy-des-martyrs lui ayant représenté qu段l devait s誕ccommoder un peu à la coutume des autres évêques, et qu誕utrement il se rendrait singulier, reçut pour réponse ces belles paroles : que si les évêques des premiers siècles n誕vaient pas suivi les singularités des apôtres, on ne lirait pas maintenant leur nom dans le martyrologe. Profitons d置ne si sage réponse ; ne craignons pas de paraître singuliers ; sans nous inquiéter de ce que dira de nous le grand nombre des lâches, tâchons d段miter le petit nombre des saints prêtres, suivons leurs vestiges, et nous aurons part à leur bonheur.

Fin du chapitre XVVII des Entretiens Ecclésiastiques de Louis Tronson, supérieur général de la compagnie des prêtres de saint Sulpice, fondée par Monsieur Olier (prêtre) , contemporain et ami de de saint Vincent de Paul.
Edité gratuitement par www.JesusMarie.Com, Paris, France.

Louis Tronson, prêtre (+1700).
Supérieur de la compagnie de saint Sulpice
Entretiens et méditations ecclésiastiques, éd.  Rusand, Paris, 1826
 
 

Tables des matières

Entretiens Ecclésiastiques

Chap. I  L段mportance de bien profiter des Entretiens Ecclésiastiques, et la manière de bien les faire
Chap. II  L弾xcellence de létat ecclésiastique
Chap. III  L弾sprit ecclésiastique
Chap. IV  La nécessité de la vocation à létat ecclésiastique
Chap. V L段mportance d弾xaminer beaucoup sa vocation pour létat ecclésiastique
Chap. VI Les deux premières marques de la vocation à létat ecclésiastique :
Chap. VII Les deux secondes marques de la vocation à létat ecclésiastique :
Chap.  VIII L弛bligation de correspondre à sa vocation à létat ecclésiastique
Chap.  IX La préparation nécessaire à la réception des saints ordres, pour la retraite avant l弛rdination
Chap.  X Il faut éviter la précipitation à légard des saints ordres
Chap. XI L弛bligation qu弛nt les prêtres de se renouveler dans l弾sprit et la grâce de leur état
Chap. XII Le bon exemple que les ecclésiastiques doivent donner au peuple
Chap. XIII Les cérémonies ecclésiastiques
Chap. XIV L弛bligation qu弛nt les ecclésiastiques de paître le troupeaux
Chap. XV L誕varice des prêtres
Chap. XVI Le petit nombre des prêtres sauvés

Méditations Ecclésiastiques

Chap. I  La vocation à létat ecclésiastique
Chap. II  Les moyens pour discerner la vocation ecclésiastique, et qu弛n ne doit rien néglige pour reconnaître si l弛n est véritablement appelé de Dieu à cet état
Chap. III  Les marques de la vocation ecclésiastique et l段mportance de bien les examiner
Chap. IV  Il ne faut pas entrer avec précipitation dans létat ecclésiastique et les saints ordres, il faut prendre un temps considérable pour bien s馳 préparer
Chap. V Il est important de bien se disposer pour entrer dans létat ecclésiastique et dans les saints ordres, combien l弛n doit craindre de s馳 engager indignement
Chap. VI L段mportance des interstices
Chap. VII La science des prêtres et l弛bligation qu段ls ont dêtre savants
Chap.  VIII L段gnorance des ecclésiastiques, marque qu段ls ne sont pas appelés au sacerdoce
Chap.  IX La science des ecclésiastiques et létude des matières qui regardent cette profession
Chap.  X La chasteté des prêtres qui est la plus riche fleur de la couronne sacerdotale et combien cette vertu doit être éminente dans les prêtres
Chap. XI Combien les prêtres doivent craindre l段mpureté
Chap. XII Combien les ecclésiastiques doivent fuir la fréquentation des femmes [des personnes qui peuvent les émouvoir d置n point de vue sexuel]
Chap. XIII L弛isiveté et l弛bligation qu弛nt tous les ecclésiastiques de léviter
Chap. XIV Les ecclésiastiques sont obligés de vaquer aux fonctions extérieures de leurs ordres
Chap. XV Les ecclésiastiques doivent s誕ppliquer au service des peuples, le zèle qu段ls doivent avoir pour le salut des âmes
Chap. XVI La pauvreté ecclésiastique
Chap. XVII L誕varice des prêtres
Chap. XVIII Le bon usage que les ecclésiastiques doivent faire de leurs biens
Chap. XIX Les ecclésiastiques doivent se détacher et se séparer de leurs parents
Chap. XX Le soin des affaires séculières est défendu aux ecclésiastiques
Chap. XXI Les ecclésiastiques doivent s誕ppliquer à confesser.

Fin de la table. Ce livre remarquable attend une réédition, il pourrait faire du bien aux prêtres et à ceux qui désirent le devenir.
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Extrait  de Louis Tronson, prêtre (+1700) Entretiens et méditations ecclésiastiques, éd.  Rusand, Paris, 1826
édité gratuitement par www.JesusMarie.Com, Paris, France.

Cette opinion qui peut sembler terrifiante est d'abord celle de saint Jean Chrysostome, Père et docteur de l'église, exprimée dans son livre Le Sacerdoce, et dans son homélie 24 sur les Actes des Apôtres
le Curé d'Ars pensait la même chose et c'est pour cela qu'il a tenté à plusieurs reprises de quitter sa paroisse pour aller demander pardon de ses péchés à Dieu dans un monastère.

        "Si un pasteur reste muet en voyant Dieu outragé et les âmes s'égarer, malheur à lui! S'il ne veut pas se damner, il faut que,
    s'il y a quelques désordres dans sa paroisse,
        il foule aux pieds le respect humain et la crainte d'être méprisé
                                                                                            ou haï  de ses paroissiens;
        et serait-il sur d'être mis à mort après être descendu de chaire, cela ne doit pas l'arrêter.
        Un pasteur qui veut remplir son devoir doit toujours avoir l'épée à la main pour défendre les innocents,
        il poursuivra les pécheurs jusqu'à ce qu'ils soient revenus à Dieu;
        cette poursuite ne doit cesser qu'à sa mort.
        S'il ne se conduit pas de cette manière, c'est un mauvais prêtre,
        qui perd les âmes au lieu de les conduite à Dieu."
                        Sermons sur la Colère de saint Jean Marie Vianney, Tome III, p.352, Ed. Vitte et Perrussel, Lyon, 1883.

      Sainte Thérèse de l脱nfant Jésus  :
« Céline, durant les brefs instants qui nous restent, ne perdons pas de temps... sauvons les âmes... car les âmes se perdent comme des flocons de neige ; Jésus pleure et nous ne pensons qu à notre douleur sans consoler notre Epoux. Oh ! Chère Céline, vivons pour les âmes des prêtres ; ces âmes devraient être plus transparentes que du cristal. Hélas ! combien de mauvais prêtres et combien de prêtres qui ne sont pas saints comme ils devraient l'être ! » Docteur de l脱glise, lettre à Céline le 14 juillet 1889.

Vénérable Concepcion Cabrera de Armida surnommée la Grande Conchita (1862-1937), Confidence de Jésus aux Prêtres, p.48 :
Malheureusement beaucoup de prêtres se perdent à cause de leur inertie, de leur dissipation et de leur manque de zèle qui sont à l'origine de nombreux problèmes dans l'église.

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