Evangile selon saint Luc chapitre
13, verset 24
24. Luttez pour entrer par la porte
étroite
ils sont nombreux ceux chercheront
à entrer au Paradis et ils ne le pourront pas.
"Il faut constater comme un fait historique l'accord sur le petit nombre des élus entre les représentants les plus éminents de la pensée chrétienne occidentale depuis la fin de l'Antiquité jusqu'au XIXème siècles."____________Jean Delumeau, Le Péché et la Peur, Paris, Fayard, oct. 1984, p.317.
Article Enfer du Dictionnaire de Théologie Catholique (106 pages).
Cardinal Journet: Un monde avec le mal peut être meilleur au total qu’un monde sans le mal l'Eglise du Verbe Incarné T.III., p.100-102
Saint Alphonse-Mari de Liguori---Les 4 portes de l'Enfer-pdf-
saint Pierre Canisius, Que penser de l'enfer et des peines de l'enfer ?
Dom B. Maréchaux - Du Nombre des élus
Jose Ricart Torrens -Le Nombre des Elus--1--2--3--4--5
Apparitions de d'hommes et de femmes damnés en enfer pour l'éternité
Abbé Guy Pagès, L'enfer et l'espérance, Réponse à Urs von Balthasar - mémoire de licence en théologie - télécharger
Abbé F.X. Godts, de la congrégation du Très Saint Rédempteur, Que disent les saints du petit nombre de ceux qui vont au Paradis ? (titre original latin : De Paucitate Salvandorum quid docuerunt Sancti ?)
Abbé Pierre-François Foggini - Unanimité des Pères de l'église sur le petit nombre des élus - édition partielle 20 p.
Abbé Louis Brémond La Conception Catholique de l'Enfer - Réponses aux Objections - fichier pdf de 2,7 Mo ! - télécharger
Eléments de réponses aux objections :
- L'enfer est un mystère, on ne pourra jamais comprendre pleinement.
Le risque d'aller en enfer est une épreuve d'humiliation à laquelle l'homme est soumis par Dieu. De même que plusieurs Pères de l'Eglise pensent que Satan a été mis à l'épreuve en devant accepter l'Incarnation de la 2ème personne de la Sainte Trinité, de même que saint Joseph a été soumis à l'épreuve en affrontant la grossesse évidente de la Vierge Marie, de même qu'Abraham a été mis à l'épreuve par la demande d'égorger en sacrifice son fils unique Isaac duquel devait sortir toute sa descendance promise par Dieu, les hommes sont tenus d'adorer un Dieu parfait, tout puissant, infiniment aimant et qui pourtant, permet la damnation de milliards d'hommes et de femmes. [Depuis l'apparition de l'espèce humaine, 80 milliards d'hommes auraient vécu sur Terre].
Beaucoup d'athées refusent de servir un tel Dieu parce qu'ils
jugent cela inadmissible.
Beaucoup de chrétiens refusent la réalité de ce
qui est clairement expliqué et enseigné par l'Evangile et
par toute la Bible, ils trouvent des subterfuges visant à vider
de sa réalité un dogme qu'ils savent ne pas pouvoir effacer
purement et simplement des livres saints. Cela donne cette idée
à la mode que l'enfer existe mais qu'il serait vide ou presque
vide, il faudrait pour y aller une malice, un acharnement et une persévérance
dans le mal qui fait dire à la plupart d'entre nous : voilà
qui est bien rassurant car jamais je ne serai capable de commettre un tel
mal et encore moins jusqu'aux derniers moments de ma vie, quand je me trouverai
au bord de l'éternité.
Le péché d'Adam, le péché originel, ayant été un péché d'orgueil [et non de sexualité], la réparation de ce péché, se fait par l'humilité. Oui Seigneur, je t'aime et je te sers même si je ne comprends pas, je t'aime Seigneur et je te fais confiance. J'ai la certitude absolue que tu es un Dieu d'amour infini.
- Chacun reçoit ce qu'il a demandé et voulu, on récolte ce que l'on sème. Qui récolte le péché sans travailler à se guérir du péché, récolte la souffrance éternelle. Dieu a créé une créature capable de mouvoir sa volonté vers le bien ou vers le mal. Nous avons été élevé à la dignité de cause. cf. Saint Irénée dans Contre les Hérésies, livre 4.
- Celui qui, s'il pouvait vivre éternellement sur Terre, voudrait éternellement y vivre dans le péché, crée son propre enfer, il crée la condition pour s'exclure de Dieu et subir l'effet perpétuel de cette volonté perpétuelle de rejeter Dieu et sa loi.
- Nous ne sommes rien face à Dieu, Dieu a tous les droits sur
nous, nous n'avons rien à dire, nous lui devons tout, cf. saint
Paul "l'argile dont le potier fait des vases va-t-elle lui demander des
explications si d'une portion d'argile, le potier en fait un vase à
fleurs et d'une autre portion d'argile, il en fait un pot de chambre ?"
Lettre aux Romains, 9, 21.
Sainte Thérèse
de l’Enfant Jésus
et de la sainte Face, sainte Thérèse
de Lisieux :
« Céline, durant les
brefs instants qui nous restent, ne perdons pas de temps... sauvons les
âmes... car les âmes se perdent comme des flocons de
neige ; Jésus pleure et nous ne pensons qu' à notre
douleur sans consoler notre Epoux. Oh ! Chère Céline, vivons
pour les âmes des prêtres ; ces âmes devraient être
plus transparentes que du cristal. Hélas ! combien de mauvais prêtres
et combien de prêtres qui ne sont pas saints comme ils devraient
l'être ! »
Docteur de l’Eglise, lettre à
Céline le 14 juillet 1889.
Saint Vincent de Paul, Entretiens Spirituels,
"je crois de que les deux tiers de l'humanité sont damnés
à cause du péché de paresse"
[il fait sans doute allusion à la paresse en matière
de prière, personne ne peut être sauvé sans prier,
sauf par mode d'exception, cas où dans la communion des saints un
autre catholique obtient miséricorde pour une personne en état
de refus de Dieu, le bon larron n'a échappé aux conséquences
de ses crimes que parce qu'il a prié Jésus]
Saint François
de Sales
"Or si c'est toujours l'homme
qui manque à la grâce
et que jamais la grace ne nous manque,
si l'on voit en toutes sortes
d'états, de conditions et de vocations
un si grand nombre de réprouvés
et peu d'élus,
qui s'asseurera et vivra sans apréhension
de perdre cette grâce
ou de lui refuser son consentement
?"
Sermon LVIII pour le Jeudi après
le deuxième dimanche de
carême coïncidant avec
la fête de Saint Mathias 24 février 1622, Sermons de saint
François de Sales,
Tome X de ses oeuvres complètes,
p.249, éd. Annecy, France, 1898.
Saint François de
Sales pense que la majorité des catholiques refusent d'aimer
Jésus
et choisissent la haine de Jésus
et l'enfer éternel
[qui veut toujours pécher,
est toujours en état de haine de l'amour, Dieu est Amour]
Saint François de Sales professe
le petit nombre des élus.
"Ceste non jamais asses considérée
proposition: il y en a beaucoup d'appellés, mais peu de
choysis. Tous ceux qui sont en Eglise
sont apellés, mays tous ceux qui y sont ne sont pas
esleuz; aussy Eglise ne veut pas
dire election mais convocation."
Des Controverses,
P. I. Chap 2 art 2 édit Annecy Tome I page 55.
"Qui auroyt les yeux asses clair
voyans pour voir l'issue de la course des hommes, verrait
bien dans l'Eglise de quoy s'escrier:
Plusieurs sont appeléset peu son esleuz; c.à.d., plusieurs
sont en la militante qui ne seront jamais en la triomphante. Combien sont
dedans qui seront dehors, comme Saint Anthoyne prévit d'Arrius,
et saint Fulbert de Bérengaire."
Des Controverses,
P. I. Chap 2 art 2 édit Annecy Tome I page, page 60.
"Au jour du jugement, les vertus
des payens les défendront, non afin qu'ils soient sauvez,
mais afin qu'ils ne soient pas tant
damnez"
Traité de l'amour de
Dieu, Livre XI chap X
Annecy 1839 T. IV. p. 449
"les hommes sont tellement pervertis,
que dès leur adolescence ils ont quitté la voie du salut
et ont pris le chemin de perdition. Estant parvenus à l'aage de
raison ils prennent leur route à main gauche"
Sermon pour la présentation,édit.
1839 T. II. p. 381 col 2.
Sainte Brigitte de
Suède
"[...] Vous donc mes amis, qui êtes
au monde, marchez surement; criez et annoncez-leur ma volonté, et
aidez-les, afin qu'ils puissent accomplir mes volontés. Je serai
dans votre coeur et dans votre bouche. Je serai votre conducteur en la
vie, et votre conservateur en la mort. Allez sûrement, je ne vous
laisserai point. La gloire croît par le labeur, car je pourrai toutes
choses en un moment et en une parole, mais je veux que du combat croisse
votre couronne, et que de votre courage croisse mon honneur. N'admirez
pas ce que je vous dis, car si un homme sage pouvait considérer
ceci dans le monde, combien d'âmes descendent tous les jours
dans l'enfer, il verrait qu'il y en a plus que du sable dans la mer et
que de petits cailloux au rivage, car la justice et l'équité
veulent que ceux qui se sont séparés de Dieu soient conjoints
avec le diable. Partant, afin que le nombre du diable soit diminué,
qu'on voie le péril présent et que mes troupes soient augmentées.
Je parle ainsi, afin que, par aventure, s'ils entendent, ils s'amendent.
Révélations
Livre 2 chapitre 6, Révélations
approuvées
par 3 papes et le concile de Bâle.
Jesus a dit à une Gabrielle
Bossis [auteur de livres de révélations privés
publiés avec imprimatur]
à chaque minute, tu peux
sauver des milliers d'âmes, [de l'enfer]
si les hommes préférent
en masse l'enfer, c'est qu'ils préfèrent en masse le péché,
mais ils peuvent changer de vie
et embrasser la vie que Jésus leur propose,
Jésus a dit aussi au Starète
[moine] Silouane:
Quand tu demeures dans la paix,
tu sauves des milliers d'âmes.
Saint Claude de la
Colombière dit: qu'importe si sur 100.000 personnes seul
un petit nombre est sauvé car 100% des bons sont sauvés et
100% des mauvais sont damnés, seul compte de faire partie des bons
et de prier pour que les autres soient aussi sauvés.
saint Thomas d'Aquin
commente ce texte de saint Paul
:
Saint Paul nous rappelle qu'il ne
faut pas compter être sauvé si l'on ne veut pas faire effort
; il donne l'exemple des sportifs qui veulent remporter une coupe :
Ne savez vous pas que, dans les courses du stade, parmi tous ceux qui courent,
un seul remporte le prix ?
(I Cor. IX, 24).
Et il engage les Chrétiens
à faire de même, à faire effort. Pour lui, il châtie
son corps de crainte de devenir un réprouvé (I Cor. IX, 27).
Commentaire de la 1ère
lettre de saint Paul aux corinthiens, traduction par l'abbé Bralé,
éd Louis Vivès, Paris, 1870, p. 328.
Saint Thomas d'Aquin
commente ce verset 24 en trois mots lapidaires In primo notatur
conditio viatorum, in secundo multitudo vocatorum,. in fertio paucitas
électorum ?
En premier lieu, nous trouvons notée
ici notre condition de voyageurs (placés sur terre) pour faire notre
salut,
en second lieu, la multitude de
ceux qui sont appelés (tout le monde est appelé),
en troisième lieu, le petit
nombre des élus. ( La minorité des hommes va au paradis)
Somme Théologique. Ia Pars
QUESTION 63 : LE MAL DES ANGES QUANT
À LA FAUTE
ARTICLE 9 : Y a-t-il autant d'anges
tombés que d'anges restés fidèles ?
2. La justice et le péché
se trouvent de la même manière chez les anges et chez les
hommes. Mais, parmi les hommes, il y en a plus de mauvais que de bons,
selon cette parole de l'Ecclésiaste (1, 15, Vg) : « Le nombre
des insensés est infini. »
Saint Bernard
:
oeuvres complètes de saint
Bernard, tome III, p.11 Ed. Louis Vivès 1867. Texte tiré
du troisième sermon pour la Vigile de la Nativité.
« Quel homme en effet,
ne fût-il même chrétien que de nom, ignore que le Seigneur
doit venir un jour et qu'il viendra en effet, pour juger les vivants et
les morts et rendre à chacun selon ses oeuvres? Non mes frères,
tout le monde ne sait point cela, ce n'est même su que de peu d'hommes,
puisqu'il y en a si peu de sauvés. »
3. Suivons donc le conseil du Prophète (Ose. X, 12, juxta LXX.),
allumons-nous, le flambeau de la science à cet astre si grand et
si brillant, avant de sortir des ténèbres de ce monde, de
peur que nous ne passions des ténèbres aux ténèbres,
mais à des ténèbres éternelles. Mais de quelle
science parlé je? De celle qui
consiste à savoir que le Seigneur viendra, quoique nous ne puissions
savoir quand il viendra. Voilà tout ce qui nous est demandé.
Vous me direz peut-être que tout le monde aujourd'hui a cette science-là;
quel homme, en effet, ne fut-il même chrétien que de nom,
ignore que le Seigneur doit venir un jour et qu'il viendra en effet, pour
juger les vivants et les morts, et rendre à chacun selon ses oeuvres?
Non, mes frères, tout le monde ne sait point cela, ce n'est même
su que de peu d'hommes, puisqu'il y en a si peu de sauvés. Pensez-vous,
par exemple, que ceux qui sont heureux quand ils ont mal fait, et se réjouissent
des pires choses (Prov. II, 14), sachent ou se rappellent qu'un jour le
Seigneur viendra? S'ils l'affirmaient eux-mêmes, gardez-vous de les
croire, car « celui qui dit qu'il le connaît et ne garde point
ses commandements est un menteur, dit l'Apôtre (I Joan. II, 4). —
Ils font profession, dit saint Paul, de connaître Dieu, mais ils
le renoncent par leurs oeuvres, (Tit. I, 16) — attendu, continue saint
Jacques, que la foi sans les oeuvres est une foi morte (Jac. II, 20). »
En effet, ils ne se souilleraient point de tant d'impuretés s'ils
savaient que le Seigneur doit venir, et s'ils redoutaient sa venue; au
contraire, ils veilleraient sur eux, et ne laisseraient pas le mal faire
de tels ravages dans leur âme.
Saint Alphonse Marie de Liguori, docteur de l'église:
« La majeure partie des âmes
va en enfer à cause des péchés sexuels [péchés
d'impureté] : qui plus est, je n'hésite pas à affirmer
que ceux qui se damnent vont en enfer ou bien pour ce seul péché
ou au moins pas sans lui. »
Theologie Morale de Saint Alphonse de Liguori, livre 3, N°413,
[Lib. III. N°413].
Sermon pour le troisième dimanche
de l'Avent:
« La route du ciel est étroite
et pour me servir d'une expression familière, les carosses
n'y passent pas; en sorte que vouloir aller au ciel en carosse, c'est y
renoncer. Bien peu d'âmes y parviennent parce que bien peu veulent
se faire violence pour résister aux tentations. »
Dans une lettre adressée à un évêque, saint Alphonse a écrit qu'un catholique, venant à mourir l'année où il a fait (et bien fait) sa mission, se damnera difficilement. S'appuyant sur cette lettre, Mgr Bougaud lui fait dire, absolument, qu'un catholique se damne difficilement. Il s'agit là d'une fausse interprétation de texte. Saint Alphonse, en plusieurs de ses oeuvres, insiste sur la doctrine traditionnelle du petit nombre des élus, comme l'ont toujours soutenu les religieux de son ordre.
« Eh quoi ! pensez-vous peut-être qu'il n'y a point de religieux en enfer ? Ah ! combien n'en verrons-nous pas qui y seront damnées au jour du jugement ! Comme beaucoup d'entre elles [les âmes ayant fait les voeux religieux] mènent une vie pleine de péchés, au moins véniels, on a raison de craindre que Dieu ne les vomisse et ne les abandonne à cause de leur tièdeur. »
oeuvres complètes de saint Alphonse de Liguori, oeuvres ascétiques, tome XI p. 248 (Casterman 1879).
« Notre Dieu est si bon et
il a tant d'amour pour nous qu’il désire ardemment d'être
aimé de nous ; c'est pourquoi non seulement Il nous a appelés
à son amour par invitations si multipliées dans les Saintes
Ecritures et par tant de bienfaits communs et particuliers, mais Il a voulu
même nous obliger à L'aimer, par un commandement exprès,
en menaçant de l'enfer ceux qui ne L’aiment point et en promettant
le paradis à ceux qui L’aiment. Dieu veut que tous les hommes se
sauvent et qn'aucun ne se perde, comme l'enseigne très clairement
saint Paul ainsi que saint Pierre. Il veut que tous les hommes se sauvent.
Mais si Dieu veut que nous nous sauvions tous, pourquoi a-t-il créé
l'enfer ? Il a créé l'enfer, non pour nous voir damnés,
mais pour se voir aimé de nous. En effet, s'Il n'avait pas créé
l'enfer, qui L'aimerait en ce monde ? On voit la plupart des hommes
se livrer à la damnation éternelle plutôt que d'aimer
Dieu ; qui donc, je le répète, s'il n'y avait pas d'enfer,
qui L'aimerait ? Ainsi, le Seigneur a menacé d'un supplice éternel
quiconque refuse de L'aimer, afin que ceux qui ne L’aiment pas de leur
bon gré L'aiment au moins de force, par crainte de l'enfer. »
« Quand nous arrivons en quelques lieu, - écrit saint Alphonse de Liguori à ses missionnaires, - nous y trouvons le plus grand nombre des habitants dans la disgrâce du Seigneur, où les tient enchaînés le péché. » Circulaire 29 juin 1774. Et il parlait de villageois aussi catholiques et aussi pieux du royaume de Naples au XVIIIème siècle. Que dirait-il de nos Sodome et Gomorrhe actuels ?
Sainte Thérèse
d’Avila , docteur de l’Eglise :
Vie écrite par elle-même,
ch. 32
« Cette vision m'a procuré, en outre, une douleur immense de la perte de tant d'âmes... Elle m'a procuré aussi les désirs les plus ardents d'être utile aux âmes. II me semble en vérité que, pour en délivrer une seule de si horribles tourments, je souffrirais très volontiers mille fois la mort. »
« Ayant appris vers cette époque
de quelles terribles épreuves souffrait la France, les ravages qu'y
avaient fait les luthériens... Comme si j'eusse pu, ou que j'eusse
été quelque chose, je répandais mes larmes aux pieds
du Seigneur et le suppliais d'apporter un remède à un tel
mal. Il me semblait que j'aurais sacrifié volontiers mille vies
pour
sauver une seule de ces âmes qui s'y perdaient en grand nombre.
O mes soeurs en Jésus-Christ, aidez-moi à adresser cette
supplique au Seigneur. C'est pour cette oeuvre qu'Il vous a réunies
ici ; c'est là votre vocation ; ce sont là vos affaires ;
tel doit être l'objet de vos désirs . »
Chemin de la Perfection, ch. I.
Saint Clément: « Il existe deux voies. Celle de ceux qui périssent est large et plane, on s'y perd sans fatigue ; celle des sauvés est étroite et âpre, elle mène au salut avec beaucoup de labeur. » Hom. VII.
Saint Clément
d’Alexandrie
au sujet de la parabole des deux
voies : « L'une est étroite parce qu'elle est resserrée
par des commandements et des prohibitions ; "l'autre est large et spacieuse
parce qu'on y donne libre carrière aux voluptés et à
la colère". Pythagore à ce sujet nous défend de suivre
la sentence de la multitude, qui, dit-il, le plus souvent est téméraire
et absurde. »
Stromate. livre. V. chapitre. 5.
Lactance
« Celui-là seul qui
suit la justice et la vérité recevra la récompense
immortelle et entrera en possession de l'éternelle lumière.
Or, d'après le Sauveur, c'est le petit nombre qui marche dans cette
direction. »
Inst. lib. VI. c. 3.
Saint Irénée
père de l'église : « II en est aujourd'hui comme sous
l'Ancien Testament : Dieu ne se plait pas dans le grand nombre : beaucoup
d'appelés, peu d'élus. »
Contre les Hérésies.
C.XXXVI.
Saint Hilaire, docteur
de l'église :« Toute chair viendra au jugement: mais bienheureux
qui sera élu. Car suivant l’Evangile, beaucoup d’appelés,
peu d’élus. »
Enar. In Psal. LXIV.
Saint Basile de Césarée
- saint Basile le Grand, père et docteur de l'église
: « Range-toi du petit nombre. Le bien est rare : il y en a peu qui
entrent au royaume des cieux. Prends garde de croire que tous ceux qui
habitent une cellule [de moine, Basile parle des moines] seront sauvés,
quelle que soit leur vie, bonne ou mauvaise. »
Serm. De Ren. Saeculi.
Saint Grégoire de Nazianze,
père et docteur de l'église :
il appelle ceux qui se perdent une
« poussière infinie ».
Orat. XLII ad 150 Ep.
Saint Grégoire de Nazianze
Cinq Discours sur Dieu, premier
discours, paragraphe 8:
"Mais quand tu entends dire qu'il
n'y a qu'une seule voie et qu'elle est étroite, que signifient ces
mots, à ton avis ?
- Il n'y a qu'une voie, du point
de vue de la vertu;
elle est unique, même si elle
se divise en plusieurs branches ;
elle est étroite à
cause des sueurs qu'elle fait répandre et parce que peu de gens
la suivent,
si on les compare avec la foule
de ceux qui suivent la voie opposée, celle du mal."
C'est aussi mon avis.
Saint Ambroise,
père et docteur de l'église : à la question du psaume
: « qui habitera, Seigneur, en votre tabernacle, ou qui se reposera
sur votre sainte montagne ? », il répond : « non
pas personne, mais peu de personnes, non utique nullus, sed rarus »
In Apol. pro Davide, c. IX.
Saint Jean Chrysostome,
père et docteur de l'église : parlant au peuple d’Antioche,
il s’écrie :
« combien pensez-vous qu’il
y ait de sauvés dans votre ville ? Ce que je vais dire est pénible,
je le dirai néanmoins. Parmi tant de milliers de personnes, il n'y
a pas cent qui arriveront au salut ; et encore ne suis-je pas sur de ce
nombre. Tant il y a de perversité dans la jeunesse, de négligence
dans la vieillesse. »
Hom: XXIV in act. Apost.
Saint Jean Chrysostome,
père et docteur de l'église, dans son homélie XXIV
sur les Actes des Apôtres, professe même la vérité
horrible que
la majorité
des prêtres ne sont pas fidèles à leur mission et se
damnent
Saint Augustin, père
et docteur de l'église : « assurément ceux
qui se sauvent sont le petit nombre. Vous vous rapellez la question tirée
du saint Evangile : « Seigneur, sont-ils en petit nombre ceux
qui se sauvent ? » Que répond le Seigneur ? Il ne dit pas
détrompez-vous beaucoup sont sauvés. Non, il ne dit pas cela.
Et quoi donc ? Efforcez-vou d’entrez par la porte étroite. Et parlant
ainsi il confirme ce qu’il vient d’entendre. Il y en a peu qui entrent
par la porte étroite. Ailleurs il dit : Etroite est la porte et
resserrée la voie qui conduit à la vie, et il y en a peu
qui la trouvent. A quoi bon nous réjouir au sujet des multitudes
? Ecoutez moi ,vous qui êtes le petit nombre, vous êtes beaucoup
à m’écouter mais peu à m’obéir. Je vois l’aire,
je cherche les grains de froment. A peine voit-on les grains quand l’aire
est battue ; mais la paille sera vannée. Il y a a donc peu qui se
sauvent en comparaison de beaucoup qui périsent. »
Serm. CVI, alias de verbis Domini,
XXXII
Sermon
de saint Augustin sur le nombre des élus
Saint Léon le Grand,
pape, docteur de l'église : « Alors que la voie large
menant à la mort est fréquentée par des foules nombreuses,
dans les sentiers du salut on ne voit que les rares vestiges du petit nombre
de ceux qui y entrent. »
Ser. XLIX. c. 2.
Saint Grégoire le Grand,
pape, docteur de l'église : « vous êtes
réunis içi en grand nombre pour cette solennité ;
vous remplissez l’enceinte de cette église : qui sait en quel petit
nombre se trouvent parmi vous les élus de Dieu ? »
Hom. XIX, in Evang. §5.
Saint Anselme, docteur
de l'église : « que parmi beaucoup d’appellés,
il y ait peu d’élus, nous ne sommes certains, puisque la Vérité
[= Jésus] le dit ; mais combien peu il y en a, nous ne sommes incertains,
la Vérité ne le disant pas. C’est pourquoi quiconque ne vit
pas comme le petit nombre, qu’il se corrige et se range du côté
du petit nombre ; autrement qu’il se tienne assuré de sa réprobation.
Quant à celui qui est avec le petit nombre, qu’il ne se tienne pas
encore assuré de son élection pour cela. »
Epist. II, libri I.
Saint Vincent Ferrier,
docteur de l'église : « oui il y en a peu qui la trouvent,
moins encore qui y demeurent, très peu qui le suivent jusqu’au bout.
»
Serm. IV, Edit. Anver. P.318
Autre citation en latin :
« Sextum caelum est Dominationum.
Ibi colocantur, qui habent praesidentiam humanalem, qui habent dominium
justum et bono titulo et servant justitiam... Idem de praelatis, qui intrant
per portam et quando sunt intus bene gubernant se, et magis curant de animabus,
quam de redditibus. Tales cum morientur, cum magno honore in iste sexto
ordine collocantur. Cum transeunt per ordinem Angelorum, Archangelorum...
in quolibet ordine fit eis magnun festus. Dicunt angeli : «
Faciamus magnum festum, quia tot annis quod nullus huc venit de istis.
».
Sermon III : De Omnibus Sanctis.
Saint Bonaventure,
docteur de l'église : comme tous les hommes devraient être
damnés en tant que tous issus d'une masse de perdition, s'il y en
a un plus grand nombre de réprouvés que de sauvés,
c'est pour faire voir que le salut provient d'une grâce spéciale,
tandis que la damnation est selon la justice commune. Personne ne peut
se plaindre de la volonté divine qui agit en tout avec une suprême
rectitude ; bien plus nous devons en toutes choses lui rendre grâce
et honorer le gouvernement de la divine Providence. »
Brevil. Pars. I. c. 9.
Saint Thomas d’Aquin,
docteur de l'église :
« Le bien, qui est proportionné
à la nature, se produit dans la plupart des êtres et ne manque
que dans le petit nombre d'entre eux ;
mais le bien qui excède l'état
commun de la nature se trouve seulement dans un petit nombre et manque
dans le grand nombre.
Ainsi la plupart des hommes ont
une science suffisante pour le gouvernement de leur vie ;
le nombre de ceux à qui cette
science fait défaut, et qu'on appelle des idiots, est relativement
petit ;
mais très petit est le nombre
de ceux qui atteignent à une science profonde des choses intellectuelles.
Donc comme la béatitude éternelle,
consistant en la vision de Dieu, excède l'état commun de
la nature en ce que celle-ci a été destituée de la
grace par la corruption du péché originel, c'est le petit
nombre qui se sauve.
Et en cela même la miséricorde
de Dieu brille d'un éclat singulier : car elle élève
un certain nombre de créatures humaines au salut éternel,
alors que la plupart s'y dérobent selon le cours ordinaire des choses
et l'inclination de la nature. »
Sum. theol. I Pars. q. XXIII a.
7.
Saint Thomas de Villeneuve,
: « Beaucoup d'appelés, peu d'élus, terrible
sentence ! Croyez-moi, mes frères, croyez ce dont je n'ai cessé
de vous avertir, ce que je n'ai cessé de crier à vos oreilles
: si vous ne travaillez pas énergiquement à votre salut,
si vous n'en faites pas plus que le commun des hommes, vous ne recevrez
pas la récompense éternelle. »
Conci. II in Dom, Septuag.
Saint Pierre Canisius
docteur de l'église :« Je prêcherai le juste jugement
par lequel Dieu, tirant vengeance du mépris de sa grâce, ne
choisit pour la gloire céleste qu'un petit nombre de ceux qu'il
a appelés à son Eglise. »
Commentaire de l'Evangile du Dimanche
de la Septuagésime
Saint Robert Bellarmin,
docteur de l'église :
« Que personne ne pense que
le nombre des élus surpassera celui des réprouvés,
parce qu’il est dit au chapitre VII de l'Apocalypse que les élus
ne peuvent être comptés ! A la vérité, il y
aura bien plus d'élus parmi les gentils que parmi les hébreux.
Mais le nombre des élus, soit juifs, soit gentils, sera tout à
fait inférieur au nombre des réprouvés. Les juifs
élus ne feront pas la millième partie des juifs réprouvés.
Et l'on peut dire la même chose à proportion des chrétiens.
Ce que dit Notre-Seigneur en saint Matthieu et en saint Luc de la voie
resserrée et de la porte étroïte est commun aux juifs
et aux chrétiens. »De gemitu Columbae.[traduction: les gémissements
de la colombe Lib. I, c. VI.
Saint Claude de la Colombière
:
oeuvres complètes de saint
P. de La Colombière, de la Compagnie de Jésus, les «
jésuites », Tome III. Sermons , LIIe sermon, De la pénitence
différée à la mort, Grenoble 1901, p. 321-322.
« C’est une chose bien digne
d'admiration que, le patriarche Abraham ayant reçu ordre de faire
mourir son fils Isaac, non seulement il ne murmura point contre Dieu, mais
il ne laissa pas de croire qu'il deviendrait, par ce même fils, le
père d'une très nombreuse nation... Mais, quelque grande
qu'eût été la confiance de ce saint homme, il faut
avouer que celle des pécheurs va plus loin encore.
Non seulement ils espèrent
contre l'espérance, mais ils espèrent même contre la
foi. Ils espèrent en Dieu, pour ainsi dire, contre Dieu même,
et au lieu qu'Abraham crut que le Seigneur ferait un miracle plutôt
que de manquer à sa parole, ceux-ci croient que la parole cle Dieu
manquera plutôt qu'il ne se fasse un miracle en leur faveur... »
Bossuet :
Méditations sur l'Evangile.
« Il y a beaucoup d'appelés
et peu d'élus. Jésus-Christ nous en a souvent avertis. Cela
est vrai premièrement parmi les juifs. Mais le Sauveur ne parle
pas seulement des juifs à l'endroit que nous lisons de la parabole
; car c'est après nous avoir fait voir les gentils appelés
en la personne de ces aveugles et de ces boiteux qui sont invités
à son festin qu'il conclut qu'il y a beaucoup d'appelés et
peu d'élus... Ne vivons pas comme la plupart... n'alléguons
pas la coutume, rangeons-nous avec ce petit nombre d'élus que le
monde ne connaît pas mais dont les noms sont inscrits dans le ciel.
»
Saint Louis Marie Grignon de
Montfort :
Lettre aux Amis de la Croix, N°14
«SI QUELQU’UN VEUT VENIR APRES
MOI » “Si quis”, si quelqu’un ; “quelqu’un”, et non pas “quelques-uns”,
pour marquer le petit nombre des élus qui veulent se conformer
à Jésus-Christ crucifié, en portant leur croix.
Il est si petit, si petit, que, si nous le connaissions, nous nous en pâmerions
de douleur. Il est si petit, qu’à peine parmi dix mille y en a-t-il
un, comme il a été révélé à plusieurs
saints, entre autres à saint Siméon Stylite, selon que le
rapporte le saint abbé Nil, après saint Ephrem et quelques
autres. Il est si petit, que, si Dieu voulait les assembler, il leur
crierait, comme il fit autrefois par la bouche d’un prophète : “Congregamini
unus et unus”, assemblez-vous un à un, un de cette province, un
de ce royaume.
autre passage :
« Voilà, mes chers
confrères, voilà deux partis qui se présentent tous
les jours : celui de Jésus-Christ et celui du monde. Celui de notre
aimable Sauveur est à droite, en montant, dans un chemin étroit
et rétréci plus que jamais par la corruption du monde. Ce
bon Maître y est en tête, marchant les pieds nus, la tête
couronnée d'épines, le corps tout ensanglanté et chargé
d'une lourde Croix ; il n'y a qu'une poignée de gens, mais des plus
vaillants, à le suivre, parce qu'on n'entend pas sa voix si délicate
au milieu du tumulte du monde, où on n'a pas le courage de le suivre
dans sa pauvreté, ses douleurs, ses humiliations et ses autres Croix,
qu'il faut nécessairement porter à son service tous les jours
de la vie. A gauche est le parti du monde ou du démon, lequel est
le plus nombreux, le plus magnifique et le plus brillant, du moins en apparence.
Tout le plus beau monde y court, on y fait presse quoique les chemins soient
larges et plus élargis que jamais par la multitude qui y passe comme
des torrents ; ils sont jonchés de fleurs, bordés de plaisirs
et de jeux, couverts d’or et d'argent.
A droite, le petit troupeau qui
suit Jésus-Christ ne parle que de larmes, de pénitences,
d'oraisons et de mépris du monde ; on entend continuellement ces
paroles entrecoupées de sanglots : « Souffrons, pleurons,
jeûnons, prions, cachons-nous, humilions-nous, appauvrissonsnous,
mortifions-nous, car celui qui n'a pas l'esprit de Jésus-Christ,
qui est un esprit de Croix, n'est point à lui : ceux qui sont à
Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec leurs concupiscences
; il faut être conforme à l'image de Jésus-Christ ou
être damné. Courage, s'écrient-ils, courage ; si Dieu
est pour nous, en nous et devant nous, qui sera contre nous? Celui qui
est en nous est plus fort que celui qui est dans le monde ; le serviteur
n'est pas plus que le maître ; un moment d'une légère
tribulation produit un poids éternel de gloire ; il y a moins d'élus
qu'on ne pense ; il n'y a que des courageux et violents qui ravissent le
ciel de vive force ; personne n'y sera couronné que celui qui aura
combattu légitimement selon l'Evangile, et non pas selon la mode.
Combattons donc avec force, courons bien vite afin que nous atteignions
le but, afin que nous gagnions la couronne. »
Cardinal Bona
:
Principia et documenta vitae, christianae.
« Il n'y a pas plus vif stimulant
pour corriger nos moeurs dépravées et conformer notre
vie aux normes de l’Evangile que cette terrible et affreuse sentence :
« Il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus »
à condition d'en pénétrer intimement le sens. Car
personne ne sait s'il est appelé â la vocation de ceux dont
il est écrit : « ceux qu'Il a appelés, Il les a justifiés
; ceux qu'Il a justifiés, Il les a glorifiés, (Rom. VIII,
30.)
Nul ne sait s'il est digne d'amour
ou de haine, mais toutes choses restent incertaines jusque dans le futur.
(Eccl. IX, 1).
Personne ne sait, avant d'être
appelé, s'il persévérera dans sa vocation jusqu'à
la fin... Mais, dans des conditions qui sont si critiques pour le salut,
si incertaines pour la persévérance, tout chrétien
doit, dans une angoisse continuelle se préoccuper avec crainte d'assurer
sa vocation ; pour que, vivant dans la foi à laquelle il se consacre
par amour, il manifeste par ses bonnes oeuvres qu'il appartient au groupe
exigu et très heureux de ceux que Dieu, avant la création
du monde, a miséricordieusement élus.
Que le nombre des élus soit
exigu, qu'il soit bien moindre que le nombre des réprouvés,
même si la comparaison se limite à ceux qui professent la
foi orthodoxe en excluant les enfants morts avant l'âge de raison
: c'est là, en vérité, une opinion basée sur
le témoignage infaillible des Ecritures et démontrée
par beaucoup d'indices et de raisons.
Car le Christ en a averti ses disciples
: c'est par de nombreux travaux et à travers d'extrêmes difficultés
qu'il faut entrer sur le chemin du salut auquel seule une porte étroite
donne accès: « Entrez par la porte étroite... " etc.
Mais de quelle manière le
pécheur peut-il commencer à mener une bonne vie quand il
arrive à sa fin?
Comment peut-il détester
ses péchés, surtout les gros, et avoir en horreur les délices
qu'il a aimés si intensément au cours de sa vie ?
Comment embrassera-t-il de bon gré
la pénitence qu'il a toujours abhorrée?
Comment se disposera-t-il à
abandonner ces choses avec une décision efficace si demeure vivant
tout ce à quoi il s’est habitué par une pratique invétérée
?
Comment au milieu des tourments
de la maladie et de la mort, son intelligence pourra-t-elle méditer
les choses surnaturelles, si éloignées des sens, alors qu'il
n'y a jamais pensé (ou si peu de temps) lorsqu'il était en
pleine santé ?
Comment surmontera-t-il, par des
actes contraires, les habitudes de la vie passée, et cela au milieu
de tant de malaises, de tentations et de difficultés ?
Faisons l'expérience : nous
aurons du mal à trouver un homme qui, une fois le péril passé,
se maintienne dans le ferme propos. Tous retournent à leurs habitudes
et oublient instantanément les points sur lesquels ils s'étaient
décidés de faire effort par peur de la mort, grâce
aux exhortations d'amis ou par prudence humaine ; comme presque personne,
quand la fin arrive, ne perd entièrement l'èspérance
de la vie, le démon profite de ce fait pour en tromper et en perdre
beaucoup.
Quand surviennent la débilité
de l'âme due à l'agitation du corps et la perte d'énergie
de toutes les facultés, l’homme conserve à peine son jugement
; à tel point que les paroles des personnes présentes, les
actes de vertu qu'on lui suggère ne sont perçus par lui que
comme le son d'une voix qui n'a pas de sens.
II est absolument certain que l'on
peut espérer le salut de ceux qui, à la fin de leur vie,
ont manifesté des signes de pénitence ; mais on ne peut être
assuré de leur sort. L'exemple du roi Antiochus lc rnontre, de manière
frappante.
Sur la fin de sa vie, il pria et
s'humilia sous la puissante main de Dieu ; il promit de dédommager
les Juifs des maux qui leur avaient été infligés et
d'orner le temple ; il promit qu'il garantirait par ses revenus les dépenses
des sacrifices et que, renonçant au racisme, il se considèrerait
comme juif et courrait toute la terre en prêchant la puissance de
Dieu.
Qui pourrait exiger d'un pécheur
des signes de pénitence plus grande et plus certaine ? Et pourtant
cela ne lui mérita pas le pardon, comme le suggère l'Ecriture
quand elle dit : le méchant suppliait Dieu qu'Il lui fît miséricorde
; c'est que certainement sa pénitence, procédant de la crainte
de la mort, n'était pas sincère.
Qui ne tremble en considérant
tout cela ? Qui, parmi tant de difficultés et de périls,
osera donner son salut pour certain ?
Qui ne tremblera, ne sachant s'il
est digne d'amour ou de haine ?
Comme les élus sont peu nombreux
et peut-être beaucoup moins nombreux que nous ne le pensons, séparons-nous
donc de la multitude et vivons en compagnie de quelques hommes de Dieu,
élus et innocents, de façon que chacun, en présentant
après sa vie le témoignage de sa conscience, puisse dire
au Dieu juste au moment du jugement : donnez-moi le don que vous avez promis,
car j'ai fait ce que vous avez ordonné. »
Lesio, s.j. :
De predest., sect. 6, assert. 5,
numéro 160.
« Le fait que ce nombre soit
si réduit ne s'explique pas par la prédestination en elle-même
; car n'importe quel nombre plus important est à la mesure du règne
de Dieu. Tous les hommes peuvent être pierres de ce palais et membres
de ce corps, citoyens de cette Jérusalem céleste, invités
à ces noces éternelles ; pour cela ne font défaut
ni une suffisante étendue pour le palais, ni de justes proportions
pour le corps, ni une foule assez nombreuse pour la cité ni le juste
nombre des invités. Mais la raison pour laquelle le futur nombre
(des élus) est si réduit se trouve dans la négligence
et la folie des hommes qui préfèrent prendre la voie large
conduisant à la perdition et jouir des commodités de cette
vie plutôt que prendre la voie étroite qui conduit au salut
; ceux qui sont invités aux noces célestes s'excusent, préférant
les affaires humaines, les avantages et plaisirs temporels comme Notre
Seigneur le montre très nettement dans l'Evangile. »
Vasquez , s.j. :
Principia et Documenta vitae Christianae,
tome III, bib. I, p. 3, cap. 27.
«Les réprouvés
sont plus nombreux que les prédestinés. D'une manière
générale, le nombre des réprouvés et de ceux
qui se damnent est plus grand que celui des prédestinés et
de ceux qui se sauvent ; l'Ecriture le montre clairement en Mt. VII, 13
: « elle est étroite ... etc. " et à plusieurs reprises
en d'autres passages. Sans doute, si l'on ne considère que les fidèles,
le doute subsiste au sujet de la proportion de damnés parmi
eux : sont-ils le plus grand ou le plus petit nombre ? Certains croient
pieusement que le plus grand nombre des fidèles se sauvent puisque
la majorité d'entre eux quittent cette vie après avoir reçu
les sacrements de l'Eglise et que nous considérons comme probable
le salut de la plupart de ceux-là. En confirmation de cette opinion
peut être citée la parabole (Mat. XII) dans laquelle, parmi
tous les invités aux noces (qui représentent les fidèles),
on n'en trouve qu'un qui n'est pas ravétu de la robe nuptiale. D'autres
pensent que la majeure partie des fidèles se damnent, opinion que
partagent saint Grégoire, saint Augustin, etc. A l'appui de cette
opinion peut être citée la parabole du semeur (Luc, VIII)
: Ia semence est divisée en quatre parties ; une seule d'entre elles
porte du fruit. Qu'une seule de ces parties fructifie semble indiquer qu'un
nombre réduit de fidèles se sauvera. Sont en faveur de cette
opinion Lyrano et la Glose intercalée en ce passage de saint Matthieu.
»
Cardinal Goti :
Théol. Schol. Dogm. Tract.
VI De Deo provisore. Quest. IV De Reprob. Dub. 3 n. XVI.
A la question : « le nombre
des réprouvés est-il plus grand que le nombre des prédestlnés
? », il répond affirmativement avec son maître saint
Thomas ; et il cite les textes habituels. Il ajoute : « Combien d'idôlatres,
combien d'impies nous montre l'Ecriture dans le peuple israélite
! Depuis la venue du Christ, ceux qui s'occupent du Christ constituent
une partie minime de l'humanité ; de telle sorte que, sur les quatre
parties du monde, on n'en trouve pas une seule qui soit intégralement
chrétienne. Parmi les chrétiens, une partie est schismatique
ou hérétique. Parmi les catholiques, si l'on passe en revue
leurs divers états de vie, combien trouve-t-on de méchants
! Qu'ils sont peu nombreux ceux qui observent entièrement la loi
de Dieu, observance sans laquelle on n'obtient pas la vie éternelle
! C'est pourquoi David parle ainsi de son temps : (Ps. XIV, 3) «
Tous ensemble se sont égarés, iIs se sont corrompus, il n'en
est pas qui fasse le bien, pas même un seul. »
Billuart :
De Deo Diss. IX art VII.
« Ceux qui se sauvent sont
moins nombreux que ceux qui se damnent, comme le dit saint Augustin au
livre 2 de l'oeuvre incomplète contre Julien, c. 142, où
figure ce verset (Mt. XX, 16) : « Beaucoup sont appelés et
peu sont élus ». C'est évident car les chrétiens
sont moins nombreux que les infidèles. Et parmi les chrétiens,
combien d'hérétiques, étrangers à la communion
de l'Eglise, hors de laquelle il n'y a pas de salut ! C'est un point de
dispute entre théologiens de savoir si vraiment, parmi les catholiques,
le nombre des prédestinés est moindre que celui des réprouvés
; des deux côtés les bases sont incertaines ; nous laisserons
donc de côté comme douteuse la réponse à cette
question. »
Louis Molina , s.j. :
In D. Thom. Part. I q. 23, art.
7.
« Je vois l'efficacité
de la Passion, des mérites du Christ, des Sacrements ; mais je considère
aussi la multitude des péchés et donc le peu de zèle
que mettent les hommes à faire leur salut, la paresse pour ne pas
dire le peu de préparation avec lesquels ils s'approchent des Sacrements
; et je redoute fort que la majeure partie des fidèles soit composée
plutôt de réprouvés que de prédestinés,
surtout si l'on se rappelle qu'un seul péché mortel suffit
pour la mort éternelle. »
Saint Pierre Julien Eymard
:
La divine Eucharistie : Extraits
des écrits et des sermons du Vénérable P.J. Eymard.
Edit. Desclée de Brouwer., p. 276-277.
« Or, comment se fait-il que
Dieu, qui est si bon, puisse condamner à l'enfer éternel
une de ses créatures qu'il a faites dans l'amour, un de ses enfants
qu'il a tant aimés ? Il est pourtant vrai , qu’après la mort
il est sans miséricorde ! Il y a peu d’élus, a-t-on dit ;
des deux chemins qui conduisent l'un à la vie et l'autre à
la mort, le premier est peu suivi, le second couvert de monde : d'après
ces paroles, la majeure parrtie des hommes serait damnée. Quand
l'Evangile ne le donnerait pas à entendre, ce que nous voyons parlerait
assez fort pour le faire craindre. »
Saint Jean d’Avila :
oeuvres spirituelles, Tome I pages
393-398.
« réveillons-nous, pères,
reveillons-nous sous l'effet de ce coup de tonnerre si puissant :
des prêtres de Dieu vont
en enfer!
Le Seigneur nous supporte et se
tait, attendant que nous fassions pénitence ; que sa miséricorde
nous délivre davantage du risque d'encourir sa colère comme
ce serviteur qui aurait utilisé, pour pécher davantage, le
temps qui lui aurait été accordé pour faire pénitence.
Il saura très exactement, car Il est très sage ; Il pourra,
car il est tout-puissant et ne connaît personne qui Lui résiste
; comme Il est très juste, Il voudra châtier ce serviteur
soit en le laissant mourir sans pénitence véritable bien
qu'il ait, pour la faire, les conditions voulues de temps et de lieu, soit
en le faisant périr subitement alors qu'il parle ou fait autre chose.
Baissons la tête, Pères
; que nos visages se couvrent de confusion ; qu'une épine de douleur
perce notre coeur ; demandons pardon à Dieu et au monde : à
Dieu pour ne pas L'avoir servi conformément à la situation
très élevée et pleine d'honneur dans laquelle Il nous
a mis ; au monde pour ne pas lui avoir évité de nombreux
maux ni procuré de nombreux biens ; si nous avions été
ce que nous devions être, nous l'aurions délivré du
mal par notre prière et nos sacrifices et lui aurions obtenu beaucoup
de bien pour le corps et l'âme. C'est ainsi, Pères, c'est
ainsi ; si ce point était bien compris, nous n'irions pas perdre
du temps en futilités, nous n'oserions pas prononcer des paroles
oiseuses ni garder les yeux en l'air, nous ne donnerions pas prise à
d'autres soucis, car celui-là nous tiendrait tellement à
coeur que, pour en tenir compte suffisamment, nous lâcherions les
autres choses...
Efforçons-nous de remplir
cet office très digne et très saint avec toute la diligence
dont sera capable notre faiblesse, aidée par la grâce du Seigneur
; car en user sans aucun respect, - comme le font bien des personnes pour
qui se prépare la damnation éternelle, comme ces gens méprisent
le plus grand ministère, le plus grand office qui soit sur terre
- est une chose ; et c'en est une autre de voir un prêtre qui, s'il
ne passe pas les nuits en prière, consacre au moins à la
prière des parties déterminées de son temps. Ne pas
tenir compte de ce que dit la conscience ou en tenir compte de manière
négligeable est une chose; c'en est une autre d’avoir des moments
fixés pour s'examiner et se juger, de conserver régulièrement
le souci de ne pas offenser mortellement le Seigneur avant de progresser
de bien en mieux, bien qu'en ce domaine on n'obtienne pas ce qu on désire...
»
Saint Ignace de Loyola
:
Exercices Spirituels, 2ème
semaine, 1ère contemplation
« Je verrai et je considérerai
les trois personnes de la Sainte Trinité, assises sur le trône
royal de la divine Majesté ; comme elles regardent tout cet univers
et les nations plongées dans un aveuglement profond, et comme elles
voient les hommes mourir et descendre en enfer. »
Saint Louis de Grenade
:
Le Guide des pécheurs, Livre
I, troisième partie, ch. XXVI, IV
« C’est une chose normale et
habituelle que celle dont parle l'Apôtre [saint Paul]
II Cor.
XI, 15 :
« la fin des méchants
sera conforme â leurs œuvres » ;
il donne à entendre par là
que
la bonne vie est, d'une manière
générale, suivie d'une bonne mort,
et la mauvaise vie d'une mauvaise
mort.
Que ceux qui firent de bonnes oeuvres
aillent à la vie éternelle
et ceux qui en firent de mauvaises
aillent au feu éternel,
c'est chose habituelle aussi :
les Livres Sacrés répètent cette leçon à
chaque page.
les Psaumes la chantent,
les Prophètes la disent,
les Apôtres l'annoncent,
les Evangiles la prêchent.
Le prophète David la résume
en peu de mots :
"Dieu parla, et je L'entendis dire deux choses ; qu'Il avait puissance
et miséricorde et qu'il donnait ainsi à chacun selon ses
oeuvres."
Tel est le résumé de toute la philosophie chrétienne.
Que le juste comme le méchant reçoivent à la fin de
leur vie ce qu'ils ont mérité selon leurs œuvres,voilà
donc ce que nous disons.
Mais en dehors de cette loi universelle, Dieu peut, pour sa propre gloire, user de grâce spéciale à l'égard de quelques-uns et donner la mort des justes à ceux qui ont mené une vie de pécheurs ; autre éventualité : que vienne à mourir comme pécheur, par un secret jugement de Dieu, celui qui aurait vécu comme juste ; tel le navigateur dont le voyage fut heureux d'un bout à l'autre et que la tempête saisit a l'entrée du port. »
Voici un point que les ministres
de la parole de Dieu devraient considérer, eux qui souvent, faute
de bien voir à qui ils s'adressent, donnent occasion aux méchants
de persévérer dans leurs péchés. Ils devraient
observer ceci : plus on donne de nourriture à des corps malades,
plus on leur nuit ; de même, plus on soutient, par cette espèce
de confiance, les âmes obstinées dans le péché;
plus on leur donne de motifs pour continuer leur vie mauvaise. »
Le Guide des pécheurs., Livre
I troisième partie ch. XXVI p. 309.
Saint Antoine Marie Claret
:
Autobiographie, II, 11, 2-3-4.
« Je me dis souvent :
il est de foi qu'il y a un ciel
pour les bons et un enfer pour les mauvais ;
il est de foi que les peines de
l'enfer sont éternelles ;
il est de foi qu'il suffit d'un
seul péché mortel pour offenser un Dieu infini.
Me rendant compte que ces principes
sont très sûrs,
voyant la facilité avec laquelle
on pèche - aussi facilement que si l'on buvait un verre d'eau, comme
pour rire ou par diversion -
voyant la multitude qui est continuellement
en état de péché mortel
et va ainsi à la mort et
en enfer,
je ne puis rester en repos, je sens
que je dois courir et crier et je me dis :
Si je voyais quelqu'un tomber dans
un puits ou dans un brasier, je courrais certainement et je crierais pour
l'avertir et l'empêcher de tomber ?
Pourquoi n'en ferais-je pas autant
pour empêcher quelqu'un de tomber dans le puits et le brasier de
l'enfer ?
Je ne puis comprendre comment les
autres prêtres qui croient aux mêmes vérités
que moi - vérités que tous doivent croire - ne font ni prêches
ni exhortations pour empêcher les gens de tomber en enfer.
Je m'étonne même que
les laïcs, hommes et femmes, qui ont la foi ne crient pas, et je me
dis : si une maison se mettait à brûler de nuit, ses habitants
et les autres habitants du quartier étant endormis et ne voyant
pas le péril, le premier qui s'en apercevrait ne courrait-il pas
dans les rues en criant : au feu ! au feu ! dans telle maison ? Alors,
pourquoi ne pas crier au feu de l'enfer pour réveiller tant de dormeurs
assoupis dans le sommeil du péché et qui, au réveil,
se trouveront dans les ffammes du feu éternel ? »
« Ce qui m'oblige également
à prêcher sans arrêt c'est de voir la multitude d'âmes
qui tombent en enfer, car il est de foi que tous ceux qui meurent en état
de péché mortel se damnent. Hélas ! chaque jour meurent
quatre vingt mille personnes selon des calculs approximatifs ; et combien
mourront en état de péché, combien se damneront ?
Car talis vita, finis ita ! Telle vie, telle mort.
Et quand on voit comment vivent
les gens, quand on les voit en très grand nombre vivre de façon
stable et habituelle en état de péché mortel, on peut
dire qu'il ne se passe pas de jour sans qu'augmente le nombre de leurs
fautes. Il pèchent aussi facilement qu'on boit un verre d'eau, comme
par jeu et pour rire. Ces malheureux vont de leur propre mouvement enfer,
selon ce que dit le prophète Sophonias : Ambulaverunt ut coeci
quia Domino peccaverunt...
Peut-être me direz-vous que
le pécheur ne pense pas à l'enfer et même n'y croit
pas. Situation pire encore. Vous pensez peut-être que le pécheur
cesse, pour ce motif, de se damner ? Non, certainement pas ; au contraire,
c'est là un signe plus clair de sa damnation d'après l'Evangile
: qui non credederit, condemnabitur Qui ne croit pas sera condamné,
citation de l’Evangile selon saint Jean chapitre verset . Et
comme le dit Bossuet, cette vérité est indépendante
du fait qu'on y croit ; celui qui ne croit pas à l'enfer ne manquera
pas pour autant d'y aller s'il a le malheur de mourir en état de
péché mortel ; et ceci bien qu'il ne croie pas à l'enfer
et n'y pense pas. »
Saint André Avelin
:
Lettre II, p. 629-630.
« Par la grâce de Dieu,
imitons nos fondateurs qui suivirent le Christ : entrez par la porte étroite
qui conduit à la vie éternelle. Entrons par cette porte et
montrons-la aux autres par notre conduite d'abord, par la parole ensuite...
Oh ! combien de confesseurs et de prédicateurs vont en enfer - vont
chez le démon - pour avoir enseigné la voie large, dans leur
souci de popularité, et pour n'avoir pas fait ce qu'ils prêchaient
! Qui autem fecerit et docuerit hic magnus vocabitur in regno coelorum.
»
Dom Guéranger
:
Année Liturgique. Mardi de
Sexagésime, cette citation ne concerne pas exactement le nombre
des élus.
« Sans doute les justes sont
maintenant plus nombreux qu'aux jours de Noë ; oui, des chrétiens
fidèles se rencontrent sur la terre, le nombre des élus se
complète chaque jour ; mais la multitude vit dans la disgrâce
de Dieu et mène une conduite en contradiction avec sa foi.
Saint Jean-Marie Vianney
:
Sermon de saint J.M. Vianney
, tome III, p.352, sermon sur , éd. Vitte et Perrussel,
Lyon, 1883.
Léon XIII sur l'autorité
des Pères de l'Eglise:
Encyclique Providissimus
Deus. De Studiis scrip. Sacr. 18 nov. 1893.
« l’autorité des Saints Pères, « par lesquels
après les apôtres la Sainte Eglise a grandi par les pasteurs
qui l’ont plantée, irriguée, construite et nourrie (Saint
Augustin, Contre Julien, II, 17, 37.) » est très grande, à
chaque fois qu’ils interprètent tous ensemble et de la même
manière quelque passage de la Bible se rapportant à la doctrine
de la foi et des mœurs : car à partir de leur convergence il apparaît
clairement que leur interprétation a été transmise
selon la foi catholique par les apôtres.
L’opinion de ces mêmes pères en vérité doit
être ainsi grandement estimée alors que les pères s’acquittent
de cette fonction d’enseignement de la foi à propos de ces choses
de manière presque privée : puisque ceux que recommandent
fortement non seulement leur science de la doctrine révélée
mais aussi leur connaissance d’une multitude de choses qui sont utiles
à la connaissance des livres apostoliques, Dieu lui même en
vérité a aidé ces hommes illustres par la sainteté
de leur vie et leurs efforts vers la vérité des secours très
grands de sa lumière.
C’est pourquoi l’interprète
sait qu’il lui appartient de poursuivre jusqu’à leurs traces avec
un très grand respect et de profiter de leurs travaux par un choix
intelligent.»
Comme cela apparaîtra de manière
surabondante au lecteur attentif, un sorte de concile des anciens pères
de l’église s’est constitué dans lequel c’est par un consensus
unanime que l’on décide : qu’il y a un plus grand nombre dans le
genre humain qui est condamné aux supplices éternels que
d’hommes qui obtiennent le salut éternel ; -chose terrible à
dire, mais utile à savoir, afin que personne ne s’égare et
que cette chose puisse aussi être d’une très grande consolation
au petit nombre de ceux qui luttent pour vivre avec peu de biens ; c’est
une marque de prédestination insigne de conformer sa vie à
une vie comportant peu de biens.
Docteurs de l'église
catholique
Pères de l'église catholique
§ 2 les Pères de l’église p.79
Commence une série de témoignages des saints pères de l’église. C’est pourquoi il est utile au départ de rappeler ce que le saint père Léon XIII de très sainte mémoire a affirmé récemment au sujet de l’autorité des pères de l’église :
« l’autorité des saints pères, « par lesquels après les apôtres la Sainte Eglise a grandi par les pasteurs qui l’ont plantée, irriguée, construite et nourrie (Saint Augustin, Contre Julien, II, 17, 37.) » est très grande, à chaque fois [dans la mesure où] qu’ils expliquent [ développent, exposent, interprètent] tous ensemble et de la même manière quelque témoignage biblique [passage de la Bible] se rapportant à la doctrine de la foi et des mœurs : car à partir de leur convergence [de leur accord] il apparaît clairement qu’ainsi cela a été transmis selon la foi catholique par les apôtres.
L’opinion de ces mêmes pères
en vérité doit être ainsi grandement estimée
alors que les pères s’acquittent de cette fonction d’enseignement
de la foi à propos de ces choses de manière presque privée
: puisque ceux que recommandent fortement non seulement leur science de
la doctrine révélée mais aussi leur connaissance d’une
multitude de choses qui sont utiles à la connaissance des livres
apostoliques, Dieu lui même en vérité a aidé
ces hommes illustres par la sainteté de leur vie et leurs efforts
vers la vérité des secours très grands de sa lumière.
C’est pourquoi l’interprète
sait qu’il lui appartient de poursuivre jusqu’à leurs traces avec
un très grand respect et de profiter de leurs travaux par un choix
intelligent. » ( Encyclique Providissimus Deus. De Studiis scrip.
Sacr. 18 nov. 1893).
Comme cela apparaîtra de manière
surabondante au lecteur attentif, un sorte de concile des anciens pères
de l’église s’est constitué dans lequel c’est par un consensus
unanime que l’on décide : qu’il y a un plus grand nombre dans le
genre humain qui est condamné aux supplices éternels que
d’hommes qui obtiennent le salut éternel ; chose terrible à
dire, mais utile à savoir, afin que personne ne s’égare et
que cette chose puisse aussi être d’une très grande consolation
au petit nombre de ceux qui luttent pour vivre avec peu de biens ; c’est
une marque de prédestination insigne de conformer sa vie à
une vie comportant peu de biens.
Qu’il soit permis parfois pour avertir
les prêtres et les séminaristes de conclure ainsi par les
paroles d’une lettre synodale des évêques de Gaule et de Germanie
aux évêques d’Espagne :
« Maintenez vous à
l’intérieur des bornes des saints pères et n’agitez pas de
nouvelles questions mineures, elles ne servent à rien, si
ce n’est à bouleverser les auditeurs. Qu’il vous suffise de
suivre les traces des saints pères et de vous en tenir avec une
foi ferme à leurs paroles. Ceux-ci furent dans le Seigneur nos docteurs
dans la foi et nos guides vers la vie. » (Harduin. Tome IV. Coll.
895. Ed. Paris)
Saint Bernard D.E. (+ 1153)
Celui-ci suppose que cette opinion commune et très connue dans son troisième sermon de la vigile de la Nativité du Seigneur : « Quel fidèle, qui n’est chrétien que de nom, ignore que le Seigneur viendra, qu’il va venir juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon ses œuvres ? [ Même ceux qui ne sont fidèles que de nom le savent] Cette connaissance n’est pas partagée par tous, mes frères, mais elle est partagée par un petit nombre : un petit nombre en effet, -parce qu’en vérité il y en peu qui se sauvent. »
Honorius Augustodunus (+1152)
Evêque de Reicherspens
« Tous dans le désert sont accablés et deux seulement sont entrés avec la multitude des fils d’Israël…Ceux qui sont accablés dans le désert sont la multitude de ceux qui étant appelés n’ont pas voulus venir ; les deux qui sont entrés sont actifs et contemplatifs, qui animés d’un amour égal entreront dans le repos du Seigneur. »
Rupert xxxxx (+1135)
« Il y en a beaucoup qui sont appelés et peu qui sont élus, c’est à dire beaucoup sont dans l’église présente, donnant leurs noms, sont inscrits dans le livre de la confession de la foi, mais peu, cela est fortement à craindre, vont échapper au déluge du Jugement. »
Cardinal (+1132)
« Après Sa résurrection seuls les bons qui sont peu nombreux virent le Christ peu de temps. De la même manière seuls les bons auront la gloire de la résurrection future…Et ils seront peu nombreux en comparaison du nombre des mauvais. Car, comme Il le dit lui même dans l’Evangile : « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »
25 Vene (+1130)
Ce pieux archevêque dans son
sermon pendant la septuagésime commente ainsi les paroles célèbres
de saint Paul : « Ne savez-vous pas que tous ceux qui courent dans
le stade concourent, mais un seul reçoit la récompense ;
ainsi concourez afin de remporter la palme. »-« En effet la
disposition du stade qui a été mesuré pour ceux qui
concourent signifie le terme de la vie présente qui nous a
été donnée pour la course de notre salut comme le
Seigneur nous le dit et nous en avertit : « Cours, malheureux, hâte
toi, pendant que tu en as le temps, afin que tu ne périsses pas
dans la mort…
« Parce que dans la grande
multitude d’athlètes qui concourent, un seul obtient la récompense,
pour les autres qui ont concouru en vain, en ce qui nous concerne, frères
très chers, il est fort à craindre que nous ne soyons tous
dépassés par un seul alors que nous nous sommes disposés
à courir pour la couronne. D’où l’Apôtre nous avertit
: « Ainsi concourez afin de remporter la palme. »
26 (+1126)
Werner qui par une érudition absolument excellente a brillé par l’intégrité de sa vie au XIIème siècle : « Beaucoup sont appelés, etc. « -« Ceci dit-il ne concerne pas les saints supérieurs, mais le peuple, parce que nombreux sont ceux qui vont à la foi, nombreux sont ceux qui remplissent l’église, mais peu sont ceux qui parviennent au Royaume…Parce que beaucoup tant parmi les derniers que les premiers sont réprouvés, on est soumis à la terrible sentence : « Beaucoup sont appelés » à la foi, « peu sont élus « au Royaume ». Werner dispose ces affirmations dans son livre 1 Du butinage du miel des oeuvres des différents pères et de la doctrine des autres docteurs orthodoxes ; dans ce livre on entend l’intégralité de la vénérable tradition des douze premiers siècles.
27 Saint Bruno
L’abbé et évêque
du Mont Cassin dit les choses suivantes dans son commentaire sur saint
Matthieu P.2 C.7 : « si quelqu’un dit : cette route est étroite,
ces commandements sont d’observation très difficiles, il le soumet
en disant : « efforcez vous d’entrer… » et la voie, dit-il,
est resserrée et la porte étroite ; c’est pourquoi elle est
trouvée par un petit nombre d’hommes : cependant c’est cette voie
et cette porte par laquelle on parvient à la vie éternelle.
« peu sont ceux qui se sauvent, en comparaison de ceux qui se damnent.
»D’où
le Seigneur dit ailleurs : « Beaucoup sont appelés, peu sont
élus ». Ce chemin et cette porte qui conduisent à la
perdition est très ouvert et très large et pour cela beaucoup
d’hommes s’y engagent.
« Jeûner, veiller, s’abstenir
des désirs de la chair et de toutes les voluptés, ne pas
accomplir sa propre volonté, à qui cela ne semble t
il pas étroit et resserré ?
« Et vraiment, manger et boire
en abondance, et de manière raffinée, obéir à
tous les désirs de la chair et à toutes les voluptés
ne s’opposer en rien à sa propre volonté, à
qui cela ne semble t il pas large et grand ?
« Beaucoup marchent sur ce
chemin, beaucoup entrent par cette porte. Mais où pénètrent-ils
? – Dans la cité de la perdition complète, la société
de la mort, la prison des angoisses et le lac de toutes les misères.
»
Et au sujet de Matthieu chapitre
XX : « ce qui suit : « beaucoup sont appelés, peu sont
élus, »- il montre qu’il y en a très peu qui se sauvent,
en comparaison de ceux qui à chaque heure sont appelés. »
Egalement à propos de Matthieu
XXII : « Beaucoup sont appelés, peu sont élus : »-
dit il « Beaucoup sont appelés aux noces, peu sont introduits
dans la chambre nuptiale et dans la gloire. »
Dans le premier livre des sentences,
chapitre II, de l’arche de Noé : « cet arche est la Sainte
Eglise en dehors de laquelle personne n’est sauvé ; celui qui y
aura été trouvé au jour de la vengeance ne périra
pas. Maintenant il semble qu’il y en ait beaucoup qui se trouveront alors
en dehors d’elle…Les méchants sont beaucoup plus nombreux que les
bons ; ils sont plus nombreux ceux qui recherchent les biens terrestres
que ceux qui recherchent les biens célestes. Etroit est le chemin
qui conduit à la vie ; large est celui qui conduit à la perdition.
»
28 (+1122)
Dans son chapitre 42, du salaire
des ouvriers de la vigne, il applique la parabole à l’humanité
entière et ne la restreint pas aux juifs et aux chrétiens.
Et finalement, il s’exprime ainsi : « beaucoup sont appelés
à la foi, peu acquiescent. »
Ici il s’agit de la foi vivante
qui s’accompagne de l’observation des commandements jusqu’à la fin
et du respect de la robe nuptiale c’est à dire baptismale jusqu’au
jour du jugement.
« Faisons attention
dit il et redoutons, qu’après l’absolution du divin baptême
ayant perdu la vie de la grâce, nous ne souillions notre âme
ce qui non seulement nous fera exclure des noces, mais aussi être
précipité dans un supplice épouvantable. Nous devons
prendre soin de notre robe intérieure et non de notre robe extérieure.
Beaucoup sont en effet appelés, peu sont élus. Le Christ
a dit aussi cela à la fin de la parabole du salaire des ouvriers
de la vigne. »
29 Saint Anselme de Canterbury (+1109), docteur de l'église
Dans sa lettre à Odon et Lanzon
:
« Nous pouvons tous être
certains que parmi les nombreux appelés il y en a peu qui sont élus,
puisque c’est la Vérité elle même qui a parlé.
Mais nous sommes tous dans l’incertitude
du nombre exact des élus, puisque la Vérité
s’est tue.
C’est pourquoi quiconque ne vit
pas encore comme le petit nombre ou ne corrige pas sa vie, qu’il
se place tout de suite lui même parmi le petit nombre des élus
ou qu’il craigne avec certitude sa réprobation.
Celui qui s’estime faire déjà
partie du petit nombre des élus, qu’il ne soit pas assuré
à 100% de la sécurité de son élection. Puisque,
comme nul d’entre nous ne sait à quelle petitesse se réduit
le nombre des élus, personne ne sait parfaitement s’il en fait déjà
partie, il est déjà permis d’être semblable au petit
nombre, parmi les nombreux appelés. »
Cette idée fut tellement familière
au saint docteur qu’il la répète souvent, fermement et dans
les mêmes termes. Ainsi à quelques moines : [latin Monachos
Beccenses]
« Nous pouvons tous être
certains que parmi les nombreux appelés il y en a peu qui sont élus,
puisque c’est la Vérité elle même qui a parlé…
», etc.
Et à sa consœur en religion, Ida : « Amie très chère en Dieu ! Le Seigneur dit : « beaucoup sont appelés, peu sont élus. » Ne soit donc jamais certaine de devoir être comptée parmi les élus tant que tu vivras, bien qu’ il y en ait peu à qui une vie comme la tienne puisse être comparée
Origène, père
de l'église : « Maintenant que nous nous sommes multipliés,
comme il est difficile que beaucoup soient vraiment bons et impossible
que la parole de Jésus -beaucoup d'appelés et peu d'élus
ne se vérifie pas ! De tant de personnes qui professent la foi chrétienne,
on en trouve peu qui aient une foi véritable, et qui soient dignes
de la béatitude. »
Hom. IV. in Jer.
Origène (+294)
Dans son commentaire sur saint
Matthieu,
Les invités aux noces : «parce
que plusieurs [de nombreux] sont invités, absolument aucun n’est
trouvé digne (c’est à dire au banquet céleste), il
ajoute ceci à la parabole : « beaucoup en effet sont appelés.
» - et à cause de ceux qui, entrés à la salle
des noces, comme leur nombre est petit ce sont allongés pour manger,
il dit cela : « peu en vérité sont élus. »
« Parce que si quelqu’un
considère les assemblées nombreuses dans les églises
et combien mènent une vie et droite et pieuse et se sont convertis
à la nouvelle loi et à l’inverse combien vivent mollement
et vivent comme la plupart des gens [se conforment à ce siècle]
, alors seulement il verra l’utilité de cette parole prononcée
par le Sauveur : « Beaucoup en effet sont appelés, mais peu
sont élus.»
« Ailleurs il a été
dit : « Beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas
; » et : « efforcez-vous de rentrer par la porte étroite,
parce qu’il y en a peu qui la trouveront. »
Et la IVème homélie
sur Jérémie : « En prenant le critère de
la foi et de la vérité, nous considérons, non la multitude
mais la volonté des hommes. Nous ne voyons pas l’assemblée
elle-même mais nous découvrons qu’il est difficile de trouver
la véritable foi dans une telle masse de gens dans les églises.
Alors il y avait vraiment des fidèles quand les martyrs étaient
frappés à mort, qu’ils subissaient une mort cruelle, les
repentants revenaient à l’église ; il y avait la multitude
des gens qui se lamentaient quand les catéchumènes qui venaient
de recevoir la foi étaient conduits immédiatement au martyre
pour être frappés à mort : quand les femmelettes et
le sexe faible demeuraient intrépides jusqu’à la mort.
Alors en vérité se
produisaient des signes dans les cieux, et des prodiges sur la terre, alors
les chrétiens étaient peu nombreux mais ils étaient
vraiment fidèles, lorsqu’ils passaient par la porte étroite
et resserrée qui conduit à la vie. Maintenant que nous
sommes devenus plus nombreux, comme il est difficile que beaucoup soient
vraiment bons et Jésus ne ment pas en disant : Beaucoup
sont appelés, peu sont élus. De tant de personnes qui
professent la foi chrétienne, on en trouve peu qui aient la foi
véritable, et qui soient dignes de la béatitude. »
Cornelius a Lapide
, s.j. :
Commentaria in Scripturam Sacram
, Paris, éd. Vivès, commentaire de l'épître
de saint Jacques, chap. II, I a.
« Certains soutiennent, d'après
Bède, l'opinion suivante : ceux qui sont sauvés par la miséricorde
de Dieu, sans doute faut-il entendre par là ceux qui ont fait miséricorde,
sont plus nombreux que ceux qui sont condamnés par son jugement;
les élus sont plus nombreux que les réprouvés.
Ceci est vrai pour les anges : ceux
qui restèrent fidèles sont en effet plus nombreux que ceux
qui tombèrent.
Pour les hommes, c'est faux. Il est certain en effet que la partie de beaucoup la plus nombreuse des hommes se damne, si l'on compte tous les hommes absolument, y compris les païens, les musulmans et les hérétiques.
La raison et l'autorité semblent indiquer que, parmi les chrétiens adultes, le nombre des damnés est plus grand que celui des élus.
La raison, car la partie de beaucoup la plus grande des chrétiens vit en état de péché mortel: suivant la règle de saint Augustin, on meurt comme on a vécu ; de sorte qu’il est rare que celui qui vit mal meure bien, et inversement. On dira que tous reçoivent les Sacrements à la fin de leur vie.
Je réponds : pas tous, car
beaucoup meurent sans sacrements dans les combats, sur les navires, dans
les montagnes, dans la campagne, etc.
Même parmi ceux qui les reçoivent,
beaucoup les reçoivent mal et n'expient donc pas leurs péchés
: beaucoup en effet souffrent d'une ignorance crasse en ce qui concerne
les articles de foi qu'il faut connaître et auxquels il faut croire
explicitement, ainsi qu'en ce qui concerne les Sacrements ;
ils ignorent en particulier qu'il
faut le ferme propos de ne plus pécher pour être capable de
recevoir l'absolution ;
ils ignorent qu'une résolution
forte et constante de l'âme est requise pour que le ferme propos
soit considéré comme absolu et efficace.
D'autres savent ce qui est nécessaire pour le salut, mais ils vivent sans se soucier de leur salut personnel, entièrement occupés à amasser richesses et dignités, à construire des maisons, à aménager des jardins, des vignes, etc. de sorte qu'ils ne pensent que rarement ou jamais à Dieu, à la vie éternelle, à leur conscience, sauf au moment de Pâques ; encore ne le font-ils alors que pour cette seule raison qu'ils sont obligés par un précepte de l'Eglise à se confesser et à communier ; une fois Pâques passé, ils retournent aussitôt à leurs préoccupations terrestres, s'y plongent et s'y enfouissent.
Les uns ont la conscience liée par l'usure, la simonie, les biens injustement acquis et qu'ils ne veulent pas restituer. D'autres ont des concubines ou sont impliqués dans des amours obscènes dont ils ne peuvent se débarrasser parce qu'ils ne le veulent pas sérieusement.
D'autres entretiennent des procès, des rixes, des haines immortelles.
Beaucoup savent que le ferme propos est requis pour l'absolution ; et pourtant ils ne se préoccupent pas de l'acquérir ni de s'y maintenir ; mais ils font semblant de l'avoir et se persuadent même faussement à eux-mêmes qu'ils l'ont. Car ce ferme propos est chose ardue, grande et difficile : beaucoup cependant ne veulent pas s'y attacher avec énergie ; ils ne veulent pas consacrer toutes leurs forces à une chose si ardue, surtout au moment de la maladie et à l'article de la mort, alors que la raison,le jugement, les sens et les forces de l'homme sont affaiblis et endormis : en conséquence, par l'habitude acquise au cours de tant d'années, ils forment leur résolution au moment de la mort comme ils avaient l'habitude de la former à Pâques, c'est-à-dire de manière superficielle, verbale et inefficace.
Voilà bien le juste châtiment
du pécheur : parce qu'il a vécu dans l'oubli de Dieu, il
mourra dans l'oubli de son propre salut, comme le soulignent saint Grégoire
et saint Augustin (au livre 3 du traité du Libre Arbitre).
Celui qui n a pas voulu corriger
sa conduite quand il en avait la possibilité sera puni par son péché
même : il ne pourra plus s’amender lorsque lui en viendra l'intention
tardive.
Bien des signes confirment que nombre de pécheurs n'arrivent plus à concevoir un ferme propos.
1 ° On redresse sa conduite une fois l'an, à l'occasion de Pâques, et on se confesse parce qu'on s'y sent comme contraint par les monitions du prêtre : ce bon mouvement est presque arraché par le sentiment d'une obligation au lieu d'être libre et spontané comme le devrait être le ferme propos nécessaire. Aussi, passées la communion Pascale et la confession, retourne-t-on bientôt à ses passions, à ses habitudes perverses, à ses péchés, comme le font aussi beaucoup de ceux qui se sont confessés à l'article de la mort et qui, le danger écarté, retombent dans toutes leurs misères. Ce retour au mal montre bien qu'on ne s'était converti que par obligation ou par peur de la mort, mais qu'il n'y avait réellement rien de sérieux ni de profond.
2° Combien vivent dans l'ivresse, la fornication sous toutes ses formes, les disputes, le parjure, les médisances, sans vouloir rien abandonner de ces coupables habitudes : ou s'ils en ont l'intention, ils ne prennent aucun des rnoyens nécessaires pour arracher des vices enracinés. Par-dessus tout, l'orgueil et la luxure dominent les hommes sous leur pouvoir, et plus que tout autre vice, ces deux-là remplissent l'enfer.
3° Beaucoup de gens tiennent
à des conventions spécieuses, à de faux principes
directement contraires aux exigences d'une vraie conversion ; ils y ont
été nourris dès l'enfance, ont grandi et continuent
de vivre dans des sophismes tels que : l'injustice qui vous est faite,
à vous-même ou aux vôtres, exige une égale vengeance
; honte et mépris à celui qui y manque. Ou encore : provoqué,
on ne refuse pas un duel sans forfaire à l'honneur. Ou : entre convives,
videz votre verre avec tous ceux qui trinquent à votre santé,
et cela jusqu'à l'ivresse s'il le faut. Votre situation passe avant
tout, et l'établissement de vos enfants, dit-on : pour acquérir
ou pour développer une situation, gagner un grade, tout est permis,
et si un commandement de Dieu ou de l'Eglise vous gêne, passez outre.
Défendre sa vie et sa fortune est un devoir premier, même
au mépris des lois divines.
On ne tolère pas une injure,
une calomnie, un soufflet sans rendre la pareille, etc.
Que de gens, quand l'occasion s'en
présente, ne se décident que sur la base de ces idées
reçues qu'ils professent, qu'ils cherchent à justifier et
auxquelles ils ne renonceraient pour rien au monde.
Même au tribunal de la pénitence, si le confesseur les interroge
sur ces points précis, ils déclarent hautement qu'ils ne
peuvent violer ces conventions. S'agit-il de respect humain, de situation
ou de confort, il n'y a plus ni Dieu ni Diable !
Erigés en usages intangibles, et même en vertus, ces sophismes
s'opposent diamétralement au ferme propos d'éviter le péché
et de placer avant tout l'obéissance à Dieu.
Or, trop de prédicateurs négligent ces matières qu'il faudrait pourtant enseigner, expliquer, inculquer profondément. Ils leur préfèrent de banales explications d'Evangile dont ils ne tirent à l'adresse des pécheurs endurcis que des propos émouvants sur les souffrances du Christ, sur la miséricorde de Dieu, sur les mérites de la Charité envers les pauvres, parfois sur la Bienheureuse Vierge Marie qui ne cesse d’intercéder pour ceux qui la prient. Ils ne descendent pas â ces péchés concrets, à ces points précis contre lesquels il faudrait tonner, fulminer jusqu'à en extirper toute racine perverse.
Voilà pourquoi des cités et des peuples entiers restent englués dans ces habitudes, dans ces maximes du monde, dans ces sophismes et finalement dans ces péchés, et voilà aussi pourquoi aucun prédicateur - ou si peu - ne remporte des fruits de conversion.
Etes-vous dévoré de zèle pour la gloire de Dieu, le progrès des âmes, le bien de l'Eglise et le salut de ceux qui vous entendent ? Alors changez votre mode de prêcher, frappez vigoureusement les consciences afin d'en arracher jusqu'aux sources et aux principes du mal qui y répand ses ravages.
4° Pour certains, le repentir
devant la mort est sincère ; ils se confessent dans de bonnes dispositions,
mais souvent leur maladie se prolonge encore quelques jours. Alors ils
sont assiégés des souvenirs de leurs anciennes passions,
de tout ce qui, si longtemps, avait occupé leur esprit ; bientôt
ils tendent à accepter ces souvenirs, ils cèdent à
la mauvaise pensée, dans la délectation morose, le regret
de leurs habitudes passées. Le démon ne manque pas de représenter
ces souvenirs à l'imagination, d'en raviver les images, de tenter
le moribond avec la derrnière violence en cet ultime combat du corps
qui tente de retenir 1’âme qui s’échappe.
C'est en juste châtiment de
leurs fautes et de leur négligence que Dieu donne à Satan
la permission de tourmenter ceux qui, dans la force de la santé,
n'ont pas eu garde de mortifier leurs passions et leur ont, au contraire,
laissé la bride sur le cou. Combien succombent alors et vont à
leur perte éternelle : les tristes exemples en abondent.
5° Pratiquer la vertu, poursuivre son salut et gagner le ciel sont choses si élevées et si difficiles à la fois qu'elles surpassent toutes puissances naturelles. La nature humaine, corrompue par le péché, inclinée aux choses terrestres est tellement enchaînée par les affections du monde, par le souci des occupations, des hommes, de son bien-être ou de ses plaisirs que, même en y ordonnant parfaitement toutes ses énergies, à peine pourrait-elle saisir quelque infime reflet des choses célestes, et moins encore s'y reposer.
Sans doute la grâce de Dieu précède-t-elle l'intention de l'homme ; elle habite même l'homme en état de péché, soutient celui qui est faible et aide celui qui est tombé à se relever : mais elle ne peut l'empêcher de retomber ; mais, dans cette corruption générale des puissances naturelles, au milieu de tant d'occasions de péché, parmi les tentations de la chair, du monde et du Démon, il n'est que trop facile de retomber bientôt dans quelques péché mortel, et alors la contrition et le ferme propos qui permettraient d'en sortir sont bien difficiles à provoquer de nouveau.
Pourquoi ? Pour deux raisons qui sont comme les deux pôles autour desquels tourne toute la question et qui sont le très grand nombre de ceux qui se damnent et le petit nombre de ceux qui se sauvent.
Telle était la pensée
de saint Justin (apud Damascenum, Lib. II Paralip,
cap. LXXXVII) :
« L'esprit qui s'est attaché
aux choses terrestres ne s'en dégagera qu'avec peine ;
il sera très difficile de
l'arracher à ce à quoi il s'était habitué.
»
La gravité de ces vérités et l'expérience qu'ils en ont acquise ont conduit plus d'un homme avisé à réformer, toute pensée contraire : ainsi le bienheureux Justinien qui pensait d'abord que la plupart des chrétiens seraient sauvés, corrigea cette proposition pour écrire au contraire que le plus grand nombre allait à sa perte.
Etant à Rome, j'ai rencontré la même opinion de divers côtés, notamment d'un maître prédicateur, autrefois célèbre, qui préchait partout que les confessions des moribonds qui avaient vécu dans le péché étaient ordinairement plus mauvaises encore que celles qu'ils avaient pu faire dans leur vie passée.
Enfin pourquoi ne pas citer saint Augustin (Serm. 57, De Tempore) : « Il ne vous servira de rien, dit-il, dans les derniers moments de votre vie, de demander pénitence quand vous n'aurez plus ni le temps ni la force de faire pénitence. En vain, mes chers enfants, resteriez-vous dans une telle illusion ". Et plus loin : « Le repenlir d'un malade est faible comme celui qui l'exprime ; et le repentir d'un moribond, comme je crains qu'il n'ait déjà perdu toute vie ! Mes chers enfants, celui d'entre vous qui veut trouver miséricorde devant Dieu, qu'il fasse pénitence dès maintenant, dans la force de l'âge, afin d’entrer aussi sain dans l'éternité ! "
Le même père avertit
ailleurs (Hom. 41 Inter 50) : " parce que vous vous êtes confessé,
parce que vous avez reçu l'absolution, vous croyez pouvoir mourir
en sécurité : et moi, je vous dis que je suis beaucoup moins
sûr que vous de votre avenir !.. " Et d'expliquer :
"Vous n'avez songé à
vous repentir que lorsque vous ne pouviez plus pécher : c'est donc
le péché qui vous délaisse, ce n'est pas vous qui
l'avez rejeté. Tenez la chose certaine : votre salut reste incertain
! "
Enfin dans son 24ème
sermon sur les paroles du Seigneur selon saint Luc : «
Conservez l'innocence tout au long de votre vie si vous ne voulez pas risquer
de mourir dans le péché ! »
Tout cela me conduit à une
certitude. Dans les endroits, dans les villes, les nations où l'éducation
du peuple est saine, où les habitudes sont honnêtes, là
où les efforts des maîtres, ceux des évêques
et des curés, ceux des confesseurs se conjuguent avec ceux des magistrats
et des gouvernants pour susciter dès le premier âge les vertus
de foi et de piété, pour les développer, pour les
enflammer de zèle, là, sans doute, j'estime que le plus grand
nombre sera sauvé. Mais ailleurs, partout où ces heureuses
conditions ne sont pas réunies, où dominent l'ignorance et
l'insouciance des choses du salut, là où les dispositions
au mal sont entretenues ou développées par l'éducation
ou le climat social que là il y ait plus de damnés que d'élus
je le pense et je crains fort de ne pas me tromper. »
Suarez, s.j.
Tract. de div. predest. et reprob.
Lib. VI, cap. 3, Sitne major numerus predestinatorum aut reproborum.
« On peut établir
de nombreuses comparaisons.
La première entre les anges.
Sur ce point, les théologiens,
avec saint Thomas (2-9-63, art. 9, ad. 1), affirment communément
que le plus grand nombre des anges s’est sauvé.
Une seconde comparaison peut être
établie entre les hommes en les comprenant tous, absolument, depuis
le début jusqu'à la fin du monde.
L'opinion commune et véridique
est que le nombre des réprouvés est; dans ce cas, plus grand
que celui des élus. Chose qui se démontre par ce passage
de saint Matthieu (VII, 14) : elle est étroite la porte et resserrée
la voie qui mène à la vie, et i1 en est peu qui la trouvent.
C'est pour cette raison que les élus sont habituellement désignés
comme le petit nombre.
Si la comparaison se fait entre les Chrétiens et si nous entendons par là tous ceux qui se glorifient du nom du Christ, y compris les hérétiques, les apostats et les schismatiques, il me paraît probable dans ce cas que le plus grand nombre est celui des damnés.
Si par Chrétiens nous entendons
ceux-là seulement qui font partie de l'Eglise Catholique, il me
paraît plus vrai de dire que la plus grande partie se sauve dans
la loi de Grâce. En effet, parmi ceux-là, ceux qui meurent
avant l'âge de raison ont pour la plupart reçu le baptême
; quant aux adultes, la plupart d'entre eux pèchent souvent mortellement,
mais ils se relèvent fréquemment et passent leur vie à
chuter et à se relever. En définitive, il en est peu qui,
à la fin de leur vie, ne reçoivent les sacrements et ne se
repentent de leurs péchés, au moins avec une douleur d'attrition.
Cela suffit alors pour se justifier. Et, une fois justifiés, il
leur est facile de persévérer sans pécher mortellement
pendant le peu de temps (qui les sépare de la mort). Ainsi, en tenant
compte de toutes les circonstances, on peut affirmer avec beaucoup de vraisemblance
que beaucoup de ces chrétiens se sauvent. »
Sainte Catherine de Sienne
Votre miséricorde luit même dans les ténèbres
de l’enfer
Les Dialogues chapitre XXX (= 30)
(...) O Miséricorde, qui venez du Père, et qui gouvernez par votre puissance l’univers tout entier! O Dieu, c’est votre miséricorde qui nous a créés, qui nous a régénérés dans le sang de votre Fils ; c’est votre miséricorde qui nous conserve ; votre miséricorde a fait lutter votre Fils sur le bois de la croix. Oui, la mort a lutté contre la vie, la vie contre la mort. La vie a vaincu la mort du péché, et la mort du péché a ravi la vie corporelle de l’innocent Agneau. Qui est resté vaincu? la mort. Et quelle en fut la cause? votre miséricorde.
3.- Votre miséricorde donne la vie ; elle donne la lumière qui fait connaître votre clémence en toute créature, dans les justes et dans les pécheurs. Votre miséricorde brille au plus haut des cieux, dans vos saints ; et si je regarde sur la terre, votre miséricorde y abonde. Votre miséricorde luit même dans les ténèbres de l’enfer, car vous ne donnez pas aux damnés tous les tourments qu’ils méritent.
4.- Votre miséricorde adoucit votre justice ; par miséricorde,
vous nous avez purifiés dans le sang de votre Fils ; par miséricorde,
vous avez voulu habiter avec vos créatures à force d’amour.
Ce n’était pas assez de vous incarner, vous avez voulu mourir ;
ce n’était pas assez de mourir, vous avez voulu descendre aux enfers
et délivrer les saints, pour accomplir en eux votre vérité
et votre miséricorde. Votre bonté a promis de récompenser
ceux qui vous servaient fidèlement, et vous êtes descendu
aux limbes pour tirer de peine (48) ceux qui vous avaient servi, et leur
rendre le fruit de leurs travaux. (...)
Buts de cette page
Cette page n'est pas faite pour
désespérer, elle est faite pour stimuler et combattre l'erreur
de la théologie Polnaref- Balthazar: "nous irons tous au paradis".
Le salut est conditionné
à l'acte le plus facile à faire pour l'homme: penser,
le salut est conditionné
à la prière, prier c'est penser à Dieu en l'aimant,
c'est lui consacrer du temps en pensant à lui, on peut prier allongé,
assis, debout, à genoux, il n'y a rien de plus facile.
Nous sommes tous pécheurs,
nous avons tous mérité l'enfer éternel, Jésus
est mort pour nous sauver tous de cet enfer, et tout homme qui le lui demandera
sera sauvé, qui prie se sauve, qui ne prie pas se damne,
voir saint Alphonse de Liguori Traité
de la Prière
Jésus nous demande de prier
pour recevoir la grâce de l'aimer, c'est à dire vivre les
10 commandements: Ce ne sont pas ceux qui disent "Seigneur, Seigneur"
qui seront sauvés mais ceux qui font la volonté de mon Père.
Mt.
VII, 21
TTTTTTTTTTTTTTTTTTTT
R. P. Réginald Garrigou-Lagrange,
o.p.
(1877-1964)
L'éternelle Vie
p.28
Nous ne pouvons pas ne pas vouloir
le bonheur,
ne pas vouloir êre heureux,
mais nous oublions souvent que le
vrai et parfait bonheur ne se trouve qu'en Dieu aimé par dessus
tout
et ici-bas nous l'aimons librement
parce que nous ne le voyons pas immédiatement tel qu'il est et nous
pouvons nous
détourner de lui en considérant
qu'il nous commande ce qui déplait à notre orgueil et à
notre sensualité."
Dieu vu comblerait immédiatement
notre capacité affective qui serait irresistiblement attirée
par lui.
Sur cette terre nous voulons tout
en vue d'être heureux.
p.29
L'acte libre est une réponse
gratuite, partie des profondeurs de la volonté, à la sollicitation
impuissante d'un bien infini.
p.71 La grâce de la bonne mort
p.72 Nul ne peut savoir sans une
révélation spéciale s'il persévèrera,
aussi devons-nous faire notre salut avec crainte et tremblement
cf. saint Augustin Le Don de la
Persévérance, chap. 13, 14-17
ce don de la persévérance
ne nous est pas accordé selon nos mérites
mais selon la volonté très
secrête, très sage et bienfaisante de Dieu,
à qui seul il appartient
d'imposer quand il lui plait, un terme à notre vie.
Mais si ce don ne peut être
mérité,
il peut être obtenu par nos
supplications cf. chapitre 6 N°10
cf. Th Aq Ia IIae q. 114 a. 9.
Le principe du mérite qui
est l'état de grâce ne peut pas être mérité
car la cause ne peut pas être
effet d'elle-même.
Or la persévérance
finale n'est autre que l'état de grâce conservé par
Dieu au moment de la mort
donc elle ne peut pas être
méritée.
Elle dépend seulement de
Dieu qui conserve en état de grâce ou qui y remet
Cependant la persévérance
finale peut être obtenue par une prière humble et confiante
qui s'adresse, non pas à
la justice divine, comme le mérite, mais à la miséricorde.
D'où vient que nous pouvons
mériter la vie éternelle,
sans pouvoir mériter la persévérance
finale ?
C'est que la vie éternelle,
loin d'être le principe du mérite en est le terme et le but
De fait, on l'obtiendra à
condition de ne pas perdre ses mérites
dotrine confirmée par le Concile
de [la ville de] Trente
Denz. 806, 826, 832
"Il faut un secours spécial
pour que le juste persévère dans le bien".
p.96
Jésus a dit aux pharisiens
: "Vous mourrez dans votre péché"
L'immobilité de l'âme
soit dans le bien soit dans le mal
commence librement pendant la vie
présente et s'achève par un acte libre (conforme) au précédent)
au premier instant
de l'état de séparation
du corps.
L'obstination a pu commencé
longtemps avant la mort, comme il arrive chez les pécheurs endurcis
et ceux-là peuvent être surpris par une mort subite (sommeil)
Les Signes de Certitude Morale de Prédestination
d'après saint Jean Chrysostome,
saint Augustin, saint Grégoire le Grand, saint Bernard, Saint Anselme,
et selon certaines paroles de la Bible
Les Signes de Certitude Morale de
Prédestination sont :
1°/ une bonne vie
2°/ le témoignage d'une
conscience pure de fautes graves et prête à la mort plutôt
que d'offenser Dieu gravement
3°/ la patience dans les adversités
pour l'amour de Dieu
4°/ la goût de la parole
de Dieu
5°/ la miséricorde à
l'égard des pauvres
6°/ l'amour des ennemis
7°/ l'humilité
8°/ une dévotion spéciale
à la saint Vierge à qui nous demandons tous les jours de
prier pour nous à l'heure de la mort
Saint Thomas d'Aquin enseigne en
particulier que porter patiemment et longtemps une lourde croix est un
signe de prédestination.
p.242
y-a-t-il un grand nombre de prédestinés
?
Le nombre des élus est-il
inférieur à celui des reprouvés ?
Saint Augustin et saint Thomas le
pensent à cause surtout des paroles de Notre Seigneur Jésus
Christ: "il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus" Math
20, 16
et à cause de ses paroles
sur la porte étroitedu Ciel et sur le petit nombre de ceux qui trouvent
cette porte Math 22,14, 7,14
Les fruits spirituels du mystère
du petit nombre [49,99 % à opposer à 50,01 % des damnés]
des élus : humilité, fidélité, abandon.
Le motif formel de l'espérance
chrétienne ne consiste pas en notre effort mais dans le fait que
Dieu soit secourable,
notre secours est en Dieu
Deus Auxilans p.252 Dieu Secourable
Le motif de la faute mortelle est
le bien supérieur en vue duquel Dieu permet ce mal :
la manifestation de la justice infinie
qui proclame des droits du Bien
Suprême à être aimé par dessus tout (p.231-233)
Abbé Auguste Castelein, jésuite, Le Rigorisme, le Nombre
des Elus et la Doctrine du Salut (refuse le petit nombre c'est
à dire 49% de damnés, l'opinion inverse estime que les damnés
représentent 51% des catholiques et plus encore chez les non catholiques)
Le Père Castelein accuse de jansénisme ceux qui sont
de l'opinion opposée à la sienne
Il fait une confusion entre l'opinion des saints et des Docteurs et
des Pères de l'Eglise, lequels ont enseigné que l'interprétation
de l'Eavangile était que seuls 49% des catholiques vont au ciel,
il confond cette opinion avec l'opinion des jansénistes qui enseignent
que 1% ou même un usr dix mille vont au paradis.
l'Abbé Castelein cite Saint Alphonse de Liguori et saint Jean
Chrysostome en faisant croire que ces deux auteurs sont favorables à
la thèse du grand nombre des élus, alors qu'ils sont en faveur
du petit nombre des élus (49%)
Le Père Castelein estime que savoir si oui ou non la majorité
se damne, n'a pas de conséquence pratique alors que tous les
saints concluent au contraire : si la majorité finit en enfer,
c'est que vous ne devez pas imiter la majorité dans la part que
vous réservez à la vie de prière, de pénitence.
La conséquence pratique est la suivante : on ne doit pas
se comporter comme la masse du troupeau car celle-ci refuse la miséricorde
de Dieu.